Suscite beaucoup de questions en général.
Dans "La joie de l'Evangile", François parle de la joie de connaître le Christ et de l'annoncer. Qu'est-ce qui précède cette exhortation ? En 2010 Benoit XVI crée un dichastere sur la nouvelle évangélisation dans les pays d'ancienne tradition chrétienne. Il donne lieu à un synode en 2012 pour synthétiser. Il y a un réquisitoire assez sévère d'un cardinal américain de Washington qui parle d'un tsunami séculier dans le monde occidental qui emporte tout sur son passage : repères, valeurs, sens, ... Il est important d'avoir un regard juste sur notre monde et en même temps il faut lutter contre la désespérance. On peut facilement s'engluer dans un regard noir sur le monde. Certes un regard objectif, mais d'espérance et de foi. François reprend très sévèrement les chrétiens découragés. Premier risque : sombrer dans la désespérance.
Deuxième point l'humilité. Luc 10;1-9 sur la mission des 72. "La moisson est abondante mais les ouvriers sont peu nombreux." Cela nous renvoie à une grande humilité : ce n'est pas à nous de semer ! Nous devons simplement moissonner, nous sommes des révélateurs. Restons donc humbles.
Le message final du synode affirme que la grande déchristianisation doit être vue comme un grand défi, une opportunité d'évangéliser.
"Allez donc de toutes les nations faites des disciples" "annoncer l'évangile est une nécessité qui m'incombe" en fait annoncer le Christ c'est une grande joie à découvrir. Et puis nous sommes envoyés par l'Eglise. Paul VI dit que c'est le devoir qui incombe à l'église. L'annonce du Christ n'est pas un service que l'on choisit. C'est un mission que l'on reçoit avec le baptême. Aux JMJ le pape François nous a relancé. Benoit XVI rappelle qu'être évangélisateur c'est une obligation du croyant. En fait avec la question de l'évangélisation se pose la question "Qui est le Christ pour moi ?".
Par le témoignage de vie et par l'annonce explicite. Paul VI dans Evangelii annunciadi redit que la première étape de l'évangélisation c'est de vivre profondément de ce que l'on dit. On a parfois tendance à accuser. Mais en fait il faut se renvoyer à nous mêmes ! Comment est-ce que je vis la foi ? Est-ce que je coche les cases en appliquant les préceptes ou est-ce que ça prend toute notre vie ? Est-ce que ça va au-delà des pratiques sociales en fait. Souvent Jésus se déplace et les foules le suivent. Lui il est source d'attraction ! Est-ce que moi c'est pareil ? Est-ce que je suis disciple du Christ ? Celui que j'annonce, est-ce que je crois qu'il m'a sauvé ? Déjà Jésus dit aux pharisiens qu'ils disent mais ne font pas. Notre lieu de vie familiale ou pro peut être un témoignage de vie. Qu'est-ce qui transparaît ? Notre façon de vivre peut être un témoignage auprès les autres. En même temps il ne suffit pas... L'église nous demande d'aller jusqu'à une annonce explicite.
Paul VI dit "la bonne nouvelle proclame par le témoignage de vie devra être tôt ou tard proclamée par les paroles." On sait qu'on doit aller jusque là.
Premier obstacle : Est-ce que c'est une entrave à la liberté ? "Chacun selon sa vérité" on se dit que je n'ai pas le droit d'annoncer sinon je fais le prosélytisme. Mais la on parle bien de simplement transmettre et annoncer ce qu'on a reçu. "On ne m'a pas chargé de vous le faire croire, on m'a chargé de vous le dire". Et Benoit XVI redit que 'L'Eglise propose mais n'impose rien [...] elle s'arrête devant l'autel de la conscience". On coupe court au prosélytisme. "L'incorporation de nouveaux membres à l'église n'est pas l'extension d'un réseau de puissance mais l'entrée dans le réseau d'amis du Christ" (note apostolique approuvée par Benoit XVI). Le chemin de chacun ne nous appartient tellement pas qu'on n'a pas à s'approprier la conversion de l'autre ! C'est un vrai danger d'enorgueillissement. Il faut rester détaché.
Deuxième obstacle : la trouille. C'est souvent nous-mêmes le premier obstacle. Le seul remède c'est l'audace.
C'est sous-jacent à tout le reste. On le peut pas évangéliser sans demander la grâce d'aimer celui qui est en face. N'oublions pas que celui qu'on annonce n'est qu'amour ! C'est essentiel. On n'est pas la pour placer notre marchandise mais pour désirer le bonheur pour cette personne. On n'est pas des commerciaux de Dieu mais des amoureux de l'humanité. De même il ne faut pas s'arrêter sous prétexte qu'on ne sait pas ! C'est l'amour qui peut tout. Il n'y a que Dieu qui peut toucher une âme. Jésus n'a exclu personne : soyons comme lui.
"Le monde a besoin de personne qui parlent à Dieu pour pouvoir parler de Dieu" (Benoit XVI)