Pendant la mise en place proposer de prendre des notes. En profiter pour présenter rapidement « L’Associé du Diable ».
Ce soir on va parler ensemble du combat spirituel. Et pour commencer, je voudrais vous montrer une vidéo qui moi-même m’a beaucoup marqué. C’est une vidéo sur Noël.
Vidéo Il faut sauver le soldat Ryan
Joyeux Noël !
Pour ceux qui se posent la question, c’était bien la bonne vidéo. Il s’agit de la scène d’introduction de Il faut sauver le soldat Ryan. Quand on pense à Noël, on pense aux petits anges, aux bergers, à la crèche, c’est mignon et tout. Et on a raison, suffit de lire l’Evangile.
Mais dans l’Apocalypse, Noël ce n’est pas le même topo ! Je vous lis [slide] : « Un grand signe apparut dans le ciel : une Femme est enceinte, elle crie, dans les douleurs d’un enfantement. Un autre signe apparut dans le ciel : un grand Dragon, rouge feu. Sa queue, entraînant le tiers des étoiles du ciel, les précipita sur la terre. Le Dragon vint se poster devant la femme qui allait enfanter, afin de dévorer l’enfant dès sa naissance. Or, elle mit au monde un fils, un enfant mâle, celui qui sera le berger de toutes les nations. Il y eut alors un combat dans le ciel : Michel, avec ses anges, dut combattre le Dragon. Le Dragon, lui aussi, combattait avec ses anges, mais il ne fut pas le plus fort, il fut rejeté, le grand Dragon, le Serpent des origines, celui qu’on nomme Diable et Satan, le séducteur du monde entier. Malheur à la terre et à la mer : le Diable est descendu vers vous, plein d’une grande fureur car il sait qu’il lui reste peu de temps. Le Dragon partit faire la guerre au reste de la descendance de ceux qui observent les commandements de Dieu et gardent le témoignage de Jésus. » (Apocalypse 12)
[slide] Ah là c’est moins rigolo. En fait Noël c’est l’entrée des forces du Bien dans le monde. Mais ça ne se fait pas tout seul. Le Mal, Satan en tête se déchaîne contre cela, de toutes ses forces. Je vous ai noté quelques phrases, je crois que c’est éloquent ! Le Mal riposte de toutes ses forces face à ce débarquement du Salut, il se déchaîne face à l’entrée de la Grâce. La bonne nouvelle c’est qu’il a perdu. Mais on sait tous qu’une bête sauvage n’est jamais aussi dangereuse que lorsqu’elle est blessée…
Si je vous ai montré cette vidéo et que je vous raconte ça, c’est pour vous montrer que le combat spirituel, c’est du sérieux. Ce combat, c’est au cœur de nos vies qu’il se mène ! On va en parler en trois temps ce soir. D’abord on va essayer de bien se positionner par rapport à toutes ces questions, ensuite on va voir quelles sont les différentes techniques du Diable dans les différents types de combats, et enfin comment nous pouvons réagir face à cela.
[slide] Pour commencer, je voudrais que l’on parle de deux pièges à éviter dans notre vie et notre vie spirituelle. En fait on se retrouve face à une difficulté que l’on a très souvent dans notre foi. Les choses nous apparaissent paradoxales et du coup on n’arrive pas à les concilier. Pourtant il y a beaucoup de choses qu’il faut réussir à tenir bien ensemble. Par exemple, Jésus nous demande de haïr le péché mais d’aimer le pécheur. Et nous souvent soit on haït le péché mais on haït le pécheur avec, soit on aime le pécheur mais on prend le péché avec. Il faut garder les deux ! De la même façon, on a beaucoup de mal à se dire que Dieu est juste et que Dieu est miséricordieux, ou que Jésus est à la fois Dieu et homme, ou que Jésus n’a pas aboli la Loi mais qu’il l’a accomplie, etc… Il y a beaucoup de choses comme cela ! Il nous faut toujours faire attention à tenir les deux dimensions ensemble. Sinon c’est comme si on essayait de construire une arche avec un seul pilier : on se casse la figure…
Alors les deux pièges de ce soir. [slide] Le premier piège concerne le Diable et la puissance du Mal. Nous avons deux attitudes contradictoires à son endroit. La première c’est de le négliger, de l’oublier. Tout le monde est gentil, on trouve ça trop méchant, pas assez aimant de dire qu’on peut faire le mal, que le Mal existe, ou encore plus de parler du Diable. On préfère nier l’existence de ce dernier ou même des deux. Ou alors au contraire, nous nous exagérons la puissance du Mal, on se dit qu’il est beaucoup trop fort et qu’on s’en sortira jamais, qu’on est trop nul, et on regarde le monde en désespérant… En fait il faut à la fois avoir conscience de l’existence du Mal, du Diable et de leur puissance bien réelle… et toujours garder dans notre esprit et notre cœur que Dieu les a définitivement et complètement vaincus sur la Croix ! C’est une ligne de crête sur laquelle il va falloir qu’on marche, sans tomber ni d’un côté, ni de l’autre. Le Mauvais est puissant, mais le Mauvais est définitivement vaincu.
Le deuxième point concerne la dimension spirituelle de notre vie [slide]. Là aussi nous avons du mal à être équilibrés… D’un côté, nous pouvons avoir tendance à voir du spirituel absolument partout, et à penser que tout se joue seulement à un niveau spirituel. Du genre : « j’ai un combat terrible, j’arrive pas à prier il faut que le Seigneur fasse quelque chose ». A l’inverse, on peut avoir des œillères qui font qu’on oublie complètement le côté spirituel, sous prétexte de rester pragmatique, et on pense que tout passe par le seul côté matériel. Du genre « faut juste que je prenne les moyens de prier», en refusant de voir que ça peut aussi être de l’ordre d’un combat… En fait il faut tenir les deux ensemble : il y a bien une dimension spirituelle majeure à notre vie, mais elle est intimement liée au temporel, les deux marchent de concert. Là dans un premier cas on démissionne de notre vie et dans l’autre on est orgueilleux en croyant qu’on va s’en sortir tout seul. Donc « j’ai un combat spirituel, je n’arrive à prier, il faut que je me prenne les moyens de prier et que je demande au Seigneur de m’aider. »
Un jour j’ai demandé à mon père spirituel : « mais en fait ce point-là qui est une grosse difficulté… est-ce que c’est du combat spirituel, ou est-ce que c’est juste une fragilité que j’ai ? ». Il m’a répondu « c’est une fragilité que tu as, sur lequel le Diable a décidé d’insister en ce moment ». On ne l’appelle pas le Malin pour rien. Il regarde où nous sommes friables… Cela nous montre bien comment le temporel et le spirituel sont liés.
Avant de rentrer dans le cœur du combat, il y a une dernière chose à dire. C’est la plus importante de toutes. Celle qu’il faut garder chevillée au corps et au cœur quoi qu’il arrive. [slide] C’est que Jésus a vaincu le Mal par l’Amour. Jésus a vaincu le Mal par l’Amour. Cette victoire, elle est totale. Le Diable pourra y faire tout ce qu’il voudra, il ne pourra jamais rien y changer. Face à cette victoire de l’Amour, face au Christ, le Mal est impuissant. Il y a un phrase que l’on peut retenir pour s’en imprégner, c’est[slide]« La miséricorde, c’est la limite que Dieu impose au mal » qui est de Jean-Paul II. Cela veut dire que le mal n’est pas tout-puissant ! Quoi qu’il arrive si nous nous tournons vers la miséricorde, l’amour de Dieu, il restera impuissant. Dieu peut toujours nous guérir, nous sauver, nous pardonner, nous arracher au mal. Le mal n’est jamais le plus fort !
Recentrons nous sans cesse sur Jésus le Christ, son Amour et sa Miséricorde qui nous sauve par la Croix. Une fois qu’on a dit ça, on a dit l’essentiel, le cœur. On va donc garder ça bien près de nous, et rentrer dans le vif du sujet. Le combat spirituel, ou comment le Diable nous attaque.
[slide] Il y a deux grandes façons différentes de vivre le combat spirituel : ce sont la tentation et l’épreuve. On va en parler l’un après l’autre.
Principe des attaques du Diable
Pour parler de la tentation, il faut peut-être commencer par parler du péché. Plutôt que de réexpliquer théologiquement ce qu’est le péché, je préfère qu’on reste pragmatiques On va passer par quelque chose qui va nous permettre de comprendre le principe même des tentations du Diable : les péchés capitaux. Pourquoi est-ce qu’on les appelle comme ça ? Parce que ce sont les péchés « têtes », genre « j’en attrape un et y en a 10 qui viennent avec ».
On va prendre un exemple qui est frappant. Quel est le grand péché du roi David ? [slide] Il couche avec Bethsabée la femme de l’un de ses soldats, Urie, et fais tuer ce dernier. Ce sont des péchés graves ! Mais quel est le premier péché, la cause de tout cela ? Je vous relis le début de ce passage : « Au temps où les rois se mettent en campagne, David envoya Joab et ses serviteurs. Cependant, David restait à Jérusalem. Il arriva que vers le soir, David, s’étant levé de son lit, alla se promener sur la terrasse de la maison et il perçut une femme qui était très belle. » Le vrai problème de David, c’est qu’il glandouille ! On est au moment de l’année où il devrait être en guerre comme tous les autres rois, mais il envoie quelqu’un se battre à sa place et il reste à se prélasser dans son lit ! Je vous fais remarquer que c’est le soir quand il en sort. Donc le premier péché de David, le péché capital, c’est la paresse. C’est lui qui le met sur la pente savonneuse…
[slide] C’est exactement ce que fais le Diable quand il nous tente. Il ne peut rien nous imposer, car en toute chose nous restons libres. Sa stratégie est donc simple. Il cherche à nous mettre dans des situations à risque, des situations où nous serons le plus possible inclinés à faire le mal et à refuser le bien. Il ne peut pas nous forcer à faire le mal, alors il nous met dans des situations où l’on va s’enferrer tout seul… Il prend des centaines de déguisements différentes mais à la fin c’est toujours le même principe. Ça marche très bien avec les péchés capitaux, ça marche avec plein d’autres choses. Je prends un exemple très courant. Le manque de sommeil. On se met beaucoup plus facilement en colère, on s’impatiente très rapidement si on est fatigué. Cela peut être un point sur lequel on est attaqué très facilement.
Qu’est-ce que ça veut dire être attaqué ? Cela veut dire que sans raison, poser un acte particulier (par exemple aller se coucher ou rester calme) nous demande beaucoup plus d’efforts. Nous sommes toujours libres mais le Mauvais nous met les bâtons dans les roues… Il peut très bien arriver qu’à un moment où nous traversons une période plus difficile, il nous devienne d’un coup plus difficile d’aller dormir, ce qui a un impact sur notre patience, notre vie de prière… On trouve toujours tout un tas de raisons, de choses à faire, d’occupations débiles, etc. Le Mauvais s’engouffre dans la brèche. Je prends l’exemple du sommeil parce qu’il est vraiment très courant, mais on pourrait en donner bien d’autres. Si tu veux être en état de combattre, commence par dormir.
Le Diable pour nous attaquer, nous tenter et nous emmener dans ces situations à risque nous susurre plein de choses à l’oreille. Par exemple quand au moment d’aller vous coucher vous trouvez plein de fausses bonnes raisons de le faire. Quand vous vous apprêtez à passer le tourniquet du train sans ticket et que vous vous dites qu’après tout ce n’est pas si grave, il y a plein de gens qui le font, et puis ils sont toujours en retard, et puis d’habitude vous le faites toujours, etc. Il n’y a pas une seule raison là-dedans qui tienne la route (et d’ailleurs notre conscience nous le fait bien sentir) mais on essaye plus ou moins de s’en convaincre… Pour cela, il utilise plusieurs pièges différents. C’est ce qu’on va voir maintenant.
Piège 1 : Les fausses priorités
Pour illustrer le premier piège, on va regarder un extrait de la scène finale de l’Associé du Diable. Keanu Reeves (Néo dans Matrix) joue un avocat. Suite à la mort de sa femme Marie-Anne dans des circonstances tragiques il va voir son patron (Al Pacino) et il découvre qu’il est en fait le Diable. S’ensuite un dialogue assez incroyable dont je ne vous montre qu’un petit bout. Très rapidement, Kevin s’est laissé complètement accaparer par son travail d’avocat et a complètement délaissé sa femme. S’il a tenu à son travail, c’est notamment parce qu’il n’avait jamais perdu un procès et qu’il ne voulait pas que cela change. Or aller s’occuper de sa femme qui allait mal signifiait perdre son procès. Evidemment, le Diable a tout fait pour encourager cela… Tout en lui donnant l’illusion de rester libre. Je vous laisse regarder.
Vidéo L’Associé du Diable
Vous le connaissez le Kévin au fond de vous qui hurle « Je gagne ! Je gagne ! C’est moi le meilleur, moi tout seul ! Moi, moi, moi, moi ! » ? Moi je le connais… Le Diable est très habile. [slide] Qu’est-ce qu’il a réussi à faire ? En fait Kévin se dit « Ma femme est vraiment importante pour moi, mais… je m’en occuperai après. Moi d’abord ». Il se rassure dans sa tête (elle est importante) pour ne rien faire en actes. Il se fait passer lui-même en premier. Le Diable ne demande rien de plus. Son but n’est pas de faire qu’on ait telle ou telle priorité dans la tête. On s’en fout de ce qui se passe dans ta tête ! Ce qui compte c’est comment ça se traduit en actes. Soit moi, soit les autres. Alors comme ça se verrait trop, il nous donne une fausse bonne conscience avec ces histoires de « c’est important pour moi ». Fumisterie. Ce qui compte dans notre vie, ce n’est pas ce qui est « important », c’est ce qu’on fait passer en priorité. Ce qui façonne notre cœur, ce que Dieu nous demande, ce n’est pas « la liste des trucs qu’on trouve importants » ! [slide] C’est ce que l’on fait passer en priorité. Est-ce que je sers ou est-ce que je me sers ? Ce qui compte c’est ce qui se traduit en actes. On se fout du reste. Je vous donne quelques exemples ? « En vrai j’aime vraiment maman et je fais des choses pour elle, mais là j’ai la flemme d’aller lui donner un coup de main ». « Si si prier c’est important pour moi, mais je le ferai tout à l’heure-là j’ai vraiment plein de trucs à faire. » « La semaine prochaine vraiment j’appelle grand-père mais là je suis trop occupé ». Ça vous parle un peu ? C’est tous les « si si c’est important, mais en fait moi je moi je ».
Deux petites remarques là-dessus. D’abord ça passe beaucoup par la procrastination. Je me dis que je le ferai plus tard. Moi je me fais souvent avoir sur la prière. Je me dis que je le ferai plus tard dans la soirée alors que je sais très bien qu’en fait je vais rentrer à deux heures du mat’ et je ne serai absolument pas en état de prier. Toujours la question de la priorité. [slide] Pour l’éviter on peut se souvenir de la phrase de Sainte Thérèse : « je n’ai qu’aujourd’hui pour aimer ». Deuxième remarque : on retrouve évidemment les péchés capitaux, en particulier la colère et l’orgueil. Je ne m’étends pas plus.
Donc premier piège : remettre à plus tard l’amour en se faisant passer d’abord, au risque évident de ne jamais aimer.
Piège 2 : l’enfermement dans le vice
Deuxième piège : le vice. Alors comme ça, ça a l’air d’un gros mot mais c’est en fait très direct, très simple. Le vice c’est le contraire de la vertu. Le principe est simple : plus je fais le mal, plus c’est facile de faire le mal. [slide] Je m’installe dans une situation où le mal m’est devenu une habitude. Faire des petits mensonges. Prendre le bus sans ticket (j’aime bien cet exemple). Exagérer ma réussite. Placer la petite phrase pour la ramener. Essayer d’attirer l’attention de mes amis sur moi. Il devient difficile de s’en séparer, c’est comme une vieille habitude qui nous colle à la peau. Quand on a pris l’habitude de tomber c’est difficile de se mettre à rester debout.
Je voudrais vous montrer un extrait du Seigneur de Anneaux, où Bilbon doit se séparer de l’anneau, symbole du Mal, auquel il s’est attaché pendant de nombreuses années. Faites très attention aux paroles, elles sont vraiment très représentatives de ce qu’on peut se dire !
Vidéo Le Seigneur des Anneaux
[Slide] Ce dont je veux qu’on prenne conscience avec cet extrait, c’est que l’enjeu c’est de lâcher complètement ce qui enchaine notre volonté. De renoncer complètement, totalement au péché ! Il n’y a pas de compromis possible ! Malheureusement il y a souvent une petite partie qui y reste attachée et c’est ce qui fait qu’on retombe… C’est très éloquent, on utilise quasiment les mêmes phrases que Bilbon dans notre cœur… je n’en rajoute pas plus. Alors repérons le la prochaine fois que nous avons un dialogue intérieur semblable et choisissons de couper !
Dernière chose sur cette habitude au Mal. Pour nous faire rentrer dans cet état mauvais, le Diable utilise souvent la technique de la grenouille. Vous connaissez ? Si vous mettez une grenouille dans un bol d’eau bouillante, elle saute et s’enfuit immédiatement. Mais si vous la mettez dans de l’eau froide et que vous faites chauffer doucement… Elle ne s’en rend pas compte et elle finit par mourir de chaleur ! Avec le péché c’est exactement pareil. Il commence par nous attirer sur de toutes petites choses, de petites concessions « juste cette fois », « c’est pas si grave », puis de plus en plus gros mais nous ne nous en rendons plus compte… et on s’y habitue.
Ça marche aussi pour un péché vers lequel il veut nous attirer. Il nous fait glisser petit à petit vers lui jusqu’à ce que ce soit intenable ! Et nous on accepte de se mettre dans des situations impossibles parce qu’on présume de nos forces… [Exemple dans les relations entre garçons et filles où on se laisse facilement glisser peu à peu, surtout dans certaines circonstances : j’ai bu, c’est le soir, on est tout seuls…]
Une autre façon de parler de la technique de la grenouille c’est le péché de paillasson. C’est un prêtre qui raconte qu’un garçon vient se confesser auprès de lui. La veille il a vu sa copine… Et ils ont couché ensemble, alors que ce n’était absolument pas son intention initiale. Il lui raconte la soirée : ils sont rentrés de soirée assez tard, il lui a proposé de passer chez lui, ils se sont installés à discuter à deux dans la chambre, ça c’est éternisé… et ça a dérapé. Et le prêtre explique : le moment où tu t’es fait avoir, c’est pas dans la chambre. C’est en passant le paillasson ! C’est là qu’il fallait s’arrêter ! Après tu t’es laissé entrainer, mais c’était infiniment plus dur de s’arrêter ! Faut repérer l’étape à ne pas dépasser pour ne pas finir en se retrouvant dans une situation impossible. Genre tous seuls dans les bras l’un de l’autre dans une chambre au milieu de la nuit, en se disant que non non on gère.
Voilà pour le deuxième piège de l’habitude.
Piège 3 : Le bien pour le mal
Pour le troisième piège, on va revenir à notre avocat de tout à l’heure, en plein dialogue avec le Diable. Ecoutez ce que ce dernier lui dit.
Vidéo L’Associé du Diable
Vous sentez l’amour ? [Slide] Quelques remarques : encore une fois, la colère et l’orgueil. On retrouve aussi la technique de la grenouille ! Regarde mais ne touche pas, touche mais ne goute pas, etc. On présume de nos forces, on se dit qu’on va tenir et on se met tout seul dans une position impossible, le gâteau empoisonné déjà dans la bouche en essayant de se persuader qu’on ne va pas avaler…
Quel est la ruse du Diable ici ? Nous faire prendre le Mal pour le bien et le Bien pour le mal. Il essaye de nous persuader que Dieu joue contre nous. Que Dieu ne veut pas notre bonheur, que la Loi est là pour nous embêter. A l’inverse il nous fait miroiter un bien illusoire. Ça serait tellement agréable de se venger, de critiquer un tel, de chiper un chocolat à mon frère, etc… Le Diable déguise toujours le mal en bien pour nous le faire choisir. C’est un élément majeur de la tactique du Diable. C’est d’ailleurs celui qu’il utilise avec Eve. Dieu ne veut pas vraiment votre bien… Je ne m’étends pas plus.
Piège 4 : La culpabilité détraquée
Voilà donc tout ce que le Diable peut nous susurrer à l’oreille, tout le dialogue intérieur qu’il nous fait avoir, tout ça pour nous prédisposer à nous casser la figure… Tout en sachant que nous restons toujours libres. Mais ce n’est pas encore assez ! Ce que le Mauvais veut, ce n’est pas juste nous faire tomber. C’est qu’on tombe et qu’on ne se relève plus. C’est qu’on reste enfermé sur nous-mêmes. Là et seulement là il aura vraiment gagné. Il a pour cela une arme à deux tranchants qu’il utilise avec beaucoup d’efficacité… On continue notre dialogue. Le Diable a implacablement convaincu Kévin de sa terrible culpabilité dans la mort de sa femme…
Vidéo L’Associé du Diable
L’arme du Diable c’est la culpabilité [slide]. En soit la culpabilité est bonne. Elle nous aide à réaliser que nous avons fait le mal et donc à retourner vers le bien. Mais le Diable détraque complètement cela, soit dans un sens, soit dans l’autre. D’un côté il l’exagère. C’est ce que ressent Kévin au début de l’extrait. Il est désespéré, écrasé par la culpabilité. Il nous dit « tu es nul, tu as tout raté, tout est ta faute et c’est irrattrapable ». On reste alors tout seul avec notre péché qui nous parait insurmontable. On pense qu’on ne peut plus se relever et on reste par terre… A l’inverse, il nous convainc de la laisser tomber. « Ce n’est pas de ma faute », « j’avais de bonnes raisons », « j’allais pas me faire marcher sur les pieds ». C’est suprêmement orgueilleux. On refuse de voir le mal, on préfère rester dans l’illusion. « La liberté, c’est ne jamais avoir à demander pardon. » On refuse de le combattre et donc d’être debout. On préfère l’ignorer… et donc on reste par terre. Pour se relever, il faut commencer par savoir qu’on est par terre. Deux méthodes, même résultat. C’est un peu comme des jumelles que le Diable nous fait utiliser dans un sens ou dans l’autre en fonction de l’âme à laquelle il s’adresse. Ce résultat c’est qu’on abandonne le secours de Dieu, le secours du Salut. Et si le Diable arrive à nous faire lâcher Dieu, là il aura gagné contre nous…
[slide] Un ami me parlait l’autre jour de la tentation de la valise. Quand il était arrivé en retraite, on lui avait dit que ça castagnerait surement un peu intérieurement, et que c’était très possible qu’à un moment il soit pris par un désir de s’enfuir en courant ! C’est très vrai, et cela va avec la culpabilité. De toute façon je prie mal, à quoi ça sert de le faire ? Est-ce que ça sert vraiment à quelque chose que je reste à la messe ? « Mon démon à moi s’appelle « à quoi bon ? » » disait Bernanos. En fait c’est la tentation de l’abandon.
La bonne nouvelle qui va avec c’est que même si on est tombé… En fait le Diable n’a pas gagné ! Tant qu’on retourne encore et toujours vers Dieu il ne peut pas gagner. Et comme le dit le pape François « Nous nous lassons plus vite de demander pardon que Dieu de nous pardonner ».
L’arme du Diable : l’imagination
Voilà toutes les tactiques que le Diable utilise pour nous faire tomber… Après ça normalement il aurait fallu que je vous parle des armes qu’il utilise pour nous faire tomber dans ces pièges. J’avais déjà évoqué le sommeil tout à l’heure. Malheureusement on n’a pas beaucoup de temps alors je vous en donne une seule. [slide] C’est l’imagination.
Ça marche pour nous attirer vers un péché. On s’imagine des histoires, comment on pourrait se venger, comment on aurait pu cracher notre venin, comment on aurait pu écraser tout le monde avec notre orgueil surdimensionné… Voilà pourquoi Jésus dit « quiconque regarde une femme pour la désirer a déjà commis dans son cœur l’adultère avec elle » !
Ça marche aussi pour nous désespérer. Regarde tout ce que tu rates à cause de Dieu ! Tout ce que tu pourrais faire et qui est si désirable ! A l’inverse regarde comme tu es nul ! Ce que tu aurais dû faire et que tu n’as pas fait !
Mais surtout, ça marche pour qu’on se construise nous-mêmes une image de héros. Je suis le meilleur, je suis super fort… On se dit presque qu’on va sauver Jésus ! Et après le Diable nous fait passer à l’extrême inverse en nous montrant notre misère. Nous on tombe de haut et on désespère…
Attention à cette arme majeure du Diable ! Le petit vélo tourne encore et encore dans notre tête, et résultat on se centre sur nous-mêmes. L’imagination est bonne en soi, mais c’est vraiment un gros gros lieu de conversion… Arrêtons de nous regarder le nombril !
Bon on a tous envie de respirer et de parler un peu de comment Dieu nous sauve de tout ça ! Mais avant… Il faut d’abord que je vous parle rapidement de l’épreuve.
[slide] Qu’est-ce qu’une épreuve ? C’est un temps prolongé pendant lequel Dieu permet que nous soyons attaqués plus violemment et plus précisément dans un lieu de notre vie. Ce peut être un temps d’épreuve dans la prière, qui devient aride, aller prier nous demande systématiquement un effort considérable, etc. Ce peut être aussi sur un lieu de péché particulier : par exemple je suis perpétuellement énervé intérieurement, en colère, ou orgueilleux, ou jaloux et il me devient très difficile de ne pas traduire cela en actes en l’extériorisant. Ce peut être enfin une période ou le Seigneur permet que le Mauvais insiste particulièrement douloureusement et violemment sur une de nos faiblesses ou de nos blessures. Par exemple j’ai du mal à recevoir gratuitement l’amour de mes amis, et pendant une période j’ai l’impression en tout temps qu’ils m’oublient, me font passer en second ou même en dernier, il me devient extrêmement difficile de ne pas chercher à attirer l’attention sur moi, à chercher à obtenir des témoignages d’affection ou d’attention par le calcul, etc. Il est important de comprendre que ces moments, s’ils sont permis par Dieu, sont aussi une occasion qu’Il utilise pour nous faire grandir et nous rapprocher encore plus de Lui. A ce niveau le temporel, le matériel et le spirituel sont intimement liés. Le Diable passe par des choses très concrètes, des faiblesses existantes etc. pour attaquer et appuyer dessus d’une façon surnaturelle. Il y a aussi un véritable enjeu spirituel dans des événements temporels, par exemple la mort de quelqu’un. Le Diable peut alors donner de toutes ses forces pour nous empêcher de nous tourner vers Dieu. Mais du coup c’est aussi le moment par excellence où je peux me laisser sauver par Dieu !
Ces temps d’épreuves peuvent être particulièrement douloureux intérieurement. Le Mauvais appuie là où cela fait mal, que ce soit spirituellement ou temporellement. Mais fondamentalement, ses armes reste les mêmes et surtout son objectif reste le même. Faire que nous arrêtions de nous relever. Les deux pièges qu’il utilise ne sont que des versions agrandies des précédents.
[slide] La première, c’est la désespérance. Satan insiste particulièrement vigoureusement en espérant que nous lâchions prise. Que l’on finisse par dire « je suis trop nul » ou « je m’en sortirai pas ». Cette insistance passe aussi par quelque chose de douloureux, d’une façon ou d’une autre. Il veut nous casser le moral, ou plutôt notre espérance. On en voit un peu de toutes les couleurs, surtout du noir, et on peut se dire que Dieu nous a abandonné, ou à l’inverse qu’on n’est pas digne de Lui, qu’on est trop mauvais. Bref, on arrête d’espérer la lumière dans les ténèbres. C’est la version maousse costaud de la sur-culpabilité de tout à l’heure, qui vise toujours à faire que nous arrêtions de nous tourner vers Dieu. Cela peut aussi être vrai pour un péché dont nous n’arrivons pas à nous détacher malgré tous nos efforts, qui nous pèse encore et toujours. Première arme, la désespérance.
[slide] La seconde est opposée. C’est l’anesthésie, la mort du courage. Quand il a réussi à nous enfermer dans une action mauvaise, ou simplement à nous installer dans un état où on arrête de faire le bien, il n’a pas envie qu’on se réveille. Exemple : j’ai arrêté d’aller me confesser depuis vraiment longtemps. Je me dis qu’il faudrait que j’y retourne. A tous les coups ça va me demander un effort monumental. Complètement disproportionné ! Au moins intérieurement. Et extérieurement ma super copine va me tomber dessus pile au moment où j’en enfin décidé d’y aller, le prêtre va être en retard ce jour-là, j’en passe et des meilleures. Le but du Diable c’est de nous endormir, que nous vivions anesthésiés. Et il va tout mettre en œuvre pour empêcher notre volonté et notre courage de se mettre en marche. Parce que choisir le bien, ça veut dire être debout et se battre, alors qu’il est tellement plus facile de rester allongé en refusant de voir… Dans cette épreuve encore cela passe par une certaine souffrance, sur le mode pesant et déchirant de l’arrachement.
Fort heureusement tout ne s’arrête pas là ! Après le combat, l’heure est venue de parler de la victoire !
[Slide] La première étape bien sûr c’est de prendre conscience de ce combat, de comprendre qu’il y a quelqu’un qui combat violemment contre nous par tous les moyens possibles et de repérer où et comment il nous attaque. C’est pour cela que nous venons de parler pendant une demi-heure de toutes les tactiques du Diable. Nous savons grâce à cela où combattre. Ce qu’il ne faut surtout pas faire c’est essayer de s’en sortir tout seul. Parce que déjà on a aucune chance de s’en sortir et en plus on se renferme sur soi et le Diable gagne. Combattre oui, mais avec Jésus ! Je vais vous donner deux trois trucs, mais en fait il y en a un seul à retenir et à mettre perpétuellement en action. C’est notre plan à nous, encore plus simple que celui du Diable. [slide]Se tourner vers Jésus, se tourner vers Jésus, se tourner vers Jésus, se tourner vers Jésus. Le regarder encore et encore et encore. Toutes les trois minutes on se retourne vers nous : alors on refait l’effort de se retourner vers Lui. On se tourne vers l’amour de Dieu. De toute façon c’est toujours la même chose : il n’y a qu’une seule réponse à toutes les questions du monde : aimer, aimer, aimer, aimer, inlassablement et de tout son cœur. Et c’est d’autant plus vrai quand le Mauvais essaye de nous en détourner.
Pour cela, je vous donne quand même deux attitudes intérieures et deux actes extérieurs.
La première attitude intérieure c’est l’humilité [slide]. C’est plus qu’une attitude : c’est un mode de vie. Quand nous chutons, quand nous tombons, quand on en prend plein la figure… Toujours se reconnaître petit devant Dieu pour se tourner vers Lui. Être humble c’est savoir que l’on est petit, arrêter de vouloir mériter l’amour de Dieu, et simplement le recevoir en tout abandon, toute confiance. Voir notre péché, mais le voir toujours avec Dieu, qui est infiniment plus grand que tout cela. C’est justement parce que je suis petit que Dieu peut me rejoindre, que je lui laisse la place. Plus je me crois grand plus je me crois capable de me suffire à moi-même. C’est en reconnaissant ma petitesse que je découvre dans le péché et dans l’épreuve que j’ai l’occasion de laisser à Dieu la place de me rejoindre. Cette humilité, c’est l’abandon confiant dans l’amour du Père. Je sais que je suis pauvre, mais je sais que tu m’aimes comme cela. Mon péché n’y change rien. En fait Dieu ne nous aime pas malgré notre péché mais avec notre péché. Je découvre que je ne peux rien sans toi, que je ne suis rien sans toi, que tout ce que j’ai-je l’ai reçu de toi et c’est pour cela que je me tourne vers toi.
Sur cette humilité je voudrais juste vous laisser deux phrases qui m’ont vraiment marqué. [slide] D’abord « on ne devient pas humble, on est mis dans l’humilité ». En acceptant justement nos difficultés, nos épreuves, nos péchés, etc. Et ensuite « Ne regardez jamais votre péché sans tenir d’une main Jésus et de l’autre Marie » de Christopher West. C’est la solution pour ne pas se faire écraser… Je crois que ces deux phrases parlent d’elles-mêmes, je vous laisse les méditer !
En tout cas c’est cette confiance de tout-petit en l’amour de Dieu qui nous sauve. C’est garder le contact avec Lui qui nous sauve. A ce sujet une remarque. On a le droit de crier vers Dieu [slide]. Parfois l’épreuve peut être vraiment dure. On a le droit de crier vers Dieu. Je me souviens avoir parlé d’une épreuve que je traversais à mon père spi qui m’avait répondu « Pierre le Seigneur t’aime vraiment beaucoup (car il nous fait grandir dans l’épreuve)… Mais tu as le droit de lui dire qu’Il t’aime un peu trop ». La formulation est drôle, mais c’est très vrai. Les Psaumes sont pleins de ces cris : « Pourquoi dors-tu ? », « Que fais-tu ? » « Réponds moi ! » ! Crier vers Dieu, c’est encore avoir confiance en Lui, confiance en Sa réponse et continuer à se tourner vers Lui. Et c’est cela qu’il ne faut pas lâcher.
Pour comprendre la deuxième attitude vous avez le droit à un dernier extrait de film, toujours dans l’Associé du Diable.
Vidéo L’Associé du Diable
[Slide] Vous avez vu la réaction du Diable ? Depuis le début on parle de ce qu’il nous raconte à l’oreille, du dialogue intérieur qui risque de nous faire tomber. Il y a une solution extrêmement simple : ne jamais négocier. Jamais, jamais, jamais. On se fait avoir à tous les coups. Encore le coup de la grenouille. Dès qu’on commence à voir qu’on est en train de négocier intérieurement pour rattraper le truc, c’est qu’on est en train de se faire avoir. Regardez Jésus au désert avec le Diable : il lui balance un verset et fin de la discussion. Il n’y a pas d’échange admissible ni possible !
Enfin les deux dernières clés sont toujours les mêmes. Encore et toujours se tourner vers Dieu, de tout son cœur. Par la prière d’abord. La louange en particulier dans l’épreuve. La fidélité à notre prière quotidienne. Même en ne faisant que répéter « Jésus ». Quand une tentation arrive, quand on sent qu’on va tomber, quand c’est trop lourd, trop dur, trop difficile, trop douloureux. Se tourner vers Jésus. C’est lui qui nous aime, c’est lui qui nous sauve. Toujours et encore lui parler, même si ça a l’air aride, inutile, même si c’est pour crier. Dieu nous aime avec passion. La deuxième c’est la confession. Le lieu par excellence où je me tourne vers Dieu humblement, où je retourne vers mon Père comme un enfant. Avec confiance. Le lieu par excellence où je suis sauvé de mon péché, où je me relève. On s’en fiche que ce soit pour retomber un peu plus loin. Je me tourne vers Dieu inlassablement. Je le laisse me relever et m’apprendre à aimer. C’est auprès de Lui que j’apprends à vivre, que j’apprends à aimer. Il n’y a que cela qui compte. Jésus, Jésus, Jésus, Jésus.
Je vous propose que l’on prie ensemble [Acte de confiance].