Tout part de cette parole. Au concile de Vatican I, on a établi que la liberté est en l'homme le signe privilégié de l'image divine. Le point de départ est de comprendre que nous sommes créés libres. On pose alors d'office que le modèle de la liberté pour nous c'est Dieu. Paradoxalement, le fait qu'en Gn2 Dieu donne un commandement (au sujet des arbres) est le signe de notre liberté et qu'elle est reçue de Dieu. Ce commandement est pour que l'homme soit libre comme Dieu est libre.
Et Dieu est libre en ne faisant jamais le mal. La liberté est donc faite pour l'amour. Pourquoi Dieu nous a-t-il créés libres ? D'abord parce que lui est libre, donc il pouvait le vouloir. Mais ensuite, pour pouvoir avoir un partenaire, un allié, une relation. C'est une création en pure gratuité, non par besoin. La liberté est alors là pour répondre à ce acte premier d'amour. Le propre de l'amour c'est que l'un se donne à l'autre librement.
Ensuite, regardons la liberté de Jésus. Il se passe un événement extrêmement important à Gethsémani. Jésus dit aux disciples qu'il est triste puis demande : "Père, s'il est possible que cette coupe passe loin de moi. Cependant non pas ce que je veux mais ce que tu veux."
Jésus, dans sa volonté humaine (comme la nôtre) se met à vouloir ce que Dieu veut. Voilà une liberté humaine qui entre complètement parfaitement définitivement dans la volonté de Dieu. C'est fondamental pour notre salut. Le péché originel c'est de nous faire croire que Dieu est un rival, un concurrent, un danger, quelqu'un qui va finir par nous avoir.
Ainsi Jésus montre qu'être libre c'est vouloir la volonté de Dieu. Nous devons chercher à être capable de cela. Jésus est celui qui dit parfaitement oui. On est vraiment libre en Jésus, avec Jésus. Et comme par hasard c'est encore dans un jardin que ça se passe.
Jésus nous apprend que dépendre d'un autre n'est pas un problème.
Jésus gomme toutes les fausses idées que nous avons, comme "la liberté c'est ne dépendre de personne", alors que Lui est pleinement libre et complètement dépendant de son père. C'est une dépendance d'amour ! C'est pour ça que c'est bon ! Quand on voit deux amoureux on ne se dit pas qu'ils ne sont plus libres parce qu'ils sont amoureux ! Eh bien là, c'est pareil, en mieux.
Je fais référence en particulier ici à l'épisode du jeune homme riche. Jésus demande : "pourquoi m'appelles-tu bon ? Dieu seul est bon." En fait, ce qui se joue ici, c'est que le jeune homme voudrait avoir un tableau ou il faut juste cocher les bonnes cases, et basta. Alors Jésus lui rappelle quelle est la finalité de tout cela ! Les règles nous rendent libres. Il ne s'agit pas d'appliquer la règle pour elle-même, mais d'entrer en alliance avec Dieu, et aussi avec les autres.
Galates 5;13 : "Frères, vous avez été appelés à la liberté, seulement ne faites pas de cette liberté un prétexte de vivre selon la chair; mais rendez-vous, par la charité, serviteurs les uns des autres." Saint Paul nous dit que notre liberté, contrairement à celle des droits de l'homme commence là ou sont les autres ! Le péché c'est l'humanité qui se replie sur elle-même. Mes actes, mes décisions sont largement suscités par les rencontres que je fais, les besoins des autres que je discerne, etc. Ce sont les autres qui seront sources de notre vocation.
Galates 5;1 : ce n'est pas juste une liberté de libre arbitre. C'est pas juste être libre à l'instant T. C'est une liberté dynamique. On doit grandir en liberté. Dieu veut nous rendre de plus en plus libre. Nos décisions nous approchent ou nous éloignent de cela.
Les 4 moments de l'acte libre :
Le but, la fin, ce que l'on vise par cet acte, et bien sûr, la fin ultime. Quelle est la fin de la somme de mes actes libres ?
Le choix des moyens. Comment vais-je agir ?
La fidélité au moyen choisi. Et là, ça coince souvent. Une fois que le moyen est bon (il faut parfois y réfléchir), il faut s'y tenir.
La récolte. Qu'est-ce qui a jailli de l'acte que j'ai posé ? Il faut relire après coup, en cas de réussite mais surtout en cas d'échec.
Tout cela suppose de se connaître soi-même. Tout cela est dynamique aussi ! On est ordonné prêtre, mais en fait c'est aussi un processus pour devenir prêtre. Il faut se mettre en marche pour pouvoir exercer pleinement sa liberté.
Être libre c'est dire oui à Dieu.
Benoit XVI : "C'est en transférant la volonté humaine dans la volonté divine que naît l'homme véritable." (audience générale du 25 juin 2008)
En dehors du choix du mal, bien sûr. Eh bien, il faut discerner avec les 4 étapes. Donc oui, on peut si une des étapes est biaisée. Bien sûr, Dieu fait sortir un bien de tout mal, mais c'est mieux si on a pas cassé des trucs avant. Il faut se poser beaucoup de questions avant, et les bonnes ! Dieu n'a pas écrit notre histoire avant ! Y a pas une route toute tracée et il ne faut pas louper les intersections.
Cela pose aussi la question du discernement. Comment être certain que l'appel est de Dieu et que ce n'est pas un subterfuge ?
On a l'exemple de pères du désert qui ont des anges lumineux qui apparaissent. Comment être sûr que ce n'est pas Lucifer ? Effectivement le principe du mal est qu'il se déguise en bien ! On doit discerner ce qui est le vrai bien est ce qui est un faux bien. Pour cela on a l'accompagnement de l'église, l'esprit saint. L'autre critère aussi c'est la paix.
Ce qui est sûr, c'est qu'il y a toujours une part de liberté qui reste. Après elle peut être largement largement entravée et donc la possibilité de faire un autre choix était minuscule. Donc, ne jugez pas.