Père Guillaume de Menthière
Plan
I/Les philosophes du soupçon
Nietzche
Freud
Marx
II/Le positivisme
Avènement
Chute
Réponse
III/L’existentialisme
Expression de l’existentialisme
Réponse
IV/L’influence grandissante des philosophies orientales
V/Le drame de la Shoah
La question de la puissance de Dieu
Fin de la réponse traditionnelle juive
Il est assez difficile de cerner les causes qui ont amené la quasi disparition de la notion de Salut chez les chrétiens d’aujourd’hui. Elles doivent cependant être puissantes au vu la profonde dichotomie entre la préoccupation quasi omniprésente du Salut qui prévaut jusqu’au début du XXème siècle et le silence presque total que nous connaissons sur ce sujet aujourd’hui. « Un observateur extérieur qui comparerait sous cet angle la foi d’un catholique de 1850 et celle de son homologue de l’an 2000 aurait même quelque peine à y reconnaître la même religion » (un historien). Est-ce bien la même foi ou avons-nous changé ? Bien sûr soyons rassuré c’est bien la même foi mais il faut rendre compte d’un changement de présentation. En soi un changement de présentation n’est pas forcément mauvais : autant la substance de la foi est inamovible et éternelle, autant les façons de l’exprimer varient. Or on constate une véritable disparition de la culture du salut. Alors comment redécouvrir ce vocabulaire et ces notions, ces concepts ? L’idée même de Salut n’est-elle pas désuète et humiliante pour l’homme ? Les obstacles sont nombreux pour une redécouverte positive de la notion de Saut. Un flou théologique général entoure certaines grandes notions et dogmes chrétiennes comme le paradis, l’enfer ou le purgatoire. Saint Thomas d’Aquin pleurait à chaque fois qu’il entendait « les hommes ont diminué les vérités » (Ps11;2). Ainsi en est-il aujourd’hui du Salut. C’est à pleurer ce christianisme recroquevillé ! Il y a des causes internes et externes à l’Eglise dans cette évolution, que nous allons maintenant détailler.
I/ Les philosophies du soupçon
Ces philosophies se sont développées en fin de XIXème siècle. Les trois plus grands représentants en sont Nietzche, Marx et Freud. Chacun a sa manière s’en prend au dogme chrétien du Salut.
Nietzche
Nietzche développe un satyre violente du christianisme : c’est une effémination de l’homme, une débilité intestinale, etc… Le Salut ne saurait être qu’une hallucination de l’au-delà. Elle maintient selon lui une morale du ressentiment et de l’esclavage chez le chrétien selon Nietzche. Il affirme qu’une grande âme comme celle de Dieu ne saurait s’inquiéter de pardon. Elle n’est même pas atteinte par l’offense, y est indifférente. Si elle ne l’est pas, elle ne saurait en tout cas s’abaisser à pardonner. Quant aux méthodes de Salut, le sacrifice du Fils, la Croix : qu’est-ce d’autre qu’une déification de la cruauté ? Et Nietzche continue ainsi, accusant le christianisme de dégénérescence, de décadence humaine, etc…
Y a-t-il malgré tout l’idée d’un salut chez Nietzche ? Pas vraiment. Certes l’esprit chameau doit se changer en lion et le lion en enfant, avec une véritable puissance de volonté pure, arrachée à tout, innocente. C’est le salut nietzschéen qui bien sûr est un salut sans sauveur, aux antipodes du salut chrétien. Il disait également « je croirai le jour où les chrétiens auront l’air d’être sauvés ». C’est une interpellation que nous devons entendre : « Rends nous la joie d’être sauvé ! » (Ps 50). C’est un peu le but de ce cours soit dit en passant.
Freud
Après Nietzche, voici qu’un autre soupçon est porté sur le Salut. Dans L’Avenir d’une illusion (1927) Freud affirme que le fait religieux est une nostalgie du père. Devant sa situation précaire, l’homme s’invente un Dieu providence. Devant la mort, il s’invente une vie éternelle. Reliant les deux il crée le dogme du salut qui n’existe que pour nous rassurer. Pour Freud, l’arrachement à la religion est un processus de croissance. Dans Moïse et le monothéisme (1938), Freud prétend rendre compte des catégories religieuses de sacrifice, d’expiation, de rédemption. Généralisant le complexe d’Œdipe, il imagine un meurtre du père à l’origine de l’humanité. Pour se défaire de cette culpabilité diffuse, l’humanité invente le meurtre d’un fils comme compensation. Ramené à cela il ne reste bien sûr plus grand-chose de la religion chrétienne, si ce n’est une illusion selon les propres mots de Freud.
On pourrait lui répondre pied à pied, mais ce n’est pas le but de ce cours. On peut au moins lui dire que les souffrances, les difficultés et autres sont plutôt des facteurs majeurs d’incroyance ! Chez les êtres humains, un deuil douloureux engendre soit le recours à Dieu, soit un rejet radical, sans préférence générale. De plus en Israël on a mis des siècles et siècles avant de commencer à envisager une véritable vie après la mort qui soit autre chose que le Shéol qui est un stade de vie larvaire et minimaliste. Cela ne commence qu’en -150 en gros ! Pendant des siècles les juifs furent de fervents croyants sans avoir l’espoir d’un père que l’on retrouve au ciel.
Marx
Selon Freud, Dieu et le Salut sont une invention des hommes faibles et infantilisés, peureux. En cela il est sur la même longueur d’onde que Nietzche. Pour Marx au contraire le Salut est un stratagème de l’homme fort, le bourgeois, pour anesthésier le prolétariat et maintenir le système en place : « la religion est l’opium du peuple ». Marx prétend que le système religieux maintient en situation d’obéissance et de soumission le peuple des prolétaires et des indigents, les empêchant de se révolter en leur faisant miroiter un salut dans l’au-delà. La religion sert à assujettir les pauvres en donnant une place de choix à l’humilité et à l’obéissance dans la question du salut de l’âme. Mais il n’abandonne pas pour autant l’idée de salut ! Il redéploye le dogme chrétien du salut dans l’horizon temporel : « Jusqu’à présent la philosophie n’a fait que penser le monde, maintenant il s’agit de le transformer ! ». Le marxisme se présente donc en philosophie rédemptrice. Il y a un péché originel : la propriété privée. Il y a un paradis à atteindre : la société sans classe. Il y a un rédempteur qui assure le salut final par ses souffrances : le prolétariat. Salut donc, mais purement matériel bien sûr.
II/ Le positivisme
Avènement
Au début XXème on pense que le progrès des sciences va résoudre tous les problèmes humains. C’est un scientisme étroit qui imagine que la science apportera le bonheur à l’humanité. Toute tentative spirituelle est immédiatement arrêtée par un doute érudit. En effet, la science semble envahir certains domaines autrefois dévolus à la religion. Pour certaines maladies, on ne va plus chez le prêtre mais à l’hôpital. Le laboratoire a remplacé l’oratoire : ce qui autrefois ne pouvait être espéré que d’un miracle divin peut maintenant être obtenu grâce à la science. Après l’enfance de l’humanité dans les âges religieux, voici qu’Auguste Comte se fait le prophète de l’âge adulte, l’âge scientifique. Plus besoin de Dieu sauveur !
Chute
Mais on sait ce qu’il advint : le positivisme est mort dans les tranchées de la guerre de 14-18. Ce fut la déroute terrifiante de la raison orgueilleuse. Plus personne ne croit que la science puisse apporter le bonheur à l’humanité : l’ère est au désarroi et à la perte du sens. Citons une année majeure : 1927. C’est la période des années folles après la Grande Guerre. C’est la fin de la conscience aveugle en la raison. Les sciences elle-même cette année mettent un frein à la foi absolue en la raison. En mathématiques c’est le théorème de Gödel. Il montre la non complétude de l’arithmétique formelle. On ne peut pas démontrer que les mathématiques sont non contradictoires ! De même ce sont les principes d’incertitude d’Heisenberg en physique qui mettent à bas la notion de déterminisme. La raison scientifique se heurte à une limite indépassable. A la même période, la mécanique revient donc sur la notion de déterminisme. Entre le A et le non-A, il y a le probablement A. Il y a donc des lacunes de causalité admises et démontrées. La physique s’ouvre sur un au-delà d’elle-même. En philosophie c’est L’Avenir d’une illusion de Freud. L’homme n’est pas uniquement mu par la raison mais aussi par des mécanismes inconscients. La raison n’est pas le dernier mot de tout. A la même époque le structuralisme commence à s’intéresser à la façon donc le subconscient structure le conscient et les mécanismes de pensées. Tout ce mouvement ressemble fort à une humiliation de la raison. En philosophie, Heideger affirme que la pensée philosophique ne peut poser aucune affirmation et ne peut que rester dans le questionnement, dans une sorte d’aboutissement de la phénoménologie qui déjà se contentait de décrire. Le surréalisme en art veut refuser tout fondement rationnel : la déraison est le seul outil de l’art. En théologie en 1927, Karl Barx produit sa dogmatique où il prône l’inanité de la raison face à l’absoluité transcendante de la divinité.
Réponse
On passe donc d’un extrême à l’autre, du culte de la raison au mépris total et à la perte de tout sens. Certes « il n’y a rien de plus conforme à la raison qu’un certain désaveu de la raison » (Pascal), mais il faut trouver un juste milieu. Le christianisme pose comme base qu’une saine conception du Salut n’est possible qu’en s’appuyant sur une estime raisonnable de la raison. Si la science vient elle-même à douter des capacités de la raison humaine, les chrétiens eux n’en douteront jamais. Ils savent qu’ils sont créés par le logos, i.e l’intelligence et le sens, et qu’ils sont faits à sa ressemblance. « La victoire de la raison sur l’irrationnel est aussi un but de la foi chrétienne. » (Spe Salvi, n.23)
III/ L’existentialisme
Expression de l’existentialisme
Au cours du XXème siècle ce courant exerce une influence considérable en exaltant la liberté humaine. Il se heurte fatalement au dogme chrétien du Salut. Il fallait selon eux réinterpréter tout le discours eschatologique comme une allégorie de l’urgence des tâches présentes. Comment combiner sinon l’attente de la Cité future et l’engagement dans la cité présente ? L’espérance du Salut n’implique-t-elle pas une certaine démission des choses de ce monde ? Le chrétien n’est-il pas ce que Jean-Paul Sartre appelle « un salaud », c’est-à-dire quelqu’un qui abdique sa liberté en s’en remettant à l’action extérieure d’un Sauveur ? Il faut s’engager résolument dans ce monde sans fuir l’absurdité de la condition humaine. Voilà la vraie grandeur de l’homme ! Au fond, il existe trois types de héros : Achille l’homme heureux acceptant et ne cherchant rien d’autre. C’est le héros du réel. Don Quichotte, celui qui refuse la réalité et s’en invente une autre. C’est le héros du désir. Hamlet qui refuse cette vie et ne veut se réfugier dans aucun rêve : le héros de l’engagement et de l’absurde. Les existentialistes athées se reconnaissent dans Hamlet.
Réponse
Mais le chrétien lui est ce quatrième héros qui sait que ce monde est beau comme Achille, sait qu’il est blessé comme Hamlet, et fait pour autre chose comme Don Quichotte. Il refuse le désespoir (contre Hamlet), la fuite dans l’irréel (contre Don Quichotte) et la passivité satisfaite (contre Achille). Dans les années 60 marquées par l’existentialisme, la question de l’engagement dans le monde et du Salut a eu de grands échos dans le monde catholique. Il s’agit en fait de sauver le monde et non de nous sauver du monde. La vie éternelle n’est pas la permission de s’évader du présent. Notre monde n’est pas un leurre. Le Salut est un bien de l’au-delà mais aussi un accomplissement d’ici-bas. On peut prendre l’image des marées : c’est bien parce qu’elles sont attirées par les astres lointains que les eaux s’étendent plus avant dans les terres. On peut aussi considérer les arbres : plus ils quêtent haut le soleil et sa lumière plus ils doivent enfoncer profondément en terre leurs racines. Il en va de même pour nous chrétiens. Un chrétien est d’autant plus présent aux réalités du monde qu’il est d’avantage tendu vers les réalités d’en haut. Supprimer le Salut fait croire qu’il n’y a de toute façon comme issue que la mort : qui voudrait s’engager pour un monde en irrémédiable voie de putréfaction ? C’est parce que nous croyons qu’il y a une terre nouvelle que nous nous engageons dans ce monde. Le regard d’amour que nous portons vers le Père est la condition de tout agir chrétien.
IV/ Influence grandissante des philosophies orientales
On pensera notamment au bouddhisme. Cette philosophie est purement pratique et non théorique. C’est une thérapie et non une métaphysique. Son but n’est pas de comprendre l’origine métaphysique du mal mais d’en sauver l’homme. La question n’est est comment y sommes-nous entrés mais comment en sortir. L’idée d’un Dieu personnel n'apparaît pas, son enseignement est moral et non religion. La théologie se réduit à la sotériologie.
V/ Le traumatisme de la Shoah
La question de la puissance de Dieu
Après Auschwitz que peut signifier Dieu Sauveur ? Pour préserver l’image d’un Dieu bon, on doit le ranger du côté des victimes impuissantes. Mais alors en quoi est-il sauveur ? Dieu semble parfois si absent… Dieu ne peut être à la fois toute bonté et toute puissance. L’un des deux doit bien lui manquer ! On ne peut sauver Dieu qu’au prix d’une séparation de ces deux attributs. Sinon il serait coupable de tous les mots de l’humanité.
Fin de la réponse traditionnelle juive
Certes les malheurs des hommes ne sont pas d’hier. L’idée de la Tradition juive est d’attribuer ces souffrances au péché. L‘Histoire évènementielle est une histoire de la fidélité, l’historique est le décalque de l’éthique. On agit bien on est récompensé, on agit mal c’est la catastrophe. Même si Dieu a dit depuis Noé qu’il n’en serait plus ainsi... Mais pour le théologien actuel après Auschwitz on ne peut parler ainsi. Un crime métaphysique, un mal démesuré rendent impossible le recours à cette logique tranquille. Ce qui laisse devant l’angoisse de cette question : pourquoi Dieu n’a-t-il porté aucun secours ? On en déduit un retrait divin, une rétractation des contingences. La divinité aurait voulu s’effacer complètement pour ne plus ingérer. Ce Dieu rétracté accepte alors son impuissance.
Cette pensée est encore très répandue chez les chrétiens comme chez les juifs, alors qu’elle est extrêmement dangereuse pour le dogme du Salut. Poussé à l’extrême, on aboutit à un total renversement du dogme puisque c’est Dieu qui doit être sauvé !
Comment dans ce contexte réaffirmer que Jésus est bien le Seul Sauveur ? Qui supporte encore cette prétention chrétienne : il n’y a pas d’autre nom par lequel nous pouvons être sauvés que celui de Jésus ? Quelle est la place des autres religions dans cette dynamique du salut ? L’ambiance contemporaine nous empêche d’envisager n’importe quel salut. Par exemple le salut doit être démocratique. Il ne peut être différé : s’il y a un Salut c’est tout de suite. Il ne peut être reçu passivement, comme un assisté et dans lequel sa responsabilité ne saurait être engagée. On n’accepte plus un salut individuel type « je n’ai qu’une âme qu’il faut sauver ». Ce sont des difficultés qui sont déjà internes au christianisme : il s’agit de l’idée que les chrétiens se font de leur propre religion. Le prochain cours s’intéressera donc aux pensées qui ont vu le jour au sein même de l’Eglise, oblitérant, déformant ou même dénaturant la notion de Salut.
Pour les causes internes, le fichier audio est illisible !
Mais voici le lien : www.collegedesbernardins.fr/fr/audios-videos/fiches-media/2-soteriologie-salut-en-jesus-christ-2012-2013.html
Synthèse personnelle
On constate dans le christianisme moderne une éclipse de la question du Salut qui contraste violemment avec la préoccupation des siècles modernes. On peut dénombrer cinq causes extérieures à l’Eglise majeures, qui trouvent leur origine dans le courant du XXème siècle.
I/Les philosophes du soupçon
1/Nietzche et Freud : Nietzche et Freud voient dans le dogme chrétien du Salut une infantilisation et une aliénation de l’homme. Celui-ci s’en remettrait à une divinité extérieure paternelle qui le rassurera dans l’au-delà alors qu’il devrait se prendre en main dans ce monde. Nietzche affirme que ce dogme maintient l’homme dans un état de servitude Freud imagine un complexe d’Œdipe généralisé et voit dans le Salut un refuge face aux souffrances. On peut répondre que la foi n’est pas liée immédiatement à la notion du salut (cf judaïsme primaire) et que la souffrance pousse à rejeter Dieu au moins autant qu’à se tourner vers Lui.
2/Marx : Marx affirme que la religion est une invention mise en place par les classes supérieures pour assujettir le prolétariat. Elle le maintien dans un espoir de l’au-delà pour lui faire accepter ses souffrances et son exploitation.
II/Le positivisme
1/Avènement : Au début du XXème siècle les progrès fulgurant des sciences amènent l’homme à y placer son espoir de Salut. L’homme se sauvera par la science : il arrivera enfin à « l’âge adulte » après « l’âge enfant » où il se réfugiait dans la religion.
2/Chute : Le positivisme meurt dans l’horreur des tranchées où l’on découvre ce à quoi la science peut mener. On peut penser à tous les revers que subit la raison en 1927 (Gödel, Heisenberg, Freud, Heideger, surréalisme,…)
3/Réponse : Le chrétien doit maintenir une juste estime de la raison, qu’il sait être puissance de connaissance de la vérité mais non valeur ultime.
III/L’existentialisme
1/Expression de l’existentialisme : Les existentialistes accusent le dogme du Salut de détourner les croyants du monde présent. Leur préoccupation de la Cité céleste les mène à une démission face aux affaires de la cité terrestre
2/Réponse : Le Salut est un accomplissement de ce monde : l’Eglise des années 60 réaffirme qu’il s’agit de sauver le monde et non de se sauver du monde. On peut penser à l’image des marées ou de la croissance des arbres : c’est le Salut qui justement nous pousse à nous investir en ce monde.
IV/L’influence grandissante des philosophies orientales
En particulier le bouddhisme. Elles abordent la question du bien et du mal et de l’élévation personnelle sans aucune idée de divinité ou de sauveur.
V/Le drame de la Shoah
1/La question de la puissance de Dieu : Après les horreurs de la Shoah, certains affirment que Dieu est soit toute bonté, soit tout puissant, mais pas les deux. Sinon comment expliquer ce qui s’est passé ? Dieu n’est alors plus Sauveur : au contraire c’est Lui qui doit être sauvé !
2/Fin de la réponse traditionnelle juive : Elle consiste à expliquer les divers maux par des péchés commis. Mais ici le mal commis est tel qu’elle ne tient plus.