Quelques remarques sur l’intitulé pour commencer. D’abord ce titre est paradoxal… En fait on ne sait pas avant. On vérifie par l’expérience. Il y a forcément un risque, un aléa qui fait la saveur de la vie ! Premier point. Deuxièmement, l’intitulé est exagérément dramatique. Si ‘est « le » bon choix, mieux vaut pas se louper ! Souvent on a bien plus de choix qu’on ne le pense. On est victime de nos visions un peu étriquées… C’est vraiment rare les choix binaires et absolus « oui » ou « non ». La plupart des choix de tous les jours ne sont pas binaires. Parce que la vie est complexe, et que cela appelle des réponses subtiles. Pour autant, tout choix n’est pas bon.
Petit préambule. Il est dans la nature même de l’homme de s’engager en toute liberté. C’est ce qui lui permet de croître à un endroit précis, choisi et voulu. L’homme doit se décider pour grandir par et dans cette décision. On va voir ensemble les 5 moments de la prise de décisions, puis voir quels sont les obstacles et que faire face à l’échec.
L’acte libre ne tombe pas du ciel ! Il y a un processus, des étapes, ce qui fait qu’un acte libre est en fait fait de plusieurs petits actes. Cinq étapes que nous allons voir maintenant : l’intention tournée vers une finalité, la délibération qui s’intéresse aux moyens, la décision, l’exécution, la fruition.
La réponse au « pour quoi ? ».
La première caractéristique de tout acte humain, c’est qu’il est orienté vers une fin. Saint Bernard se répétait à lui-même « Vers qui, pour qui es-tu venu ici ? ». Il est nécessaire de s’arrêter sur son but dans la vie. Dans tout système il y a une logique de sens, qui se décline en pourquoi et pour quoi. Il faut toujours revenir à cette question : qu’est-ce qui a du sens pour moi ? Ensuite viendra le comment, et ensuite viendra le quoi (le contenu). Souvent on part bille en tête et on va directement au quoi.
On peut se dire que l’attraction vient avant l’action. L’orientation vers une finalité c’est nécessaire, mais pas suffisant. Il faut que cette finalité soit un bien. A ce stade il s’agit de se laisser attirer par le bien et de le contempler. C’est difficile parce que l’action est survalorisée. La volonté ne fait pas tout ! La contemplation prime sur l’action. C’est cette orientation qui nous permet de ne pas céder au volontarisme. Saint Thomas d’Aquin dit que la volonté est attirance. Cette contemplation et cette attirance elle se vit d’abord dans et grâce à la prière. Le problème du péché c’est qu’il nous incline naturellement vers le mal…
Après avoir considéré la finalité, il convient de se tourner vers les moyens pour être plus concrets. Il faut alors les considérer dans toute leur extension en étant créatifs ! Encore une fois on a souvent plus de solutions qu’on ne le pense. Inconsciemment, on s’interdit d’envisager beaucoup de possibilités qui sont hors de notre confort habituel. Ouvrir les possibles pour choisir.
C’est aussi respecter le temps dont on a besoin pour murir, approfondir, consulter. Cela veut aussi dire savoir prendre conseil, faire appel à autrui. Et en même temps réussir à rester libre par rapport à cela. Ensuite rappelons-nous toujours que la fin ne justifie jamais les moyens.
C’est le cœur de l’acte libre. C’est l’acte qui consiste à trancher entre les différentes possibilités que nous avons explorées. Quelques clés pour entrer dans l’exercice prudent de la décision. Un, ne pas entrer dans la tentation de la démission. On peut avoir la tentation de laisser le soin aux événements de décider à notre place. Ne pas attendre qu’il n’y ait plus le choix à force de procrastination… Peut-être plus masculin. Deux, le sens de la responsabilité. L’autre n’est pas là pour décider à ma place. Le choix est l’acte le plus personnel de la vie, et il se fait nécessairement avec une certaine solitude. Une décision se prend donc nécessairement seul. Souvent, on refuse de dire « je ». On dit « on » ou « oui mais ». Il faut un plein investissement de notre « je ». Il faut assumer en fait. Trois, écouter son intuition, les impulsions de son cœur. Écouter les jugements de notre cœur, en lui faisant confiance. Enfin ne pas se remettre en question tout le temps une fois que la décision est prise.
Que faire dans le doute face à deux décisions moralement bonnes ? Solution : l’indifférence. C’est-à-dire l’ouverture de cœur entre toutes les options pour laisser le Seigneur peser dans un sens ou un autre. Cela n’est possible qu’après une longue contemplation de la fin.
Après il s’agit d’incarner les belles décisions que nous avons prises ! Tout ne s’arrête donc pas à la décision. L’exécution est fondamentale. C’est aussi le moment le plus exaltant de notre vie ! Alors comment exécuter ?
Un, avoir de l’énergie dans l’exécution. Pour cela, il faut savoir et affirmer la richesse et la puissance de notre volonté. Tout labeur coûte alors il faut être sûr de sa force… Et la travailler. Deux, faire très bien ce que l’on doit faire. Concentrer le maximum d’énergie en chacun de nos actes. Faire toute chose par amour… Trois, avoir de la continuité dans l’effort. Ne pas se laisser retomber.
C’est recueillir la joie dans nos journées. Dans la louange par exemple ! Prendre le temps de la joie.
Le perfectionnisme : On voudrait que nos décisions soient d’une justesse absolue. Or nos décisions sont empreintes de notre nature humaine, pécheresse et pauvre. Souvent cela est dû à un orgueil démesuré qui veut tout contrôler…
Le manque de confiance : on peut avoir peur de se tromper, du regard des autres… Ça aussi c’est un manque de confiance en Dieu en fait. Dieu tire le meilleur parti de tous nos choix.
Vouloir maintenir tous les possibles : Choisir, c’est renoncer ! (Coup de la Ferrari qu’on laisse au garage : ça sert à rien d’avoir plein de possibilités si on s’en sert pas)
Quelle conduite tenir quand je n’atteins pas mon but ?
Accepter l’idée d’échec : Il faut renoncer à l’idée d’une vie sans échec. Il y a plein de choses qui sont imprévisibles. Il y a une forme de contingence. Donc oui on est responsables de nos actions, mais pas forcément de leurs conséquences. Il y a obligation de moyen, pas obligation de résultats.
Revenir sur l’échec : On préfère en fuir parce que c’est mortifiant. Mais si on n’y revient pas, on n’en apprend rien. Savoir en faire un bilan équilibré. Équilibré parce que nuancé. Un échec n’est jamais total. Ne jamais généraliser, y compris par rapport à soi. Par exemple, ce n’est pas parce que je commets un péché, aussi grave soit-il que je suis mon péché.
Transformer l’échec en essai : Transformer cette expérience de vie en occasion d’apprentissage.
Arrêter le bilan : Se sortir du truc pour avancer. Digérer l’échec.
Ne pas rester seul : L’estime de soi se construit avec les autres.
In fine on apprend à devenir libre vis-à-vis de l’échec.