Quand on vit quelque chose dans une communauté nouvelle pour la première fois, par exemple à Paray-le-Monial ou dans un groupe de prière, je crois qu’il y a deux possibilités. Soit on fait un blocage sur le chant en langue, soit on fait un blocage sur les paroles de connaissances. On n’est d’ailleurs pas obligé de choisir, on peut tout à fait bloquer sur les deux et les charismes dans leur ensemble. Pour ma part, j’ai fait un gros blocage sur le chant en langue. Ça m’a pris un certain temps avant de comprendre ce que c’était. En fait je n’ai vraiment compris le chant en langue que le jour où je l’ai moi-même pratiqué. Tout ça pour vous dire que c’est bien normal de se poser des questions au début…
La plupart du temps, on rencontre les charismes pour la première fois dans la louange. C’est donc de cela qu’il faut qu’on parle en premier.
Pourquoi est-ce qu’on loue ? Ou : qu’est-ce qu’on fait quand on loue ?
Attention, les raisons qui suivent sont dans l'ordre d'importance.
a) Rendre gloire à Dieu
Est-ce que vous savez pourquoi est-ce qu’on célèbre la messe ? « Pour la gloire de Dieu et le salut du monde ». On célèbre d’abord la messe pour rendre gloire à Dieu.
La louange aussi : on rend gloire à Dieu. Souvent on pense que c’est « dire merci » et c’est vrai. Mais avant même cela : rendre gloire à Dieu parce qu’il est digne de louange, parce qu’il est grand. Avant même qu’il ait fait quelque chose pour moi, Dieu mérite qu’on le bénisse, qu’on lui rende gloire.
Louer Dieu, c’est s’unir aux chœurs célestes des anges qui chantent la gloire de Dieu. La louange, c’est la prière des anges.
C’est d’abord pour ça que la louange est une prière joyeuse, une « exultation » !
b) Manifester la gloire de Dieu
Rendre gloire à Dieu c’est aussi manifester sa gloire. Manifester, montrer, proclamer au monde et à la Création entière que Dieu est grand, beau, glorieux… divin en somme. Quand je loue, je manifeste au monde, et plus simplement au frère qui est à côté de moi la grandeur de Dieu. Je deviens un éclat visible de sa toute-puissance. C’est l’évangile de la lumière sous le boisseau d’hier.
C’est pour ça que quand on loue, on prie tous à voix haute entre les chants ! On manifeste à la face du monde, à notre voisin et avec lui, la gloire de Dieu !
c) Notre vocation ultime
Cette union à la gloire divine que l’on manifeste, c’est notre vocation ultime. La vie divine, du Royaume, éternelle, c’est d’être unis, d’être participants de la gloire même de Dieu, qui rayonnera en nous parce qu’elle nous prendra et nous saisira tout entier.
« [Le Père éternel] a voulu élever les hommes à la participation de la vie divine. » - LG 2
« [L’Eglise] elle-même aspire à l’achèvement de ce Royaume, espérant de toutes ses forces et appelant de ses vœux l’heure où elle sera, dans la gloire, réunie à son Roi. » - LG 5
La glorification, le fait de rendre gloire, est d’ailleurs chez Saint Jean la manifestation ultime de l’union entre le Père et le Fils.
« Père, l’heure est venue. Glorifie ton Fils afin que le Fils te glorifie. Ainsi, comme tu lui as donné pouvoir sur tout être de chair, il donnera la vie éternelle à tous ceux que tu lui as donnés. Or, la vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus Christ. Moi, je t’ai glorifié sur la terre en accomplissant l’œuvre que tu m’avais donnée à faire. Et maintenant, glorifie-moi auprès de toi, Père, de la gloire que j’avais auprès de toi avant que le monde existe. » - Jn17,1-5 (début de la grande prière sacerdotale)
« « Amen, amen, je te le dis : quand tu étais jeune, tu mettais ta ceinture toi-même pour aller là où tu voulais ; quand tu seras vieux, tu étendras les mains, et c’est un autre qui te mettra ta ceinture, pour t’emmener là où tu ne voudrais pas aller. » Jésus disait cela pour signifier par quel genre de mort Pierre rendrait gloire à Dieu. Sur ces mots, il lui dit : « Suis-moi. » » - Jn21,18-19
La ressemblance ultime au Christ, l’union avec lui, c’est la glorification de Dieu. (Bien sûr Croix et tout, évident chez Jean, mais c’est pas le point ici).
Prend aussi du sens dans la manifestation à la Création entière puisque c’est toute la Création qui ultimement est prise dans cette manifestation de la gloire de Dieu.
« Toute la création est faite pour devenir le vaisseau de la gloire de Dieu. Toute la réalité créée est entrainée vers la béatitude. » - Ratzinger, La mort et l’au-delà
d) Pour remercier Dieu
Enfin la louange est une action de grâce, où l’on remercie Dieu des merveilles qu’il fait pour nous. Donc j’apprends à voir tout ce que le Seigneur me donne, à voir qu’il me le donne, et à le remercier pour cela. Ca arrive en bout de file !
Donc quand on loue, important de louer aussi en rendant grâce à Dieu pour des trucs concrets ! Et d’ailleurs, cela s’applique à tout dans la louange. Être concret.
e) La prière par excellence
La louange est donc véritablement la prière par excellence, celle pour laquelle nous sommes faits, celle qui rassemble tout. On comprendra encore mieux dans un instant quand on verra le lien avec l’offrande et l’adoration. Pour le moment, on n’a qu’à reprendre les grandes prières de l’Eglise. Partout on trouve la louange et la glorification de Dieu, et partout à la première place.
Dans le Notre Père (évangile d’aujourd’hui en plus) :
Notre Père, qui es aux Cieux, que ton Nom soit sanctifié
Dans le Je vous salue Marie :
Je vous salue Marie, pleine de grâce, le Seigneur est avec vous, vous êtes bénie entre toutes les femmes, et Jésus le fruit de vos entrailles est béni.
On commence par dire et reconnaître les merveilles que Dieu a faites, sa bénédiction.
A la messe quel est le sommet ? La doxologie, ou moment où l’on dit la gloire :
Par lui, avec lui et en lui, à toi Dieu le Père Tout-Puissant tout honneur et toute gloire
Dans la prière eucharistique, on commence par (dès qu’on s’est (« tourné vers le Seigneur ») :
Rendons grâce au Seigneur notre Dieu
Puis :
Vraiment il est juste et bon de te rendre gloire, de t’offrir notre action de grâce, toujours et en tout lieu, à toi Père très Saint, Dieu éternel et tout puissant.
Quelle est la prière des anges dans l’évangile ?
« Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes, qu’Il aime. » - Lc2,14
Et dans l’Apocalypse ce ne sont que chants célébrant la gloire de Dieu.
f) Une prière liturgique, la prière du peuple
Dernier point en rebondissant sur les anges : la louange nous rassemble comme un peuple acclamant Dieu. Et c’est très fort. On trouve d’innombrables images dans l’Apocalypse du peuple des élus acclamant Dieu. C’est aussi l’image du peuple acclamant son Roi lorsque Jésus entre dans Jérusalem. C’est la prière qui rassemble toute la Création : la louange nous unit aux anges eux-mêmes dans l’unique chant des créatures acclamant Dieu :
« Avec tous les anges et tous les saints, nous chantons l’hymne de ta gloire, et sans fin nous proclamons : "Saint, Saint, Saint le Seigneur !" » - Préface
g) Pourquoi on ne loue pas (la joie)
Parfois on croit qu’on loue parce qu’on est joyeux. Mais parfois on n’est pas joyeux, on a passé une sale journée, on est malheureux, on a l’impression que Dieu est absent…
Eh bien ce n’est pas une raison pour ne pas louer ! Parce que ça ne change rien ni à la grandeur de Dieu ni à la magnificence de ce qu’il fait pour moi.
En revanche la louange me donne la joie, parce que la joie vient de Dieu et de l’union à lui (c’est la béatitude).
h) Conclusion
La louange, c’est vraiment la prière ultime, et la prière de base du chrétien. D’ailleurs Jésus :
« À l’heure même, Jésus exulta de joie sous l’action de l’Esprit Saint, et il dit : « Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange. » » - Mt11,21
a) A fond
Déjà on loue en se donnant à fond ! C’est la prière, et on est en train d’entrer dans le mystère de la gloire divine et de la communion trinitaire ! On chante la grandeur des merveilles de Dieu ! Déjà David :
« David, vêtu d’un pagne de lin, dansait devant le Seigneur, en tournoyant de toutes ses forces. David et tout le peuple d’Israël firent monter l’arche du Seigneur parmi les ovations, au son du cor. » - 2S6,14-15
Et on fait pas de complexe. Déjà dans la Bible :
« Or, comme l’arche du Seigneur entrait dans la Cité de David, Mikal, fille de Saül, se pencha par la fenêtre : elle vit le roi David qui sautait et tournoyait devant le Seigneur. Dans son cœur, elle le méprisa. » - 2S6,16
b) Les paroles
Dans les paroles qu’on utilise ensuite, on peut s’appuyer sur la Parole de Dieu. Déjà une façon de rendre gloire à Dieu, puisqu’on lui rend grâce de, avec, en s’appuyant sur l’un de ses plus grands dons ! Notamment : les Psaumes (prière de Jésus, là encore on s’unit à lui), les Cantiques. Ça tombe bien pour les chants du carnet vert.
Et : une louange spontanée ! Comme la prière de Jésus. Et parce que la grandeur et les merveilles de Dieu sont infinies. Et pour tous se porter à la louange et à la prière.
c) Les gestes
Le fait de lever les mains, de taper dans les mains, bref de prier avec notre corps, tout ça n’est qu’une façon de s’engager tout entier dans la louange et dans la prière. Mais ce n’est pas qu’un moyen (dont on pourrait se passer). Si la louange est la prière ultime, d’union à Dieu etc. elle engage forcément toute ma personne, y compris mon corps. Exemple de shabbat à Jérusalem.
Donc lever les mains etc, c’est une façon de s’engager dans la prière, de se tourner vers Dieu.
Idem que tout à l’heure : je ne lève pas les mains parce que je suis dans la joie ! Je lève les mains parce que je choisis de m’engager dans la prière d’action de grâce envers Dieu. Et de là nait (ou pas, c’est un don) la joie.
a) La louange dans toute ma vie
Si on comprend tout ça, on comprend que la louange ne peut pas se cantonner simplement aux temps de prière louange formels. Elle prend nécessairement toute ma vie. Si c’est la vocation de ma vie, je loue « en permanence ». C’est une prière continuelle du cœur.
Je reviens en arrière : pour la gloire de Dieu et le Salut du monde. Qu’est-ce qui sauve le monde ? Le sacrifice du Christ, offert sur la Croix, auquel il nous est donné de nous associer. Et encore : dans l’Evangile de Jean (et on pense à Isaïe), la glorification ultime, c’est la Croix.
b) La louange dans l’offrande sacrificielle
Dans notre vie, si nous suivons le Christ, nous portons notre croix. Nous vivons des douleurs, des épreuves. Choisir le Christ, c’est choisir de rendre grâce à Dieu en tout temps, en tout lieu, en toutes circonstances. Cf. Job : « le Seigneur a donné, le Seigneur a repris, béni soit le Nom du Seigneur » (Jb1,21).
Autrement dit, c’est garder toujours son regard fixé sur Dieu plutôt que sur son péché, sa misère, sa souffrance ou sa propre douleur, et le choisir lui. C’est lui offrir toute chose, c’est-à-dire reconnaître qu’elle lui appartient en la lui redonnant, en faisant sans cesse un acte de confiance en sa présence et en sa bonté. C’est dire je me donne à toi.
Ce n’est pas la méthode Coué. C’est une attitude beaucoup plus fondamentale que cela : une configuration de ma vie sur Dieu. C’est ainsi que notre vie devient un sacrifice offert à Dieu, selon les paroles de Paul.
« Vivez dans l’amour, comme le Christ nous a aimés et s’est livré lui-même pour nous, s’offrant en sacrifice à Dieu, comme un parfum d’agréable odeur. » - Eph5,2
Cette offrande sainte est vraie en tout temps, pour toute notre vie, mais elle se voit en particulier dans la souffrance. Il y a un lien étroit entre offrande sacrificielle et action de grâce. D’ailleurs la messe où l’on offre « le sacrifice pur et saint, le sacrifice parfait, pain de la vie éternelle et coupe du salut » (prière eucharistique)… s’appelle eucharistie, c’est-à-dire action de grâce ! Et on dit d’ailleurs dans la première prière eucharistique : « Nous t’offrons pour eux, ou ils t’offrent pour eux-mêmes et tous les leurs ce sacrifice de louange ». Et on parle bien sûr d’offrande partout.
On peut aussi faire le lien ici avec la glorification chez Saint Jean dont on a parlé auparavant, et qui trouve son accomplissement ultime dans la glorification du Christ sur la Croix.
c) La louange et l’adoration
On touche là au lien mystérieux, qui est la trame de toute notre vie chrétienne, entre louange, offrande, sacrifice, prière, et fondamentalement adoration.
La louange est une prière où je m’offre moi-même pour la célébration de la gloire de Dieu. C’est une prière d’adoration de Dieu Tout-Puissant, bon et aimant. Lien profond et direct entre adoration et louange.
Pour les communautaires : on est parfois étonné que la louange n’apparaisse pas dans les trois piliers de la communauté (adoration, compassion, évangélisation). Mais évidemment elle y est ! Notre louange est notre adoration de Dieu et du cœur de Jésus. Je loue parce que j’adore.
La louange nous fait aussi entrer dans l’humilité (« qu’as-tu que tu n’aies reçu » - 1Co4,7), la confiance, la foi…
a) La louange dialogue
Vous aurez noté tout à l’heure que Jésus « [exulte] de joie sous l’action de l’Esprit Saint » et c’est cela qui le pousse à la prière et à la louange. Bien sûr, c’est toujours l’Esprit Saint qui prie en nous.
« Bien plus, l’Esprit Saint vient au secours de notre faiblesse, car nous ne savons pas prier comme il faut. L’Esprit lui-même intercède pour nous par des gémissements inexprimables. » - Rm8,26
La louange n’est jamais un pur acte de notre volonté, où on se tournerait vers Dieu à la force de notre poignet. C’est une initiative divine. C’est une réponse de notre part. C’est donc un dialogue.
b) L’effusion de l’Esprit
Dans l’Ancien Testament, Dieu envoie son Esprit sur certains hommes pour qu’ils agissent en son nom, notamment en s’adressant au peuple ou à une personne en particulier (le roi) pour lui donner une parole, sous quelque forme que ce soit (image, exhortation…). C’est par exemple le cas de Moïse, qui adresse cette prière à Dieu :
« Ah ! Si le Seigneur pouvait faire de tout son peuple un peuple de prophètes ! Si le Seigneur pouvait mettre son esprit sur eux ! » - Nb11,29
Quand on lit les Actes des Apôtres, c’est saisissant. L’Esprit est vraiment celui qui les guide. On pense à Philippe envoyé parler à l’eunuque, l’envoi en mission de Paul, et évidemment la Pentecôte (on peut détailler cette partie-là, il y a vraiment des tartines à mettre). D’ailleurs le texte fait explicitement référence à l’Ancien Testament :
« Mais ce qui arrive a été annoncé par le prophète Joël : Il arrivera dans les derniers jours, dit Dieu, que je répandrai mon Esprit sur toute créature : vos fils et vos filles prophétiseront, vos jeunes gens auront des visions, et vos anciens auront des songes. Même sur mes serviteurs et sur mes servantes, je répandrai mon Esprit en ces jours-là, et ils prophétiseront. » - Ac1,16-18
C’est l’accomplissement de cette immense promesse prophétique : l’envoi de l’Esprit à tout le peuple de Dieu, avec pour conséquence le don de prophétie qui devient commun.
Nous sommes rentrés dans une nouvelle ère, celle des derniers jours, des fins dernières. Le Royaume s’est approché, et tous nous vivons de l’Esprit et sommes prophètes (cf. baptême). Depuis la Pentecôte, l’Eglise et quelque part le monde entier a reçu comme une immense effusion de l’Esprit qui est désormais donné à tous.
La louange (et l’ensemble de notre vie de prière et de notre vie tout court, raison pour laquelle on n’exerce pas les charismes seulement pendant la louange) n’est donc pas seulement un lieu où nous parlons à Dieu, mais un lieu où nous sommes aussi à son écoute, un lieu où lui nous parle, en vertu de ce dialogue et de cette entrée dans la vie nouvelle et l’intimité avec Dieu.
Donc la vie charismatique n’est pas une option ! C’est l’essence même de la vie chrétienne !
« L’acquisition de l’Esprit Saint est le but de toute vie chrétienne. » - Saint Séraphin de Sarov
Toute la tradition, plus encore toute la vie de l’Eglise ne parle que de ça ! On va citer dans les minutes qui viennent Saint Paul et l’Ecriture Sainte, Saint Augustin, Saint Thomas d’Aquin, le Concile Vatican II, mais on pense encore à d’innombrables vies de saints : de Saint François et les fransiscains, à Bernadette Soubirous, à la vie de n’importe quel saint. Dieu intervient, et fait de nous des instruments pour sa gloire.
En fait vous croyez que le monde n’est plus le même depuis la mort et la résurrection de Jésus ou pas ? Vous croyez que fondamentalement tout est changé, que la trame même de l’univers et de la vie humaine ont été radicalement modifié, que le baptême a profondément changé votre nature même, que le Royaume s’est approché ou pas ?
Pour faire simple, un charisme est une grâce qui est donné à l’un pour le bien de tous.
« Il faut distinguer deux espèces de grâces. La première unit l’homme lui-même à Dieu. Et la seconde fait qu’un homme aide un autre à se tourner vers Dieu. Cette dernière grâce s’appelle charisme et, concédée à l’homme, elle dépasse et la puissance de sa nature et ses mérites personnels. D’autre part, elle n’est pas donnée pour que celui qui la reçoit y trouve la sainteté mais qu’il coopère à la sainteté d’un autre. » - Saint Thomas d’Aquin
Notamment : les paroles, en tout genre : prophétie, texte, image, exhortation, science, etc. Cf. Saint Paul dans 1Co12.
On note bien que c’est cette grâce charismatique qui fait notre collaboration à l’œuvre du salut dans le monde (comme pauvres instruments) et qui fait l’unité et la constitution même de l’Eglise.
« Et les dons qu’il a faits, ce sont les Apôtres, et aussi les prophètes, les évangélisateurs, les pasteurs et ceux qui enseignent. De cette manière, les fidèles sont organisés pour que les tâches du ministère soient accomplies et que se construise le corps du Christ, jusqu’à ce que nous parvenions tous ensemble à l’unité dans la foi et la pleine connaissance du Fils de Dieu, à l’état de l’Homme parfait, à la stature du Christ dans sa plénitude. Alors, nous ne serons plus comme des petits enfants, nous laissant secouer et mener à la dérive par tous les courants d’idées, au gré des hommes qui emploient la ruse pour nous entraîner dans l’erreur. » - Eph4,11-14
Pas besoin de détailler les différents charismes une fois qu’on a dit ça.
Ce qu’on peut dire en revanche pour leur exercice :
Il faut les demander ! Invoquer l’Esprit, etc. Ça fait partie de la louange (ou alors vous louer face à un mur et ce n’est plus un dialogue avec Dieu – cela dit il parle s’il veut), et ça fait partie de la mission. Dire « Seigneur que veux-tu nous dire / que nous fassions ? Je me rends disponible, à ton écoute. Je te demande tes charismes. »
Apprendre petit à petit à faire soi-même le tri entre ce qui est humain et ce qui demeure de façon surnaturelle (exemple perso)
Discerner avec son frère (parler de l’expérience des louanges où tout se recoupe).
Laissez le Seigneur entrer dans votre vie.
Un point un peu particulier.
« Rassure-toi. Il t'indique la manière de chanter. Ne t'occupe pas de chercher les mots comme si tu pouvais mettre en forme une musique capable de plaire à Dieu. Contente-toi de jubiler. Bien chanter devant Dieu, c'est jubiler. Mais qu'est-ce à dire ? C'est renoncer à comprendre, c'est renoncer à dire avec des mots ce qui se chante dans le coeur. Voyez ceux qui chantent, moissonneurs, vendangeurs ou autres, leur joie s'allume d'abord aux paroles des chansons, mais bientôt elle les envahit, et des paroles seraient impuissantes à la déployer encore, alors ils laissent mots et syllabes et l'on n'entend plus que leur jubilation. Musique sans paroles parce que le coeur veut mettre au jour ce qui ne peut se dire. Tu ne peux dire ce qu'il est et tu ne dois pas non plus garder le silence, alors que faire sinon jubiler, ouvrir son coeur à une joie qui n'aura plus à chercher de mots, dilater sa joie immensément bien au-delà des bornes des syllabes ? » - Saint Augustin, Commentaire du Psaume 32
D’abord le chant en langue peut être non pas un charisme mais une simple prière (qui est aussi un charisme dans la mesure où (a) toute prière est inspirée par l’Esprit ; (b) elle ouvre le cœur de mes frères à la prière). Je décide de chanter en langue, tout simplement, en abandonnant les mots.
(Faire explication classique, je me passe de mots, je prie avec le cœur, etc. Éventuellement : « je sais pas comment te dire ce que je peux pas écrire », etc.)
Parfois c’est aussi un vrai charisme donné par l’Esprit qui inspire très nettement la prière. Il ouvre le cœur de tous les frères aux charismes et à la prière. C’est un peu le « bélier » du Seigneur pour fracturer les verrous de notre cœur et nous faire rentrer pleinement dans la louange et l’écoute de sa parole. (Exemple : mon expérience).
La meilleure façon de comprendre le chant en langue… c’est de chanter en langue. Allez-y, c’est franchement pas sorcier.
« Ainsi les âmes qui portent l’Esprit, illuminées par l’Esprit, deviennent-elles spirituelles aussi et renvoient-elles sur les autres la grâce. De là viennent : la prévision de l’avenir, l’intelligence des mystères, la compréhension des choses cachées, les distributions des dons de grâce, la citoyenneté céleste, la danse avec les anges, la joie sans fin, la durée en Dieu, la ressemblance avec Dieu, et le comble du désirable : devenir Dieu. » - Saint Basile, Sur le Saint Esprit