Introduction
Qu’est-ce qui qualifie le mieux Dieu ?
Saint Jean écrit : "Dieu est amour" (1 Jn 4). Dieu est miséricorde. Le propos de cet enseignement est de nous aider à nous confesser pour rencontrer ce visage de Dieu qui est miséricorde.
D'abord, la confession ne devrait pas être un problème, mais un mystère de joie. Lors du premier angélus du Pape François, ce dernier nous a appelé avec force à vivre cette miséricorde. Dieu ne se lasse jamais de pardonner, il ne se fatigue pas en pardonnant, il n'est pas usé par nos confessions. Ce n'est pas parce que je me confesse encore et encore du même péché que Dieu s'en lasse ou s'en fatigue. Au contraire, Dieu est fatigué de nous voir nous fatiguer, de nous voir peiner sous le poids de péchés trop lourds pour nous. Dieu est prêt à nous pardonner à temps et à contre-temps.
Il s'agit pour nous d'entrer dans cette miséricorde infinie de Dieu.
I – La Miséricorde
1) Première porte d’entrée : le mystère de la joie
a) La miséricorde et la joie
Normalement quand on entend parler de miséricorde, confession, pardon, on ne se dit pas « mouais... » C’est la joie ! Si on était convaincu, les prêtres seraient fatigués de confesser, il y aurait sans cesse la queue devant les confessionnaux. Si nous étions convaincus que la miséricorde est source de joie, on s’y presserait davantage.
Les évangiles en parlent sous un angle particulier : ils ne parlent pas d’abord de la joie de celui qui reçoit le pardon mais de la joie de Dieu qui pardonne. Quand vous vous confessez, pensez-vous que Dieu est content ?
Psaume 31 : « Je rendrai gloire à Dieu en confessant mes péchés ». Le fait de dire ses péchés donne de la joie à Dieu, participe à la gloire de Dieu. Ce n'est pas le fait de pécher qui donne de la joie à Dieu mais de reconnaître nos péchés. Saint Luc dit même qu’« il n’y a pas de plus grande joie au ciel que lorsqu’un pécheur se tourne vers Dieu ».
Si vous voulez faire un carton dans l’échelle de la joie divine, allez vous confesser ! C’est là que nous pouvons donner le plus de joie possible à Dieu. Pourtant on dit que c’est la charité qui donne le plus de joie à Dieu ! Effectivement, se confesser est un acte suprême d’amour.
b) Le cœur de Dieu touché par la conversion
Grand mystère de joie, honneur qu’on lui fait. Dieu est touché, il fond, son cœur se liquéfie. Il faut profiter de sa faiblesse, il craque ! Balancez tout ! C’est pour cela que certains prêtres ont eu ce charisme d'être confesseurs. Des milliers de personnes attendaient deux-trois jours à Ars pour se confesser à un simple curé. Ils avaient compris qu’il se passait quelque chose de grand.
c) La joie chrétienne selon le Pape François
Comme nous le dit le Pape François : « Le chrétien doit offrir un visage joyeux et non pas une face de piment au vinaigre ». La joie d’un chrétien ce n’est pas la gaieté, c’est quelque chose de plus profond, de plus intérieur, d'enraciné. La seule gaieté risque de se transformer en légèreté et superficialité. Cela peut trahir un manque de sagesse chrétienne et rendre un peu idiot et naïf.
La joie est une onction de l’Esprit Saint. Elle rend l’homme sûr et stable. Elle le plonge dans la certitude que Jésus et le Père marchent avec lui. Elle le pousse à la confiance quotidienne, lui donne une paix, une tranquillité qui chasse l’angoisse, la crainte. Il faut l’avoir toujours en réserve (sans chercher non plus à la "mettre en bouteille").
La joie est une vertu pèlerine qui nous suit jour après jour, un don qui nous fait avancer. Elle nous aide à ne pas avoir le cœur aigre, froissé, mélancolique. Les chrétiens mélancoliques sont dangereux. Elle rend l’homme stable et désireux. Sa tendresse manifeste une passion pour l’homme. La joie rend l’homme magnanime, élargit son cœur, elle le rend beaucoup plus généreux et confiant.
d) Les paraboles de la joie
Luc 15 : parabole de la brebis perdue, de la drachme perdue, du fils perdu. Ces paraboles insistent sur la joie. On y voit des personnes qui nous ressemblent : des personnes qui pensent comme nous. Elles terminent toutes sur la joie. Le berger est heureux. Le Père du fils prodigue est très heureux, il le guette et accourt vers lui tout joyeux.
Notre Père est très heureux, il vit cela. À partir du moment où vous vous dites que ce serait bien que j’y aille, il est tout content, il sent que cela va venir. Dieu est patient avec nous. Cela prend du temps !
e) Le christianisme et l’esprit de patience
Pour entrer dans ce mystère, nous pouvons nous appuyer sur cette phrase du Pape François : « Le chrétien, s’il est vraiment chrétien, n’a pas le droit de se lamenter ». On ne connaît aucun récit de martyr à la mine triste. Le martyr de Saint Laurent par exemple nous montre le visage d'un martyr qui aurait été jusqu'à répondre avec humour à son bourreau. Face à de tels témoignages, on se dit qu'il était soit foi, soit anesthésié... soit chrétien.
Il ne faut pas nous laisser anesthésier par le monde, mais supporter les épreuves avec patience. Jésus fait allusion à ces épreuves, aux tentations qui peuvent arriver. L’une de ces tentations, c’est de gémir. "Le monde est pourri…" Comment faire pour ne pas devenir Monsieur ou Madame La Plainte ?
f) Le silence qui unifie et guérit
Il est bon d'entrer dans le silence, un silence qui patiente, supporte, car ce silence nous aide à entrer dans la patience divine, celle de Dieu. C'est le silence de Jésus dans la Passion. Les paroles du Christ en croix se terminent dans un grand cri, puis un grand silence enveloppe toute la terre.
Le silence est difficile, douloureux, exigeant mais il nous permet de ne pas nous laisser chahuter par les agitations de ce monde et laisser la paix entrer en nous. Supporter ce n’est pas dire « tais-toi et souffre en silence », c’est essayer de découvrir dans ces épreuves la présence de quelqu’un qui a souffert avant nous et qui souffre avec nous maintenant. Ce n'est pas un silence creux mais un silence de compassion. Jésus nous prend par la main avec beaucoup de tendresse.
Jésus nous invite aussi à sortir de la tentation d’un christianisme liquide. C’est la tentation du gnosticisme, avoir une approche de la foi très systématisée, mise en bouteille intellectuellement, très cohérente mais qui reste à distance, qui n’entre pas dans ma vie concrète. C'est un beau système de valeurs, mais c’est du christianisme sans le Christ. Cela se liquéfie, ne structure pas ma vie, c'est du vernis.
Pour que nous ne devenions pas des esclaves de la superficialité, de cette vie diffuse et agitée, il y a encore une autre tentation : le christianisme rigide. C'est le chrétien "à la force du poignet", l’homme de la loi, qui n’a que la loi à la bouche... À la bouche, mais pas dans le cœur. Je me sécurise par un principe rigide et dur.
2) Deuxième porte d'entrée : l'humilité
a) Humilité et vérité dans la confession
Il faut beaucoup d’humilité pour se confesser. Être humble, c’est oser montrer ses faiblesses. Quand saint Paul parle de son parcours de foi, il parle aussi de ses faiblesses, de ses péchés. La tentation c'est de se cacher. Bien sûr il ne faut pas non plus nous vanter mais garder une attitude humble.
Se confesser n'est ni une visite chez le teinturier, ni une séance de torture. C'est la rencontre avec Jésus qui va jeter son propre regard sur nous, qui va nous nous aider à nous regarder comme lui nous regarde, avec les lunettes de l’Esprit Saint : je suis appelé à me regarder comme il me regarde. Il s'agit d'apprendre à se regarder, à s’aimer comme Jésus nous regarde et nous aime.
Il ne faut donc pas nous maquiller devant Dieu, mais avoir le courage d’aller au Seigneur en vérité car il est la vérité et la lumière. Marcher dans les ténèbres, c’est aller à Dieu avec des demi-vérités ou des mensonges. Il faut avoir le courage de dire la vérité, comme chez le docteur. "J’ai manqué de charité !" Mais le péché, c'est toujours un manque de charité ! Si je me cache, le médecin ne pourra pas m’aider et me fera payer 22 €. Le confessionnal pas teinturerie, pas vernis extérieur, mais pas torture non plus.
b) Le rôle du prêtre et le visage de Dieu
Le prêtre n’est pas censé vous accabler. Homélie veut dire encouragement. Une bonne confession encourage le chrétien et donne à voir le visage de Dieu. C'est un visage de bonté, normalement ! Cette entrée dans la confiance se fait par une grande humilité et grande douceur.
Le cadre de la vie chrétienne, dit le pape François, c’est l’humilité et la douceur. "Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples car je suis doux et humble." Les vertus que Jésus nous demande sont l’humilité et la douceur. Les trois papes que nous venons d’avoir sont de beaux exemples d’humilité et de douceur. Cela ne les empêche pas d’être fermes !
c) Le pardon : centre de la foi
Cette exigence du pardon est fondamentale, c'est l’essentiel de la foi. C'est ce qui nous fait entrer dans le cœur. Les deux sacrements qui alimentent les grâces baptismales, ce sont l’eucharistie et la confession. Ces deux sacrements marchent ensemble.
Dans les paroles de consécration du vin, le prêtre répète les paroles du Christ qui dit que le sang a été versé pour la rémission des péchés. Je ne peux pas isoler le mystère du pardon et celui de l’eucharistie. Si je communie sans me confesser, je risque de communier tôt ou tard indignement, c’est-à-dire avec un cœur pas accordé avec ce qu’il reçoit.
C’est comme essayer de courir à cloche-pied. On a besoin des deux ! C’est le cœur du mystère de la foi, qui est un mystère de réconciliation. La première mission que Jésus donne à ses apôtres aussitôt ressuscité, c’est "pardonnez les péchés" ! Le premier effet de la Résurrection, c’est le pardon.
Si je ne vis pas intensément le sacrement de la réconciliation, je suis à côté de mes pompes : je suis un chrétien à moitié mort, je m’arrête à mi-chemin.
d) L’exemple des saints
Saint Vincent de Paul se confessait tous les jours en fin de vie. Cela ne veut pas dire qu'il était scrupuleux ! La confession me donne la lumière de Dieu, un œil perçant. On voit des choses qu’on ne voit pas quand on est moins habitué à la lumière. Par exemple quand on nettoie nos vitres une fois tous les six mois, avec douze enfants à la maison, une tache de plus ou de moins, ça ne se voit plus ! En revanche si vous faites vos carreaux et qu'un enfant y met ses doigts juste après, cela se voit.
Saint Vincent voyait des choses que certains ne voient pas. La Miséricorde est en fait une saine addiction. On peut en abuser.
Pour nous aider à nous confesser, il faut avoir compris que Dieu est bon. C’est ce que disait saint Vincent de Paul à propos de saint François de Sales : Dieu est bon parce que Monsieur de Sales est si bon. Il est important de montrer la bonté de Dieu, c'est un vecteur d’évangélisation.
Si on est bon avec les gens, ils nous pardonneront tout. Si on n'est pas cassant, acide, amer, critique, les gens nous pardonneront nos maladresses.
Pour se confesser, il est possible de prendre la parole de Dieu et de le laisser parler en nous. Dieu est bon, il est heureux de nous voir nous rapprocher de lui dans le sacrement de la réconciliation. Un bon exemple peut être de relire les 10 commandements : l'avantage, c'est que les formules négatives nous aident.
II – Les 10 commandements
Les 3 premiers parlent de Dieu. Les 7 autres, du prochain. "Tu honoreras ton père et ta mère" : on s’ouvre aux autres. Moïse reçoit 2 tables. Tous les péchés que nous pouvons commettre entrent dans les 10 commandements. Tous les actes de sainteté honorent l’un ou l’autre. Ils sont un seuil vital en deçà duquel il n’est pas possible d’être en communion avec Dieu.
Cela ne suffit pourtant pas ! Le jeune homme riche oppose : "cela, je le vis depuis longtemps, que me manque-t-il ?" Une chose te manque : "donne tout ton bien aux pauvres, puis viens, suis-moi."
Mais les dix commandements restent une bonne manière d'entrer en relation avec Dieu.
1er Commandement : « tu aimeras le Seigneur ton Dieu »
Ex 19-20 :
Dieu commence par « écoute ». Cela veut dire : "ne jette pas les commandements comme ça !" Dieu ne se présente pas comme quelqu'un qui donne une loi, mais comme quelqu'un qui a fait quelque chose pour moi. L’agir de Dieu est premier, du coup les commandements sont une réponse à l’agir de Dieu qui est premier. La loi morale est réponse à l’agir premier de Dieu.
a) La force nécessaire pour suivre le Christ et persévérer dans la prière
Suivre le Christ demande de la force ! En effet, l’amour n’est pas spontané, et la prière comme la joie se paient avant, tandis que le plaisir vient après. La joie apparaît comme le fruit d’un combat fidèle : rien n’est naturel, facile ou spontané. Le moine, par exemple, ne se lève pas de façon spontanée. Ainsi, le courage n’est pas uniquement apostolique ; il s’agit aussi du courage de se tenir devant Dieu, d’aller au Seigneur avec audace pour lui demander quelque chose.
L’exemple d’Abraham, qui a négocié avec Dieu, est parlant. Est-il un homme qui prie ou un marchand phénicien qui tire sur les prix ? Abraham était juste et avait le cœur droit. Le pape rappelle qu’il ne suffit pas de demander quelque chose pour quelqu’un et de s’en aller. Si tu veux que le Seigneur te donne une grâce, il faut aller à lui avec courage et agir comme Abraham, avec la même insistance. La femme de l’Évangile qui importune le juge finit par lui « casser la tête » grâce à son insistance ! « Prier, c’est fatigant ! Il s’agit de prendre à Dieu une grâce. » Ainsi, lorsque tu pries, fais-le avec insistance : la prière est une lutte.
b) L’exemple d’un père et le mystère de la prière persévérante
Un exemple frappant vient d’une fillette de sept ans en Argentine : son médecin ne lui donnait plus que quelques heures à vivre. Son père, un homme de foi, est devenu comme fou d’inquiétude. Il a pris un bus, quitté sa fille et s’est rendu dans un sanctuaire marial situé à plusieurs kilomètres. À vingt et une heures, tout était fermé, mais il a prié la Vierge Marie, les mains posées sur la grille en fer, et il a pleuré. Il est resté là toute la nuit. Cet homme luttait véritablement avec Dieu pour obtenir la guérison de son enfant.
À sept heures du matin, il a repris le bus et est arrivé à neuf heures à l’hôpital. Il a trouvé sa femme en larmes et il a d’abord pensé au pire. Mais les médecins lui ont annoncé que la fièvre était tombée, qu’il n’y avait plus rien, que leur fille sortirait dans deux jours, et qu’ils ne comprenaient pas ce qui s’était passé. Les miracles existent encore. La ténacité de ce père a été remarquable : il a littéralement « cassé la tête » au bon Dieu.
Toutefois, si je n’ai pas été exaucé, ce n’est pas parce que j’ai mal prié : cela relève du mystère de Dieu. La prière demeure toujours le fruit d’une bataille.
c) Lutter contre le diable : dépasser la peur et reconnaître notre vraie condition
Il existe des armes pour lutter contre le diable : l’humilité, la douceur, et la prise de conscience que le salut fait peur, comme le dit le Pape. Le fait que Dieu sauve nous effraie, et s’approcher de Dieu peut faire peur. La première conséquence du péché des origines, c’est la peur de Dieu : Adam et Ève se sont cachés ! « Adam, où es-tu ? » — « N’ayez pas peur ! » Lorsque le Seigneur vient nous sauver, l’être humain doit tout donner, et cela fait peur.
Nous pouvons demander à Dieu la grâce d’être guéris de cette peur en nous présentant devant sa bonté et en nous laissant toucher par elle. Nous avons tous été touchés un jour par des personnes bonnes. Cependant, cette peur nous asservit. Il s’agit donc d’entrer dans la liberté des enfants de Dieu, qui nous libère de la peur. Les pécheurs aimaient voir Jésus : une telle humilité attirait les pécheurs.
De plus, chaque fois que nous remettons notre conversion à plus tard, nous tombons dans l’une des tentations les plus communes. Le mot latin qui résume toutes les tentations est « cras » — ce qui a donné « procrastiner ». Cela signifie « demain ». Le démon dit : « Convertis-toi, mais demain ! »
Il existe deux manières de reporter : l’orgueil par le haut et l’orgueil par le bas. Par le haut, on se dit : « Moi, orgueilleux ? De quoi ? Je suis quelqu’un de bien. » Pourtant, « celui qui dit qu’il n’a jamais péché est un menteur et fait du Christ un menteur ». On affirme alors ne pas avoir besoin de rédempteur, selon une approche pélagienne : « Je peux faire le bien sans l’aide de Dieu, je n’ai pas besoin de sa grâce. » Par le bas, on se dévalorise : « Je suis nul, je n’ai pas de talent, aucune qualité. »
En Afrique, certains disent : « Mon Père, je suis tout pourri ! » Le prêtre répond : « Mais non, ne dis pas cela, tu es aimé ! » — « Si, je suis tout pourri ! » En réalité, « Toutpouri » était une ethnie dont cet homme faisait partie. On risque parfois de ne pas se comprendre ! Mais, sauf si vous appartenez à cette ethnie, vous n’êtes pas « tout pourri » : nous sommes aimés du bon Dieu. Pour nous approcher de sa miséricorde, il faut nous souvenir que Dieu est bon, sinon, c’est la catastrophe.
d) La prière et le pardon
La prière est une lutte, et elle doit être présente dans mon examen de conscience. Elle n’est pas réservée aux prêtres, et ce n’est pas un luxe : elle est nécessaire. Les jeunes époux, une fois le voile retiré, que font-ils ? Ils prient. Le premier acte public que posent les nouveaux époux, c’est une prière. Ainsi, la charge de la prière est essentielle dans le couple chrétien.
La prière est liée au pardon. Il n’y a pas de prière possible sans pardon. Saint Paul dit : « Si vous pardonnez aux hommes leurs fautes, votre Père leur pardonnera aussi. Mais si vous ne pardonnez pas, à vous non plus Dieu ne pardonnera pas. » Et ailleurs : « C’est ainsi que votre Père des cieux vous traitera si vous ne pardonnez pas à vos frères du fond du cœur. » Pardonner prend du temps : « Le temps ne respecte pas ce que l’on fait sans lui. » Il ne faut donc pas s’inquiéter si cela demande du temps.
On peut discerner si l’on avance sur le chemin du pardon lorsque l’on est capable de souhaiter du bien à l’autre. Cela ne signifie pas que l’on ne souffrira plus ; on peut souhaiter du bien en souffrant, être heureux en souffrant. Parmi nous, certains vivent des épreuves lourdes. Il ne faut pas s’inquiéter que cela prenne du temps. Comme le dit Daniel-Ange, « l’Église est l’hôpital du monde » : on y reçoit de bons traitements et on en sort allégé.
Parfois, il faut aussi savoir fuir certaines situations et ne pas regarder en arrière. Certains combats sont trop difficiles pour nous. Il faut donc faire preuve de prudence et de courage.
2ème Commandement: « Tu ne prononceras pas le nom de Dieu en vain. Tu ne te feras pas d’idoles ».
a) Les dangers du bien-être et du provisoire
Le pape dénonce les effets du bien-être et du provisoire, notamment sur les richesses. En effet, la culture du bien-être rend les personnes peu courageuses, paresseuses et égoïstes, car le bien-être anesthésie. Le démon, lui aussi, endort et anesthésie. Un exemple concret est celui d’un couple qui refuse d’avoir davantage d’enfants, de peur de ne plus pouvoir partir en vacances ou acheter une maison.
Le croyant accepte bien de suivre le Seigneur, mais seulement jusqu’à un certain point, car il déplore le drame du bien-être qui le prive du courage nécessaire pour se rapprocher de Jésus. Un autre écueil est la fascination pour le provisoire. Les hommes d’aujourd’hui sont amoureux du provisoire, et les propositions définitives que fait Jésus ne plaisent pas, parce que l’homme a peur du temps de Dieu, un temps définitif. Nous avons l’impression de nous ligoter et de perdre notre liberté.
Or, si Dieu est le Seigneur du temps, les hommes, eux, se comportent comme des seigneurs du moment. En voulant devenir maîtres du temps, ils réduisent celui-ci au moment présent, en se contentant du provisoire. Dans la parabole du semeur, ces personnes apparaissent comme des hommes d’un moment : ils ne durent pas. Ils ont de bonnes intentions, mais celles-ci ne durent guère. C’est une forme de tiédeur, et le provisoire ne nous aide pas à suivre Jésus.
Le pape évoque même les personnes qui veulent se marier pour une durée limitée. Combien de couples se marient en se disant : « Tant qu’il y a l’amour, ça ira, et après, on verra » ?
b) Être fidèle dans une culture du provisoire
À l’inverse, les missionnaires qui sont partis en laissant père, mère et famille ont donné leur vie entière pour annoncer le Christ jusqu’au bout, parfois en versant leur sang. Certains couples, eux aussi, sont allés jusqu’au bout : parfois cela a été très difficile, même au travers d’une séparation, mais ils sont restés fidèles. Il s’agit là de véritables formes de martyre.
Nous pouvons donc demander au Seigneur la grâce d’avancer, de nous déployer hors de cette culture du bien-être et de recevoir une espérance qui s’inscrit dans le temps, et non une espérance réduite à un simple moment. Cette culture du provisoire nous pousse à l’idolâtrie. Si nous rejetons Dieu, il faudra bien choisir autre chose, car personne n’est réellement athée : nous avons tous des croyances.
Ainsi, si je rejette Dieu, je vais me fabriquer un dieu accessible : cigarette, argent, internet, planche à voile, sexualité, parapente, guitare… Chacun possède ses petites idoles. Au départ, ce n’est pas mauvais en soi : je peux ériger en idole quelque chose qui est bon par nature. Toutefois, que le Seigneur nous garde de cette tentation et nous aide à arracher les mauvaises herbes.
3è Commandement : Tu sanctifieras le jour du Seigneur
a) L’importance des commandements et la gravité de ce qui touche à la foi
On l’oublie souvent : les commandements sont des réalités importantes. Il ne s’agit pas des six cent dix-sept prescriptions de l’Ancien Testament, mais de dix commandements. La matière des commandements est grave, c’est-à-dire importante.
Ainsi, si vous n’avez pas prié quatre heures par jour, les bras en croix, ce n’est pas grave. En revanche, si je ne suis volontairement pas allé à la messe du dimanche, c’est grave, car cela est vital pour nous.
Imaginez une maman réveillée au milieu de la nuit : va-t-elle se demander « est-ce que je vais l’aider ou pas ? » Elle n’en a pas toujours envie, mais elle va quand même se lever, parce qu’elle aime son enfant. De même, il peut nous arriver d’éprouver des sentiments qui vont dans ce sens : « Je n’ai pas envie, mais je le veux. » Ce n’est ni contradictoire ni hypocrite.
La messe est fondamentale : « Celui qui ne mange pas ma chair et ne boit pas mon sang n’aura pas la vie en lui. » Même lorsque des dispositions particulières m’empêchent de communier, le Seigneur m’attend dans la célébration. Comme quelqu’un l’a dit en plaisantant : « Ton homélie était comme l’épée de Charlemagne : longue, dure et plate. » Malgré cela, le Seigneur nous attend là !
b) Entrer dans le temps de Dieu et ne pas lui imposer notre agenda
La question des vacances illustre bien la tentation de renverser les priorités. Ce n’est pas à Dieu de se soumettre à mon agenda : « Dieu, tu es gentil, mais il y a mon ski. » Je suis au contraire appelé à entrer dans le temps de Dieu.
Il s’agit donc de reconnaître que la relation au Seigneur n’est pas un ajustement secondaire, mais une réponse à son appel. Dieu nous attend, et il nous invite à organiser notre vie selon son amour, plutôt qu’à modeler notre foi selon nos loisirs.
4è Commandement : Tu honoreras ton père et ta mère
a) Honorer malgré tout
Ce passage nous fait réaliser que l’on passe de la relation à Dieu à la relation aux autres. C’est en effet par la famille que je suis éveillé à la relation aux autres. Le Seigneur ne nous demande pas d’aimer nos parents au sens d’éprouver des sentiments pour eux. C’est bien si nous en avons, mais ce n’est pas contraire au commandement si nous n’en avons pas.
Certains, parmi nous, ne peuvent plus avoir d’affection pour leurs parents pour des raisons graves. Cependant, le Seigneur nous demande de les honorer. Même si leur comportement a été grave ou inique, je leur dois cet honneur, par exemple à travers une assistance concrète dans leurs vieux jours. L’amour n’est pas une question d’affection débordante : il vise le rapport à l’autorité.
Ainsi, je dois honorer un professeur, un chef d’entreprise, les hommes et femmes politiques, le chef de gouvernement ou les ministres que je n’arrive pourtant pas à supporter. Ce n’est pas parce qu’ils ont promulgué une loi sur laquelle j’aimerais marcher que je peux les traiter comme des chiens. J’aurai des comptes à rendre à Dieu. Saint Paul dit : « Honorez vos gouvernants. » Il n’a pas dit : « Obéissez au doigt et à l’œil », mais il m’invite à les honorer.
Le cardinal Barbarin disait : « Arrêtez de dire du mal des députés. Ils ne sont pas tous des grands méchants ou des fumistes. Il y en a, mais il y a aussi des gens droits. » Je n’ai pas le droit de mettre ma foi entre parenthèses vis-à-vis de ces personnes. Le pape parle de l’amour des ennemis : l’amour de ceux qui ne vous aiment pas. Il s’agit de poser des gestes concrets : prier pour ceux que l’on ne peut pas encadrer, y compris pendant la messe. Nous allons retrouver tout ce monde-là au Ciel : il y aura des surprises, bonnes ou moins bonnes. « Si je ne pardonne pas à mes ennemis, je ne suis pas chrétien. » Sinon, je suis comme un publicain, revenant à la loi du talion : « œil pour œil ».
b) Les dangers d’une morale sans bonté
Jésus dénonce en Mt 23 les dangers d’une éthique sans bonté : « hypocrites… ». Cela signifie que l’on fait semblant. C’est un danger présent dans certains milieux catholiques : on veut faire bonne figure par les vêtements, les conversations, ou encore en exhibant son curriculum vitae.
Cette vanité engendre la jalousie, comme dans l’histoire de Caïn et Abel. À la manière de Babel, il faut que cela brille : je ne supporte pas que les autres me fassent de l’ombre. Et c’est alors que l’on lance la remarque qui casse. Saint Augustin disait : « Il est très difficile de parler longuement d’une personne sans médire. » Ainsi, au beau milieu d’un repas, il suffit d’un mot — « éléphant ! » — pour ridiculiser quelqu’un. Le texte évoque aussi l’exemple d’une cloche sur une table au séminaire, symbole d’une mise en lumière qui peut humilier.
Ces exemples montrent combien la tentation de médire, de briller et d’écraser l’autre est forte, et combien il est nécessaire d’unir l’éthique à la bonté véritable.
5è Commandement : Tu ne commettras pas de meurtre
a) « Tu ne tueras point » : la gravité de toute atteinte à la vie
« Tu ne tueras point » ne signifie pas qu’il n’existe jamais de situations où l’on est appelé à donner la mort, par exemple dans le cadre de la légitime défense ou pour mettre hors d’état de nuire quelqu’un qui s’apprête à tuer. Ce ne sont pas des exceptions. En effet, le meurtre est une action délibérée par laquelle on supprime la vie d’une personne innocente, parfois sans défense. Le commandement vise donc toutes les formes d’atteinte à la vie.
L’excommunication, dans ce domaine, touche les personnes qui n’ont subi aucune pression, même relative, et qui sont directement impliquées dans cet acte : la femme, le mari, ou les membres du personnel médical. C’est une mesure curative destinée à réveiller la conscience sur la gravité du fait de mettre à mort une personne innocente et sans défense. Comme le rappelle Evangelium Vitae, n°99, Dieu ne condamne pas.
L’épisode de la femme adultère le manifeste : selon la loi, la femme et l’homme auraient dû être lapidés. Les accusateurs voulaient piéger Jésus. Il répond : « Que celui qui n’a jamais péché jette la première pierre. » Elle est condamnée ? Non : « Moi non plus, je ne te condamne pas. » La femme a dû être stupéfaite. Nous sommes appelés à entendre ces mots à nouveau en confession.
Ces questions rejoignent aujourd’hui l’euthanasie, la recherche sur l’embryon, la maltraitance envers les enfants ou les femmes, et bien d’autres formes d’atteinte à la vie. Il existe aussi des formes moins graves, mais réelles : la manière dont je mange, la gourmandise, ou la façon dont je traite mon corps. Est-ce que je prends soin de la vie que Dieu m’a confiée ? L’incarnation restera toujours un scandale : elle nous oblige à prendre extrêmement au sérieux la vie humaine.
b) Vivre la contradiction chrétienne
Il faut se méfier d’un christianisme endormi, qui cherche à s’accommoder des conventions du monde, à ne pas choquer, mais qui finit par édulcorer le message. On peut être tenté de dire : « Je veux être sympathique avec toi », et cela peut devenir un danger lorsque l’on souhaite aplatir l’Évangile. Certaines pages de l’Écriture sont difficiles : on aimerait les arracher. Pourtant, il faut accepter le scandale de la croix et la contradiction qui en découle.
Être chrétien, c’est consentir à se trouver parfois en contradiction avec le monde. Un chrétien qui ne subit aucune contradiction, aucun combat, pose question : ce n’est pas possible. Le but n’est évidemment pas de cultiver la contradiction pour elle-même, mais de rester fidèle au Christ, même lorsque cette fidélité nous met à contre-courant.
6è Commandement: Tu ne commettras pas d’adultère
Ce commandement vise toutes les atteintes à la dignité de la sexualité, ainsi qu’à sa grandeur, car elle est quelque chose de bon. La sexualité n’est pas un mal nécessaire. Saint Jean-Paul II nous a véritablement « décoincés » sur ce sujet : dans la tête de beaucoup de chrétiens, la sexualité est encore perçue comme un péché.
En préparation au mariage, on raconte souvent cette anecdote : votre grand-mère se marie ; la veille des noces, sa mère — votre arrière-grand-mère — lui donne un ultime conseil : « Tu sais, quand il faudra faire ce qu’il faut faire, regarde le crucifix et pense à la France ! » Et l’on retourne l’icône.
De nombreuses personnes pensent même que le péché originel consiste dans le fait qu’Adam et Ève auraient fait l’amour. C’est le produit d’une conception erronée de la sexualité qui a été transmise par certains prêtres. Pourtant, il n’est pas nécessaire de dire des « Je vous salue Marie » pour s’excuser d’avoir une vie sexuelle : c’est une chose excellente, pour autant qu’elle soit vécue dans l’espace sacré du mariage.
La Genèse affirme : « Il vit que cela était très bon. » La sexualité est faite pour un don total, appelé à devenir une icône vivante de l’amour trinitaire.
Manquer de pureté, c’est porter atteinte à cette dignité. Cela englobe la pédophilie, la prostitution, la pornographie, ou encore les relations sexuelles détournées de leur sens. Le but n’est pas d’être original dans le péché, mais de reconnaître la vocation haute et belle de la sexualité, telle que Dieu l’a voulue.
7e Commandement : Tu ne voleras pas
Voler, c’est prendre délibérément le bien d’un autre sans son consentement. Cela concerne les « gros vols », bien sûr, mais aussi les « petits vols » du quotidien : frauder dans les transports en prenant un ticket de métro ou de bus non payé, télécharger illégalement, employer quelqu’un « au black », etc.
La sainteté se joue justement dans ces détails. On n’aime pas « en gros ». Imaginez dire à votre épouse : « Ma chérie, je t’aime en gros ! » L’amour se prouve dans le concret. De même, la fidélité à l’Évangile se manifeste dans les petites choses, les gestes apparemment insignifiants, mais qui montrent la rectitude du cœur.
Ce sont ces détails qui vivifient et transforment véritablement la vie chrétienne.
8e Commandement : Tu ne prononceras pas de faux témoignage
Le commandement sur la vérité ne dit pas : « Tu diras tout », mais « Tu ne mentiras pas ». Il existe des choses qu’il n’est ni juste ni prudent de révéler. Nous ne sommes pas tenus de tout dire à tout le monde : certaines confidences n’ont pas à être divulguées, certaines informations doivent rester protégées.
a) Le danger de la médisance
La médisance, les cancans, les critiques et les potins détruisent les communautés : paroisses, familles, groupes, amitiés. Peu de personnes savent ne pas critiquer : c’est une vertu grande… et rare. L’Écriture insiste souvent sur ce point. Saint Jacques consacre plusieurs chapitres à la maîtrise de la langue, et on lit fréquemment ces textes (notamment pendant le Carême.)
Une critique violente peut être bien plus grave qu’une faute contre la pureté. Saint François de Sales écrivait : "Tu t’offusques des péchés de la chair, mais tu ne t’offusques pas de baleines encore plus grosses : les critiques, les médisances." Ces péchés polluent trois personnes à la fois :
Moi-même
Les oreilles de celui à qui je parle
La personne sur qui je parle
Saint Philippe Néri parlait à ce sujet de "potins assassins".
b) La comparaison : une source de jalousie
Après la résurrection, Pierre demande au sujet du disciple que Jésus aimait : "Et lui, que va-t-il devenir ?" Jésus lui répond : "Qu’importe ? Toi, suis-moi !" (Jn 21)
Autrement dit : cesse de te comparer, arrête de te mêler de la vie des autres. Ce n’est pas ton affaire. Comparer, jalouser, surveiller : ces habitudes minent le cœur. Pour avancer dans la charité, il faut développer une bonne estime de soi, fuir l’envie, la jalousie, l’amertume, parce que ces rouilles abîment la vie chrétienne de l’intérieur.
9e et 10e commandements
Un cœur qui critique devient peu à peu un cœur aigri. D’ailleurs, nous n’avons aucune envie de nous confier à quelqu’un qui critique sans cesse : s’il le fait devant nous, il le fera tout autant à notre propos devant d’autres personnes. Le pape rappelle qu’il existe des chrétiens bien éduqués en apparence, mais qui, au fond, restent méchants.
a) La mécanique de la critique
Tout commence souvent par une phrase polie, typique des gens bien éduqués : "Je ne veux dire du mal de personne, mais…" Et cela finit par écorcher le prochain, comme si l’on cherchait à diminuer l’autre pour se grandir soi-même. Commérer semble parfois de bon ton.
L’image du caramel l’illustre bien : on en prend un, puis un autre, jusqu’à avoir mal au ventre. De la même manière, on se gorge de ragots jusqu’à détruire quelqu’un. La médisance revient alors à donner une gifle à Jésus lui-même, à le maltraiter, à lui cracher au visage.
b) Cultiver la bonté
Le Seigneur nous invite donc à maîtriser notre langue et à développer une véritable estime pour les autres. Il s’agit d’éviter le « vernissage chrétien », c’est-à-dire une approche extérieure de la foi qui ne transforme pas le cœur et reste à la surface. Le pape François met en garde contre la mondanité, l’hypocrisie et le désir de bien se faire voir. Face au danger des richesses et de la vanité, il nous appelle plutôt à vivre la douceur et la bonté, car ce sont elles qui attirent véritablement les personnes vers Dieu.
III – En pratique
De quoi on ne se confesse pas ?
On ne se confesse pas de tendances ni de son tempérament. On ne dit pas "Je suis colérique". La question c’est : "ai-je piqué une colère ?" La question n'est pas d’abord quel tempérament me caractérise, mais quel acte j'ai posé ? Un péché est un acte volontaire, libre, où je me positionne résolument vers un mal, en pensée, en parole, par action ou omission. L'addiction à l'alcool par exemple, et l'envie de boire, n'est pas un péché. C'est le fruit de péchés antérieurs mais tant que l'on ne cède pas, cela reste une tentation.
Avant une confession, il faut demander la grâce d’aller « straight to the point », sans une multitude de chemins de traverse. Ne dites pas 10 phrases pour en dire une. Addiction à l’alcool, va avoir envie de boire, pas un péché ! Fruit de péchés antérieurs, mais en soi pas un péché. Bcp de saints que l’on ignore car bcp de gens qui luttent, tendances à mais ne cèdent pas. Tendance à l’alcool, cela peut être sa planche de salut. Luther pensait qu’une tentation était un péché. En réalité, la tentation n’est pas volontaire.
Il ne faut confesser ni des choses vagues ni des choses trop précises. "J’ai du mal avec les autres" : pas assez précis. On a tous du mal avec les autres ! "Comment est-ce que j’essaie de me comporter avec des personnes avec qui j’ai du mal ?" Pourquoi c'est important ? Car le Seigneur peut alors travailler en profondeur. Je reçois avec d’autant plus de fruits le sacrement de confession que l’Esprit de vérité a travaillé en moi. Cela dépend de mes dispositions !
Enfin, il faut dire un dernier mot sur le secret de la confession : il est absolu. Rien ni personne ne pourrait faire qu'un prêtre trahisse ce secret. Cela vaut aussi pour soi-même : d’une confession à l’autre, le prêtre ne peut pas non plus reprendre ce qui a été dit la dernière fois. Un prêtre n'a pas le droit non plus d’utiliser ce qu’il a entendu.
Quand vous avez fait vos aveux, le prêtre ne va pas commenter chaque péché. Il va vous donner une parole d’encouragement, une aide, un point à éclairer pour vous aider à avancer. Il terminera par vous proposer une pénitence pour réparer les dommages causés par les péchés et rétablir une manière de vivre propre aux disciples du Christ.
Traditionnellement, ce sacrement se reçoit à genoux (ce n'est pas une obligation, mais une proposition). Le Seigneur vient faire toutes choses nouvelles. Le pardon complet, et lorsqu'il est reçu, on ne remet pas la main à la charrue pour pécher à nouveau. On se relève et on repart, le cœur léger.