Pourquoi la sexualité est-elle si souvent une grande source d’inquiétude ?
La doctrine de l’Église au sujet de la sexualité tient en une phrase : « Pour que la sexualité soit bien vécue, elle doit conjuguer 3 dimensions » :
La dimension érotique du plaisir,
la dimension de relation à l’autre,
la dimension de fécondité.
La doctrine de l’Église sur les relations sexuelles avant le mariage, la contraception, la masturbation, la pornographie peut être déduite de cette affirmation fondamentale.
Cela justifie la position de l’Église sur la relation sexuelle avant le mariage. La fidélité par exemple, est une vraie problématique, parce qu’elle touche à la vérité de la relation.
« Les relations sexuelles engagent dans une si profonde intimité, qu’elles demandent une promesse de fidélité ». C’est un thème grave, car lourd de sens il a du poids (Lat.gravis, pesant).
Toute relation qui est sexuée, dépasse le cadre des relations sexuelles, c’est-à-dire de la génitalité. Il faut distinguer sexualité et génitalité.
Il faut approfondir la compréhension de trois termes :
la chasteté : c’est une manière d’être en relation qui préserve la liberté de l’autre
la continence : pas de relation sexuelle, orgasme non recherché
le célibat : état d’une personne non mariée
Ce qui est problématique, c’est que le célibat n’a pas de sens en lui-même. Ce qu’il faut comprendre, c’est que le célibat est en fait une condition qui donne une disponibilité pour une fécondité sociale. Ce qui a du sens, c’est le mariage (« Au commencement, le Seigneur Dieu dit : « Il n’est pas bon que l’homme soit seul je vais lui faire une aide qui lui correspondra » » Genèse, 2 18-24).
Pourquoi la sexualité est-elle un sujet si souvent grave, inquiétant, culpabilisant ?
Parce que la sexualité c’est quelque chose qui devient. Or, devenir est une source d’inquiétude, on échappe à soi-même, on est appelé à penser, à se prendre en charge. On fait l’expérience de la solitude, on sort de notre enfance.
C’est l’obligation de penser que l’on n’a qu’une vie, vie qui a du sens et un terme.
Notre vie devient secrètement. Notre corps change et personne ne le sait à par nous.
C’est un sujet qui était jusqu’alors inédit, peu évoqué avec des adultes, peu sur le mode sérieux qui conviendrait, mais souvent sur le mode de la dérision.
C’est un lieu dont on n’est pas toujours maître, qui soulève une question : « qu’est-ce que je vaux quand je ne fais pas ce que je voudrais ? »
La sexualité est plus matière de fragilité que de culpabilité
La culpabilité à l’endroit de la sexualité est un prétexte plus qu’un problème en soi. Elle est le signe de difficultés qui sont ailleurs mais on fait comme si le problème était là.
Le problème majeur, en fait c’est l’espérance, la relation, la capacité à aimer et à croire. Les inquiétudes liées à la sexualité sont souvent symptomatiques d’autres choses. La culpabilité est l’occasion pour une tristesse plus ancienne d’émerger.
L’idéal est de prendre la parole avec quelqu’un de responsable, même si cela n’est pas facile, aussi bien sur les questions qui nous taraudent quant à la sexualité.
L’Église fait une proposition plus qu’elle ne condamne, mais ce n’est pas pour autant qu’elle accepte toutes les pratiques. On ne doit pas s’opposer à sa conscience, mais celle –ci doit être éclairée.