Ce topo a pour objectif que notre temps de prière ne soit pas un « devoir spirituel » si je puis me permettre une analogie douteuse avec la notion glauque de « devoir conjugal » ; en bref, que pour notre temps de prière on ne se contente pas d’une relation « mieux que rien » mais pas vraiment donnée et encore moins communionnelle.
Nous devons tous et toujours aspirer à prier de façon plus radicale et plus donnée au Seigneur. Le but n’est pas de cocher la case du « temps de prière » pour la journée parce qu’on est dans la Communauté et que ça se fait.
Vous vous rappelez Daniel-Ange qui disait que la prière est une « Respiration de l’âme », c’est tellement vrai…le temps de prière doit nous plonger en Jésus de façon à ce que notre prière devienne perpétuelle comme le demande St Paul (1 Th 5, 17).
Je galère comme tout le monde pour prier et je n’ai aucune leçon à donner dans ce domaine. Je peux juste partager avec vous ce qui m’aide à prier.
La prière est un Cœur à cœur comme on le dit tout le temps, mais cette expression n’est pas forcément hyper claire à mon avis : est-ce que quand je ne ressens rien (ce qui ne ressemble pas à un cœur à cœur), qd je n’ai rien retiré apparemment, j’ai qd même prié ? Un éclairage du terme de cœur à cœur est l’expression du cardinal Journet (Comme une flèche de feu) qd il dit qu’être saint c’est se savoir aimé de Dieu.
Il me semble que la prière est ce moment où je me laisse aimer de Dieu, où je l’aime de retour et où je prends le temps de laisser cet amour informer toute ma personne pour qu’il infuse toute ma vie.
Invoquons toujours l’Esprit Saint d’abord, parce que c’est Lui qui nous apprend à prier et que moi je ne sais pas prier -- Rm 8, 26-27 « Car nous ne savons pas prier comme il faut ; mais l’Esprit Lui-même intercède pour nous (…) ». Moi j’aime bien le Veni Creator ou la prière du cardinal Mercier ‘oh Esprit Saint, âme de mon âme, je t’adore…’.
Thérèse d’Avila conseille de toujours passer par l’humanité de Jésus pour aller vers Dieu. Pour passer par l’humanité de Jésus je passe par la mienne : du coup je dis pendant 5mn au Seigneur comment je vais, ce et ceux que j’ai sur le cœur. Comme à mes copines, je débriefe à Jésus ma propre humanité. Je ne lui dis pas parce qu’Il n’est pas au courant, mais pour lui lâcher mon bruit intérieur une bonne fois pour toutes et enfin entrer dans le silence intérieur. Je crois que la clef pour avancer dans la prière c’est celle du silence intérieur. Donc ce moment constitue une bonne transition : il y a comme une brèche qui se fait entre ma vie concrète, ma réalité et la vie de Dieu qui est la vérité. Trois avantages :
Par cette première remise, Dieu peut me rejoindre et entrer dans ma vie.
Dans l’ordre des préoccupations, au moins c’est fait. La route est libre pour que le silence intérieur se fasse.
Comme ça j’ai parlé de moi, c’est fait, je suis moins tentée de revenir sur le sujet. Jésus peut donc prendre toute la place.
Dans La Montée du Carmel, St Jean de la Croix fait un schéma pour expliquer la prière : c’est « le chemin du rien ». Je vous propose de le suivre. Attention ce n’est pas une méthode car nous sommes tous uniques et notre relation avec Dieu est unique. C’est un chemin comme le dit son nom, sur lequel chacun peut avancer à sa façon. Moi ça m’a aidée, chacun le customise. L’essentiel c’est qu’il nous apprenne à laisser Jésus prendre toute la place dans notre cœur.
A droite il y a le chemin des biens terrestres : ceux qui le suivent sont en réalité dans l’idolâtrie des biens de ce monde, qu’ils soient matériels, intellectuels ou affectifs. Ils cherchent à s’enrichir de tous ces biens.
A gauche, il y a le chemin des biens célestes. C’est plus subtil, ceux qui le suivent recherchent les biens spirituels : délectation, consolation, euphorie...
Ces deux routes se perdent dans la convoitise et l’égocentrisme. Elles ne mènent pas à Dieu.
Jean écrit au sujet de ces chemins que malgré les apparences ils n’apportent : « Ni repos, ni consolation, ni joie, ni gloire du Ciel (pour le chemin de gauche)/ ou ni possession de la Terre (pour le chemin de droite). »
Au milieu, il y a le « chemin des 5 Riens » ou « du Rien », celui qui mène à l’union à Dieu. St Jean de la Croix dit à son sujet :
« Pour venir à goûter tout, veillez à n'avoir goût pour rien.
Pour venir à savoir tout, veillez à ne rien savoir de rien.
Pour arriver à posséder tout, veillez à ne posséder quoi que ce soit.
Pour venir à être tout, veillez à n'être rien en rien (…) ».
La prière du cœur est donc un chemin de dépouillement.
NB : Si ça vous saoule ce que je vais raconter maintenant sur ce chemin de dépouillement, dites un chapelet pendant que je parle, parce que le chapelet quotidien est la prière du pauvre par excellence et donc il fait drôlement avancer dans la vie de prière. Et donc vous n’aurez pas perdu votre temps.Ce n’est pas vraiment une blague : je suis sûre que Marie est médiatrice de toutes grâces dont celle de la prière. La fréquentation du chapelet nous fait forcément avancer vers l’union à Dieu. Témoignage 30’’
Donc, le chemin du Rien ou le chemin des 5 Riens
Premier Rien : se tenir en présence de Dieu Trinité, qui est plus intime à moi-même que moi-même, comme dit Augustin (Confessions X). Le rejoindre au fond de mon cœur. Il y est : à moi de ne pas l’y laisser seul ! J’ai lâché mes préoccupations dans les préliminaires, j’ouvre la porte à Celui qui ne cesse d’y frapper (Ap 3, 20 « je me tiens à la porte et je frappe »). Je le laisse entrer en moi, j’oriente tout vers l’Hôte intérieur. Pour prier ‘mieux’ on a une conversion du mvt à faire. Souvent on prie en extériorité, au-dehors de nous. Or Il est à la porte et Il frappe. Il veut entrer, Lui.
Ce moment est celui où je Lui ouvre, je reconnais qu’Il est le maître, qu’Il peut prendre possession de toute la maison. J’accepte sa présence partout en moi. A sa demande, j’accepte qu’Il visite cette pièce où je souffre, cette pièce de mon découragement, cette pièce de ma joie, cette pièce de mon incompréhension… ça peut ressembler au débrief préliminaire mais en fait non car déjà c’est Lui qui a pris les rennes, c’est Lui qui prend possession de chaque réalité. Concrètement moi je m’appuie souvent sur les litanies d’humilité qui me permettent de remettre toutes mes zones d’ombres au S.
Tout comme notre cœur bat sans arrêt, sans repos, que nous le sentions ou pas, qu’il irrigue toute notre personne et nous maintient en vie, Dieu est présent au plus profond de nous, Père, Fils et Esprit. Croyons-le en ce premier moment, remercions-le de vivre et d’agir en nous.
Le volant change de mains. Du coup ce moment est aussi celui où on le laisse prendre possession de nos relations, de nos actions : Seigneur, fais-le à travers moi. Aime ce type insupportable à travers moi. Prie à travers moi. Viens bosser à travers moi. On reconnaît notre impuissance, notre rien personnel, pour que la puissance de Dieu vienne nous habiter comme Il l’a promis 2 Co 12, 9-10 « Ma grâce te suffit, car la puissance se déploie dans la faiblesse». Ou encore Jn 15, 5 « Hors de moi vous ne pouvez rien faire ». Si on ne reconnaît pas ça, c’est Lui qui ne peut rien faire.
Deuxième Rien : c’est le temps d’une lecture spirituelle (passage de l’Evangile du jour, une parole reçue, etc) pour plonger dans cette présence du Verbe en nous. Jésus a dit (Jn 14, 33) : « Celui qui m’aime gardera ma parole et mon Père l’aimera, nous viendrons à lui et nous demeurerons chez lui ».
Il ne s’agit pas de chercher à apprendre ou à analyser dans ce temps de lecture. Ne cherchons pas non plus la réponse à la question que nous avions sur le cœur en arrivant : ça va nous recentrer sur nous et nous détourner de lui. Là aussi, il s’agit de Le contempler.
Ste Thérèse de Lisieux dit : « je n’ai qu’à jeter les yeux dans l’Evangile, aussitôt je respire les parfums de la vie de Jésus et je sais de quel côté courir ». (Manuscrit C, 36)
La Parole de Dieu, c’est Jésus lui-même : en la lisant doucement je suis unie à Lui de façon très sûre, eucharistique ! C’est pour ça que si je me rends compte que je n’arrive pas à rester dans le silence intérieur, c’est bien de continuer cette rumination de la Parole.
C’est donc important de ne pas reprendre 30 textes ni un chapitre entier de l’Evangile mais de méditer, lire plsrs fois, répéter la Parole, voire la recopier (mini temps de lectio quoi).
Troisième Rien : fermer les yeux comme le conseille Thérèse d’Avila. C’est simple mais tellement utile pour aller à la rencontre du Bien-Aimé avec les yeux de notre âme. Dans le premier rien on a laissé nos préoccupations, ici on concentre tout notre cœur sur lui. Le Seigneur est Dieu avec nous, mais discret.
Jean de la Croix dit (Cantique spirituel 1, 8-9) « ton cher époux est le trésor caché dans le champ de ton âme, il conviendra que pour que tu le trouves, tous tes biens oubliés (…) toi, tu te caches en ta retraite intérieure de l’esprit et, refermant alors la porte sur toi, à savoir, ta volonté à toute chose, tu pries ton Père en secret ».
Car Dieu nous parle dans « le murmure d’un silence subtil » (1 R 19, 12 J). Il est urgent d’écouter ce silence. Pour cela nous fermons d’abord la porte de nos sens extérieurs, ce qui est un préalable à la clôture de nos yeux intérieurs : l’imagination.
Là c’est une autre paire de manches mais j’aime beaucoup le roman pour enfants écrit par Olivier Bonnewijn Les Trois roses. Récit express. En gros, le Seigneur lui dit que sa prière a été riche par tous les moments où elle a dit « non » à son imagination et donc qu’elle lui a dit « oui ». Donc c’est super encourageant, si vous priez 30mn et que votre imagination vous tente 200x mais que vous revenez à la contemplation de Jésus 200x, vous vous retrouvez avec un bouquet de 200 roses offert par Jésus à la fin :)
Il faut noter aussi que ces distractions nous maintiennent dans l’humilité et qu’elles peuvent en outre nous signaler des choses à confesser. Pas de panique, on les aura jusqu’à notre mort. Ste Thérèse d’Avila docteur de l’Eglise et mystique se retenait au banc de la chapelle pour continuer sa prière. Ça décomplexe.
Quatrième Rien : Adorer Jésus. C’est donc Lui le centre de ma prière, pas moi. C’est Lui qui est parfaitement uni au Père et moi je le suis par Lui avec Lui et en Lui.
Ste Thérèse d’Avila disait à ses sœurs : « je ne vous demande pas des méditations sur ce divin Sauveur, (…) ni de grandes et subtiles considérations, portez seulement sur lui vos regards » (Chemin de la perfection 26, 3)
On peut le regarder :
En se fondant sur le passage de l’Ecriture lu précédemment : le contempler tel qu’il est raconté, se considérer comme son interlocuteur dans un dialogue. Par ex Jn 4 : « si tu savais le don de Dieu… » c’est à moi qu’il le dit. « J’ai soif » (Jn 19, 28) Ou bien : c’est la croix glorieuse. Je contemple intérieurement la croix en murmurant l’hymne aux Philippiens (2, 6-11) Ou bien réentendre ce qu’il a dit à Marie-Madeleine. Etc.
On peut aussi Le regarder, sans recourir aux images, selon la fameuse phrase du paroissien du curé d’Ars « il m’avise et je l’avise ». Il y a des outils qui aident à ce moment : murmurer lentement Son Nom, l’un de Ses Noms, la prière du cœur…C’est pour ça que l’adoration eucharistique est une très grande grâce, parce que c’est une aide ‘matérielle’ à cette adoration. Attention : Il ne faut surtout pas s’inquiéter d’avoir l’électrocardiogramme à plat à ce moment-là.
St Jean de la Croix dit : « mets ton amour et tes délices en ce que tu ne peux saisir ni goûter (…) continue à Le servir comme enseveli dans les profondeurs de son secret. (…) En approchant de lui, tu dois nécessairement, à cause de la faiblesse de ton œil spirituel, avoir l’impression de l’obscurité ». (Cantique spirituel 1, 12).
Quand on contemple le soleil, on ne voit rien.
Cinquième Rien : l’acte de Foi. St Jean de la Croix dit que c’est lui qui fait l’union à Dieu. Le moment où s’exclame Ct 2, 16 « mon bien-aimé est à moi, et moi à lui ». C’est l’acte de foi que nous faisons dans la prière qui console le Cœur de Jésus si blessé par l’indifférence des hommes.
Cinq points sur l’acte de foi dans la prière :
C’est un acte de toute notre personne. Le silence de l’âme peut être porté par des déclarations de confiance, d’amour et de remise de nous au Seigneur… Chaque personne trouvera l’expression qui lui convient pour dire au Seigneur ce don qu’elle lui fait d’elle-même. Là aussi il y a des outils donné par des siècles de sainteté : prière du cœur, le chapelet du Sacré Cœur de Jésus, lui répéter qu’on l’aime, « Non pas ma volonté mais Ta Volonté » etc…
Un peu comme la femme hémorroïsse (Mc 5, 25-34), l’âme qui fait un acte de foi touche Dieu. Comme pour la femme hémorroïsse, il y a tout un chemin à parcourir avant : c’est pour ça qu’il est important pour avancer dans la vie de prière de veiller à ce qu’il soit long. C’est d’ailleurs le seul impact que je peux avoir sur ma prière : le temps que j’y passe. Une prière trop courte c’est la femme hémorroïsse qui s’arrête en route et qui n’est pas transformée par Jésus…/Image de la bûche dans le feu.
Saint Jean de la Croix dit que « la foi est une habitude de l’âme certaine et obscure en même temps ». L’acte de foi, comme l’acte de charité, nous unit au Seigneur car cet acte est théologal, c’est-à-dire qu’il est de science divine, c’est-à-dire qu’il s’agit d’un acte de nature divine.
C’est pourquoi il n’y a pas d’acte plus sûr que l’acte de foi comme le dit He 11, 1 (« la foi est l’assurance des biens que l’on espère, la certitude des réalités qu’on ne voit pas »). Et sur quoi porte cette certitude ? sur le fait que Dieu est avec nous, là, maintenant, au cœur de ce temps de prière ; qu’il nous sauve, et que nous avons une place dans sa communion bienheureuse.
Mais ici-bas cette certitude est encore voilée voire douloureuse. St Jean de la Croix dit : « la foi est le centre de cette nuit (…). (L’âme) doit tjs demeurer comme étant dénudée (…) s’appuyant sur la foi obscure et la prenant pour guide et lumière… » (Montée du Carmel II, 2-4). Ne nous décourageons pas de cette obscurité, c’est dans la nuit que Dieu se donne : « dans la nuit (…) j’ai trouvé celui que mon cœur aime. Je l’ai saisi et je ne le lâcherai pas » Ct 3, 4.
Car si nous ne sentons rien, ce n’est pas le cas du Seigneur. Le Seigneur n’attend que nous et notre acte de foi donné dans ce temps de prière. Il l’a dit à Ste Marie-Madeleine : "J’ai soif, mais d’une soif si ardente d’être aimé des hommes au Saint-Sacrement, que cette soif me consume." Alors le Seigneur s’unit à celui qui se donne à lui, et cette union est transformante.
Parfois on reçoit quelque chose dans ce moment de notre temps de prière : une intuition, un point de conversion, un encouragement, une consolation, un frère pour qui prier, un pays pour qui prier (Marcel Van)… il faut noter, y être très attentif et fidèle, laisser son quotidien être illuminé par ça, voire en parler en accompagnement ou avec un prêtre surtout si c’est fondamental.
Même si ça s’exprime sous forme de pensée, ça se distingue d’une distraction par un côté incisif, clair, certain justement, et parce que ça ne nous détourne pas du Seigneur. Ex. de X. Ces charismes sont vraiment une manifestation de la « construction du corps du Christ au terme de laquelle nous devons parvenir, tous ensemble, à ne faire plus qu’un dans la Foi et la connaissance du Fils de Dieu et à constituer (l’)Homme parfait (…) » (Ep 4, 12-13) C'est la communion des Saints en Jésus.
Ces charismes sont un signe de ce don que le S fait de lui-même et de la transformation que cela opère en nous. C’est une manifestation de l’action de l’ES en nous comme Il l’a promis ó 1 Co 6, 17 : « celui qui s’unit au Seigneur est avec lui un seul esprit ».
Ainsi « ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi » (Ga 2, 20).
L’acte de foi prolonge notre union au Seigneur dans la vie quotidienne : Rm 12, 1-2 « Je vous exhorte, mes frères, par la tendresse de notre Dieu, à offrir vos personnes et vos vies en sacrifice saint, capable de plaire à Dieu : c’est là pour vous l’adoration véritable. »
Le sacrifice n’est pas nécessairement sanguinolent, c’est « toute œuvre accomplie en vue de nous unir à Dieu dans une sainte communion » (Augustin, La Cité de Dieu, X) ou « ce qui est accompli en l’honneur de Dieu et pour s’assurer sa bienveillance » pour ceux qui préfèrent Thomas (ST IIIa pars q. 48 a. 3).
Toute notre vie peut donc être sacrifice car tout peut être consacré à Dieu. Alors notre vie entière devient prière et donc vie divine.
C’est pour ça qu’il n’y a plus l’inquiétude de « pas assez prier pour »… Ct 1, 4 « Attire-moi, nous courons ! » (Il a ré enfoncé le clou avec Jn 21, 22) Se mettre ainsi en présence de Dieu dans la prière et dans mon quotidien est la meilleure des intercessions possible. De toute façon mes intentions sont dans mon cœur, je dis le nom de ceux que j’aime au Seigneur au début de mon temps de prière, je peux aussi prier le chapelet ou les offices ou offrir la Messe pour eux, etc. Mais pendant mon temps de prière c’est Lui que je dois regarder, pas eux ! Et pourtant je les porte qd même à fond dans ce moment !
Ste Thérèse de Lisieux (Manuscrit C) « Lorsqu’une âme s’est laissé captiver par l’odeur enivrante de vos parfums, elle ne saurait courir seule, toute les âmes qu’elle aime sont entraînées à sa suite […] c’est une conséquence naturelle de son attraction vers vous. »
Mon Père, je m’abandonne à Toi…