Elle concerne l'unité de notre vie et comment donner du sens à notre vie quotidienne.
Un foisonnement d'idée et d'expériences toutes orientées vers l'évangile... Qui propose des règles... Pour vivre une société plus juste ou l'homme peut s'épanouir dignement.
1- l'évangile n'a pas de date de péremption. Il est actuel et vivant, non figé. S'ajoute à l'évangile l'expérience humaine, les actions des chrétiens sont nombreuses depuis la nuit des temps, dans les milieux économiques, sociaux, etc... Cette expérience est vivante. En plus de cela, l'Eglise a statue sur certains points par le Magistère, le CEC et les encycliques. On formule précisément des éclairages pour mieux les faire comprendre et vivre.
En 1891 encyclique Rerum Novarum pour parler de la société nouvelle (Léon XIII). Et puis il y a eu le concile et les encyclique de JP2 et de Benoit XVI.
C'est pas quelque chose de fige, ce sont des expériences vivantes.
2- la DSE ce sont des règles, des principes proposes par l'Eglise pour une société plus juste, pour vivre notre foi au quotidien. Le but n'est pas de créer le paradis sur terre, mais de rendre à chacun sa dignité, aider chacun à avancer dans la charité. C'est pas une succession de règles ou une bibliothèque. L'enseignement de l'église et l'expérience des chrétiens se nourrissent l'un l'autre.
La DSE est un référentiel commun de valeurs fondamentales pour favoriser la vie en commun.
Deux conditions non négociables. La dignité inhérente de chacun fait à l'image de Dieu et le respect inconditionnel de la vie humaine. Aucune concession n'est possible sur ces deux points.
Ces deux principes essentiels s'appliquent en cinq principes :
Le bien commun, l'usage juste de notre propriété, la participation, la subsidiaire, l'option préférentielle pour les pauvres.
Gaudium et spes, 26 paragraphe 1. Il s'agit de permettre au groupe et à chacun d'atteindre la perfection.
Il faut tendre vers le Christ. Il s'agit de respecter la liberté, mais agir pour éclairer, inviter.
Il s'agit d'aider à la sanctification de chacun. C'est à dire aider à la pleine humanisation de chacun. Exemple un manager dans une équipe. L'objectif est de faire grandir les gens, pas a faire a la place. Il y a pour cela des conditions personnelles, mais aussi des conditions communes : les moyens de subsistances, etc... Notre responsabilité d'homme est de permettre par mes actes à d'autres hommes de devenir plus homme. Parfois l'organisation des choses que les hommes sont conduits à pêcher. Il faut y être attentif, agir pour améliorer, pour combattre ces structures de péché. Il faut dénoncer ces systèmes.
Deux conditions pour le bien commun : le respect des personnes telles qu'elles sont, le bien social et le développement du groupe. Il faut donner à chacun les moyens de se développer au mieux. Il s'agit de libérer ce qui peut entraver chacun dans sa dimension d'homme.
Cette définition nous éloigne du monde actuel. Nous ne cherchons pas à construire nous mêmes un monde parfait car nous savons que c'est impossible. Il s'agit de libérer chacun pour lui permettre de recevoir la grâce. Le bien commun s'oppose à l'intérêt individuel par exemple. Pour nous chrétiens, la société nous appartient à tous par nature. Il s'agit donc d'agir pour le bien de la personne ET pour le bien de la société. La société c'est tout homme, même ceux que je ne connais pas ou qui ne dit pas mes proches. Le chrétien veut agir pour son prochain, pour l'aider à grandir comme homme, c'est à dire comme fait pour Dieu. Le bien commun ce n'est pas l'intérêt général ! Car je m'intéresse aussi à la personne, je n'impose pas un supposé intérêt général à l'individu, à mon prochain. Pour le chrétien il n'y a pas de majorité ou de groupe qui puisse permettre de définir un intérêt général. Le seul critère c'est que chacun et tous puissent grandir en sainteté. Le bien commun ne s'accorde pas forcément avec l'efficacité par exemple.
Le bien commun nous pousse au souci de tous ET de chacun en même temps.
Le bien commun est donc un critère de discernement pour savoir comment agir. Ce n'est pas magique !
Comment en faire un usage juste ?
Est elle objet de ma satisfaction ou moyen pour grandir et faire grandir ?
Nous sommes nous mêmes, comme Dieu, appelés à construire des choses et à posséder. Nous participons à la création non en créant des êtres mais en créant des machines, des objets... Par voie de conséquence il y a appropriation. Nous avons besoin de cette propriété pour que la vie en commun puisse fonctionner.
Il ne faut pas avoir une vision mauvaise de la propriété ! La propriété nous rend co créacteurs. Il s'agit donc de clarifier notre relation vis à vis de la propriété.
Nous ne sommes pas de purs esprits, nous sommes reliés à la terre par des objets. En même temps, notre relation à la propriété reflète notre relation à Dieu. C'est cela qui doit être converti finalement. Qu'attend-Il de moi puisque c'est moi qui possède. Selon la façon dont nous usons de notre propriété, Dieu agira de même avec nous.
Un principe fort de la Bible est que nous sommes les régisseurs de Dieu. Nous je sommes en fait que dépositaires ! Nous sommes possesseurs pour quelque chose et non de quelque chose.
La propriété privée est une condition de la responsabilité dans la Création. La collectivisation peut être bonne si choisie, mais jamais imposée de l'extérieur. La propriété privée, c'est la responsabilité de bien user de ce que nous avons.
On ne parle pas seulement de propriétés matérielles mais aussi des propriétés personnelles comme les talents, les qualités.... Ou les charismes !
Finalement être un bon propriétaire c'est se mettre en service.
Chacun doit pouvoir participer, avoir un rôle dans la mise en place du bien commun.
La vie en société est la nature de l'homme. Il faut donc agir pour que l'amour puisse circuler dans la société.
La participation est nécessaire pour que chacun puisse faire fructifier ses talents propres. On a besoin de chacun, et chacun doit pouvoir participer à son propre développement. Par exemple, il s'agit du regard que l'on porte sur les personnes âgées : chacun doit rester utile pour des questions de dignité, même si c'est minime ou si ce n'est pas dans un but d'efficacité. L'erreur est dans les deux sens : refuser de participer à la société et à la Création, et refuser de donner leur rôle aux autres.
Ce n'est pas qu'une question d'égalité juridique, c'est une question anthropologique. Le développement n'est possible que si chacun est à sa juste place, ne serait-ce que pour participer à son propre développement. La société chrétienne ne peut pas être une société de dominants ou d'assistés.
Les communautés, dans leur différences et leur multiplicité sont des lieux de participations. Elles doivent permettre à chacun à son niveau de prendre part au bien commun. Leur diversité et leur différence ne doit pas être une source d'opposition en factions mais plutôt traduire la diversité des individus, de leur appel, de leurs lieux d'actions. Les communautés doivent d'emboîter les unes dans les autre en niveaux successifs, de la famille jusqu'à l'état !
Les conditions de la participation : la recherche du bien commun
contre l'égalitarisme idéologique. La participation ce n'est pas juste écouter tout le monde. C'est permettre à chacun d'agir concrètement à son niveau même très humble. La participation ce n'est pas dire que tout le monde peut donner son avis sur n'importe quoi et puis c'est tout.
La participation n'est pas non plus le refus de l'autorité. C'est une compréhension erronée. La participation s'ajuste à l'autorité. En fait elle la renforce ! La participation reconnaît que d'autres puisse décider, ainsi que ses propres limites et ignorances. L'autorité est bonne si elle est ordonnée vers le bien commun. Elle est faite pour faire grandir l'ensemble de la communauté.
La clé de compréhension est la recherche du bien commun. La question à se poser est en quoi ma participation permet elle à chacun de faire avancer le bien commun. La participation doit permettre de faire avancer la communauté, elle sert les autres et pas seulement moi.
Un outil critique pour observer la société et les communautés : y a-t-il recherche active du bien commun et la participation est-elle possible ?
La réponse doit être oui aux deux afin que la société soit un véritablement emboîtement de communautés qui se chevauchent.