a) Dieu veut notre bonheur
1 Tm2, 4 « la volonté de Dieu, c’est que tous les hommes soient sauvés - Autrement dit : la volonté du Seigneur est la sainteté de tous les hommes, la communion avec lui, la béatitude & le bonheur de chacun Dt 30, 20 « Je te propose la vie ou la mort, le bonheur ou le malheur, choisis donc la vie… aimant le Seigneur ton Dieu, écoutant Sa voix, t’attachant à Lui car là est ta vie »
Dieu sait mieux que moi ce qui est bon pour moi. Donc dans le discernement, il y a toujours un lâcher prise ie je dois remettre mon projet à Dieu. Le discernement, ce n’est pas ‘Bon eh ben Dieu, quand vas-tu adhérer à mon projet’ (ex Marthe et marie sont éprouvées dans leur foi après la mort de Lazare.)
b) Dieu veut notre liberté
Là, on se dit : OK mais ça aurait été mieux que le Seigneur nous colle en version robots. Pourquoi sommes-nous libres ? Parfois ce serait plus simple que tout soit tout tracé. Effectivement, Nous ne sommes pas libres d’être libre. Quel esclavage !
Jn15, 15 je ne vous appelle plus serviteurs, mais amis. Le dessein du Seigneur sur nous est complètement incroyable, Il nous veut comme amis ; la Tradition a même compris encore au-delà : Il nous veut Dieu en Lui (2P1, 4 c’est notre divinisation et Athanase DI 54 ‘Dieu s’est fait homme pour que l’homme soit fait Dieu’). La liberté, c’est ce qui nous permet d’être pleinement nous-mêmes. Compte-tenu de cette vocation de l’homme, être libre c’est être au maximum orienté vers Dieu. Notre liberté est faite pour choisir Dieu
Gn 3 : le très grand piège du serpent est de nous faire croire que Dieu est un concurrent, un danger pour notre être, et que la liberté c’est de ne dépendre de personne.
Mais la liberté totale (cf. Jésus par ex à Gethsémani), c’est de dépendre entièrement du Père. C’est de se laisser conduire par le Père et comme dans une danse il ne peut pas y en avoir 2 qui mènent...
Donc notre liberté est en vue d’une relation, avec Dieu et avec les autres. Notre liberté est en vue de l’amour. Mais on peut mal orienter notre liberté : c’est exactement cela, pécher. Nous reconnaissons que nous avons tous des aliénations. Mais « c’est pour que nous restions libres que le Christ nous a libérés. » Ga5, 1 Par le Salut en Jésus, nous sommes rendus capables de liberté et de choix libres.
On va déterminer 4 temps de l’acte libre_ en reprenant Jn1, 38 « Que cherchez-vous ? – Maître, où demeures-tu ? – venez et voyez. » Ils vinrent donc et virent où Il demeurait, et ils demeurèrent auprès de Lui.
Que cherchez-vous ? Maître, où demeures-tu ? = Détermination d’un objectif. Ex. : Epouser Marie-Camille
Venez et voyez= Comprendre les moyens pour atteindre le but. Ex.: aller à la même Messe qu’elle le dimanche.
Ils vinrent et ils virent = agir concrètement : choisir et donc renoncer . Causer à Marie-Camille, se déclarer et renoncer aux autres. Et ils demeurèrent auprès de Lui = Rester fidèle. Sans commentaire.
Récolte du fruit : joie des épousailles et retour au Seigneur.
c) Dieu veut être en relation avec moi, Il me parle
Comme on n’a pas tous la chance des disciples qui ont parlé à Jésus de vive voix, on peut se dire « OK mais moi comment Dieu me parle-t-Il ? »
Le Seigneur passe par nos désirs pour nous guider. Cf. Jn1, 38 «Que cherchez-vous ?» au début de sa vie publique, Jésus interroge le désir des disciples de Jean avant de se révéler à eux. Cette question, il nous la pose aussi, et l’ECM est un magnifique temps pour entendre résonner cette question)…
Le Seigneur parle le long du chemin, dans nos actes de Foi ; il faut se mettre en marche : quand on prend l’exemple d’Abraham, on voit bien que Dieu le met en marche et se révèle progressivement. Et Abraham n’a pas attendu de savoir quelle était la Terre promise pour y aller : c'est-à-dire que nous aurons rarement une claire vision de ce que nous devons faire exactement ; Dieu attend que nous nous mettions en marche et Il nous éclaire au cours de cette marche (image de la dynamo). En gros si j’attends que ma vie m’apparaisse en 3D pour décider où avancer, je reste au pieu pour le restant de mes jours. C’est au cours de la marche, via les événements, les désirs, les personnes rencontrées que Dieu nous parle concrètement.
On aurait dû le dire en premier mais tout ça passe par une fréquentation assidue de Dieu : dans la prière, dans les sacrements, l’écoute de Sa Parole – Jean 14,23 « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole ; mon Père l’aimera, nous viendrons vers lui et, chez lui, nous nous ferons une demeure » (Exemple Jn10, 16 « J'ai encore d'autres brebis qui ne sont pas de cet enclos; celles-là aussi, il faut que je les mène; elles écouteront ma voix »)…
Le Seigneur se rend présent à nous donc rendons-nous présents à Lui pour L’écouter. Faut pas se faire d’illusion, si on ne prie pas un minimum tous les jours ce sera difficile de connaître la volonté de Dieu sur nous. Dieu a choisi la Parole le Verbe pour se communiquer. Les hébreux avaient compris cela: « shmah israel », la première parole. Il n’y a pas de verbe en hébreu pour obéir ; c’est le même qu’écouter. Le moyen de recevoir une personne qui communique c’est l’écoute. Et Dieu se communique lui-même quand on l’écoute. Parle Seigneur, ton serviteur écoute !
Notre discernement n’est pas une machine à mettre en branle exclusivement pour décider de devenir Carme ou d’épouser Mauricette. Il est quotidien : il y a les PMD (petits et moyens discernements).
a) Les discernements ‘moyens’
Ces moyens discernements correspondent à des choix de vie (que nous posons) qui impactent notre vie de façon assez forte : par ex professionnels, ou missionnaires. Souvent, notre état de vie constitue les rails de notre sainteté, mais ces choix-là en sont le carburant. Ils sont donc essentiels pour avancer vers Jésus.
i. Quelques points préliminaires. On se détend, un appel un peu particulier
N’est pas extérieur à moi-même, comme si les cieux se déchiraient et qu’une voix me disait : « Je t’appelle à partir à Vladivostock! » (comme dans Sempé).
Est pour mon bonheur (car Dieu a un plan bon pour moi !)
Sera audible si je suis à l’écoute: le Seigneur sait se faire entendre !
ii. Points pour avancer quand on est en phase de discernement
Tendre vers une vie droite « morale », ordonnée = on a des choses à convertir clairement (addictions, habitudes…) et des renoncements à poser.
Avoir une prière personnelle fidèle, une vie sacramentelle intense et pourquoi pas mettre en place un jeûne pour porter cette question.
Se faire accompagner régulièrement par quelqu’un de formé, donc pas par ma meilleure copine Jessica.
Ne pas tout spiritualiser/ idéaliser, être super concrets, accueillir ses désirs
iii. Tous ces points nous aident
A avoir Foi et vigilance aux signes du Seigneur : il faut croire en l’action de Dieu dans notre vie. C’est remarquable le point auquel Il nous prépare à ces moyens discernements (ex mission nous ?) ; en plus Il en remet toujours plusieurs couches (ex).
Cf. Ps 62, 11 Une fois Dieu a parlé, deux fois j’ai entendu : quand vous entendez la même chose de façon récurrente, ça peut venir du Seigneur ! Tendons l’oreille … Parle, Seigneur, ton serviteur écoute !
A rejeter toute forme de peur : elle paralyse et coupe de Dieu (cf Gn3, 9 j’ai eu peur et je me suis caché). Facile à déterminer : dans notre discernement, tout ce qui commence par « j’ai peur que… » n’est pas un bon argument. Soit on peut le formuler différemment pour le prendre en compte (ex : j’ai peur de ne pas avoir les moyens financiers me permettant de partir en coopé = je dois trouver les moyens financier, ce qui me confirmera la faisabilité de l’aventure), soit on laisse tomber l’argument comme nul.
A avoir confiance en nous. « Lève-toi, courage, Il t’appelle ! » (Mc 10, 49). Discerner demande du courage, des vertus humaines. Il se trouve que le Seigneur a fait de nous ses coopérateurs (Gn1, 28), que Lui nous fait super confiance. Alors ne faisons pas de Lui un menteur : s’Il croit en nous, croyons aussi en nous-mêmes. Quand un moyen discernement se présente, par ex un job ou une mission, la question n’est pas « es-tu cap ? » mais « veux-tu tenter l’aventure ? ». Il nous donne les moyens de faire ce qu’Il nous demande, Il nous rend toujours capables de faire le Bien.
A avancer dans le réel. Pas d’idéalisme, ne rêvons pas notre vie.
Ça veut dire par ex que dans la confiance en soi il y a aussi la connaissance de soi, par ex si on demande à X prof de littérature un topo sur la physique quantique ça risque d’être délicat.
Ne pas rêver sa notre vie, c’est aussi Fleuris là où Dieu t’a planté (St François de Sales, repris par Thérèse)= Dieu est cohérent, Il n’est pas distrait. Il ne nous met pas qql part alors qu’en fait Il l’attend ailleurs. Ex : je vais aux apostolat de l’Emmanuel fidèlement, j’y suis bien et j’avance, mais je me dis que pour me donner je vais plutôt m’engager auprès des frères de St Jean au cas où ce soit là que je sois attendu.
Accessoirement, ne pas rêver sa vie, ça veut dire aussi qu’il est difficile de faire 3 trucs en même temps au même moment et pas au même endroit ! …
iv. D’autres éléments pour discerner
Super aide pour discerner: le fameux tableau avec les pour et les contres. Valable pour les gros discernements. Ce n’est pas le nombre de truc dans chaque colonne qui détermine la bonne réponse, mais le poids de chaque argument (ex perso).
Savoir se laisser déranger car aimer c’est accepter de se laisser déranger. A part la peur, c’est sûr que l’ennemi n°1 d’un bon discernement, c’est nos pantoufles. On en revient à Abraham : Gn12, 1 « sors de ton pays, et d’avec ta parenté, et de la maison de ton père… ». Si nos choix sont déterminés par la volonté d’avoir la paix, c’est mort pour faire la volonté de Dieu, et en plus on n’aura même pas la paix. La preuve : Jn20, 21 Il leur dit alors… « Paix à vous ! Comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie ». Donc, les injonctions de l’ES sont un peu dérangeantes mais elles donnent énormément de joie.
Lâcher son projet !!!
b) Les petits discernements
C’est tout pareil. Ne pensons jamais que le Seigneur n’a pas de volonté sur les moindres choix que j’ai à faire. Il y a des choix neutres bien sûr (fromage ou dessert), mais c’est génial de se dire que le Seigneur ne s’en fout pas qu’on aille passer nos vacances avec Gwendoline ou Robert, en Espagne ou à Maubeuge, qu’on prenne cet appart ou celui-là. Il se sert de tout (Ex le choix du campus de X).
Soyons sûrs que le Seigneur nous attend à travers notre devoir d’état avant tout. Euh… soyons au courant de ce qu’est notre devoir d’état. C’est ce que je dois faire dans mon état de vie actuel : je suis marié, je dois avoir une vie de famille ; j’ai un boulot, je dois bosser ; je suis chrétien, je dois prier me donner aimer
Ce qui aide vraiment pour les discernements quotidiens c’est ce que m’avait dit mon père spi à un moment où c’était pénible en famille : agis toujours pour plus d’amour vrai. Agir pour plus d’amour, en partant de là où j’en suis maintenant (ca peut être se taire devant sa mère à qui on a envie de claquer le bec, ou alors ‘je ne veux pas aller chez mes parents mais pour plus d’amour, j’offre 2 jours’). Cela rejoint St Augustin qui dit ‘aime et fais ce que tu veux’= ce qui ne veut pas dire lâche-toi, mais que l’amour doit être le prisme de toute notre vie entière.
Quand nous avons vécu quelque chose de particulièrement spécifique avec le Seigneur, ou quand il nous appelle le combat qui suit n’est que la confirmation qu’on a vécu une grâce/ que le Seigneur nous appelle. Donc, Satan se déchaîne : c’est mathématique. Je vous renvoie à Jonas, dans les lectures de ces derniers jours.
Quand nous discernons, il y a un certain nombre de questions qui se posent. Certaines qui sont justes et qu’il faut accueillir, et d’autres qui sont de l’ordre du soupçon, du doute et qu’il faut refuser d’écouter. Quelques points pour aider à faire le distingo.
Ce que Satan a bien arrimé au monde pour nous faire choir, sous couvert de christianisme.
Le pélagianisme et sa version morale le jansénisme qui nous pourrissent la vie chrétienne en nous expliquant que tout se mérite, que la sainteté, c’est seulement en chier un maximum et tout gagner à la force du poignet. Évidemment ça désespère et ça rend orgueilleux.
ERREUR= la sainteté, c’est seulement aimer un maximum. Ex film ‘l’enfance d’un chef’ avec un moine bouddhiste qui recommande entre 2 routes de toujours choisir la plus difficile. Eh bien ça ce n’est pas chrétien. Ce n’est pas parce que c’est plus dur que c’est chrétien. Même si l’amour vrai va jusqu’à la croix.
Le puritanisme qui réduit la morale à une loi et qui la coupe de sa seule raison d’être : l’amour. Pour suivre le Christ, pour notre bonheur, sortons des carcans, des conditionnements, du « ça se fait/ ça se fait pas », de l’image de soi, de toutes les lois qui s’imposent à nous et qui ne sont pas des lois d’amour… soyons libres et audacieux.
Ce que Satan nous susurre à l’oreille pour être sûr que nous n’y allions pas. Ex de la voix de Satan.
1. Le petit vélo ou les rabaissements
« T’as vu t’arrives pas à prier, t’es nul » « t’es pas assez saint », les peurs, les critiques intérieures. Ça peut être extrêmement minant et handicapant.
Jésus n’appelle pas des personnes capables, il rend capable ceux qu’il appelle. C’est important d’être dès maintenant persuadés que le combat de la prière, par ex, sera le combat de tous les jours jusqu’à notre mort.
La question ici est : quels moyens concrets je prends pour avancer dans la fidélité ? L’appel du Seigneur sur quelqu’un n’est pas une question de mérite personnel.
« Je ne suis pas comme toutes ces personnes engagées, qui sont super saints, mettent la barre super haut…Moi, je suis nul. » Comparaison, poison. Dieu seul connaît le secret et la sainteté des cœurs.
Une arme : rapporter pour vider notre sac au Seigneur et entendre de Lui la vérité sur nous/ louer dans le combat pour la merveille que nous sommes.
2. Ce qu’ « on va en penser. »
Pour bien discerner, il ne faut surtout pas chercher à satisfaire toutes les attentes d’autrui – chose impossible. Vous devrez parfois expliquer patiemment, parfois vous taire pour plus de charité, et être libre. L’opinion de l’entourage, sauf exception, ne doit pas intervenir dans un choix, dans un discernement.
Jésus a parlé d’être signes de contradiction : nous pouvons témoigner que ça a souvent été un combat d’être fidèles à notre appel face à nos proches, même pour la prière quotidienne, dans des familles pourtant très pratiquantes. Mais il y a des fruits étonnants ; c’est un témoignage muet très fécond.
Donc la question est: est-ce que j’accepte de suivre mon chemin de liberté, malgré la pression du groupe ?
3. La terrible tentation du temps.
Ce que Satan nous dit à longueur de journée quand nous allons agir pour le Seigneur : « pas le temps ! »
Pas le temps de prier, pas le temps de prendre du temps avec mon mari, mes enfants, pas le temps d’aller à l’ECM, pas le temps d’aller en session à Paray, pas le temps de m’arrêter parler dans la rue avec cette personne, pas le temps d’accepter cette mission… (mais le temps de prendre une bière et de glander sur mon téléphone).
Ici, posons les questions dans l’ordre. Quel est le but d’un appel Seigneur ? la sainteté. Alors effectivement, il y a une oblation à faire de notre temps, car l’appel du Seigneur est concret et pas virtuel.
Qu’est-ce que le temps ? Nous trompons pas, le temps n’est pas un obstacle, mais un don pour recevoir la vie divine. Est-ce bien comme ceci que je le comprends ? que je l’actue ? Pour rendre cela encore plus concret : un très grand théologien (Balthasar, Théologie de l’histoire] dit que le temps en tant que don pour que nous recevions c’est la vie même du Christ [« La réceptivité pour tout ce qui vient du Père est précisément ce qu’est le temps et ce qui fonde la temporalité pour le Fils dans sa forme d’existence créée. »] Je ne déploie pas mais cette thèse peut nous faire réfléchir à ce que nous faisons de notre temps.
Par rapport à la juste place du travail, on peut s’interroger : est-ce que je m’organise correctement pour pouvoir donner de mon temps dans la prière, dans un engagement?
4. Le découragement
Se déployant très souvent au cœur de la vie de foi, venons-en à la tentation du découragement. Si le Seigneur passe son temps à nous appeler à la persévérance, c’est bien parce que le découragement est sans doute l’arme fatale n°1 de Satan. En réponse, nous sommes appelés à persévérer, à durer (le 3è temps du choix). Et être chrétien c’est constitutivement inconfortable.