Pas du tout ! Saint Paul en parle (1Co12-14) dès les origines et les Actes des Apôtres en sont remplis. Saint Augustin (IVème – Vème siècles), Saint Thomas d’Aquin (XIIIème siècle) et à peu près tous les Pères de l’Eglise en parlent. On considère souvent que les plus charismatiques de tous sont les franciscains, fondés au XIIème siècle. Le Concile Vatican II (XXème siècle) en parle. Aujourd’hui beaucoup de communautés issues de Vatican II en vivent. Rien de nouveau sous le soleil donc…
« L’Esprit Saint ne se borne pas à sanctifier le peuple de Dieu par les sacrements et les ministères, à le conduire et à lui donner l’ornement des vertus, il distribue aussi parmi les fidèles de tous ordres, "répartissant ses dons à son gré en chacun" (1Co 12,11), les grâces spéciales qui rendent apte et disponible pour assumer les diverses charges et offices utiles au renouvellement et au développement de l’Eglise, suivant ce qu’il est dit : "C’est toujours pour le bien commun que le don de l’Esprit se manifeste dans un homme" (1Co 12,7). Ces grâces, des plus éclatantes aux plus simples et aux plus largement diffusées, doivent être reçues avec action de grâce et apporter consolation. » (Lumen Gentium, 12)
Avant tout une façon de prier comme une autre. Je chante (« chanter c’est prier deux fois » - Saint Augustin) sans m’occuper des mots, directement avec le cœur. Je chante le chant de mon cœur pour Dieu. C’est une prière qui permet peut-être plus particulièrement de s’ouvrir à Dieu. Saint Paul en parle beaucoup et Saint Augustin aussi.
Occasionnellement, cela peut aussi être un charisme. Il y a un chant qui monte en moi, qui jaillit tout seul, comme du cœur. On ouvre la bouche et on laisse jaillir le chant, qui nous porte tout seul à la prière. C’est vraiment un don et on peut dire au plus haut point que l’Esprit Saint prie en nous (Rm8).
« Rassure-toi. Il t'indique la manière de chanter. Ne t'occupe pas de chercher les mots comme si tu pouvais mettre en forme une musique capable de plaire à Dieu. Contente-toi de jubiler. Bien chanter devant Dieu, c'est jubiler. Mais qu'est-ce à dire ? C'est renoncer à comprendre, c'est renoncer à dire avec des mots ce qui se chante dans le cœur. Voyez ceux qui chantent, moissonneurs, vendangeurs ou autres, leur joie s'allume d'abord aux paroles des chansons, mais bientôt elle les envahit, et des paroles seraient impuissantes à la déployer encore, alors ils laissent mots et syllabes et l'on n'entend plus que leur jubilation. Musique sans paroles parce que le cœur veut mettre au jour ce qui ne peut se dire. Tu ne peux dire ce qu'il est et tu ne dois pas non plus garder le silence, alors que faire sinon jubiler, ouvrir son cœur à une joie qui n'aura plus à chercher de mots, dilater sa joie immensément bien au-delà des bornes des syllabes ? » (Saint Augustin - Commentaire du Psaume 32)
Non ! Dieu nous laisse toujours et en tout profondément libre. Il propose quelque chose que je suis libre de l’accepter ou non. Je peux très bien garder ce chant au fond de moi. Ou l’image, ou le texte, ou la parole que je reçois. Et si je choisis d’ouvrir ma bouche c’est évidemment moi qui parle ! Mais c’est à l’inspiration de Dieu, c’est-à-dire que c’est Dieu qui est à la source dans mon cœur.
Un, c’est une grâce, donc quelque chose qu’on reçoit de Dieu, qui ne dépend pas de nous, de ce que nous sommes, mais seulement de notre liberté et de l’amour gratuit de Dieu. Deux, c’est une grâce qui n’est pas là pour moi mais pour les autres. En fait, les charismes sont donnés à l’Eglise pour l’aider à prier, la faire avancer dans l’unité, l’union au Christ, la simplicité… Un don de Dieu pour la sanctification de tous.
Le charisme nous permet donc d’une façon toute spéciale d’œuvrer avec Dieu (« Nous te bénissons car tu nous as choisis pour servir en ta présence » - Préface eucharistique n°2) et de nous mettre à son écoute.
Le chant en langue, c’est un peu le cas particulier. Bien sûr il est d’abord pour moi, à la différence des autres charismes. Il m’édifie moi-même et porte ma prière. Mais il est aussi pour les autres. D’abord il peut porter leur prière. Ensuite souvent c’est là que les autres charismes prennent leur source. C’est pour cela qu’on dit « en entendant le chant en langue j’avais l’image / la parole … ». C’est d’ailleurs ce que dit Saint Paul qui dit que le chant en langue doit être interprété.
Comment sait-on que l’on est amoureux ? On le sait dans son cœur, c’est tout. C’est un peu une évidence, une certitude.
Les charismes c’est un peu pareil. Cela s’impose dans le cœur comme une évidence. Pour discerner, on voit si cela reste, si ça s’ancre, si on est dans la paix avec ce charisme et si on se sent poussé par le dire. On demande aussi aux frères et sœurs de fil rouge de discerner si c’est un vrai charisme.
Là encore rappelons-nous que Saint Paul et tous les Pères de l’Eglise en parlent. Il n’y a pas de doute à avoir sur le fond.
Ensuite la Communauté est extrêmement précautionneuse sur ce sujet. Plusieurs personnes expérimentées et dont le charisme est reconnu qui discernent ces paroles ensemble. On attend d’être aussi sûrs que possible. Ensuite on demande confirmation de la parole. Si elle n’est pas confirmée et que cela se répète, la personne arrête de donner les paroles qu’elle reçoit ou pense recevoir. C’est pour cela qu’il est très important d’aller confirmer ces paroles si on en reçoit une !
D’abord tout le monde peut exercer les charismes ! Ce n’est pas réservé à quelques-uns ou à une élite. Au contraire ils sont la marque de la présence de Dieu parmi nous tous. Pour cela il faut demander des charismes au Seigneur, prier en disant « Seigneur je me rends disponible à ton Esprit. Que veux-tu nous dire aujourd’hui ? »
Lorsque l’on reçoit une image, une parole ou un texte, on discerne avec d’autres frères et sœurs. Le fil rouge en particulier est chargé de ce discernement. Il faut aller le voir : c’est lui qui a connaissance des divers charismes qui sont en train d’être donnés, et peut voir ceux qui se recoupent.