Enseignement donné dans le cadre de la Communauté de l'Emmanuel.
Faire vivre une expérience (fermer les yeux, vous êtes un disciple du Christ, passé 3 ans avec lui, passion, mort et résurrection, 40 jours avec Lui, attente de ses derniers mots (rapporté par un témoin oculaire : « Jésus s'approcha d'eux et leur dit : … »).
Le testament spirituel de Jésus, ses dernières paroles sur Terre (Mt 28, 18-20) : « Jésus s’approcha d’eux et leur adressa ces paroles : « Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre. Allez ! De toutes les nations faites des disciples : baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, apprenez-leur à observer tout ce que je vous ai commandé. Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. »
Trois éléments : une demande (invitation/appel), une attitude, deux promesses :
Attitude : Jésus s'approche d'eux pour leur dire ces paroles. Cet appel pressant s'entend dans une proximité, une relation avec le Christ.
Un appel : Faire des disciples, c'est à dire faire connaître notre maître, pour que toutes les nations puissent le suivre et être sauvées par Lui
Deux promesses : En suivant cet appel, j'expérimente que : le Christ a tout pouvoir au Ciel et sur la Terre, et qu'il est avec nous tous les jours jusqu'à la fin du monde.
Suivre les dernières paroles du Christ qui dessinent 3 temps dans l'articulation de l'union à Dieu et la mission :
Ma vie est une mission : « Allez ! De toutes les nations faites des disciples … »
Elle est un débordement de mon union à Dieu : « Jésus s'approcha d'eux »
Elle nourrit mon union à Dieu : « Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre » et « moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde »
Toute la vie du Christ, de l'Incarnation à l'ascension, en passant par l'offrande de sa vie sur la croix, m'enseigne que ma vie est faite pour être donnée. Il n'y a pas un seul moment de la vie de Jésus qui n'est pas donné par amour pour les autres. C'est ce que Jésus nous enseigne en Jn 15, 13 : « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime ». En cela, Jésus nous révèle le sens profond de notre existence, autrement dit notre nature, ce que Dieu a inscrit au plus profond de notre cœur.
Gaudium et Spes 24 §3 : « l’homme, seule créature sur terre que Dieu a voulue pour elle-même, ne peut pleinement se trouver que par le don désintéressé de lui-même ».
C'est à dire que je suis pleinement humain, pleinement moi-même à partir du moment où je me donne à Dieu et aux autres.
→ Ex : je suis marqué comment des personnes en grande souffrance, retrouvent goût à la vie, arrivent à s'accueillir et s'aimer, à travers une expérience de don d'eux même (dépression : visite personnes âgées, l'Arche). Crise du genre : servir les pauvres. Le Christ nous guérit quand nous nous donnons, il nous montre que nous avons du prix, que nous sommes utiles, et que nous sommes aimables.
Cette vocation fondamentale au don est une bonne nouvelle (un évangile), car elle nous donne la joie, elle nous rend heureux, elle est véritablement le chemin du bonheur. Testament spirituel de Paul qui quitte Ephèse et se dirige vers Jérusalem où il sait qu'il sera enchaîné et jugé à Rom. Après toutes les détresses, les persécutions, et les échecs auxquels il a été confronté, voici les derniers mots qu'il livre à ses disciples : « En toutes choses, je vous ai montré qu’en se donnant ainsi de la peine, il faut secourir les faibles et se souvenir des paroles du Seigneur Jésus, car lui-même a dit : Il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir » (Ac 20, 35).
Critère de relecture d'une journée sous l'angle du don : Comment est-ce que je me suis donné aujourd'hui, pour qui (intention dans le don) ? Et quels lieux où j'aurais pu me donner mais je ne l'ai pas fait (péché par omission) ?
On est tous appelés à nous donner, mais cet appel prend une coloration particulière pour le chrétien. Par le baptême je suis renouvelé dans le Christ et je reçois l'onction de l'Esprit Saint, je deviens alors consacré à Dieu. En « revêtant le Christ » et en devenant la « demeure de l'Esprit Saint » je suis établi prêtre, prophète et roi ! Ce ne sont pas des mots pour faire joli, c'est la réalité profonde de la vie du baptisé, de notre vie. C'est constitutif de ma personne, cela me définit, et toute ma vie est imbibée de cette réalité.
Cette triple réalité est est à la fois un magnifique don que Dieu me fait et à la fois un appel, une mission qu’Il me confie.
En me faisant prêtre, il me donne la capacité et m’invite à m’offrir à Lui et à lui offrir le monde (ceux qui ne Le connaissent pas, ceux qui souffrent, dans ma prière je peux lui présenter telle ou telle personne, comme le prêtre sur l'autel de l'eucharistie).
En me faisant prophète, il me donne la capacité et m’invite à agir et parler en son nom (à être signe de foi, d'espérance et de charité dans ma famille, mon lieu de travail, ma paroisse, à poser des actes prophétiques, à proclamer la Parole de Dieu).
En me faisant roi, il me donne la capacité et m’invite à gouverner, c'est-à-dire à servir mes frères et soeurs en humanité (à ordonner les biens de la créations en vue de tous, en vue du Ciel, et à la suite de notre maître, à laver les pieds de mes frères).
Ces 3 dimensions du baptême sont par-faites par le sacrement de la confirmation où je reçois « une force spéciale de l'Esprit Saint pour répandre et défendre la foi par la parole et par l'action en vrais témoins du Christ » (CEC 1303). Nous qui sommes confirmés, nous avons reçu cette force pour « répandre et défendre la foi », n'ayons pas peur ! Et l'Effusion de l'Esprit Saint, qui est cette réactualisation de la grâce du baptême et de la confirmation nous pousse à cela.
Devenir chrétien, c'est à la fois recevoir le salut du Christ, en étant incorporé à l'Église qui est son Corps, mais aussi recevoir sa mission. Cette mission apparaît clairement dans la dernière demande de Jésus sur Terre : « Allez ! De toutes les nations faites des disciples : baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit ». C'est cela qui doit nous brûler, ce désir pressant que l'Évangile se répande, et que tout homme puisse devenir disciple du Christ.
C'est la vocation de l'Église [1] Lumen Gentium 17 : : « l’Église unit prière et travail pour que le monde entier dans tout son être soit transformé en Peuple de Dieu, en Corps du Seigneur et temple du Saint-Esprit, et que soient rendus dans le Christ, chef de tous, au Créateur et Père de l’univers, tout honneur et toute gloire ». Amen !
Et c'est clairement la vocation de l'Emmanuel : dans Appelés dans l'Emmanuel, Thème 2 - Pourquoi la Communauté (p.49) : « Dieu n'appelle jamais quelqu'un dans une communauté seulement pour sa sainteté personnelle. L'appel communautaire est toujours lié à l'évangélisation. À chaque époque de l'histoire des hommes, Dieu suscite des communautés pour annoncer son Nom, pour évangéliser. La grâce communautaire est donnée pour évangéliser le monde ».
Intéressant de prendre un temps avec le Seigneur pour voir comment la dimension sacerdotale, prophétique et royale de mon baptême s'exprime concrètement dans ma vie, et comment je vis le don et la mission reçus à la Confirmation.
Reprise 1 et 2 avec le Pape François. Evangelii Gaudium 10 : « Quand l’Église appelle à l’engagement évangélisateur, elle ne fait rien d’autre que d’indiquer aux chrétiens le vrai dynamisme de la réalisation personnelle : Nous découvrons ainsi une autre loi profonde de la réalité : que la vie s’obtient et se mûrit dans la mesure où elle est livrée pour donner la vie aux autres. C’est cela finalement la mission »
La mission fait partie intégrante de la vie et de l’amitié avec Jésus, c’est un mode de vie de tous les jours : Ma vie est une mission ! C'est notamment l'enseignement de Thérèse de l'Enfant Jésus, qui comprend que toutes les réalités de son quotidien peuvent servir à faire grandir le Royaume des Cieux. Elle qui voulait pour Jésus être missionnaire dans tous les temps et à tous les endroits à la fois, elle comprend qu'elle peut vivre cela à travers l'amour : « Je compris que l’Amour seul faisait agir les membres de l’Église, que si l’Amour venait à s’éteindre, les Apôtres n’annonceraient plus l’Évangile, les Martyrs refuseraient de verser leur sang… Je compris que l’amour renfermait toutes les vocations. […] Alors, […] je me suis écriée : Ô Jésus, mon Amour… ma vocation, enfin je l’ai trouvée, ma vocation, c’est l’amour ! ». Elle nous dit que l'on peut tout offrir par amour pour le salut des pécheurs : l'épingle que je ramasse, le lit que je fais le matin, le sourire à mes collègues, le sacrifice de ne pas consulter mon téléphone, etc… C'est en cela que Thérèse est patronne des missions (ex : Panzini). Même sans l'usage de la parole, toute ma vie peut être une offrande pour la mission, et cela porte beaucoup de fruits ! Je suis sûr qu'au Ciel nous serons émerveillés de voir le poids des actes d'offrandes, des lieux où nous avons été unis à la Croix du Christ, et de nos prières, dans notre propre conversion et dans celle des autres.
Dans la mission il y a donc toutes ces offrandes cachées, ces sacrifices qui relèvent de notre sacerdoce commun, ainsi que toutes les prières, toutes les personnes que nous présentons à Dieu par amour, le meilleur exemple de cette fécondité cachée c'est Marie. (Ex : touché par la liturgie des heures qui porte le monde).
Puis il y a le témoignage de notre vie, au combien important, à refléter le Christ. À être véritablement prophète, et pour être prophète dans son pays, il s'agit souvent de témoigner du Christ par l'action. Ce qui touche nos proches c’est le témoignage de notre foi, de notre espérance et de notre charité. Ex : « En te voyant, j’y crois de plus en plus » + St François de Sales : conversion par sa douceur (protestant gâteau vs. jeûne eucharistique).
Est-ce que cela est suffisant ? Pouvons nous dire comme Paul Claudel: « Ne parle du Christ que si on te le demande, mais vis de telle manière qu’on te le demande ! » Est ce qu'on vous a déjà dit à la sortie de la messe : « vu ta tête tu dois vraiment croire en Dieu, parle moi de Lui ». Paul VI, Evangelii Nuntiandi N°22 : « Le plus beau témoignage (de vie) se révélera à la longue impuissant s’il n’est pas éclairé, explicité par une annonce claire, sans équivoque, du Seigneur Jésus. La Bonne Nouvelle proclamée par le témoignage de vie devra donc être tôt ou tard proclamée par la parole de vie. Il n’y a pas d’évangélisation vraie si le nom, l’enseignement, la vie, les promesses, le Règne, le mystère de Jésus de Nazareth Fils de Dieu ne sont pas annoncés ».
Rm 10, 13-14 : « Quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé. Or, comment l’invoquer, si on n’a pas mis sa foi en lui ? Comment mettre sa foi en lui, si on ne l’a pas entendu ? Comment entendre si personne ne proclame ? Et comment croire sans d’abord l’entendre ? Et comment entendre sans quelqu’un qui proclame ? »
Oui, frères et sœurs, le Seigneur nous demande de témoigner explicitement de tout ce qu'il a fait pour nous : « apprenez-leur à observer tout ce que je vous ai commandé ». Le terme utilisé en grec pour « commandé » dans ce verset c'est ἐντέλλω, préposition ἐν = vers et τέλέω = accomplissement. Ces commandements, ce que nous avons à accomplir, s'enracinent dans ce que le Christ a accompli pour nous, c'est une réponse à ce Jésus a fait pour nous. Et c'est cela dont nous avons à être les témoins, car suivre les commandements de Dieu sans avoir accueilli la Bonne Nouvelle de l'Évangile c'est si difficile et desséchant. Ce témoignage des disciples du Christ est l'économie du salut que Dieu a voulu pour l'humanité, comme le dit Léon XIII [2] : « C'est par l'homme que l'homme doit connaître le chemin du salut ».
J'aime beaucoup l'annonce du Kérygme selon le pape François, Evangelii Gaudium n°164 : « Jésus Christ t’aime, il a donné sa vie pour te sauver, et maintenant il est vivant à tes côtés chaque jour pour t’éclairer, pour te fortifier, pour te libérer ».
Jean Paul II, Redemptoris Missio 46 : « Toute personne a le droit d'entendre la Bonne Nouvelle de Dieu, qui se fait connaître et qui se donne dans le Christ, afin de réaliser pleinement sa vocation ».
Nous avons à susciter des espaces pour favoriser l'annonce de ce kérygme : ex, qu'est-ce que tu fais le we prochain, vacances, messe, prière le matin, je prierai pour toi, donne un livre que j'ai aimé, un partage de vidéo, bénédicité, appel personne seule, jeune carême etc… Si cela me fait trop peur, je peux demander à l'Esprit Saint de susciter lui-même ces espaces.
Appuyé sur L'âme de tout apostolat, de Dom Chautard, livre de chevet de Saint Pie X Sa thèse adressée sous la forme d'une prière à l'Esprit Saint : « Esprit de lumière, gravez cette vérité en traits indélébiles dans leurs intelligences, à savoir : que leur apostolat ne sera efficace que dans la mesure où ils vivront eux-mêmes de cette Vie surnaturelle intime dont Vous êtes le PRINCIPE souverain, et Jésus-Christ la SOURCE » [3]
Avant de les envoyer en mission, Jésus s'approche. Cet appel à mission s'entend et se vit dans une proximité avec Jésus. Et la dernière parole du Christ sur Terre c'est : « et moi je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin du monde » ! Donc la mission se vit véritablement dans une profonde union à Dieu. Et je pense que c'est pour cela qu'on a commencé par une année sur l'union à Dieu avant de s'apprêter à vivre une magnifique année sur la mission. Parce que l'union à Dieu est un préalable indispensable à la mission. Elle est son Principe, sa source.
Il faut bien comprendre que l'enjeu de la mission, c'est que l'autre puisse recevoir la grâce salvifique de Dieu, qu'il reçoive la vie surnaturelle. Et Jésus nous demande d'être un instrument de cette grâce. Mais nous ne possédons pas cette vie surnaturelle, elle est toujours un don de Dieu. Si c'est moi que je donne, ce ne sont que des conseils humains, mais si parce que je suis profondément uni au Christ c'est Lui que je donne, alors c'est la vie divine qui est déversée dans le coeur de mon frère.
C'est le sens de l'ordre des 3 piliers de l'Emmanuel : Adoration → Compassion → Mission. C'est dans l'adoration se laisser toucher par l'amour et la miséricorde du Christ qui se livre pour nous, dans la compassion se laisser toucher par la misère de nos frères et soeurs en humanité, et répondre à l'amour du Christ et à la détresse de l'homme par l'annonce de la Bonne Nouvelle. Tout ce mouvement s'enracine dans le coeur transpercé du Christ, et dans la mission, l'union à Dieu permet de puiser directement dans le coeur de Dieu les grâces dont nous avons besoin.
Sans cette union à Dieu, nous courons un grand risque. Saint Vincent de Paul : « Un homme sans oraison n'est capable de rien, pas même de renoncer à quoi que ce soit : c'est la vie animale toute pure ». Situation du nageur téméraire qui n'a plus de force pour lutter contre le courant de la concupiscence.
Être un contre témoignage en manquant de foi, d'espérance et surtout de charité, de s'épuiser à force de porter nous même le poids de la mission. Et c'est un enjeu majeur quand on voit à la fois l'épuisement, mais surtout le nombre de personnes blessées par telle ou telle attitude, de chrétiens qui manquent de cohérence, cette tiédeur dans la foi, l'espérance et la charité… C'est cela qui nous guette sans union à Dieu, la tiédeur : Le pape Jean Paul II disait que « la mission est un problème de foi, elle est précisément la mesure de notre foi en Jésus et en son amour pour nous » (Redemptoris Missio N°11).
Jamais le Dieu des oeuvres ne doit être délaissé pour les oeuvres de Dieu. Le Christ nous l'a dit : « Sans moi vous ne pouvez rien faire » Jn 15, 5. Et Saint Paul qui affirme magnifiquement : « Je puis tout en celui qui me fortifie » (Ph 4, 13).
Saint Bernard en fin psychologue avait déjà trouvé un vaccin contre le burnout : « Si vous êtes sages, soyez des réservoirs et non des canaux ». Il s'agit d'être un réservoir de l'amour de Dieu, et un réservoir qui déborde. Il nous faut vivre suffisamment assez d'union à Dieu pour n'avoir à donner que son surplus. En cela, et c'est vraiment essentiel, la mission est un débordement de notre union à Dieu.
Dans cette profonde union à Dieu, Jésus devient ma lumière, mon idéal, mon conseil, mon appui, mon secours, ma force, ma joie, mon amour et mon médecin. C'est l'union à Dieu qui nous permet d'identifier et de guérir nos peurs, nos blessures. C'est lui qui unifie ma vie, qui me pousse à me donner tel que je suis, avec mes forces et mes fragilités. Ex : moi chemin de guérison intérieur sur le regard des autres, manque de liberté intérieure (je vous invite devant le Seigneur à nommer tout ce qui entrave le don de vous-même dans la mission et à demander à Jésus de vous guérir) . Il nous faut d'abord lui donner notre âme à guérir et à libérer avant de lui donner celle des autres. 2 Co 1 : « Dans toutes nos détresses, il nous réconforte ; ainsi, nous pouvons réconforter tous ceux qui sont dans la détresse, grâce au réconfort que nous recevons nous-mêmes de Dieu. → C'est notre mission, nous laisser sanctifier, car un saint entraîne d'autres sur son passage. Les saints viennent par grappe !
+ vocation personnelle + gratitude et amour du Christ qui nous pousse à la mission
Par cette union à Dieu, Jésus-Christ me communique son Esprit et ainsi, l'Esprit Saint devient notre maître intérieur, le principe de toutes nos activités. C'est son action qui permet à Saint Paul de dire : « Ce n'est plus moi qui vis, c'est Jésus Christ qui vit en moi » (Ga 2, 20). Et Jésus lui-même nous a montré le chemin en laissant le Père vivre pleinement en Lui : « Les paroles que je vous dis, je ne les dis pas de moi-même, le Père qui est en moi fait lui-même ces oeuvres » (Jn 14, 10).
C'est l'Esprit Saint qui a inspiré les Écritures, et qui nous révèle l'authentique visage du Christ. C'est dans une familiarité avec Lui que nous pouvons répondre à la question : Que ferait Jésus ? Que demande-t-il de moi en ce moment ? Et cela nous demande de cultiver une vie charismatique, de nous familiariser avec la voix de l'Esprit Saint, avec les motions intérieures. C'est Lui qui nous ouvrira à une nouvelle fécondité dans la mission. On le voit avec les apôtres, après ce testament spirituel du Christ ils ne sont pas partie en mission, ils ont dû attendre le don de l'Esprit Saint à la Pentecôte. Mais nous, nous avons une chance incroyable, nous avons reçu l'Esprit Saint à notre baptême, nous avons été enrichi d'une force spéciale de l'Esprit Saint à notre confirmation et par nos multiples effusions de l'Esprit Saint, qui réactualisent cette grâce du baptême et de la confirmation. Que faisons-nous de tout ces dons ? Est-ce que nous laissons quotidiennement un espace pour nous mettre à l'écoute de l'Esprit Saint ? Il nous faut demander à l'Esprit Saint de garder notre coeur dans une pureté et une générosité assez grandes pour que ne soit pas étouffée sa voix. Je suis sûr que vous avez de multiples merveilles à partager sur des motions de l'Esprit Saint que vous avez suivies et qui ont porté un fruit tout à fait inattendu. Et cette vie dans l'Esprit Saint est magnifique !! Ça nous coûte souvent car l'Esprit Saint nous déplace (oui il veut que l'on soit saint), mais quelle joie ! Et ce sont souvent des toutes petites choses. Exemple.
Dans son testament spirituel, Jésus n'appelle pas à la mission seul, mais de manière communautaire. Et c'est ce qu'il a fait toute sa vie : l'envoie des 72, c'est deux par deux, même pour aller chercher un ânon ils sont deux ! Cela nous permet de nous appuyer les uns sur les autres, de vivre la communion des états de vie et surtout d'évangéliser par notre témoignage de communion et d'unité. « C’est à l’amour que vous aurez les uns pour les autres que tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples » Jn 13, 35. C'est magnifique, Jésus nous dit : « que TOUS reconnaîtront que vous êtes mes disciples ».
La mission c'est découle donc de notre union à Dieu, à l'écoute de l'Esprit Saint et de la communion avec nos frères et sœurs. Nous avons des temps de mission, mais comme vous l'avez bien compris, notre vie tout entière est une mission, et je cours que la maisonnée est un merveilleux lieu pour nous stimuler dans la mission.
Le point sur la mission dans nos échanges : Quelle a été la dimension missionnaire de ma semaine : prie pour toi, partage d’une vidéo, dit à mon collègue que j’étais en we co, coiffeur etc… Appelés dans l'Emmanuel, Thème 8 - La maisonnée (p.152) : « Après le partage de la Parole, chacun peut donc témoigner des actions d'évangélisation qu'il a pu mener depuis la dernière réunion de maisonnée et dire quels sont ses projets pour la semaine à venir. (...) Par le témoignage tout simple de nos frères, nous avons le désir de parler, nous aussi, du Seigneur autour de nous et de nous donner davantage dans la mission. Des actions d'évangélisation peuvent être organisées en maisonnée en se mettant ensemble au service de la mission ».
La Bonne nouvelle du christianisme pourrait se résumer ainsi : nous ne sommes pas seuls, et celui est avec nous c'est le Dieu d'Amour. Autrement dit : « Tout pouvoir a été donné à Jésus au ciel et sur la terre » et « Jésus est avec nous tous les jours jusqu’à la fin du monde ». C'est une bonne nouvelle ça, non ? La mission est un lieu tout particulier où se réalisent ces deux promesses du testament spirituel de Jésus, on expérimente la puissance et la présence du Christ.
J'ai été frappé de voir que la seule autre occurrence de « Jésus s’approcha » (προσελθὼν, ὁ Ἰησοῦς) dans tout l'évangile de Mt, c'est, à la Transfiguration en Mt 17, 7 : « Mais Jésus s’approcha, les toucha de la main et dit : Levez-vous, n’ayez pas peur ! ». Et la Transfiguration c'est un moment où Jésus montre sa divinité, sa puissance, et dans la mission nous devenons témoins de cette transfiguration. Nous voyons le Christ à l’œuvre, sa puissance et son amour.
Ex : Chasse au trésor « au nom de Jésus, bras droit soit guérit ».
Ce vécu avec Jésus dans la mission nourrit profondément notre union à Lui. Et dans les moments les plus arides ou les plus douloureux de notre prière, nous pouvons faire mémoire de tout ces fruits missionnaires où nous avons été témoins de la victoire du Christ.
La mission nous fait goûter aux fruits de la présence de Dieu : la joie, la paix intérieur et l'amour de Dieu pour nous, Lui de nous donne de vivre une si belle expérience avec Lui. Tout cela nourrit notre union à Dieu, nous fait sentir que Jésus est là, avec nous et que la vie avec Lui est si belle. Cette présence de Dieu dans la mission me fait grandir dans la foi, la confiance en Lui, mais aussi dans l'espérance en goûtant dès ici bas à la joie du Ciel et me pousse à aimer, à rendre amour pour amour. La mission me rapproche de Jésus, elle me configure à Lui, car je poursuis sa mission, je lui ressemble. La mission nourrit aussi notre communion fraternelle. Jésus nous dit : « je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde », et cette présence du « Dieu avec nous »
La rencontre de l'autre dans la mission me rend sensible à sa détresse, à la complexité de sa vie, à ses blessures, ses doutes. Et cette compassion me met dans une union toute particulière avec le Coeur de Jésus qui porte et aime toutes ces vies. Et dans cette union à Lui, Il m'invite à prier et offrir pour toutes les détresses de mes frères en humanité. Et c'est un cercle vertueux, car sensible à leur misère je suis poussé à la mission et la mission nourrit en même temps cette compassion. Ex : liturgie des heures, psaumes de demande et de lamentations après maraude, mystère du mal.
La Bonne Nouvelle c'est que la mission c'est beau et bon ! On est fait pour se donner et comme disciple de Jésus, pour LE faire connaître, et témoigner que la vie avec Jésus c'est magnifique ! Pape François dans Evangelii Gaudium n°129 : « Annoncer le Christ signifie montrer que croire en lui et le suivre n’est pas seulement quelque chose de vrai et de juste, mais aussi quelque chose de beau, capable de combler la vie d’une splendeur nouvelle et d’une joie profonde, même dans les épreuves ».
Mais si tout ma vie est une mission : offrande, intercession, sourire, bonjour, coiffeur etc… Rappelons nous bien qu'elle est réellement féconde lorsqu'elle est un débordement de notre amour du Christ : Saint Pie X, 11 juin 1905 : « Pour restaurer toutes choses dans le Christ, par l'apostolat des oeuvres, il faut la grâce divine, et l'apôtre ne la reçoit que s'il est uni au Christ. C'est seulement lorsque nous aurons formé le Christ en nous que nous pourrons facilement le rendre aux familles et aux sociétés ».
+ Eucharistie : union puis mission
Comment ce testament spirituel de Jésus résonne en moi ? (crainte, joie, etc…)
Quelle joie missionnaire je veux partager avec mes frères ?
Comment vais-je vivre la mission cet été ?
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[1] Lumen Gentium n°1 : « L’Église (...) est à la fois le signe et le moyen de l’union intime avec Dieu et de l’unité de tout le genre humain ».
[2] Lettre du 22 janvier 1899
[3] Dom Chautard, L'âme de tout apostolat, Tradition Monastique, 2005, p. 22-23.