Le Psaume 4 exprime la plus grande interrogation de l’homme « Qui nous fera voir le bonheur? ». Or, ce que Dieu veut pour moi, c’est le bonheur en plénitude. Les Béatitudes nous le montrent. La parabole du jeune homme riche (Mt, 19,16-30) prouve aussi cette interrogation profondément humaine: « Que dois-je faire pour avoir la vie éternelle? ». Par cette question, le jeune homme riche demande « Que dois-je faire pour être heureux? ». La question de la vie éternelle est donc la question du bonheur. En effet, aucun être humain ne peut vivre sans être aimé. « L’homme ne peut vivre sans amour ». Tout découle souvent de notre désir d’être aimé. Saint Augustin le disait lui-même: « J’aimais aimé et j’aimais être aimé ».
Notre intelligence est faite pour la vérité, ainsi même notre comportement doit être vrai. La superficialité est alors un mensonge.
« L’homme vit de la vérité et du fait d’être aimé par la vérité » dit souvent Mgr Le Saux. Or le Christ est la Vérité (Jn, 14, 6).
Il faut faire attention à la confusion entre la sincérité et la vérité. La vérité est nécessairement objective, ce que n’est pas la sincérité. Il faut être vrais entre nous: « Je t’aime trop pour te dire quelque chose qui te fait plaisir/ pour te dire le contraire de la vérité ». Dire la vérité, c’est aimer.
On ne peut pas vivre sans la vérité. Et ce, même si nous sommes tous des pauvres et des pêcheurs et que nous avons tous besoin d’être sauvés. Car le pardon est toujours possible. Le Christ n’est pas venu pour les bien-portants (Mc, 2, 16). Nous sommes pauvres, nous sommes limités, mais ce n’est pas un problème. Nous sommes surtout des insatisfaits qui ont le désir de donner leur vie. Car nous sentons que nous sommes faits pour un don plus grand. Nous sommes faits pour Dieu. Il nous faut laisser devant Dieu ce désir particulier de donner notre vie par amour. Et les jeunes doivent avoir ce désir de donner sa vie par amour.
Jésus nous révèle l’amour de Dieu en plénitude: il est le chemin, la vérité et la vie (Jn, 14, 6). Nous ne sommes souvent pas assez exigeants et ne persévérons parfois pas assez vers le Christ.
« Je ne me lasserai jamais de répéter ces paroles de Benoît XVI qui nous conduisent au cœur de l’Évangile : « À l’origine du fait d’être chrétien il n’y a pas une décision éthique ou une grande idée, mais la rencontre avec un événement, avec une Personne, qui donne à la vie un nouvel horizon et par là son orientation décisive »Evangeli Gaudium.
La messe nous révèle aussi cette personne du Christ et l’amour de Dieu pour nous. A la messe, on meurt, on ressuscite et on vit une vie nouvelle avec Jésus. Lorsqu’on prie, il nous faut regarder Jésus, pour savoir qui est Dieu, comment Il nous aime, comment Il est. « N’ayez pas peur d’ouvrir les portes à l’Evangile ».
Les caractéristiques de l’amour de Dieu sont nombreuses.
L’amour de Dieu est personnel. Il ne juge ni ne méprise personne, ce qui nous interdit aussi de juger ou de mépriser. Ainsi, personne n’est un accident ou une erreur.
L’amour de Dieu est aussi miséricordieux. Le Seigneur, par sa miséricorde, se sert de nos fautes pour nous montrer encore plus son amour. « Bienheureuse faute qui nous valut un tel rédempteur! » (Exultet).
L’amour de Dieu est aussi surabondant et on ne peut imaginer la surabondance de cet amour ! Dieu est bon. Il faut stopper le doute du Dieu méchant. « Jésus le regarda et il l’aima » (Mc, 10, 17): le Christ pose un regard d’émerveillement sur moi. Quand le Seigneur nous regarde, Il nous aime. Et même si on ne parvient pas à croire à ce regard plein d’amour de Dieu sur moi, il faut lui demander: « Seigneur, fais-le pour moi, parce que je n’y arrive pas ».
« Un apôtre ne peut pas avoir une vie molle » dit Saint Claude La Colombière. Nous sommes ainsi obligés de nous bousculer, avec la garantie de ne pas nous ennuyer. Car vivre les commandements du Christ est une question de vie et de mort. La parabole du Bon Samaritain (Lc, 10) nous le montre bien. Mon prochain est celui auprès de qui je décide de m’approcher. Il nous faut laisser Jésus s’approcher nous. Jésus est aussi cet homme blessé sur le bord du chemin, Il nous appelle ainsi à nous approcher de ceux qui souffrent.
Pour conclure, 2 pistes de réflexions :
il nous faut nous laisser aimer et guérir par le Seigneur qui nous demande sans jamais nous forcer « Gudule, est-ce que je peux t’aimer? »
ayons la force et le courage de suivre Jésus en choisissant une chose à laquelle nous pouvons renoncer pour mieux le suivre. De quelles richesses puis-je me dépouiller?
Le Bonheur ne se conquiert pas, il se reçoit. Le Bonheur se trouve dans l’humilité, quand on n’est pas au centre du monde. Faites simplement ce que Jésus vous demande et vous serez heureux.