Table ronde à l'occasion d'un congrès sur la mission dans le diocèse de Toulon en 2014.
Le 16 juin 2014 lors d'une rencontre avec le conseil pontifical justice et paix le pape a déclaré que nous ne pouvons tolérer plus longtemps que les marchés financiers président aux destines des peuples et qu'un petit nombre prospère grâce à la spéculation financière tandis que la multitude en pâtit.
En fait cela est la conséquence d'une crise éthique, morale, anthropologique. Il y a une divergence toujours plus grade entre une économie au service du capital et une au service du bien commun. L'économie capitaliste poursuit le bien total. Ce bien total est une recherche du bien être individuel. Naturellement ce bien individuel ne s'occupe pas de l'autre, du bien de tous. L'église depuis les temps modernes a réfléchi à un système économique capable de créer une harmonie entre capital et travail et met au sens de sa vision la personne humaine et le bien immun. En fait au n'irai chrétien le bien commun est le principe de référence. On ne peut chercher le bien de tous sans d'abord savoir ce qu'est le bien de la personne humaine. En effet pour l'homme être de relation le bien de chacun est nécessairement en lien avec le bien de chacun
Il faut donc d'abord savoir ce qu'est la personne humaine. Cette démarche est fondamentale. Sinon on peut transformer des instruments qui sont bons en eux mêmes en quelque chose de nuisible. Ce n'est pas l'instrument qui doit être mis en cause mais l'homme, sa conscience morale et sa responsabilité.
Le bien commun n'est pas la somme des viens individuels ou une notion qui se limite à un calcul économique mais inclut la notion de l'éthique et de la morale celle du bonheur. Quelle anthropologie, quelle vision de l'homme avons nous dans notre économie ? Est-ce celle de la personne humaine créée à l'image de Dieu, ou elle d'un individu replié sur lui même ?
Il s'agit de réfléchir à la gestion de certaines réalités même si Jésus est bien la réponse ultime. Il y a une légitime autonome des choses terrestres ou l'homme doit travailler avec ses savoirs faire et surtout avec une vision.
Première remarque : Nous sommes à une période particulière de l'histoire. Nous avons vu l'échec des idéologies au siècle précédent. Si le mur de Berlin est tombe, ce n'est pas le triomphe du libéralisme. Un pan du matérialisme est tombé, mais l'autre est bien malade. Il aurait fallu le repenser. L'idéologie qui n'a pas encore tout a fait échoué c'est celle du progrès. Le monde serait inéluctablement en progrès du bien vers le mieux et ne peut pas ne pas l'être. Mais ce progrès scientifique et technique ne signifie pas forcément progrès moral. Cette connaissance morale doit être à nouveau acquise à chaque génération puis mise en action.
Ensuite paradoxalement le système est devenu tellement complexe que finalement nous sommes chacune rapportés à notre propre responsabilité. Il n'est plus possible de modéliser le système. Aujourd'hui on fonctionne avec des rustines. On rafistole sans cesse... On se dit qu'on avance quand même mais il faut diagnostiquer le problème. Nous sommes renvoyé à la responsabilité des acteurs. Et ça c'est une bonne chose. Le développement est impossible s'il n'y a pas d'homme droits profondément interpellés dans leur conscience par le bien commun. (Benoit XVI) il faut à la fois un savoir faire et une véritable conscience morale. Mais seuls des véritables hommes avec une volonté, une conscience morale et une vraie responsabilité peuvent changer les choses.
Pour ça il faut un véritable courage. Le courage de tenir une hiérarchie de valeurs. Spirituelles, culturelles, politiques, économiques, techniques dans cet ordre. La finance est de l'ordre de la technique. Or le spirituel disparaît. Les valeurs culturelles n'étant plus orienté, on va n'importe ou. Les valeurs politiques sont dominées : "les marchés ont gagné la guerre contre les états" (président de la Bundesbank en 1980). On est passe dans l'irréel tellement les sommes sont importantes et les vitesses élevées (durée moyenne de possession d'une action : 22 secondes). On a tout inversé dans l'ordre des valeurs ! Impossible de bâtir un monde de justice et de bien commun dans ce cadre.
Conclusion : seule la valeur suprême peut tout renverser. Le secours vient donc de la nouvelle évangélisation qui est absolument indispensable dans notre monde. Évangéliser devient urgent.
Quelques réflexions à travers le prisme Zachee :
Nous sommes acteurs de la relation
Juste usage de la propriété
L'option préférentielle
L'exercice de l'autorité
Bâtir l'unité
L'art chrétien de vivre
Premier point : il faut développer une économie des valeurs et pas de la valeur. Sinon on ne va pas très loin (cf Buttet). L'économie des valeurs est très intéressante et les grands de ce monde commencent à être interpellés par la "responsabilité". C'est la dynamique des trois P. D'abord il faut que les dirigeants aient un Plan, ie une vision du monde. Une vision de l'homme, en vue d'un bien commun. C'est la seule façon de stimuler les troupes qui doivent suivre. Les jeunes d'aujourd'hui ne cherchent pas un travail mais un sens. Ensuite il faut un Partenariat. On ne peut travailler seul. Et enfin la Passion, d'entreprendre, de porter ses valeurs au monde.
Deuxième point : le leadership courageux. Si on n'a pas le courage d'affronter un monde plutôt hostile on n'ira pas très loin... Le courage je se décrète pas il se vit. Chacun y est aujourd'hui appelé. Il faut être des chrétiens actifs ! Mt 25;20. Maintenant les trois R. La résilience : la capacité de résister aux critiques. La réinvention : capacité de proposer sans cesse du nouveau. Réconciliation : sans cela on ne peut pas progresser. Ce n'est pas une vertu très pratiquée en entreprise. Et pourtant elle existe.. C'est rare mais ça arrive.
Troisième dimension : développer la confiance. C'est la base de la cordial et de la communication authentique. Parfois il faut alors mettre son ego de côté.. Il faut aller vers l'autre, travailler pour l'autre, prier pour l'autre. Rare ça ! Cette entrée en conscience par l'humilité "si tu veux aller vite va seul, si tu veux aller loin vas y à plusieurs" (Proverbe africain)
Trois recettes pour vivre tout ça. Un la prière. Deux le recul et le temps. Trois la famille, sa femme en particulier. On a tous quelqu'un sur qui s'appuyer.
Conclusion identique aux deux précédentes : on ne peut s'appuyer que sur le Christ.