Donner aux participants ce récit continu de la Passion-Résurrection tissé à partir des quatre évangiles dans un concordisme un peu marcionite… Poser ces trois questions :
Regarder les différents acteurs. Qui conduit Jésus à la mort, est « responsable » de sa mort ?
Regarder son procès et sa crucifixion. Que reproche-t-on à Jésus ?
Regarder les paroles de Jésus. Que dit-il de sa propre mort, de son fruit, de son but ?
a) Le dernier repas (Jeudi Saint)
Avant la fête de la Pâque, sachant que l’heure était venue pour lui de passer de ce monde à son Père, Jésus, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’au bout. Au cours du repas , alors que le diable a déjà mis dans le cœur de Judas, fils de Simon l’Iscariote, l’intention de le livrer, Jésus, sachant que le Père a tout remis entre ses mains, qu’il est sorti de Dieu et qu’il s’en va vers Dieu, se lève de table, dépose son vêtement, et prend un linge qu’il se noue à la ceinture ; puis il verse de l’eau dans un bassin. Alors il se mit à laver les pieds des disciples et à les essuyer avec le linge qu’il avait à la ceinture. Jn 13,1-5
Ayant pris du pain et prononcé la bénédiction, il le rompit et, le donnant aux disciples, il dit : « Prenez, mangez : ceci est mon corps. » Puis, ayant pris une coupe et ayant rendu grâce, il la leur donna, en disant : « Buvez-en tous, car ceci est mon sang, le sang de l’Alliance, versé pour la multitude en rémission des péchés. Je vous le dis : désormais je ne boirai plus de ce fruit de la vigne, jusqu’au jour où je le boirai, nouveau, avec vous dans le royaume de mon Père. » Mt 26,26-29
b) L’agonie et le « procès » nocturne
Puis Jésus parvient avec eux à un domaine appelé Gethsémani et leur dit : « Asseyez-vous ici, pendant que je vais là-bas pour prier. » Il emmena Pierre, ainsi que Jacques et Jean, les deux fils de Zébédée, et il commença à ressentir tristesse et angoisse. Il leur dit alors : « Mon être se voile d’une tristesse de mort. Restez ici et veillez avec moi. » Allant un peu plus loin , il tomba face contre terre en priant, et il disait : « Mon Père , s’il est possible, que cette coupe passe loin de moi ! Cependant, non pas comme moi, je veux, mais comme toi, tu veux. » Puis il revient vers ses disciples et les trouve endormis. […] Judas, l’un des Douze, arriva, et avec lui une grande foule armée d’épées et de bâtons, envoyée par les grands prêtres et les anciens du peuple. Celui qui le livrait leur avait donné un signe : « Celui que j’embrasserai, c’est lui : arrêtez-le. » Aussitôt, s’approchant de Jésus, il lui dit : « Salut, Rabbi ! » Et il l’embrassa. Mt 26,36-41.44-46
Ceux qui avaient arrêté Jésus l’amenèrent devant Caïphe, le grand prêtre, chez qui s’étaient réunis les scribes et les anciens. […] Cependant Pierre était assis dehors dans la cour. […] ceux qui se tenaient là s’approchèrent et dirent à Pierre : « Sûrement, toi aussi, tu es l’un de ses disciples ! Il se mit à protester violemment et à jurer : « Je ne connais pas cet homme. » Et aussitôt un coq chanta. Alors Pierre se souvint de la parole que Jésus lui avait dite : « Avant que le coq chante, tu m’auras renié trois fois. » Il sortit et, dehors, pleura amèrement. Mt 26,57.69.73-75
On fit comparaître Jésus devant Pilate, le gouverneur. […] Ils lui dirent : « Nous avons une Loi, et suivant la Loi il doit mourir, parce qu’il s’est fait Fils de Dieu. » […] Pilate leur dit : « Vais-je crucifier votre roi ? » Les grands prêtres répondirent : « Nous n’avons pas d’autre roi que l’empereur. »
c) La mort de Jésus (Vendredi Saint)
Alors, il leur livra Jésus pour qu’il soit crucifié. […] On crucifia avec lui deux bandits, l’un à droite et l’autre à gauche. Mt 27,11 ; Jn 19,7.15-16 ; Mt 27,38
Le peuple restait là à observer. Les chefs tournaient Jésus en dérision et disaient : « Il en a sauvé d’autres : qu’il se sauve lui-même, s’il est le Messie de Dieu, l’Élu ! » L’un des malfaiteurs suspendus en croix l’injuriait : « N’es-tu pas le Christ ? Sauve-toi toi-même, et nous aussi ! » Mais l’autre lui fit de vifs reproches : « Tu ne crains donc pas Dieu ! Tu es pourtant un condamné, toi aussi ! Et puis, pour nous, c’est juste : après ce que nous avons fait, nous avons ce que nous méritons. Mais lui, il n’a rien fait de mal. » Et il disait : « Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras dans ton Royaume. » Jésus lui déclara : « Amen, je te le dis : aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le Paradis. » Lc 22,35.39-43
Vers la neuvième heure, Jésus cria d’une voix forte : « Éli, Éli, lema sabactani ? », ce qui veut dire : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » Et Jésus, poussant de nouveau un grand cri, rendit l’esprit. À la vue de ces événements, le centurion et ceux qui, avec lui, gardaient Jésus, furent saisis d’une grande crainte et dirent : « Vraiment, celui-ci était Fils de Dieu ! » Mt 27,46.50.54
À l’endroit où Jésus avait été crucifié, il y avait un jardin et, dans ce jardin, un tombeau neuf dans lequel on n’avait encore déposé personne. À cause de la Préparation [de la Pâque] juive, et comme ce tombeau était proche, c’est là qu’ils déposèrent Jésus. Jn 19,41-42
d) Jésus au tombeau (Samedi Saint)
e) La Résurrection (Dimanche de Pâques)
Après le sabbat, à l’heure où commençait à poindre le premier jour de la semaine, Marie Madeleine et l’autre Marie vinrent pour regarder le sépulcre. Et voilà qu’il y eut un grand tremblement de terre ; l’ange du Seigneur descendit du ciel, vint rouler la pierre et s’assit dessus. Il avait l’aspect de l’éclair, et son vêtement était blanc comme neige. L’ange prit la parole et dit aux femmes : « Vous, soyez sans crainte ! Je sais que vous cherchez Jésus le Crucifié. Il n’est pas ici, car il est ressuscité, comme il l’avait dit. Venez voir l’endroit où il reposait. Puis, vite, allez dire à ses disciples : “Il est ressuscité d’entre les morts, et voici qu’il vous précède en Galilée ; là, vous le verrez.” » Vite, elles quittèrent le tombeau, remplies à la fois de crainte et d’une grande joie, et elles coururent porter la nouvelle à ses disciples. En chemin, voici que Jésus vint à leur rencontre et leur dit : « Je vous salue. » Elles s’approchèrent, lui saisirent les pieds et se prosternèrent devant lui. Alors Jésus leur dit : « Soyez sans crainte, allez annoncer à mes frères qu’ils doivent se rendre en Galilée : c’est là qu’ils me verront. » Mt 28,1-10
Donnés aux catéchumènes pour lecture personnelle en dehors de la séance.
a) La préfiguration : Isaïe 52-53
13 Mon serviteur réussira, dit le Seigneur ; il montera, il s’élèvera, il sera exalté !
14 La multitude avait été consternée en le voyant, car il était si défiguré qu’il ne ressemblait plus à un homme ; il n’avait plus l’apparence d’un fils d’homme.
15 Il étonnera de même une multitude de nations ; devant lui les rois resteront bouche bée, car ils verront ce que, jamais, on ne leur avait dit, ils découvriront ce dont ils n’avaient jamais entendu parler.
01 Qui aurait cru ce que nous avons entendu ? Le bras puissant du Seigneur, à qui s’est-il révélé ?
02 Devant lui, le serviteur a poussé comme une plante chétive, une racine dans une terre aride ; il était sans apparence ni beauté qui attire nos regards, son aspect n’avait rien pour nous plaire.
03 Méprisé, abandonné des hommes, homme de douleurs, familier de la souffrance, il était pareil à celui devant qui on se voile la face ; et nous l’avons méprisé, compté pour rien.
04 En fait, c’étaient nos souffrances qu’il portait, nos douleurs dont il était chargé. Et nous, nous pensions qu’il était frappé, meurtri par Dieu, humilié.
05 Or, c’est à cause de nos révoltes qu’il a été transpercé, à cause de nos fautes qu’il a été broyé. Le châtiment qui nous donne la paix a pesé sur lui : par ses blessures, nous sommes guéris.
06 Nous étions tous errants comme des brebis, chacun suivait son propre chemin. Mais le Seigneur a fait retomber sur lui nos fautes à nous tous.
07 Maltraité, il s’humilie, il n’ouvre pas la bouche : comme un agneau conduit à l’abattoir, comme une brebis muette devant les tondeurs, il n’ouvre pas la bouche.
08 Arrêté, puis jugé, il a été supprimé. Qui donc s’est inquiété de son sort ? Il a été retranché de la terre des vivants, frappé à mort pour les révoltes de son peuple.
09 On a placé sa tombe avec les méchants, son tombeau avec les riches ; et pourtant il n’avait pas commis de violence, on ne trouvait pas de tromperie dans sa bouche.
10 Broyé par la souffrance, il a plu au Seigneur. S’il remet sa vie en sacrifice de réparation, il verra une descendance, il prolongera ses jours : par lui, ce qui plaît au Seigneur réussira.
11 Par suite de ses tourments, il verra la lumière, la connaissance le comblera. Le juste, mon serviteur, justifiera les multitudes, il se chargera de leurs fautes.
b) L’annonce : Actes 2
14 Alors Pierre, debout avec les onze autres Apôtres, éleva la voix et leur fit cette déclaration :
22 Hommes d’Israël, écoutez les paroles que voici. Il s’agit de Jésus le Nazaréen, homme que Dieu a accrédité auprès de vous en accomplissant par lui des miracles, des prodiges et des signes au milieu de vous, comme vous le savez vous-mêmes.
23 Cet homme, livré selon le dessein bien arrêté et la prescience de Dieu, vous l’avez supprimé en le clouant sur le bois par la main des impies.
24 Mais Dieu l’a ressuscité en le délivrant des douleurs de la mort, car il n’était pas possible qu’elle le retienne en son pouvoir.
25 En effet, c’est de lui que parle David dans le psaume : Je voyais le Seigneur devant moi sans relâche : il est à ma droite, je suis inébranlable.
31 Il a vu d’avance la résurrection du Christ, dont il a parlé ainsi : Il n’a pas été abandonné à la mort, et sa chair n’a pas vu la corruption.
32 Ce Jésus, Dieu l’a ressuscité ; nous tous, nous en sommes témoins.
33 Élevé par la droite de Dieu, il a reçu du Père l’Esprit Saint qui était promis, et il l’a répandu sur nous, ainsi que vous le voyez et l’entendez.
a) Jésus n’est pas seulement un exemple
Quelqu’un qui nous montre l’exemple (de ce que nous devons faire). Quelqu’un qui nous montre, nous explique, nous apprend qui est Dieu. « Je crois en Jésus » = Je crois que ce qu’il dit est vrai, je veux suivre son enseignement.
Pas tout à fait faux bien sûr, mais gravement insuffisant.
Croire que ce que Jésus dit est vrai et vouloir suivre son exemple, c’est un beau début, mais ce n’est pas être chrétien.
b) Jésus annonce que c’est lui-même qui sauve
Il y a peu je lisais un passage d’un livre récent, où l’auteur essayait de présenter Jésus. Il disait « Jésus a prêché l’amour universel et la non-violence ». C’est quelque chose qu’on peut entendre souvent autour de nous.
Bien sûr là encore ce n’est pas complètement faux, mais c’est tellement réducteur que ça finit par le devenir.
Par exemple, on répète souvent la phrase de Jésus « aimez-vous les uns les autres » (Jn 13,34). Mais la phrase continue ! « Comme je vous ai aimés, aimez-vous les uns les autres. » Jésus ne parle pas de l’amour en général. Il nous dit que le repère absolu, c’est son propre amour, c’est lui. Il le dit encore un peu plus loin : son commandement c’est « demeurez dans mon amour » (Jn 15,9) Il ne s’agit pas d’aimer « en général », mais d’aimer de son amour à lui, que ce soit son amour à lui qui nous fasse vivre.
Ou encore, on dit « Jésus a parlé d’un chemin pour aller vers Dieu ». Mais que dit vraiment Jésus ? « Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie. » (Jn 14,6) Jésus n’a pas donné un chemin, il a dit je suis le chemin. Le chemin, c’est moi ! Et il nous dit « le chemin », au singulier. Donc : c’est lui qui nous fait avancer, c’est avec lui qu’on avance, et seulement avec lui.
Jésus n’a pas prêché l’amour universel : il a annoncé qui lui seul est l’amour véritable de Dieu. Le message de Jésus, c’est Jésus. Dire autre chose, c’est n’avoir vraiment rien écouté de ce que dit Jésus !
D’ailleurs, pourquoi Jésus est condamné à mort (2ème question sur les textes). Pas à cause de ses discours, pas à cause de ses miracles, mais parce qu’il s’est présenté comme le Fils de Dieu, Dieu lui-même. Ce ne sont pas ses réponses qui dérangent, mais qu’il dise « JE suis la réponse ». On voit que dire « très bien pour le "discours sur l’amour" de Jésus, mais en revanche ce n’est pas le Fils de Dieu », c’est exactement le discours des pires opposants à Jésus.
c) Jésus doit lui-même changer notre vie
Donc pour en revenir à la première question : ça ne suffit pas que Jésus nous « indique un chemin » si en réalité il est lui-même le Chemin. Si Jésus nous dit « et l’eau que je lui donnerai deviendra en lui une source d’eau jaillissant pour la vie éternelle » (Jn 4,14), il ne suffit pas qu’il nous donne un exemple « de l’extérieur » : il faut qu’il nous change de l’intérieur, qu’il soit la source en nous.
a) Qu’est-ce qui a besoin d’être transformé en nous ?
Expérience du Carême : je n’y arrive pas.
« Je fais le mal que je ne veux pas faire, je ne fais pas le bien que je veux faire. » (Rm)
Plus profondément : difficulté à aimer ; cœur blessé ; peine infinie à croire que je suis aimé ; à croire que Dieu est bon ; qu’il n’est pas lointain ; que son amour n’est pas « sous conditions ».
En fait : marqué par le péché ; le mien ; celui des autres ; celui qui marque l’humanité entière depuis le péché originel. Refus de Dieu. « Le péché est un attentat contre l’amour de Dieu. » Et : incapable de m’en sortir par moi-même.
Ce péché, nous le portons tous. Donc qui a rejeté Jésus, a voulu sa mort (question sur texte) ? En réalité : tout le monde, disciples, juifs, païens.
b) Les conséquences du péché
La coupure avec Dieu, que je rejette.
Or Dieu est la source de mon être, la source de toute vie et de tout bien.
Donc la mort : une forme de mort intérieure (comme une nécrose, une momification intérieure) ; et la mort tout court.
C’est de ça que j’ai besoin d’être sauvé par Jésus ! Pas juste d’une belle leçon de morale.
a) Le choix libre et aimant de Dieu (Jeudi Saint)
Dieu aurait très bien pu choisir de nous abandonner. Puisque c’est nous-mêmes qui avons choisi de le rejeter ! Mais Dieu choisi parfaitement librement de venir nous rechercher. Sans que rien ne l’y oblige. C’est un donc un cadeau gratuit de sa part, un cadeau, d’autant plus immérité que nous n’avons pas « rien fait » pour le recevoir : nous avons tout fait pour ne pas le recevoir ! Et il nous le donne malgré tout.
Cette liberté, Jésus la montre tout au long de sa vie, mais tout particulièrement le Jeudi Saint.
« Ma vie nul ne la prend, mais c’est moi qui la donne. » Pourquoi Jésus est mort ? Parce qu’on l’a arrêté et tué. Mais non ! Parce qu’il a choisi de livrer sa vie. Jésus sait très bien ce qui va se passer, sait que Judas l’a trahi, etc. Et c’est sachant tout cela qu’il vient à Jérusalem, reste avec ses disciples, etc. Jésus se laisse arrêter, juger, tuer.
Acte décisif : institution de l’Eucharistie. « Ceci est mon corps, livré pour vous », « ceci est mon sang, versé pour vous ». Jésus choisit de donner sa vie. Alors que personne ne l’a encore arrêté, c’est lui qui décide de nous la donner, pour nous. Les Pères de l’Eglise ont souvent remarqué que si le corps et le sang sont séparés, c’est qu’il y a eu mort : ce corps a donné sa vie.
Pourquoi ce cadeau gratuit ? Par amour. Tout ce que Dieu fait, tout ce que Jésus fait, il le fait par amour.
Signe du lavement des pieds. Jésus lave les pieds de Pierre. Jésus lave les pieds de Judas.
« Sur la Croix, ce ne sont pas les clous, mais l’amour qui me retenait. » Jésus à Sainte Catherine de Sienne
D’où importance de vivre le Jeudi Saint ! (Aussi fête des prêtres)
b) Le salut commence à l’Incarnation
Jésus est un homme vrai. Quelque part le seul homme véritable qui ait marché sur cette terre (ecce homo). Un homme qui dit « oui » à Dieu, qui vit uni à Dieu, et donc est pleinement homme, homme debout.
Et du coup le péché est mis en échec. Le péché, qui était de refuser notre condition de créature, de refuser de tout recevoir de Dieu (et donc qui nous a amené à ne rien recevoir du tout) échoue lamentablement par l’Incarnation car le Verbe se fait chair et rend donc la chair de nouveau capable de recevoir de Dieu.
Jésus ouvre la divinisation : Dieu assume la nature humaine. « Dieu s’est fait homme pour que l’homme soit fait Dieu ». En la Personne de Jésus la divinité est unie à l’humanité, sans confusion ni séparation.
Par cela toute l’humanité qui est rendue capable de, comme le dit 2 P 1, 4 « être rendue participante de la nature divine ».
Mais insuffisant si Jésus ne touche pas le nœud du drame : le péché et la mort qu’il porte avec lui. « Les évangiles sont des récits de la Passion précédés d’une longue introduction. »
c) L’assomption du péché (Vendredi Saint)
La mise à mort de Jésus révèle la nature profonde du péché.
Rejet de Dieu, rejet homicide. Voilà ce à quoi conduit le péché, voilà ce qu’il est profondément : un rejet de Dieu jusqu’à la violence la plus abjecte contre lui.
Le péché détruit l’homme. Etat de Jésus sur la Croix. Décrit par Is. « La multitude avait été consternée en le voyant, car il était si défiguré qu’il ne ressemblait plus à un homme ; il n’avait plus l’apparence d’un fils d’homme. » (52,14) Alors qu’il est l’Innocent, le Juste (cf. bon larron).
Mais surtout l’attitude de Jésus sur la Croix (non réponse aux invectives, bon larron, paroles à Jean et Marie…) nous montre qu’il accepte de traverser tout cela pour nous. C’est le « par amour pour nous » que la Croix nous montre. « Il n’est pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime. »
Mais la Croix ne fait pas que nous « montrer » quelque chose, elle change quelque chose. Il se passe quelque chose.
Jésus, le Fils de Dieu, accepte de traverser ce déchainement du mal, lui qui n’a jamais commis le moindre mal. Et il continue à aimer, à refuser la moindre compromission avec ce mal.
Jésus accepte de traverser la mort, elle qui est « le salaire du péché », alors que lui n’a pas péché. Jésus n’aurait pas du mourir. Il vit ce que nous nous devons vivre.
Surtout, Jésus vit la séparation avec le Père. Alors qu’il est le Fils. Gethsémani, et surtout la croix : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » Il le vit d’une façon extrême. Donc Jésus porte le poids de tout notre péché. En mourant, Jésus a assumé tout le mal du monde, tous nos péchés. Dieu n’est pas sauveteur (la bouée lancée de loin) mais Sauveur. Il a porté ce péché (Ga 3, 13), Il a traversé le mal jusqu’au fond de son abîme (Samedi Saint).
Et le point décisif, c’est qu’il le vit dans l’amour de son Père, avec docilité et obéissance. En assumant librement, dans l’obéissance et l’amour du Père, cette séparation avec Dieu que notre orgueil et notre désobéissance avaient choisie, l’a retournée comme une chaussette. Dans le lieu du rejet, il vient inscrire l’amour de Dieu (dans les deux sens). Le péché est complètement vaincu.
Reprise :
En Jésus, Dieu porte pour nous le poids du mal jusqu’à sa dernière extrémité. Il l’assume personnellement.
Donc : l’amour de Dieu se rend présent précisément là où je le rejette. Où vient Jésus ? Précisément là où je le mets à mort, là où je le renie, là où je le crucifie. Et donc : plus rien ne peut réellement me couper de lui ! Même le péché, qui est coupure avec Dieu, ne me coupe plus de Dieu, puisque Dieu a accepté de porter en son Fils tout le poids de ce rejet.
Enfin, au cœur du déchaînement du mal, Jésus a inscrit le plus grand acte d’amour qui soit, amour, obéissance, fidélité à son Père, amour des hommes.
(Tout cela signifie aussi que Dieu se rend personnellement au présent au cœur de la souffrance, non pas de loin, mais personnellement, en la portant avec nous.)
D’où importance de vivre le Vendredi Saint, reconnaissance de la violence de mon péché qui blesse Dieu – c’est à cause de moi que Jésus est venu mourir sur la Croix –, mémoire de ce que Dieu s’est livré « jusqu’au bout » par amour pour moi – c’est pour moi que Jésus est venu mourir sur la Croix.
d) La victoire définitive (Pâques)
Si tout s’arrête là alors c’est terrible ! Le point décisif, c’est la résurrection.
La glorification. Quand Jésus ressuscite, c’est aussi un homme qui ressuscite. Et son union à Dieu est manifestée avec force et puissance – la mort n’a pas de prise sur lui. Un homme entre dans la vie divine, trinitaire.
Une brèche est ouverte dans le mur.
Finalement, c’est à la Résurrection que le péché est définitivement vaincu : au cœur du mal et de sa plus grande victoire qu’est la mort, resplendit la puissance de l’amour de Dieu. Je suis donc totalement pardonné ! Malgré mon péché, dont il s’est lui-même occupé, Dieu me propose une alliance nouvelle, un amour nouveau, une vie nouvelle avec lui.
Surtout, c’est la Résurrection qui nous ouvre l’union à Jésus.
D’une part on voit que Jésus n’a plus de limites. Il se rend présent auprès des femmes aux tombeaux, et aux pèlerins d’Emmaüs, et plus tard à Paul, à Sainte Faustine, à Sainte Marguerite-Marie… Et il transforme le cœur de ceux qui le rencontrent.
Surtout, parce que Jésus a vécu pleinement sur la Croix l’acte d’amour entre le Père et le Fils, il répand maintenant l’Esprit Saint dans le monde. « Recevez l’Esprit Saint » (Jn 20,22) Cet Esprit est celui du Père et du Fils, donc son propre Esprit, Dieu lui-même. Quand je reçois le baptême, Dieu vient habiter en moi. Quand je reçois d’une façon spéciale (= façon de la Résurrection) l’Esprit, c’est Jésus lui-même qui vient m’unir à lui, par son amour, pour que je vive comme lui de l’amour du Père dans l’Esprit.
« Ce n’est plus moi qui vit, c’est le Christ qui vit en moi. » Ga 2,20
Donc je suis déjà sauvé.
D’où Pâques fête absolue de toute la vie chrétienne !
Petite reprise des éléments essentiels. Conversion, pénitence, joie du salut. Et : seulement avec Jésus – et qui nous la donne spécialement par les sacrements, cf. l’eucharistie dont on a parlé tout à l’heure, mais aussi le baptême, la confirmation, la confession, le mariage…
Chez Matthieu : Mt 21,1-11 (entrée à Jérusalem = Rameaux) puis 26-28
Chez Marc : Mc 11,1-11 (Rameaux) puis Mc 14-16
Chez Luc : Lc 19,28-44 (Rameaux) puis Lc 22-24
Chez Jean : Jn 12,1-14,14 puis 18-21 (le récit de Jean est un peu particulier : entre les deux passages que je vous donne se trouve un long discours/prière de Jésus, que vous pouvez aussi lire si vous voulez, il est très beau mais un peu difficile)
Vous le voyez, il ne s'agit que de quelques chapitres à chaque fois.
Comme souvent, Matthieu Marc et Luc sont très proches, et Jean est un peu différent.
Quel que soit l’Évangile que vous choisirez, je vous encourage à lire aussi Jn 13,1-30 et Lc 24,13-35, deux passages extrêmement importants qui ne se trouvent que dans ces évangiles !
En famille : Prince d'Egypte (vous le louerez facilement sur YT, iTunes etc.) L'histoire de Moïse et la Pâque juive, première acte de libération accompli par Dieu pour le peuple Hébreu, préparation de la Pâque de Jésus.
https://www.youtube.com/watch?v=t3JHmE_46II
Il était une fois Jésus autre film qui a bercé mon enfance, sur toute la vie de Jésus avec des personnages animés en pâte à modeler ! Uniquement sur iTunes à ma connaissance mais c'est une pépite.
https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=23840.html
Pour les plus grands, spécialement sur Pâques : La Résurrection du Christ, un film qui ne suit pas les évangiles et se passe surtout après la résurrection
https://www.youtube.com/watch?v=widAOLIJibw
Enfin vous avez peut-être entendu parler de la très célèbre Passion du Christ de Mel Gibson. Il se concentre exclusivement sur la Passion. Très fort, marquant, c'est aussi un film très violent. Il ne met pas non plus toujours en valeur que Jésus fait cela par amour pour nous et pour nous sauver. Je vous conseillerais plutôt d'attendre d'avoir quelques années de vie dans l'Eglise avant de le regarder, aussi pour vivre Pâques sans être trop marqué dans votre imagination par ces représentations.
Le film Jésus : l'enquête de SAJE, qui raconte une recherche journalistique historique sur la résurrection de Jésus.
Sur la croix et la mort de Jésus : https://www.youtube.com/watch?v=hS7XHev5eBI
Sur la résurrection qui nous est promise, dont j'ai eu très peu le temps de vous parler : https://www.youtube.com/watch?v=f4J_1zVD3go