1- Parler avec franchise, parce que c’est ce que vous attendez. J’ose être vrai, en vous croyant capable d’écouter en étant libre. Je vous parle librement, vous vous accueillez librement et vous décidez ce que vous voulez garder. Je suis libre avec vous, parce que je vous laisse libre.
2- Demande pardon, parce que forcément ça va paraître trop rapide, pas nuancé, etc. Peut se sentir jugé : ce n’est pas mon intention. L’Eglise n’est pas là pour vous juger, personne ne peut vous juger.
La première chose à faire, c’est de vous casser les idées reçues : « la seule chose que l’Église a à proposer dans ce domaine, c’est de pas coucher avant le mariage ». Comme si tout se réduisait à des interdits, à des lignes rouges ! Comme si l’Église avait peur ou était là pour nous engueuler.
Au contraire, la première réaction quand quelqu’un est amoureux, c’est « c’est génial ! ». Parce qu’on est fait pour ça, c’est ce qu’il y a de plus beau en nous (notre désir et capacité d’aimer). On s’émerveille. Y’a rien de tabou ni de gênant ! C’est ce qu’il y a de plus beau… mais aussi de plus fragile. C’est là qu’on peut se rendre le plus heureux, et aussi le plus blessé. Le but, c’est pas d’empêcher d’aimer, c’est d’empêcher de se blesser. Protéger et mettre en valeur la capacité d’aimer.
Ici, partage d’intuitions. But : que vous puissiez librement vous approprier cela.
« Pourquoi est-ce qu’on pourrait pas coucher ensemble, si on est sincères ? » Sauf que chaque semaine des jeunes viennent me voir en pleurant et disent : « mon père, pourquoi ça fait si mal alors que j’étais sincère ? » En fait, on peut sincèrement se planter. Être sincère ça suffit pas.
Être amoureux et aimer ce n’est pas pareil.
Anecdote marrante les deux jeunes qui se rencontrent aux JMJ, ça bat très fort dans nos cœurs, tout ça, on s’embrasse. Sincérité 100%, discernement 0.
Déjà dans le sentiment on n’est pas tout à fait libre. On ne maîtrise pas son arrivée, sur qui il tombe. Il est fluctuant aussi. Ce qui fait qu’on peut être sincèrement amoureux tous les 6 semaines d’une personne différente. On ne maîtrise pas non plus sa naissance. C’est normal tout ça, c’est très naturel. Mais du coup c’est pas suffisant.
Alors qu’aimer, c’est s’engager librement. C’est choisir. S’engager. La question du maire et du curé, c’est « voulez-vous ? ». « Oui, je veux ». Aimer, c’est choisir d’aimer au-delà de ce que je ressens. « Je promets de vouloir t’aimer chaque jour. »
D’où la différence. On peut être amoureux au bout d’une heure de soirée ou 5 jours de vacances. Mais si aimer c’est choisir, alors il faut être connaître. Il y a forcément une idée de durée. Ce temps, c’est celui du discernement du désir, pour arriver à un choix durable.
On passe au concret. C’est parce qu’on pose des gestes et des paroles qui veulent dire je t’aime alors qu’on n’est qu’amoureux. Dire je t’aime, c’est beau ! C’est pas mal. C’est beau si c’est vrai, si je l’assume. Quand tu me dis « je t’aime », qu’est-ce que ça veut dire ? Que tu me désires comme tu en as désiré d’autres avant, ou que tu as muri cette décision pendant des mois ?
Sortir avec quelqu’un, l’embrasser, c’est pas un péché ! Mais c’est beau si c’est vrai.
Pourquoi l’Eglise vous appelle à vous garder, alors qu’elle sait bien ce que vous vivez, et que c’est complètement à contre-courant ? La vraie question qu’elle vous pose, c’est : « qu’est-ce que tu gardes de grand, de vrai, et de beau, pour celui ou celle que tu aimeras vraiment un jour ? ». Si tu dépenses sans compter, tu seras pauvre le jour où tu aimeras « vraiment ». Tes gestes et tes paroles ne voudront plus rien dire (« Comment je sais que ce que tu me dis est vrai alors que… »).
Le coup du « on déconne, mais on se rangera après » : en fait, on ne change pas le jour de son mariage. On est alors le résultat des 10 années qui ont précédé. Et c’est super positif parce que ça veut dire que tout ce qu’on fait aujourd’hui déjà rapporte quelque chose de valeur pour l’avenir.
Anecdote du mariage d’un couple qui a voulu attendre, et qui a construit patiemment sa relation. Vous imaginez mesdemoiselles la joie d’une fille de 24-25 ans qui entend son fiancé du même âge : tu sais je suis pas parfait, mais pour toi j’ai appris à attendre, pour toi j’ai appris à me garder, à me préparer. Pour toi j’ai voulu réserver ces gestes là. Elle sait ce que ça veut dire comme courage. Et elle comprend que c’est pour elle. Et la joie d’un garçon de 24-25 ans qui… Et ça donne la joie. Et le pote fêtard avec le maxi tableau de chasse : « vous savez aujourd’hui, je les envie. Je ne sais pas si moi-même je suis capable de cette joie ».
C’est facile de dire « allez-y faites ce que vous voulez ». Mais qui va vous récupérer dans 10 ans ? La question, c’est : de quelle joie veux-tu être capable demain, quelle joie veux-tu être capable de donner ?
Image classique de la montagne. De quel sommet veux-tu être capable ? De quelle joie veux-tu être capable ? Vous êtes faits pour le 3000 mètres. Bien sûr c’est pas facile et tout. Mais ne renoncez pas. Vous êtes à l’âge où vous choisissez le sommet que vous voulez pour votre vie (800m, 3000m). Et vous en êtes capables.
Concrètement, ça veut dire un temps pour tout. Et en particulier, il y a un temps formidable, que je vous supplie de ne pas zapper, c’est le temps pour se construire soi personnellement.
Anecdote de la rencontre avec un jeune : combien de temps t’es resté seul ? 4 mois max. C’est ça le problème. Comment tu veux construire une relation solide si toi t’es pas solide ?
Parce que le jour où tu te proposes, l’autre aura besoin que toi tu sois solide, que ta proposition vaille le coup.
C’est le temps des amitiés. Quand est-ce que tu te connais vraiment, si ce n’est avec tes vrais amis. Où tu apprends à être toi-même ?
Contre-exemple du petit couple tout le temps scotché ensemble.
Petit exemple encore. Gros scud sur le « petit couple ». Petites histoires, petit couple, petit texto… C’est trop petit ! On est fait pour grand bon sang ! Visez grand.
Encore exemple. On étouffe. Lien entre les exemples : on se retrouve à 16 ans avec des problèmes de gus de 40 ans !
Evidemment c’est pas une question d’âge. C’est une question de maturité, de capacité à aimer.
Le jour où vous êtes prêts, où vous êtes murs, souvenez-vous : « rien de grand ne se fait en un jour ».
Anecdote fille qui sort d’une relation de 4 ans (17-21 ans). On a tout fait très vite, on était le petit couple idéal du lycée… Je me rends compte aujourd’hui qu’on ne s’était jamais choisis. Avec le corps et le besoin d’affection, oui bien sûr. Mais pas vraiment. Voyez déjà le temps dont on a besoin pour construire une vraie amitié.
Comment tu peux croire qu’il y a un seul gramme d’amour chez celui qui exige quelque chose de toi ? L’amour n’exige rien. Tu veux s’avoir s’il t’aime ? Est-ce qu’il est capable d’attendre.
Quand on s’est donné, on peut pas effacer. Dieu pardonne évidemment, Dieu donne, mais quand même.
Il faut accepter de prendre ce temps, et de ne pas avoir peur de la distance. C’est très fort, mais c’est impossible de savoir ce qu’on vit. Est-ce que j’ai peur de laisser l’autre libre ? Est-ce que j’ai peur moi-même d’être libre ? Quand j’ai passé un WE avec mon copain, ma copine, repense à ce que vous avez vécu, ce que vous vous êtes dits, vos confidences…
Comment on passe d’un amour possessif, qui a peur de perdre l’autre, à un amour qui donne, qui est libre ? On peut pas avoir peur toute sa vie ! Pas trop vite tout ensemble (les 300 textos par jour).
Pas trop près parce que les gestes engagent, ils vous marquent et ils marquent l’autre.
Anecdote d’une fille. Après un an de relation, il a cassé. Ca fait un an, et ça fait un an que je suis à terre. J’ai l’impression qu’il a joué avec moi.
Ce que tu vis dans ton corps, est-ce que t’es capable de l’assumer dans ton cœur ? Parce que le corps a une mémoire.
Tout ça c’est pas évident. Faut s’encourager les uns les autres. Et c’est le rôle extraordinaire que peuvent jouer les groupes d’amis. Mais pas n’importe lesquels. Je vous dis ce que j’attends des filles et des garçons. Je vous laisse nuancer vous-mêmes.
Vous connaissez le drame des garçons : ils sont souvent très faibles. Ils sont des fragiles de la volonté. Ils ont la flemme. Ils ont plein de projet de malade, mais ça leur demande un effort sur humain de se lever et de faire leur lit. Leur combat, notre combat, c’est la mise en œuvre de la volonté.
Ayez conscience de l’impact que vous avez sur notre volonté d’homme. Exemple de la piscine, les garçons, le plongeoir, personne n’y va (peur plus flemme), vous faites arriver trois filles (en tenue de piscine). Réaction des garçons immédiate : tout le monde va au plongeoir comme si c’était naturel. Le regard de la fille aide le garçon à dépasser sa peur ou sa flemme.
Donc l’atmosphère des groupes d’amis dépend de votre attitude, largement. « Au contact de cette fille, on sent qu’on doit être un gars bien. »
Il y a un combat qui est dur pour les garçons, c’est le combat de la pureté, même si ça peut aussi être le cas des filles. La pornographie, la masturbation, etc. Ça fait rire là, mais je peux vous dire que ça blesse profondément, et que c’est pas des combats rigolos. Et c’est souvent l’amitié et l’amour qu’on peut éprouver pour une fille lumineuse qui aide un garçon à se battre. Une fille est forcément blessée quand elle découvre que son fiancé a regardé des films pornos. Exemple du garçon qui dit : oui je suis tombé, mais c’est pour la femme de ma vie que je me bats et que j’essaye de me relever. Vous êtes celle pour qui on se bat, celle pour qui on essaye d’être à la hauteur.
Vous connaissez le drame des jeunes filles. De beaucoup d’entre elles. Elles sont compliquées. (Evidemment il y a des garçons compliqués aussi). Pourquoi ? Parce qu’il y a une crainte, consciente ou non, de ne pas être aimée, choisie, considérée… D’où le besoin conscient ou inconscient de se rassurer (l’imagination).
Anecdote des vacances avec une bande d’amis de lycée. La fille qui fait son maxi effet.
Derrière combien de filles : « moi je voulais juste me rassurer, un moment de tendresse, d’attention… et en fait je n’arrive pas à maîtriser ce que j’ai déclenché ».
Deuxième point, les maxi films. Ca pour nous les garçons c’est usant !
Alors comment aider une jeune fille ? Rassurez-les. En leur disant qu’elles sont géniales comme elles sont. Entre véritables amis, avec pudeur, on devrait être capable de ces paroles d’encouragement. Et : ne jouez pas avec ses sentiments (évidemment la réciproque est vraie).
Retour sur la question de la pornographie. Bienheureux non celui qui est parfait, mais celui qui a compris l’enjeu et qui se bat. Le pire, ce n’est pas de tomber, c’est de rester par terre.
Ce que Dieu change déjà, c’est que rien n’est jamais foutu. Ce n’est jamais trop tard. Dieu est capable de guérir les cœurs blessés. Et c’est ma joie de prêtre de voir cela. Dieu peut tout réparer, tout guérir, même ce qu’on regrette amèrement. Il peut redonner un cœur libre pour aimer.
Le point, c’est pas de dire à votre fiancé « j’ai été parfait » ! C’est de lui dire « c’était pas facile, mais je me suis battu, et je l’ai fait pour toi ».
Ensuite, Dieu rend capable. Tout seul on est fragile, on se décourage. L’Eglise elle, ne condamne pas, ne juge pas. Elle est là pour vous encourager. Devant Dieu, on peut lâcher la façade. Devant un prêtre, en confession, on peut lâcher la façade, être ce que je suis, pas ce que je dois être (anecdote personnelle). Allez chercher les prêtres, les religieux, les religieuses, qui pourront vous soutenir et vous encourager.