La liberté, on en parle absolument tout le temps. On en a surement même rarement autant parlé ! Mais il est à peu près aussi probable qu’on ne soit jamais tombé dans autant d’erreurs à son sujet en même temps. Des erreurs qui sont parfois complètement paradoxales ! Avec le monde moderne on a tendance dans deux pièges complètement opposés. Le premier c’est de croire que la liberté humaine est absolue, toute-puissante. C’est vrai notamment au niveau de la morale : ma liberté, ma volonté décident de ce qui est bon ! Dans Veritatis Splendor Saint Jean-Paul II écrit que “la nécessaire exigence de la vérité a disparu au profit d’un critère de sincérité, d’authenticité, d’ “accord avec soi-même”.” Ça, ça pose plein de problèmes. Et pourtant, toujours dans Veritatis Splendor “parallèlement et paradoxalement, la culture moderne remet en question cette même liberté.” Toutes les découvertes qu’on a pu faire en sciences humaines, en psychologie, en sociologies etc… font qu’on a une tendance à nier la liberté, dire que tout est déterminé. Faites un peu attention autour de vous, tout est dirigé par ces deux idées complètement opposées : la liberté est toute-puissante, et la liberté n’existe pas ! C’est très éclairant. En même temps on doit être un peu schizophrène parce que c’est quand même assez étrange d’arriver à vivre avec deux principes aussi opposés ensemble.
Pour ceux qui étaient au groupe de prière il y a deux semaines, on a parlé du fait que souvent, il fallait tenir ensemble deux principes qui nous paraissent pourtant opposés. Par exemple, aimer le pécheur et haïr le péché. Et on a aussi dit que souvent, nous on avait du mal et on préférait garder un seul des deux. Haïr le péché, et haïr le pécheur avec, ou aimer le pécheur mais prendre son péché avec ! Là c’est exactement pareil ! Notre liberté est incroyablement grande, mais elle a des limites. Et dans les deux idées opposées dont on parlait tout à l’heure, on a lâché un des deux aspects. Alors nous on va faire attention, ce soir et surtout dans notre vie, à toujours tout garder bien ensemble.
Pour ça on va commencer par parler des composantes de notre liberté, ou des aspects de la liberté si vous préférez. Il y en a deux. Ne vous inquiétez pas on fait un peu de philo mais en fait c’est très incarné tout ça.
Le premier aspect c’est le libre arbitre. Pour faire simple, on peut dire que c’est ce qui fait qu’on est capable de choisir entre deux alternatives, on est capable de se décider, que ce soit entre Coca ou Orangina, ou entre épouser Jacqueline ou Ursule.
Déjà à ce niveau-là on peut facilement tomber dans un piège. Cette liberté de libre arbitre, elle suppose d’avoir le choix. C’est bête à dire, mais si on n’a pas de choix on ne peut pas choisir… La liberté suppose le choix. Mais parfois on oublie tout le reste et on pense qu’elle se résume à ça ! On pense qu’être libre c’est avoir le choix. Et on devient incapable de s’engager dans une direction ou une autre, parce qu’on a peur de ne plus avoir le choix après. Pourquoi ? Parce que choisir c’est renoncer. Première caractéristique du choix libre qu’on peut retenir ce soir ! Mais avoir le choix sans jamais décider, c’est un peu comme avoir une super voiture de sport qu’on laisse au garage parce qu’on a peur de s’en servir. Autant ne pas avoir de voiture, ça ne changerait rien ! On peut aussi avoir l’impression qu’être libre c’est avoir le plus de choix possibles. Si on n’est pas capable d’en choisir un, on reste dans le même problème. Et justement, parfois plus on a de choix plus il est difficile de décider, parce qu’il faut renoncer à beaucoup plus de choses. Regardez quand vous êtes au restaurant, c’est beaucoup plus facile de choisir quand il y a trois plats différents que quand vous avez plusieurs pages de propositions !
On peut retenir : choisir c’est renoncer, et le piège du « être libre c’est avoir le choix ».
Deuxième aspect de la liberté, être libre c’est choisir le bien. Ce deuxième aspect suppose le libre arbitre, sans lequel je ne serais pas capable de choisir. On voit tout de suite que ce deuxième aspect a besoin du premier. Mais ça marche aussi dans l’autre sens, et c’est pour cela que comme d’habitude il faut bien garder les deux dimensions ensemble. Vous allez comprendre pourquoi.
« Être libre c’est choisir le bien » ça nous parait complètement bizarre au premier abord. On a l’impression que justement on n’a plus le choix ! On va prendre le temps de comprendre ça ensemble parce que c’est vraiment le point clé.
Pourquoi être libre ce n’est pas choisir entre le bien et le mal ? Pour comprendre ça, il faut regarder ce qu’il se passe quand je choisis le mal. Plus je choisis le mal, plus il me devient facile de faire le mal. Pire, j’y suis incliné ! Par exemple si j’ai pris l’habitude de la ramener avec des petites phrases orgueilleuse, pour me placer au-dessus des autres ou me vanter, ça va me demander un effort monstrueux d’arrêter ! Idem pour les « petits » mensonges, les « petits » vols comme les photocopies au boulot ou les tickets de bus, etc… En fait le mal crée une addiction. Et la réciproque est d’ailleurs vraie : si quelque chose devient addictif, c’est qu’il y a un problème quelque part… Résultat que se passe-t-il ? Plus je fais le mal, plus mon libre arbitre est déterminé à faire le mal. En fait ma liberté influe sur mon choix, mais en retour mon choix influe sur ma liberté. C’est là qu’on voit les deux dimensions bien ensemble. Donc quand je fais le mal, je diminue la capacité de mon libre arbitre, qui devient incapable de choisir. J’ai de moins en moins le choix, je suis de moins en moins libre… Donc choisir le mal, ce n’est pas être libre ! Au contraire, c’est céder un peu de sa liberté.
Cette terrible dynamique du mal, c’est exactement ce que Saint Paul exprime dans le fameux « je fais le mal que je ne veux pas faire et je ne fais pas le bien que je veux faire ». Une autre façon de dire ça, c’est la phrase de Saint Grégoire de Nice qui dit qu’être libre, c’est « être maître de son propre vouloir ». Le vouloir c’est ce qui met les actions en marche. Est-ce que j’en suis libre ou est-ce que cela est contraint par une addiction, une inclinaison qui me pousse à refaire le mal de nouveau ?
Au contraire, qu’est-ce qui se passe si je fais le Bien ? Ma liberté s’en trouve renforcée ! Pourquoi ? Parce que si le mal m’est toujours accessible, il me sera de plus en plus facile de choisir le bien. On peut dire que le mal pousse vers le mal alors que le bien rend capable du bien. C’est le principe de la vertu : plus je vais faire le bien, plus je serai capable de le choisir.
Il y a donc un constant aller et retour entre ma liberté de décision et mes choix. Certains choix diminuent ma liberté, d’autres l’augmentent. Comme la liberté c’est avoir choisi son choix, choisir ce que l’on fait au lieu de laisser autre chose être maître, on voit que ce n’est pas qu’une question de libre arbitre. Parce que mon choix, même voulu peut être contraint. Donc la liberté suppose le libre arbitre, mais elle n’est pas le libre arbitre !
Être libre c’est le contraire de la phrase de Saint Paul, c’est la phrase de Saint Grégoire, c’est « être maître de son propre vouloir ». C’est pour cette raison qu’on peut dire qu’être libre c’est choisir le Bien.
Souvent cela nous fait peur parce qu’on a l’impression que c’est quelque chose de très statique, ennuyeux, éthéré. Au contraire ! Choisir le bien c’est le choisir et le rechoisir sans cesse ! C’est choisir tout le temps, justement parce que j’en suis capable !
Il y a un passage de la Bible qui résume très bien tout ça : “C’est le Seigneur qui au commencement a créé l’homme et l’a laissé à son libre arbitre. Si tu le veux, tu peux observer les commandements, il dépend de ton choix de rester fidèle. La vie et la mort sont proposés aux hommes, l’une ou l’autre leur est donnée selon leur choix.” (Si15;14-14.17). On voit que notre liberté repose bien sur notre capacité à faire des choix. Ceux-ci dépendent de nous ! Et en même temps certains nous mènent à la mort, ils nous endommagent nous-mêmes. Pour se préserver elle-même, notre liberté de choix doit choisir la vie, et ainsi grandir ! Cela nous amène directement à la question de la loi…
Il y a une autre raison pour laquelle on n’aime pas trop cette façon de vivre la liberté. On a l’impression que cela nous empêche d’être libre parce qu’on doit choisir quelque chose qui nous est imposée de façon complètement extérieure : le Bien. Suivre la Loi.
Pour comprendre ça, il faut comprendre que notre liberté est cassée. Elle est abîmée, très profondément. C’est ce qu’on appelle le péché originel. Au plus profond de notre nature il y a cette aspiration au bien, à l’amour, à la vie. Là aussi se trouve notre liberté pleine et entière, celle que Dieu a voulue pour nous, capable de toujours choisir d’aimer, partout et sans relâche. Mais par-dessus cela se rajoute le péché originel. Le péché originel vient tout biaiser. Sur cette liberté capable de se tourner vers l’Amour et la Vie d’une façon magnifique vient se greffer très profondément une inclinaison au mal, à la haine et à la mort. A cause de cela, c’est presque comme s’il y avait deux volontés en nous, d’où la phrase de Saint Paul. Plus exactement, nous avons toujours notre volonté pleine et entière, c’est-à-dire la capacité de décider de poser un acte, mais ce n’est pas forcément nous qui sommes aux commandes de cette liberté-là ! Parfois c’est nous, parfois nous décidons de laisser quelqu’un d’autre prendre les commandes. A ce niveau-là il est très important de garder à la fois le fait que nous sommes toujours ultimement libre (le Diable n’agit pas indépendamment de ma volonté, mais seulement quand je lui en donne l’autorisation), mais aussi que cette liberté, cette capacité de résister au mal est diminuée fortement par le péché originel. Voilà tout le drame de notre liberté. C’est pour cela que notre liberté a besoin d’être libérée ! C’est pas pratique parce qu’on utilise toujours les mêmes mots… Est-ce que vous voyez les deux niveaux ? Notre liberté a vraiment besoin d’être sauvée.
Pour en remettre une couche, on peut penser à Galates 5. Saint Paul commence en disant « C’est pour que nous soyons vraiment libres que le Christ nous a libérés ». C’est donc que notre liberté doit être libérée, encore une fois. Et il poursuit en parlant des fruits de la chair et des fruits de l’esprit. En gros il dit : regardez comment le mal vous remet dans l’esclavage, alors que le bien vous conserve dans la liberté, l’amour et le bonheur !
C’est donc cela le gros problème du péché originel. Une inclinaison au mal qui vient se rajouter par-dessus notre liberté originelle, capable facilement de toujours choisir le bien. Résultat nous sommes toujours toujours capables de choisir le bien, mais ce n’est plus facile du tout ! En plus de ça, nous on peut aggraver les choses en rajoutant du péché par-dessus le péché originel. Une autre conséquence, c’est que nous avons du mal à reconnaître le bien et le mal. Forcément ! Au fond de nous nous sommes portés vers le bien, mais il y a aussi quelque chose qui nous porte vers le mal… Quand nous sommes portés vers quelque chose, nous ne savons donc plus ce que c’est ! C’est important d’avoir conscience de ce biais dans notre jugement pour prendre du recul et discerner.
Choisir le bien, c’est donc rectifier ce déséquilibre de notre liberté et de notre jugement, et les retrouver plus purs, en allant contre ce biais de péché. Petit à petit on se convertit, on reconstruit notre capacité à choisir d’aimer, à choisir la vie.
Pour éviter cela, le Diable a de multiples tactiques. Il y en a une qui fonctionne très bien c’est de nous persuader que Dieu joue contre nous. Que la Loi et le Bien nous sont imposés de l’extérieur, sans intérêt pour nous. On en revient au problème qu’on soulevait : je refuse d’admettre qu’être libre c’est choisir le bien, parce que je ne veux pas du bien que Dieu m’impose. Une petite mise au point sur la Loi s’impose donc.
En fait dans notre foi et dans la Bible il y a deux lois. La première c’est la loi naturelle. C’est qui est inscrite au fond de notre cœur. Pourquoi là ? Parce qu’elle est directement liée à notre nature. Elle sait ce qui est bien et mal parce qu’elle sait ce qui est bon pour moi mauvais pour moi. Ça en général ça ne nous pose pas trop de problèmes, on est assez d’accord pour dire que ce qui est bon pour moi est bien.
Problème, par-dessus cette loi naturelle est venu se rajouter le péché, qui l’a comme voilée. C’est exactement ce que nous disions tout à l’heure sur le jugement. Résultat nous n’entendons plus bien cette loi naturelle. La solution toute simple de Dieu, c’est de nous donner de l’extérieur cette loi que nous avons à l’intérieur. C’est la même, mais quand elle est dite de dehors, on l’entend plus facilement qu’une voix intérieure qui peut être bâillonnée… C’est la même, mais y a une version dedans, une version dehors ! Loi naturelle, loi divine.
Evidemment, le but c’est que petit à petit la loi divine extérieure nous aide à reconnaître la loi naturelle à l’intérieure, qu’on apprenne à l’écouter, à l’entendre, jusqu’à ce qu’elle soit parfaitement libérée de ce voile et qu’elle nous suffise ! Le but c’est que la loi divine extérieure en remette une couche sur la loi naturelle intérieure qu’on a du mal à entendre. C’est ce que dit la Bible dans Jérémie 31. Dieu parle en disant : « Je mettrai ma Loi au plus profond d’eux-mêmes ; je l’inscrirai sur leur cœur. Je serai leur Dieu, et ils seront mon peuple. Ils n’auront plus à instruire chacun son compagnon, ni chacun son frère en disant : « Apprends à connaître le Seigneur ! » Car tous me connaîtront, des plus petits jusqu’aux plus grands – oracle du Seigneur. Je pardonnerai leurs fautes, je ne me rappellerai plus leurs péchés. »
Si on a compris ça, normalement on n’a plus peur de dire qu’être libre c’est faire le bien ! On a compris que ce bien, même donné de l’extérieur par Dieu que ce soit dans l’Ecriture, la Tradition ou l’Eglise, c’est le même rigoureusement que celui qui est bon pour moi, et que seul le bien développe ma liberté. Ces deux éléments sont très profondément unis.
Bon et tout ça pour quoi ? A quoi ça sert qu’on soit libres finalement ? Si Dieu nous a fait ainsi, c’est pour que nous soyons à son image. C’est pour que nous puissions aimer comme lui. Mais c’est même encore plus grand. Veritatis Splendor dit que cela montre “à quelle admirable profondeur de participation à la seigneurie divine l’homme a été appelé”. Parce que je suis libre, je peux m’associer à Dieu. Voilà pourquoi Dieu m’a voulu libre. Pour que je puisse le rejoindre de moi-même, en étant « maître de mon propre vouloir ». Si on veut utiliser quelques termes techniques, on peut revenir à l’histoire de la loi. Dieu nous a fait passer d’une hétéronomie à une théonomie participée. L’hétéronomie, c’est quand tout vient d’ailleurs. C’est ce dont nous avons l’impression au sujet de la loi. Elle est extérieure, sans lien avec ce que nous sommes. Mais Dieu a dépassé cela, il nous propose une théonomie participée : tout vient de Dieu, mais je suis invité à y participer en m’y associant librement, en réalisant librement le Bien. Je participe à l’œuvre de Dieu qui gouverne le monde. Notre liberté est un témoignage magnifique de notre appel à la divinisation. Être à l’image de Dieu.
Le problème on l’a dit c’est qu’on n’est pas à la hauteur. C’est là que Jésus vient véritablement sauver notre liberté ? Pourquoi ? Parce que lui a été parfaitement et ultimement libre en choisissant en tout temps et même dans la plus grande épreuve de faire la volonté de son Père. Il a aimé parfaitement, été parfaitement libre ! En voilà un sur qui le péché n’a pas eu d’emprise ! Ce que nous cherchons donc à faire c’est à nous associer à Jésus. Quand je m’associe à Jésus, je m’associe à celui qui a vécu parfaitement sa liberté ! C’est donc celui qui est à même de libérer la mienne, de me rendre capable de vivre librement. Comme désormais l’un d’entre nous, Jésus, l’a réalisé, en nous associant à lui nous pouvons le vivre à notre tour !
L’autre chose que nous montre Jésus c’est qu’il n’y a pas de mal à être dépendant. Lui-même est complètement dépendant de son Père. Il s’abandonne complètement à Lui. Voilà qui devrait nous ôter nos frayeurs ! Le problème n’est pas d’être dépendant ! Je suis dépendant de celui que j’aime. La question c’est est-ce que je choisis mes dépendances ? Le mal me les impose, le Bien me rend capable de les choisir et les rechoisir.
On va essayer de finir sur deux aspects plus concrets après tout ce dont on a parlé et qui ne vous a peut-être pas paru très incarné ! Comment est-ce ce soir, cette semaine en revenant de cette soirée je peux continuer à grandir en liberté avec le Christ ? Deux axes.
A. La confiance en Dieu
Le premier axe est celui de la confiance en Dieu. On a dit qu’être libre c’est choisir le bien. Une autre façon de le dire, c’est « être libre, c’est dire oui à Dieu ». Je vous donne une phrase de Benoit XVI : "c'est en transférant la volonté humaine dans la volonté divine que nait l'homme véritable". Ne rentrons pas dans de grandes considérations théologiques. La seule chose qui importe c’est que pour devenir moi-même, un homme véritable, il suffit que ma volonté devienne la volonté divine. Choisir de faire la volonté de Dieu dans ma vie.
Concrètement, la prochaine fois que je me tourne vers le Seigneur pour lui confier une situation ou une décision, au lieu de dire « Seigneur fais que… », je peux ajouter « non pas ma volonté mais ta volonté ». Me mettre en position de choisir par-dessus tout la volonté de Dieu. Plutôt que de dire « dis moi ce que je dois faire », je peux dire « je choisis de faire ce que tu me montreras ». Je ne reçois pas quelque chose de l’extérieur, mais je m’y associe. Je ne renonce pas à ma volonté, mais je choisis de faire celle de Dieu. Ma volonté ne fait plus qu’un avec la Tienne, par amour. Toujours par amour, par grand amour. Sinon on n’a rien compris.
Il y a quelque chose qui éclaire très bien c’est ce que Saint Ignace appelle « l’indifférence ». Quand nous avons une décision à prendre, il nous invite d’abord à nous souvenir que cette décision n’est qu’un moyen pour aller vers une fin, et cette fin c’est Dieu. On peut prendre le temps de creuser ce désir de Dieu, de contempler Dieu, de nous souvenir de cela. Ensuite, Saint Ignace dit que nous devons peu à peu considérer les différentes options qui se présentent avec « indifférence », non pas au sens où nous nous en moquons, mais au sens où je suis prêt à recevoir n’importe laquelle d’entre elle, pourvu que ce soit elle qui me mène vers Dieu. Rien d’autre ne m’importe ! Ainsi je remets complètement mon choix dans les mains de Jésus, non en démissionnant, mais en choisissant vraiment de le suivre, avec confiance.
B. Contre le péché
Ça c’était la dimension positive. La dimension « négative » c’est de lutter contre ce qui entrave notre liberté, le péché. En prenant conscience que notre jugement sur ce qui est bon ou pas a besoin d’être éclairé. En apprenant à repérer ce qui nous aliène, crée une addiction en nous, et ce qui nous unifie, nous rend libres. Ca c’est en général.
Plus concrètement encore, je peux chercher un point en particulier où je suis tombé dans une habitude mauvaise. Une addiction au mal qui m’empêche d’être libre pour choisir Jésus, pour aimer. Pas forcément quelque chose d’énorme. Ensuite je repère comment est-ce que le Mauvais m’emmène là, comment il me fait glisser jusqu’à ce péché. En général le Diable n’est pas très original, il procède toujours de la même façon. Et je décide de chercher à convertir, c’est-à-dire à libérer ce point-là. En refusant de me laisser embarquer dans la direction de « ce que je ne veux pas », et surtout, surtout, en tournant mon regard vers Jésus. C’est lui et lui seul qui me sauve, c’est en m’associant à lui que je serai sauvé. Alors je coupe court au processus du mal, et à la place, je me tourne vers Jésus, avec amour.
Pour terminer, je voudrais vous lire ce passage de Galates 5 dont je vous parlais tout à l’heure.
« C’est pour que nous soyons libres que le Christ nous a libérés. Alors tenez bon, ne vous mettez pas de nouveau sous le joug de l’esclavage. Vous, frères, vous avez été appelés à la liberté. Mais que cette liberté ne soit pas un prétexte pour votre égoïsme ; au contraire, mettez-vous, par amour, au service les uns des autres. Car toute la Loi est accomplie dans l’unique parole que voici : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Je vous le dis : marchez sous la conduite de l’Esprit Saint, et vous ne risquerez pas de satisfaire les convoitises de la chair. Car les tendances de la chair s’opposent à l’Esprit, et les tendances de l’Esprit s’opposent à la chair. En effet, il y a là un affrontement qui vous empêche de faire tout ce que vous voudriez. Mais si vous vous laissez conduire par l’Esprit, vous n’êtes pas soumis à la Loi. On sait bien à quelles actions mène la chair : inconduite, impureté, débauche, idolâtrie, sorcellerie, haines, rivalité, jalousie, emportements, intrigues, divisions, sectarisme, envie, beuveries, orgies et autres choses du même genre. Je vous préviens, comme je l’ai déjà fait : ceux qui commettent de telles actions ne recevront pas en héritage le royaume de Dieu. Mais voici le fruit de l’Esprit : amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, fidélité, douceur et maîtrise de soi. Ceux qui sont au Christ Jésus ont crucifié en eux la chair, avec ses passions et ses convoitises. Puisque l’Esprit nous fait vivre, marchons sous la conduite de l’Esprit. »