Récemment, j’écoutais un enseignement sur la miséricorde. Il y a une phrase de l’enseignant, qui m’a particulièrement frappé. « La miséricorde, c’est la limite que Dieu impose au mal. » Elle est en fait de Saint Jean-Paul II. Cette année, le pape François nous a invités à vivre une année de la miséricorde. Je crois que cette phrase résume à peu près tout… En tout cas c’est ce dont on va parler ce soir. On va essayer de comprendre ensemble ce que veut dire la miséricorde de Dieu pour nous et comment nous pouvons la vivre au quotidien. On va faire ça en deux étapes, d’abord en essayant de comprendre quel est le mal sur lequel la miséricorde de Dieu agit, et ensuite en voyant comment elle nous rejoint dans ce mal. « La miséricorde, c’est la limite que Dieu impose au mal ».
La première étape, c’est sans doute de comprendre pourquoi nous avons besoin de la miséricorde de Dieu, c’est donc ce avec quoi on va commencer. Et la première chose dont nous avons besoin d’être sauvés, c’est notre péché. Pourquoi être sauvés du péché ?
Le gros problème du mal que nous commettons, c’est qu’il ne nous laisse pas indemne. Il nous abime, il nous casse de l’intérieur (sans parler des dégâts sur les autres). Il endommage, il blesse notre capacité à aimer d’un amour authentique. La Bible nous en donne un exemple flagrant avec Adam et Eve. Que font-ils après avoir mangé du fruit de l’arbre défendu ? Ils se cachent l’un aux yeux de l’autre. Adam réalise qu’il peut utiliser Eve, en particulier dans son corps et sa sexualité pour une fin tournée vers lui-même, son propre plaisir, sa propre satisfaction. De même Eve. Ils veulent alors se protéger d’être utilisé par l’autre de la même façon et se cachent. Cela nous montre comment le péché a abimé Adam dans sa capacité à aimer Eve, et a abimé Eve dans sa capacité à aimer Adam. C’est pareil pour nous. Et ce ne sont pas juste des paroles en l’air, c’est très incarné. Lorsque nous critiquons quelqu’un dans une discussion anodine au bar d’étage. Oh pas bien méchamment ! Mais bon quand même on peut le dire, il est un peu bizarre. Et puis d’ailleurs la dernière fois en cours de sport… On a tous connu ce genre de conversation. Arrêtez-vous quelques instants et demandez-vous l’impact que ça a eu lorsque vous avez revu cette personne ensuite. Est-ce que ça vous a aidé à porter sur elle un regard qui accepte et aime l’autre tel qu’il est. On a tous la même réponse évidente : non. On fait tous l’expérience que notre péché nous blesse dans notre capacité à aimer.
Le deuxième gros problème du mal, c’est que plus je le fais, plus je le fais. C’est le vice, le contraire de la vertu. On s’installe dans le mal, et plus on y est installé, plus c’est difficile d’en sortir… Un prêtre racontait une petite histoire pour faire comprendre ça. Un jour il prend le bus, mais au moment de composter se rend compte qu’il n’a pas de billet dans son portefeuille et pas un rond sur lui. Il se sent super mal, il se cache dans un coin, passe un super mauvais trajet. Le lendemain, il reprend le même bus, avec le même portefeuille vide… Même histoire. Au bout de quatre jours comme ça, finalement il ne se sent plus si mal. Et à la fin de la semaine ça ne lui pose plus aucun problème ! Ce prêtre terminait son histoire en disant que réalisant son erreur il avait acheté un carnet entier et l’avait jeté à la poubelle pour compenser. Qui n’a pas fait la même expérience dans le train ou le bus ? On s’habitue au mal, il nous devient de plus en plus difficile de le voir, et de plus en plus difficile d’y renoncer. La Samaritaine dans l’Evangile illustre très bien ce point ainsi que le précédent : elle a eu 7 maris. En langage biblique : beaucoup de maris. Plus on s’installe dans le mal, plus on a du mal à en sortir… Ça marche aussi pour nous ! On peut reprendre l’exemple de la critique. Plus on a pris l’habitude de lâcher une petite phrase anodine, plus c’est difficile de se retenir la fois d’après. On peut prendre un autre exemple qui marche très bien : la chasteté du regard, surtout les mecs. On sait tous que plus on se laisse aller dans notre regard sur les filles, plus c’est dur de revenir à un regard juste et chaste. Idem pour le mensonge, ou pour la paresse, etc, etc…
En résumé, le mal que nous faisons nous renferme sur nous-mêmes, il nous abime profondément en nous empêchant d’aimer les autres. C’est pour cela que tant de « grands pécheurs » se tournent vers Jésus et le suivent. Ils sentent bien, comme nous d’ailleurs, qu’ils sont vraiment pauvres, abimés, et qu’ils ont besoin de Jésus pour les sortir de là.
Bon le problème de la Bible, de la femme adultère, de la Samaritaine, de Judas ou de Zachée c’est que parfois on peut avoir l’impression que si on n’a tué personne et qu’on n’a pas couché avec dix personnes différentes, finalement « ça va ». On n’est pas trop mal quoi. On a essayé de montrer comment nous sommes tous atteints par le péché avec des exemples de notre vie concrète. Il faudrait aller un peu plus loin. La deuxième chose dont nous avons besoin d’être sauvés, c’est le péché originel. Je veux dire par là : notre incapacité à aimer d’un amour parfait et divin.
Je vous replace un peu le cadre du contrat. C’est dans le discours sur la montagne de Matthieu 5. « Quiconque se fâche contre son frère et lui dit « crétin » en répondra dans la géhenne de feu ». Si on a déjà insulté quelqu’un ne serait-ce qu’en lui disant « imbécile », on n’est pas la hauteur. De même on ne parle pas d’adultère, mais simplement de regarder une femme d’un regard qui désire. En fait si on ne reste pas patient et plein d’amour avec ceux qui nous énervent, nous insultent ou simplement sont désagréables, si on n’aime pas d’un amour qui ne juge jamais, qui donne tout en secret, qui endure tout, supporte tout et est prêt à mourir pour ceux qu’il aime, on n’est pas à la hauteur. Le Bible conclut tout ça par un « je vomis les tièdes » bien senti. Ça replace un peu les choses. L’exigence, c’est l’amour parfait et divin et rien de moins ! Ca vous parait hors d’atteinte ? Même Jésus confirme : « Pour les hommes c’est impossible ».
Le grand lieu de notre misère c’est notre péché, et c’est notre incapacité à aimer parfaitement. Quand bien même on serait « pas bien méchants », quand bien même on ne commettrait « pas trop de péchés », je pense qu’on éprouve tous qu’on n’arrive pas à aimer totalement. Aimer parfaitement, ça veut dire être capable de tout à fait se détourner de soi pour aimer en toute chose le gars à côté de moi, même s’il me soule, même si je m’impatiente, même si cela me coûte. Aimer le gars à côté de moi comme Jésus l’aurait aimé s’il était à ma place.
Ce dont on a besoin d’être sauvés, c’est de nos mesquineries de tous les jours. De notre « petite » vie. On a besoin d’être tirés de cette médiocrité, de ce manque de perfection dans l’amour, dans la confiance en Dieu. Cela veut dire commencer par reconnaître à quel point nous sommes loin de cet amour.
Réaliser notre petitesse et notre pauvreté, c’est apprendre l’humilité. L’humilité, ce n’est pas se répéter à longueur de journée qu’on est un moins que rien ! Ça ne serait pas très sain. Beaucoup plus simplement être humble c’est se reconnaître tel que l’on est. Le problème c’est que nous on a tendance à être très orgueilleux et à se vouloir bien plus fort qu’on ne l’est… Devant notre propre misère et l’amour de Dieu pour nous, on a généralement deux types de réactions.
La première, c’est de vouloir mériter l’amour de Dieu. Essayer d’être fort, de réussir à la force du poignet pour que Dieu nous aime. En faisant cela, on refuse de croire que Dieu nous aime comme nous sommes… Alors que nous on le refuse. On voudrait être mieux, on n’accepte pas de n’être « que » ce que nous sommes. La deuxième c’est de nous laisser abattre par notre péché. Soit on refuse de le voir, on s’absout nous-mêmes pour pouvoir rester un gars bien et fort… Soit on se laisse complètement écraser par lui. On se condamne soi-même, on se trouve nul, indigne de l’amour de Dieu etc. C’est une autre façon de se vouloir mieux que nous ne sommes.
Il faut remettre chaque chose à sa juste place. Nous-mêmes, et notre péché. Nous-mêmes parce que nous reconnaissons notre pauvreté. Tout seul on n’y arrive pas. On l’expérimente quand on fait le mal, chaque fois qu’on n’arrive pas à aimer parfaitement. Il s’agit d’accepter cette phrase de Jésus : « Hors de moi vous ne pouvez rien ». Nous sommes complètement dépendants de Dieu pour notre vie entière, pour apprendre à aimer, pour aller vers la vie. Si lui ne vient pas vers nous, on n’y arrive pas tout seul. Apprendre cette dépendance, c’est tout l’enjeu de notre relation avec Dieu. C’est pour cela qu’il nous faut éprouver notre condition, nos petites misères du quotidien pour découvrir l’humilité. Je connais un prêtre qui aime bien répéter « on n’apprend pas l’humilité, on est mis dans l’humilité ».
Notre péché ensuite. Il est moche, il est dégueulasse. On comprend qu’on en ait honte. Mais il n’est pas nous. Aussi grave soit-il, il ne nous définit pas, il n’est « que » notre péché. Il faut à la fois savoir le voir en toute honnêteté et ne pas se laisser écraser par lui. Nous ne nous réduisons pas à lui, car malgré lui Dieu nous aime et nous sommes capables d’aimer. Je vous donne une image qui m’a beaucoup aidé pour comprendre cela. Elle est d’un certain Christopher West qui disait « il ne faut jamais regarder notre péché sans tenir d’une main Marie et de l’autre Jésus ». Si on se met tout seul face à notre tas de fumier on se sent forcément écrasé. Si on garde avec nous l’amour de Dieu, alors on peut le regarder pour ce qu’il est. Un tas de fumier moche et puant, mais « seulement » un tas de fumier.
Je voudrais finir sur une phrase des Psaumes. Elle résume tout. Si on la comprend, je pense qu’on a tout compris. Ça peut être la seule chose à retenir ce soir ! Il s’agit du Psaume 50 : « Le sacrifice qui plait à Dieu c’est un cœur brisé et broyé ». Ce verset peut nous choquer, nous déranger, paraître inacceptable. Dieu est un sadique ! Comprenons bien. Dieu ne nous demande pas de nous mutiler, il ne se réjouit pas de nous souffrance. Mais le fait est que nous sommes mutilés. On est vraiment cassés, et plus l’on découvre la hauteur de l’exigence de l’Amour plus on s’en rend compte… Notre cœur est brisé et broyé. Ce que Dieu nous demande, c’est de lui offrir, de lui présenter cela. De le laisser entrer là. Quand on se sent fort on se passe de Dieu. C’est quand on se sent vulnérables et faibles qu’il y a de la place pour lui. J’aime vraiment beaucoup cette phrase, je pense qu’elle résume tout. A la fois notre propre petitesse et le fait que tout ne s’arrête pas là, puisque Dieu nous y attend ! C’est là qu’intervient la miséricorde…
L’important en effet c’est que tout ne s’arrête pas là ! C’est que la miséricorde de Dieu vient nous chercher. Jésus insiste énormément dessus dans tout l’évangile. C’est dans notre misère qu’il est venu nous chercher : « C’est la miséricorde que je veux, car je suis venu appeler, non pas les justes, mais les pécheurs". » (Mt9,12) On pense à nouveau à la Samaritaine, à la femme adultère, à tous ceux à qui Jésus vient montrer son amour au cœur de leur détresse. Il y a une phrase très forte de Jésus à Sainte Marguerite-Marie, sainte à qui il est apparu : « Je t’aime à cause de ton ignominie ». Vous voyez Jésus ne fait pas dans la dentelle quand il parle du péché ! Mais c’est là qu’il révèle son amour.
Pourquoi avoir tant parlé du mal et du péché avant ? Parce que si nous ne voyons pas le mal dans notre vie nous ne savons pas que nous avons besoin d’être sauvés et surtout nous n’avons aucun endroit où nous pouvons laisser Jésus rentrer ! C’est le sens de la phrase de Saint Paul « C’est quand je suis faible que je suis fort ». C’est là où je suis petit que Dieu vient me chercher. Le sommet de cela c’est la Croix. Du plus grand mal du monde, de la pire horreur Dieu tire le plus grand bien du monde : le Salut et la Résurrection.
En fait la grandeur de notre foi, c’est que Dieu nous aime malgré notre petitesse et qu’il se sert d’elle pour nous attirer à lui. Comment pouvons-nous apprendre à lui faire confiance si nous ne voyons pas qu’on ne peut compter que sur lui ? Comment apprendre à l’aimer si nous ne voyons pas tout ce qu’il fait pour nous ? Comment apprendre à pardonner si nous ne sommes pas nous-mêmes pardonnés ?
Au lieu de seulement me lamenter devant ma pauvreté, je peux la confier à Dieu non seulement pour qu’il me guérisse mais pour qu’il puisse rentrer dans ma vie par là.
Vous vous rendez compte du cadeau que le Seigneur nous fait ? Il désire que nous revenions à Lui, et comme pour le fils prodigue il nous attend à bras ouverts, il guette notre arrivée, il va nous rechercher comme la brebis perdue… Et s’il nous attend, c’est pour se réjouir avec nous, c’est pour effacer tous nos péchés. Nous avons cette énorme chance d’avoir ce sacrement que l’Eglise nous propose, le sacrement de réconciliation, pendant lequel Dieu nous remet à neuf, il nous donne pleinement sa miséricorde.
Nous l’avons expliqué dans la première partie, nous nous habituons au péché, nous enfermons dans celui-ci, et parfois nous ne le voyons même plus.
La confession nous permet ce double mouvement de faire la vérité sur notre péché dans la mesure du possible, mais surtout d’en être libéré ! Nous le savons bien, cela ne signifie pas que ça nous empêche de le refaire (nos habitudes, notre environnement ne va pas forcément changer pour autant), mais la trace que ce péché a fait en nous est effacé.
Le Pape François nous dit : « Le Seigneur ne se lasse jamais de pardonner, c’est nous qui nous lassons de nous tourner vers Lui »
Oui comme tout le monde ça me stresse d’aller me confesser, d’aller dire mes péchés à quelqu’un. Oui comme tout le monde j’ai l’impression de dire à chaque fois la même chose. Mais vous vous rendez compte si on disait à chaque fois des trucs différents, ça serait grave, non ? Tout ça c’est des fausses bonnes raisons, et le Seigneur nous attend pour nous donner tellement plus ! Il nous attend !
Concrètement avant Pâques il faut y aller, et nous avons la chance de pouvoir y aller lundi soir prochain.
Et ensuite il faut continuer sur sa lancée, un bon repère c’est tous les mois … Pour certains ça paraîtra exorbitant, mais je vous assure, plus on y va et plus c’est facile, plus on fait la vérité sur notre vie et plus on se rend compte de l’effet que ça a, notamment sur notre prière. En plus on a la chance d’avoir le père Nicolas qui est là pour nous très souvent, profitons-en !
Je dois faire cet effort de contempler la miséricorde de Dieu dans ma vie : C’est là que je prends conscience de ma faiblesse, du fait qu’il m’a tout donné, que ce que je suis maintenant est dû au fait qu’il s’est penché vers moi.
Regardons le Magnificat, Marie exulte de joie pour cet acte de miséricorde de Dieu qui lui fait grâce. Ce n’est pas parce qu’elle a été pardonné puisqu’elle n’a pas péché, mais c’est parce qu’elle reconnaît que Dieu « s’est penché sur son humble servante » dans sa grande miséricorde.
L’exemple de Marie-Madeleine est tout à fait caractéristique : elle n’est pas pardonnée parce qu’elle a fait des actes envers Jésus en versant du parfum sur ses pieds, mais c’est parce qu’elle est pardonnée qu’elle rend grâce et qu’elle prend conscience de cette miséricorde de Dieu.
Cette miséricorde de Dieu dont nous devons prendre conscience n’a pas toujours été une évidence, loin de là, et les juifs ont mis du temps avant de comprendre que Dieu était infiniment miséricordieux. De manière pédagogique, le Seigneur s’est révélé progressivement à son peuple en montrant quel point il était différent des « autres dieux », et cette histoire du peuple hébreu peut nous aider à comprendre notre propre histoire sainte et la manière dont Dieu s’y prend avec nous.
Dieu commence d’abord par montrer qu’il est proche et qu’il s’intéresse à son peuple. Exode 3 : Dieu dit à Moïse « j’ai entendu la misère de mon peuple » et juste après « je suis descendu pour le délivrer du pouvoir des égyptiens » Dieu se fait proche, s’abaisse Lui qui est si grand.
Bien sûr on a encore cette idée du Dieu qui punit sur trois ou quatre générations (Ex 34 7) mais quand il fait grâce, c’est sur mille générations (même verset). Le peuple prend conscience de la disproportion entre l’infinie miséricorde de Dieu qui dépasse toute chose et l’image du Dieu qui sanctionne.
Souvent nous-mêmes on a du mal à concilier que Dieu soit juste et que Dieu soit miséricordieux. C’est le même problème que pour le pécheur et le péché. Dieu nous demande d’haïr le péché mais d’aimer le pécheur. Souvent on a du mal à distinguer et on haït le pécheur avec le péché ou on aime le péché avec le pécheur. Or il nous faut bien rejeter le mal sans aucune concession et le combattre comme tel (Dieu juste), tout en aimant l’homme inconditionnellement (Dieu miséricordieux).
Il se rend compte que Dieu vient les rechercher quand ils ont désobéi, qu’il est fidèle alors qu’eux sont infidèles. Le peuple ne cesse de se détourner de Dieu, d’aller vers les idoles, mais Dieu ne se lasse pas de les voir revenir et d’envoyer des prophètes pour les faire avancer vers Lui. C’est toute l’histoire de l’Ancien Testament qui est là ! S’il y a un message que les juifs veulent faire passer dans la Bible c’est « Regardez, Dieu est toujours revenu nous chercher quoi qu’on ait fait ! Encore et encore, Dieu a été fidèle et plein d’amour pour nous ! ».
Puis dans le Nouveau Testament, la miséricorde de Dieu s’incarne en Jésus. On a dit que la miséricorde c’était l’amour de Dieu qui venait nous chercher dans notre petitesse. Eh bien en Jésus il le fait. Concrètement il vient rejoindre les pécheurs jusqu’à les prendre dans ses bras. Il est la miséricorde. Le signe ultime de cette miséricorde c’est la Croix. Dieu qui aime et pardonne jusqu’au bout. D’ailleurs Dieu n’avait pas besoin de passer par là pour nous sauver. S’il l’a fait, c’est pour pouvoir nous témoigner de son amour ultimement. C’est quasiment la raison d’être de la Croix : témoigner encore plus d’amour.
Cette miséricorde de Dieu est notre plus grand message et il doit nous réjouir ! Nous devons être chaque jour reconnaissants envers le Père qui vient nous chercher et nous sauver, et avoir ce désir de l’annoncer !
Le premier point c’est d’être soi-même miséricordieux. Vous vous souvenez de la parabole du mec qui doit beaucoup d’argent à son maître (le débiteur impitoyable) ? C’est monstrueux, il doit une fortune … Le maître devrait l’envoyer en prison, le débiteur se fait tout petit et lui demande un délai (il veut lui-même faire son propre salut). Son maître lui remet sa dette, et lui en sortant se jette sur un compagnon qui lui doit une broutille, ne lui accorde pas de délai et le jette en prison ! Si nous avons conscience de l’infinie miséricorde de Dieu pour nous, nous nous devons d’avoir cette même démarche de miséricorde pour les autres.
Ce ne sont pas nos actes qui induisent la miséricorde, c’est la miséricorde de Dieu qui est à l’origine de nos actes. C’est hyper important de se rendre compte que nous ne gagnons pas notre Salut par nous-même, nous le recevons de Dieu et c’est ce qui nous fait aller vers les autres. (cf exemple de Marie-Madeleine)
Nous devons prendre exemple sur le Christ : la Samaritaine, trois points importants pour exercer la miséricorde : avoir besoin de l'autre et l'exprimer ("donne-moi à boire"), aider l'autre à faire la vérité (qu'il en prenne conscience par lui-même), proposer le Christ. Mais c'est vrai pour nous aussi, pas que pour les autres.