Qui est l’Esprit Saint ? Père on imagine un vieux barbu, le Fils un hippie en sandales mais l'ES on a un peu de mal.
Gn 1,2 : Dès le commencement, un « esprit de Dieu » (bien mystérieux) est à l’œuvre dans le monde.
Nb 11,17.25-26 : Un esprit est donné à ceux qui parlent au nom de Dieu. Mais déception : tout le monde n’a pas encore reçu cet esprit en plénitude.
Jl 3,1-2 : Attente…
A chaque fois (1) un élément en lien avec Jésus, car c’est Jésus qui donne et dévoile l’Esprit, et l’Esprit conduit à Jésus ; (2) un élément sur l’action de l’Esprit. Pour ceux qui prennent des notes, on peut faire deux colonnes.
L’Annonciation. Lc 1,26-38 (1) Dieu se révèle Trinité. Dans l’Ancien Testament, on ne savait pas qui était cet esprit. Maintenant, avec la venue de Jésus, Dieu se révèle Trinité. L’Esprit est une Personne. (2) L’Esprit Saint œuvre de façon merveilleuse.
La Visitation. Lc 1,39-42 (1) Là où vient Jésus, l’Esprit Saint vient aussi, de façon surprenante. (2) L’Esprit Saint pousse à la louange, à la prière, à la joie.
La Présentation au Temple. Lc 2,22-28 (1) L’Esprit Saint conduit à Jésus. (2) L’Esprit Saint œuvre dans le secret, en étant comme caché. On l’a vu dans l’Ancien Testament : l’Esprit agissait déjà, sans qu’on sache qui il est. Maintenant, il conduit Siméon sans que Siméon même le sache. Souvent Dieu agit discrètement dans nos vies. L’Esprit est celui qui nous rend dociles à l’action de Dieu.
Le Baptême. Lc 3,21-22. (1) Jésus est celui sur qui repose l’Esprit. Jésus ne le reçoit pas à ce moment-là ! Il a l’Esprit depuis sa conception – et même avant dans l’éternité. Jésus est celui qui est « plein » de l’Esprit : l’Esprit Saint est son Esprit. La preuve que Jésus est Fils, c’est que l’Esprit de Dieu est son Esprit. (2) Quand l’Esprit est là, la Parole de Dieu est entendue et la joie est donnée.
Les tentations au désert. Lc 4,1-2a. (1) Jésus est rempli d’Esprit. (2) L’Esprit nous conduit (cf. Siméon). Et : il nous donne la force dans les combats, lorsque le Diable nous attaque. Il garde ferme dans la foi, la confiance, l’amour.
La prédication évangélique. Lc 4,17-21. (1) Jésus rempli d’Esprit. L’œuvre de Dieu dans le monde qui transforme le monde, qui sauve le monde, qui agit dans le monde. (2) C’est l’Esprit qui m’envoie, qui me fait connaître ma vocation et me permet de la suivre.
L’exultation du Christ. Lc 10,21-22. (2) L’Esprit donne la joie. Surtout, l’Esprit nous fait connaître Dieu, il nous tourne vers le Père, il nous révèle le Père et le Fils. En particulier, l’Esprit nous fait connaître la Parole de Dieu. « L’Esprit Saint est celui qui permet de décrypter la langue de Dieu, parce que la langue de Dieu, c’est l’Esprit Saint. » Fruit commun de la venue de l’Esprit : sensibilité à la Parole de Dieu, soif de la connaître, de la recevoir dans son cœur, on est touché par une Parole particulière qui nous rejoint et nous saisit.
Le Ressuscité donne l’Esprit. Jn 20,19-22. Fort bien Jésus est rempli d’Esprit et lui a toutes ces grâces. Mais qu’est-ce que ça change pour nous ? La Révolution, c’est que Jésus ressuscité donne son propre Esprit à ses disciples. Donc : je reçois moi l’Esprit qui est l’Esprit de Jésus. Je peux vivre de l’Esprit même de Jésus. Je deviens ainsi fils adoptif de Dieu. (Différence avec Jésus : cet Esprit n’est pas le mien. Il est celui du Fils depuis toujours, et donc le Fils est Dieu et il est Fils « plénier ». Moi je l’ai reçu, je suis adopté.)
Noter aussi le don de la paix (avec la joie) et l’envoi en mission
Idem dans Ac 1,4-18 lu avant de venir et en Ac 2,1-13s. Constance : l’envoi en mission, la force, la joie.
Partage (préparé en lisant Ac 1,4-18 avant de venir) :
Aujourd’hui, qu’est-ce qui m’aide à vivre avec Jésus dans mon quotidien ?
Le texte parle d’une promesse et d’une force. Quelle transformation, quel renouvellement est-ce que j’attends de Dieu (en particulier à l’occasion des sacrements que je demande) ?
Maintenant que je le connais un peu mieux, comment ai-je déjà fait dans ma vie l’expérience de l’Esprit Saint, peut-être sans m’en rendre compte à l’époque ? Quand et comment puis-je en vivre une autre ? (Présence de Dieu donnée avec paix et joie, force intérieure, conduite intérieure, Parole de Dieu qui me saisit et me marque…)
Saint Séraphin de Sarov : « Le but de toute vie chrétienne est l’acquisition de l’Esprit Saint. »
Pourquoi ? Parce que c’est l’Esprit qui accomplit en nous la promesse de Dieu. « L’Esprit Saint est le don du Père et du Fils »[1] : c’est en lui que Dieu nous donne tout ce qu’il veut nous donner, qu’il nous fait entrer dans le Royaume, nous donne la paix, la joie, nous permet de vivre avec lui, conduits par lui. Dieu transforme notre vie, mais c’est particulièrement l’œuvre de l’Esprit. « L’Esprit est l’invisible parfum du paradis qui est venu s’installer parmi nous. »[2]
Comme toujours, Dieu nous demande… de lui demander ce qu’il veut nous donner ! Si je veux vivre de ses dons, me laisser conduire par lui, vivre en sa présence, je dois le lui demander pour le recevoir.
Au baptême, l’Esprit fait de nous des fils adoptifs.
A l’Eucharistie (la messe), on demande à l’Esprit Saint de venir sur nous et sur le pain et le vin : c’est lui qui en fait le Corps et le Sang de Jésus, Dieu présent au milieu de nous.
A la confirmation, on reçoit spécifiquement la plénitude de l’Esprit.
A la confession, c’est lui qui vient nous renouveler.
Etc.
Demander l’Esprit dans ma prière.
Demander à l’Esprit de venir m’éclairer dans mes choix. Seigneur, que veux-tu que je fasse ?
Demander à l’Esprit de me soutenir dans mes difficultés et mes combats.
Demander à l’Esprit d’être présent avec moi avant chaque activité de ma journée.
Ouverture : on lit Ga 5,19-25. Un fruit intéressant : la liberté. On prend un petit temps de prière en silence. Chacun écrit sur un papier un « fruit de l’Esprit » (de la liste de Galates, ou vu ailleurs dans le topo) qu’il aimerait que l’Esprit l’aide à développer. Puis chacun le partage (soit tous ensemble, soit simplement à son voisin).
On peut faire pareil avec les dons de l’Esprit en Isaïe 11,1-3 (plus théocentré) :
Crainte : accepter que nous soyons humblement nous mêmes, tous petits devant Dieu. Le contraire de ce don c'est la crainte servile. La crainte filiale. Je m'émerveille. Que je suis petit.
Piété filiale : avoir des réflexes d'enfants de Dieu. Avoir confiance en lui. Contraire : idolâtrie, fausse idée de Dieu.
Science : connaissance amoureuse de Dieu. Contraire : se croire arrivé, orgueil.
Conseil : faire la volonté de Dieu c'est l'acte d'amour par excellence. Moyen de manifester son amour. Consul c'est savoir discerner sous le regard de Dieu. Contraire c'est vouloir faire tout seul.
Force : tenir dans les épreuves.
Intelligence : connaître de l'intérieur ce qui se vit et ne pas rester à l'extérieur.
Sagesse : connaître la vie en Dieu. Contraire : tiédeur. Je vomis les tièdes.
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[1] Saint Augustin, De Trinitate, Livre V, Chapitre XI
[2] Hans Urs von Balthasar, Le Cœur du monde, Chapitre X, Ed. Saint Paul 1997, p.169