Je commence par un petit témoignage : un jour le Seigneur m’a demandé de façon très claire si je l’aimais, et je me suis rendu compte que non, ça me paraissait pas une évidence, et que je lui avais jamais dit un truc comme ça, je n’en voyais pas l’intérêt. Je lui faisais des demandes des trucs, je le remerciais pour ce qu’il me donnait, et je lui demandais pardon quand j’avais fait des conneries …il était cool quoi, mais est-ce qu’il avait besoin de mon amour ?
J’ai réalisé que Dieu est pas juste là pour nous aider et nous donner des trucs, Dieu c’est une personne, et plus que tout c’est un être de relation, et il désire infiniment que je l’aime, et sans cesse il me demande comme à Pierre : « Jean, m’aime tu ? »
Pourquoi est-ce je parle de ça au début d’un topo sur la prière ? Parce qu'il faut savoir ce que nous devons chercher en premier dans la prière. Bien sûr on demande des choses, on remercie, on demander pardon, mais c’est une conséquence du fait qu’on veut construire une relation avec Lui ! C’est marquant quand on voit que Jésus a besoin lui aussi de la prière : il se retire pour prier, pour être en relation avec son Père, alors même qu’Il est lui-même Dieu ! Pour construire une relation avec Dieu dans notre corps terrestre, nous avons ABSOLUMENT BESOIN de la prière.
« En dehors de moi vous ne pouvez rien faire »
Si nous voulons porter du fruit, si nous voulons tenir lorsqu’il y a des souffrances et si nous voulons être capable de vivre et transmettre l’amour de Dieu malgré ça, nous avons besoin être accroché au cœur de Jésus, il faut puiser la force dans ce cœur brûlant d’amour. Saint Jean est le seul apôtre qui est allé jusqu’au pied de la croix. Pourquoi ? Parce que juste avant il reposait sur le cœur de Jésus, il s’était rempli de cet amour qui lui a permis de tenir malgré la souffrance. Cette force ne venait pas de Lui, il l’a reçue parce qu'il a contemplé l’amour du Christ.
De même Jésus prie avant sa Passion pour puiser cette force en son Père. Si même Lui il en a besoin, que dire de nous ?
Source essentielle : Laurent Landete, Comment prier chaque jour
Nous avons tous de nombreuses occupations qui nous dispersent. L’épisode de Marthe et Marie l’illustre bien : « Marthe, tu t’agites pour bien des choses, une seule est nécessaire. » Il nous est souvent difficile de faire silence dans nos vies, car nous sommes submergés par une multitude de préoccupations. Pourtant, il est essentiel de trouver un lieu et des conditions favorables pour entrer dans un véritable silence intérieur — lequel passe fréquemment par un silence extérieur.
À titre d’exemple, je sais que pour parvenir à me concentrer et à entrer dans ce recueillement intérieur, afin de quitter mes préoccupations et me tourner pleinement vers Jésus, j’ai besoin d’un signe qui me ramène constamment à Lui : une icône, la présence du Saint-Sacrement, ou un autre repère. Ainsi, lorsque j’organise mon temps de prière pour le lendemain, je veille à prendre en considération l’endroit où je serai, la tranquillité qui y régnera et les moyens dont je disposerai pour favoriser ce silence intérieur.
Pour entrer dans le silence, il peut être aidant de commencer par déposer devant le Seigneur tout ce qui nous habite : nos soucis, nos joies, nos colères, nos inquiétudes. On peut lui dire les choses comme elles viennent, sans filtre, parfois même avec rudesse. L’important est de ne pas garder tout cela pour soi. Une fois qu'on a confié à Dieu ce que l'on porte, on a le cœur est plus léger, plus paisible, et il devient alors possible d’entrer dans un véritable silence intérieur. C’est pourquoi il est précieux de commencer chaque temps de prière par un moment de « déchargement » de ce qui nous encombre, afin de s’ouvrir ensuite à la présence de Dieu.
Un écueil fréquent, lorsque nous prions, est de vouloir surtout parler, alors même que nous avons l’impression que Dieu ne répond pas. Or, l’Évangile de Marthe et Marie nous rappelle que « la meilleure part », c’est l’écoute. La prière n’est pas d’abord raconter notre vie à Dieu, mais recevoir Sa Parole. Il est donc essentiel de réserver dans notre prière un temps consacré à l’écoute de la Parole de Dieu : par la lecture de la Bible, des textes liturgiques du jour, ou encore d’un passage suivi lu sur plusieurs jours. Le but est de se demander : « Qu’est-ce que le Seigneur cherche à me dire à travers ce texte ? »
Pour favoriser cette écoute, un carnet spirituel peut être très utile. On peut y noter les versets qui nous touchent, même si on ne les comprend pas encore, ainsi que les intuitions, les réflexions ou les questions qui surgissent. Certains préfèrent un support numérique (comme un document sur téléphone ou ordinateur), afin de l’avoir toujours sous la main. Avec le temps, en relisant ces notes, on se rend souvent compte que le Seigneur préparait déjà notre cœur à des choix ou à des réponses qui ne deviennent clairs que plus tard.
Un autre aspect fondamental de la prière est ce qu’on pourrait appeler la gratuité de l’adoration. Le Seigneur attend que nous l’aimions non pas seulement pour ce qu’Il nous donne, mais pour ce qu’Il est. Cela peut sembler difficile : rester tourné vers Lui sans rien demander ni attendre. On peut s’aider en répétant des phrases toutes simples, comme « Je t’aime, Seigneur Jésus », afin d’éveiller en nous un amour gratuit. Ce temps de gratuité est précieux, car il nous apprend à aimer Dieu pour Lui-même, et à ouvrir notre cœur pour recevoir son amour en retour.
Vient ensuite la prière de demande. C’est souvent la forme de prière qui nous est la plus spontanée. Et c’est normal : Jésus lui-même nous invite à demander. Il ne faut donc pas hésiter à présenter au Seigneur nos besoins, petits ou grands, en toute confiance.
Enfin, un conseil pratique très concret : le premier « accessoire » de la prière, c’est la montre. Fixer un temps et s’y tenir est essentiel. C’est souvent quand la fatigue ou la distraction se fait sentir, et que l’on choisit malgré tout de persévérer, que l’on reçoit les grâces les plus profondes.
Si on attend d’avoir envie de prier pour prier, on ne va jamais avancer. Il faut être complètement rationnel - et pas émotionnel - dans la prévision de son temps de prière.