La détresse nous environne. Elle peut être physique, psychologique ou spirituelle. Face à elle, nous avons plusieurs choix : l'indifférence, la fuite ou la compassion.
La compassion est le fait de ressentir la douleur de l'autre et être poussé à y remédier. La compassion est un don, une grâce de Dieu qui nous est commune à tous, en tant qu’enfant de Dieu.
Dans la bible on a plusieurs modèles de compassion : le bon samaritain, le père du fils prodigue. Mais le modèle le plus parfait de la compassion est Jésus. Il a personnifié la compassion de Dieu en chair.
Jésus a été ému de compassion à plusieurs reprises et cela l'a amené à agir (Marc 6 verset 34, Luc 7 verset 13…). Il prend en compte la détresse de chaque individu de manière spécifique.
"Quand il sortit de la barque, Jésus vit une grande foule, et fut saisi de compassion pour eux, parce qu’ils étaient comme des brebis qui n’ont point de berger; et Il se mit à leur enseigner beaucoup de choses." Marc 6:34
Dans cet événement, nous pouvons saisir trois messages. Le premier est la compassion. Face à la foule qui le poursuit et — pour ainsi dire — «ne le laisse pas en paix», Jésus ne réagit pas avec irritation, il ne dit pas: «Ces gens me dérangent». Non, non. Mais il réagit avec un sentiment de compassion, parce qu’il sait qu’ils ne le cherchent pas par curiosité, mais par besoin. Mais attention: la compassion — ce que ressent Jésus — ne signifie pas simplement avoir pitié; c’est plus que cela! Cela signifie com-patir, c’est-à-dire s’identifier avec la souffrance des autres, au point de l’assumer. Jésus est comme cela: il souffre avec nous, il souffre pour nous, il souffre pour nous. Et le signe de cette compassion sont les nombreuses guérisons qu’il a accomplies. Jésus nous enseigne à placer les nécessités des pauvres avant les nôtres. Nos exigences, bien que légitimes, ne seront jamais aussi urgentes que celles des pauvres, qui n’ont pas le nécessaire pour vivre. Nous parlons souvent des pauvres. Mais quand nous parlons des pauvres, sentons-nous que cet homme, cette femme, ces enfants n’ont pas le nécessaire pour vivre? Qu’ils n’ont pas à manger, ils n’ont pas de quoi se vêtir, ils n’ont pas la possibilité d’acheter des médicaments... Que les enfants n’ont pas non plus la possibilité d’aller à l’école. C’est pourquoi nos exigences ne seront jamais aussi urgentes que celles des pauvres qui n’ont pas le nécessaire pour vivre.
La compassion véritable, à l’image de Jésus dans l’évangile, conduit vers une action. Il est impossible d’être ému de compassion et ne rien faire ou ne rien dire pour aider, pour soutenir celui qui est en détresse.
Face à une détresse matérielle, c'est pourvoir aux besoins de notre prochain, en lui fournissant ce dont il a besoin pour vivre (Jacques 2, 15-16). Renonçons à toujours donner une explication à la souffrance. Cela peut parfois, au contraire, attiser la douleur.
Face à de grandes détresses, l'action prend une toute autre forme. Elle consiste surtout à écouter activement, avec tout son être, la personne en souffrance. Lui offrir une présence entière et lui donner une pleine liberté d'exprimer sa peine, sans a priori, c'est respecter sa douleur. De ce fait, nous vivons de manière différente, les expériences douloureuses de la vie. C'est pour cette raison que comparer ou quantifier la souffrance de l'autre, ne nous appartient pas. Dieu nous appelle à consoler ceux qui sont abattus (1 Thess 5, 14) à apporter un soutien actif et efficace. Il nous rend capables pour cela, à travers notre propre expérience (2 co 1, 3-4). Notre rôle est de conduire ceux qui souffrent à établir, par la prière et l'obéissance, une relation plus profonde avec leur créateur. Ils y trouveront une nouvelle révélation de sa personne et de son amour, une consolation et une espérance vivifiante en lui (Job 42, 5).
Concrètement cette année, on vous propose de faire une démarche de compassion, dans le cadre d’Aimer et Servir.
C’est une mission de compassion. On choisit d’aimer et servir une personne en difficulté. On s’engage à prier pour elle tous les jours, la visiter une fois par mois au minimum et prendre de ses nouvelles régulièrement, lui rendre un service lors de leur visites, lui témoigner de l'Amour de Dieu.
Notre conversion permanente au travers de cette mission va nous amener non seulement à Aimer « en acte et en vérité » notre ami privilégié mais aussi nous faire progresser pour tous les autres. De cette relation de compassion singulière nous grandirons pour Aimer comme Jésus, tous nos frères et sœurs (notre prochain).
L’important est que cette relation soit personnelle, libre et fidèle.
Cette fidélité dans le temps à la même personne permet de connaître de nombreuses étapes humaines et spirituelles. Etapes de progression que nous ne connaîtrions pas si nous changions ou aidions « à la carte », quand on veut, qui on veut.
Il y aura de grandes joies, et aussi des difficultés, des échecs. Mais avec l’Esprit Saint, toute croix vécue a sa résurrection !
Et maintenant on vous propose de partir en mission. On va avoir un temps d’adoration et nous vous proposons de vous engager à Aimer et Servir une personne de votre entourage, proche, ou que vous connaissez moins bien.
Demandez à l’Esprit Saint de vous éclairer sur la personne à choisir ! Vous pouvez vous engager ce soir, sans avoir trouvé de personne aussi !
"Aimer & Servir" c'est vivre l'évangile avec les personnes qui souffrent.
Les missionnaires choisissent d'aimer et servir une personne en difficulté. Ils s'engagent à :
Prier pour elle tous les jours,
La visiter une fois par mois au minimum et prendre de ses nouvelles régulièrement,
Lui rendre un service lors de leurs visites,
Lui témoigner de l'Amour de Dieu.
Prier - Visiter - Servir - Témoigner