1859, Charles Blondin, chute du Niagara. Premier AR seul sur son fil, tout le monde applaudit. Propose de de faire un deuxième AR avec quelqu'un sur ses épaules : grand silence... Est-ce que j'applaudis Dieu de loin ? Ou est-ce que je lui fais vraiment confiance ?
La première question que l’on peut peut-être se poser c’est “Pourquoi faire confiance à Dieu ?”. La première chose à dire pour répondre à cela c’est peut-être de reprendre les mots de Jésus lui-même : “Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin des temps” (Mt 28;20). Par cette phrase, Jésus nous signifie qu’il est réellement présent auprès de nous à chaque instant. Ce qui veut dire qu’il s’intéresse à toute notre vie, dans ses détails et ses éléments les plus pratiques. Tout le concerne ! C’est parfois le premier obstacle que nous opposons à la confiance en Dieu : “Ça ne le concerne pas”, “c’est trop bête”... Les choses nous semblent parfois si terre à terre qu’on ne pense même pas à Lui en parler, alors que c’est ce qu’Il nous demande et ce qu’Il veut pour nous.
Pourquoi faire confiance ? Une deuxième réponse nous est donnée par l’Ecriture. Dans tout l’Ancien Testament, les Psaumes et les prophètes chantent et acclament le Seigneur comme le Roc, la Citadelle, le Rocher. On peut par exemple prendre le Psaume 61, qui en conclut : “Je suis inébranlable”. C’est ce que le Seigneur veut pour nous, c’est ce que nous sommes appelés à vivre avec Lui au quotidien. Mais pour qu’Il soit vraiment notre forteresse imprenable, il faut que nous acceptions de nous appuyer sur Lui, de nous reposer sur Lui. Si nous nous abandonnons à Lui en toute confiance, alors il sera notre Défenseur et en vérité nous serons inébranlables. Dans le Nouveau Testament, lorsque Jésus visite ses disciples après sa Résurrection, il leur annonce : “La Paix soit avec vous”. Lorsque nous acceptons que Dieu soit avec nous, alors nous sommes dans la paix, une paix profonde. En fait, c’est le fruit profond de la confiance en Dieu et de l’abandon.
Enfin si nous faisons confiance à Dieu c’est parce que nous savons qu’Il est “le seul Bon”. Il nous a voulu, nous a créé, nous aime et nous sauve. Il est Tout-Puissant et veut nous mener au plus grand bonheur. Il nous connaît mieux que nous-mêmes et veut notre bien.
Si on résume, nous sommes appelés à faire confiance à Dieu par tout l’Ecriture, car Dieu Père très aimant nous accompagne dans chaque instant de notre vie, aussi pauvre soit-il. Le premier fruit de la confiance en Dieu est la Paix, une paix profonde, mais aussi la joie, une joie que rien ne pourra nous retirer.
Il y a un très beau chant qui dit “Aimer c’est tout donner, et se donner soi-même.” Faire confiance à Dieu s’en remettre à Lui, c’est mettre en pratique l’amour que nous avons pour Lui. C’est choisir de l’aimer au point de vouloir faire Sa volonté en toute chose. C’est l’aimer au point de nous en remettre pleinement à Lui dans le doute, l’épreuve ou le questionnement. C’est se laisser guider par lui pour vivre avec Lui. Celui qui nous montre l’exemple, c’est bien sûr Jésus, qui a parfaitement accompli la volonté de son Père, jusqu’au bout. Tout l’évangile est l’illustration de cette relation de confiance, de cette union intime entre le Fils et le Père à travers l’abandon de Jésus. On pourrait reprendre toute la Passion bien sûr. On peut aussi reprendre l’épisode de la tempête apaisée (Marc 4;35-41). Alors que les Apôtres traversent le lac, la tempête se lève. Les disciples paniquent tandis que Jésus dort. Alors bien sûr on peut lire le passage en disant que les Apôtres auraient du avoir confiance en Jésus qui était avec eux même s’il dormait. Mais on peut aussi dire que Jésus montre l’exemple aux Apôtres. Malgré la violence de la tempête, Lui reste endormi. Il ne s’inquiète pas, ne s’agite pas, ne se trouble pas. Il est dans la Paix ! Car il a toute confiance en son Père qui est avec Lui. Faire confiance à Dieu, c’est comme Jésus croire à tout instant que notre Père est présent, avec nous, qu’Il prend soin de nous. Première aspect donc : faire confiance c’est s’en remettre à Sa divine Providence même lorsque les éléments se déchainent et donc rester profondément en paix. (Témoignage)
Deuxième aspect: faire confiance c’est accepter et choisir la Volonté du Père, même lorsqu’elle nous parait dure ou incompréhensible. C’est en toute chose choisir de faire sa Volonté. L’exemple c’est bien sûr la Passion du Christ. Toute l’agonie de Jésus au mont des Oliviers montre bien que cela peut-être difficile ! La confiance est un grand lieu de combat spirituel, d’affrontement violent. Jésus lui même n’en est pas exempt. De plus Jésus nous montre bien que faire confiance au Très-Haut, ce n’est pas abandonner sa liberté ! Il formule bien une demande à son Père : “que cette coupe passe loin de moi” (Mt26;39) Mais il choisit en dernier recours de faire la volonté de Dieu : “cependant non pas ce que je veux mais ce que tu veux”. Dans un autre passage (Luc 9;51), Jésus se mettant en route pour Jérusalem “durcit son visage”. En toute connaissance de cause, il choisit la volonté de son Père, de L’aimer Lui aussi jusqu’au bout, ce qui ne va pas sans combat, épreuve. Mais c’est justement là que l’abandon se manifeste. Faire confiance à notre Père c’est donc choisir librement de faire sa volonté en toute chose.
La confiance en Dieu, c’est à la fois le passage obligé et le turbo de notre relation au Père. Notre foi, notre intimité avec le Christ grandit au rythme de la confiance en Lui. Pour cela je reprends juste deux petits exemples : Nick Vujicic (“do you trust me”) et la parabole du vélo (phare et dynamo, il faut avancer pour voir plus loin).
Si on se résume, nous sommes appelés à faire confiance à notre Père plein d’amour pour notre vie toute entière, c’est-à-dire faire sa volonté lorsque nous avons un choix à poser, petit ou grand, et s’en remettre à Lui dans la paix dans les épreuves, l’incompréhension et même dans la vie quotidienne banale, croyant qu’Il nous mène et nous guide ! Alors quelle clé pour vivre de cela concrètement ?
Eh bien la clé ultime c’est toujours la même, vous la connaissez : la prière ! Comment lui remettre ce que nous vivons si nous ne Lui parlons pas ? Comment connaître Sa volonté si nous n’écoutons pas ce qu’il met dans notre coeur ? Lorsqu’on parle de prière, c’est à la fois la prière d’oraison pour l’intériorité et la prière perpétuelle pour se remettre à chaque instant à lui. On peut par exemple prendre la prière de Saint Claude de la Colombière ou celle de Charles Foucault.
Dernière chose, il nous faut apprendre à faire une véritable prière de confiance, une prière qui ressemble à celle de Jésus au mont des Oliviers. Souvent nous demandons comme les Apôtres qui réveillent Jésus sur le lac en panique. Demandons comme Jésus.