« Le Christ s’est manifesté pour détruire le péché par son sacrifice. Et, comme le sort des hommes est de mourir une seule fois et puis d’être jugés, ainsi le Christ s’est-il offert une seule fois pour enlever les péchés de la multitude ; il apparaîtra une seconde fois, non plus à cause du péché, mais pour le salut de ceux qui l’attendent. » (He 9;24-28)
Quand on entend ce passage à la messe, c’est le genre de passage compliqué où on ne comprend pas grand-chose et où on laisse tomber en se disant que l’évangile, ce sera plus simple. Et pourtant ce passage aborde quelque chose d’essentiel dans notre foi : le Salut ! D’une façon ou d’une autre on en parle à peu près tout le temps, en particulier pendant la messe : on prie pour les morts, on parle de la résurrection de Jésus, on redit qu’il s’est offert en sacrifice pour nos péchés… Aujourd’hui on va prendre le temps de s’attarder un peu plus, un peu mieux sur cette question du Salut en essayant de comprendre avec notre intelligence ! Bien sûr c’est un chapitre majeur de la théologie, de la foi, donc vous pensez bien que je ne vais pas pouvoir résumer deux mille ans d’histoire et la moitié des Pères de l’Eglise en une demi-heure mais on va faire ce qu’on peut.
Être sauvés c’est bien gentil, mais de quoi ? C'est souvent la question de nos contemporains. On leur dit "Jésus sauve", mais ils ne voient pas bien de quoi il faut être sauvés. On peut se poser nous-mêmes la question. On peut donner plusieurs éléments, qui en fait sont tous liés. Nous avons besoin d’être sauvés :
de la mort,
du péché,
de nos blessures,
dans notre liberté.
Pour la mort je pense que tout le monde voit de quoi je veux parler. Notre péché, nos blessures, notre liberté blessée, c’est tout ce qui fait que nous ne sommes pas capables d’aimer parfaitement. Tout ce qui nous empêche de nous donner, nous empêche d’aimer pleinement, d’être libres dans nos choix. Tout ce qui fait que je m’énerve, que je suis jaloux, que je suis centré sur moi-même, etc… Tout ceux qui se sentent concernés par ça, tout ceux qui trouvent qu’ils n’arrivent pas à faire tout le bien qu’ils veulent faire mais qu’ils font le mal qu’ils ne veulent pas faire lèvent la main. Bon : tout le monde est concerné.
On va maintenant se poser quatre questions autour du Salut : qui sauve, qui damne, qui est sauvé et qu’est-ce qu’être sauvé.
L’Ancien Testament, l’Histoire du peuple juif avec le Seigneur est une préparation pour la suite : Jésus. S’il y a une chose qui est vraiment très claire dans l’Ancien Testament c’est que seul Dieu sauve. En bref, c’est ce que Dieu essaye d’expliquer au peuple hébreux pendant 800 pages et 2000 ans.
Dans le Pentateuque, c’est-à-dire les cinq premiers livres de la Bible, c’est illustré de toutes les façons possibles dans les batailles. Dieu fait partir les hébreux en guerre en sous-nombre, ou sans armes, ou dans le désordre, il fait lui-même le plan de bataille… et ils gagnent. S’ils le font eux-mêmes, même en étant en surnombre, bien équipés et en bon ordre ils perdent !
Quel est le message que cherche à transmettre le bibliste ? Seul Dieu peut donner la victoire, seul Dieu peut sauver du péril, et Il le fait avec éclat ! Bien sûr, Dieu est celui qui fait sortir Israël d’Egypte. C’est vraiment le passage fondateur de la foi d’Israël. Encore une fois, l’important n’est pas que ça se soit passé exactement de la façon décrite. Ce qui compte, c’est que les Hébreux ont éprouvé le fait qu’ils étaient guidés et sauvés par Dieu quand ils ont quitté l’Egypte. « C’est moi qui vous ai tiré du pays d’Egypte, de la maison de servitude » (cf. ce qu’on disait sur la liberté). Et ça continue comme ça avec les prophètes, les livres des rois et dans tout le reste de l’Ancien Testament. Dieu seul sauve.
Après avoir bien préparé le terrain pendant 2000 ans, après avoir enseigné cela de toutes les façons possibles et imaginables, le Père envoie Jésus. Et après le passage de Jésus, quelle est la foi des Apôtres ? A votre avis en quoi croyaient les premiers chrétiens ? Pour eux ce n'était pas « je crois en un seul Seigneur Jésus-Christ, il est Dieu né de Dieu, lumière né de la lumière, vrai Dieu né du vrai Dieu. Engendré et non pas créé, de même nature que le Père et par lui tout a été fait » !
Pour les premiers chrétiens c’est beaucoup plus simple : ils croient que Jésus est le sauveur, comme le dit Saint Pierre : tu es le Messie, celui qui nous sauve. Pourquoi est-ce qu’ils croient cela ? Parce qu’ils en ont fait l’expérience. Ils ont éprouvé que Jésus était sauveur. C’est qu’il nous sauve parce que Jésus est ressuscité, parce qu’il avait rendu Lazare et d’autres à la vie : il sauve de la mort. Parce qu’il a dit à des hommes, à des femmes : va, tes péchés sont pardonnés. L’important au début ce n’est même pas que Jésus soit Fils de Dieu ! Cela viendra dans un deuxième temps : comme Jésus nous sauve et que Dieu seul sauve, alors Jésus est Dieu. En fait notre expérience fondamentale de chrétien, le socle de notre foi, c’est cette expérience que Dieu nous sauve.
L’essentiel, c’est vraiment d’avoir compris ça. Ensuite l’Eglise a cherché à expliquer, à mieux comprendre, et on en est arrivé à établir le Credo, les enseignements théologiques des Pères etc, mais tout cela n’est que l’explicitation de cet élément central. Du coup la seule vraie question, c’est comment est-ce que j’éprouve cela dans ma vie, et quelle place le Salut prend dans ma vie ? Bon bien sûr, tout ça se tient quand même de très près. Le cœur de notre foi, c’est tout de même que Dieu s’est incarné et fait proche de nous aussi ! Mais il l’a fait… pour nous sauver !
Sauf que comme on est ici pour se poser des questions, on va quand même continuer à creuser ! On se demandait qui sauvait si vous vous souvenez bien. S'il n’y a vraiment que Dieu qui nous sauve, on peut quand même se demander ce que l’homme fait là-dedans ! Est-ce qu’on subit notre Salut ?
L’Eglise a fait la distinction entre ce qu’on appelle la rédemption objective et la rédemption subjective. La rédemption objective, c’est le fait que nous sommes tous sauvés, parce que Jésus est mort et ressuscité pour nous. Nous sommes tous sauvés. La rédemption subjective, c’est est-ce que moi personnellement j’accepte ce Salut, est-ce que je m’y associe. Saint Augustin nous dit que « Dieu nous a créés sans nous, il ne nous sauvera pas sans nous ». La rédemption subjective, c’est le lieu où s’exprime notre liberté. La rédemption objective donne le Salut en puissance, mais il faut la rédemption subjective, notre association à ce grand projet de Dieu pour que cela devienne effectif ! La rédemption subjective, c’est aussi notre responsabilité d’annoncer la nouvelle de ce Salut à tous les hommes, de leur donner l’opportunité de s’y associer.
Ici il faut faire attention à une petite nuance : le Salut, ce n’est pas une partie grâce à Dieu, une partie grâce à moi. L’Eglise s’est posé la question et en a conclu que c’était une hérésie, qu’on appelle le semi-pélagianisme. Le Salut m’est donné par Dieu, mais le fait que je puisse m’associer à cela, la capacité à recevoir là Grâce, la rédemption subjective est elle aussi rendue possible par Dieu. On dit que « l’ouverture à la grâce est déjà une grâce ».
L’Homme participe aussi à la rédemption objective ! Comment Dieu nous a-t-il sauvés ? Par son Fils Jésus. Et si Jésus était bien Dieu à part entière, il est aussi homme à part entière ! Dans la personne de Jésus, Dieu a associé l’homme à l’œuvre du Salut. C’est ce qui est magnifique dans notre foi, ce qui fait toute notre joie et notre espérance. Dieu a choisi de s’associer à nous, de nous donner part à sa victoire. C’est pour cela que l’on parle d’une alliance entre Dieu et nous. Saint Athanase dira que « Dieu s’est fait homme pour que l’homme soit Dieu ». Dieu s’est incarné pour que nous-mêmes puissions devenir semblables à Dieu. Pour cette raison, Jésus est le Salut en lui-même puisqu’il réalise cette alliance très profonde entre l’homme est Dieu. J’espère que vous trouvez ça beau, moi je trouve ça magnifique !
Dans le « qui sauve ? », je voudrais aborder un dernier élément, celui des mérites. C’est un élément qu’on ne comprend pas toujours très bien. Il y a trois piliers du Salut :
La grâce (le fait que Dieu seul nous sauve et qu’il a accompli ce Salut en Jésus),
La foi (le choix libre de m’associer à ce salut)
Les œuvres ou les mérites, c’est-à-dire la traduction en actes de cette foi.
Alors qu’est-ce que le mérite ? Saint Thomas d’Aquin nous dit que c’est « l’acte qui mérite sa juste rétribution ». C’est ce en retour de quoi Dieu me donne le Salut, c’est-à-dire la vie éternelle. Comprenons-nous bien : nos mérites, c’est-à-dire nos actes bons ne font pas du Paradis un dû pour nous. En fait c’est la question clé de l’articulation entre la justice et la miséricorde.
Notre Dieu est un Dieu juste. Dans un des deux plateaux de la balance, il y a tout le mal que nous commettons, tout ce qu’on refuse de Dieu, ou si vous préférez toutes les fois où l’on choisit de mettre quelque chose devant Dieu, devant la priorité absolue de l’amour. Et comme Dieu est un Dieu juste, pour nous racheter il faut que l’autre plateau équilibre le premier. En cela nos mérites nous rachètent, nous « valent » notre rédemption. Mais d’un autre côté, on arrive pas du tout à en mettre assez dans la balance ! Ou si vous préférez voir les choses de façon positive : notre volonté, nos actes d’amour posés sont sans commune mesure avec la puissance, la grandeur de l’amour véritable que nous sommes appelés à vivre dans le Royaume des Cieux ! Nos mérites ne peuvent pas suffire. C’est là qu’intervient la miséricorde de Dieu, qui sans abroger la justice, la dépasse. Dieu extrapole, Dieu survalorise complètement nos mérites pour nous permettre d’équilibrer la balance et de rentrer dans la vie éternelle ! Voilà qui nous donne une vraie responsabilité dans notre Salut. Et en même temps c’est rassurant : on sait que l’on peut compter sur l’infinie miséricorde de Dieu pour nous rattraper. C’est notre espérance.
En résumé : Dieu et l’homme participent à la rédemption objective, qui est le fait que nous sommes sauvés, et à la rédemption subjective qui est le choix de s’y associer. Dieu y participe dans sa toute puissance et en choisissant de donner à l’homme par grâce la capacité de s’associer à son œuvre : c’est l’alliance. L’Homme participe par Jésus à la rédemption objective et par les mérites et l’évangélisation à la rédemption subjective.
C’est notre deuxième question du jour, sur laquelle on va passer beaucoup plus vite, en mentionnant seulement deux éléments : la liberté de l’homme et ce qu’est l’Enfer.
L’Enfer, c’est l’ultime preuve d’amour de Dieu pour l’homme. Je répète : l’Enfer, c’est l’ultime preuve d’amour de Dieu pour l’homme.
Dieu nous propose de vivre avec Lui, de devenir semblable à Lui, d’aimer parfaitement. L’homme est ensuite libre de choisir s’il veut de ce projet ou non et Dieu respecte ce choix. Si je refuse, Dieu respecte ma décision, il me laisse aller en Enfer. Mettez-vous à la place de Dieu. Vous avez créé le monde. Les hommes ont tout cassé en introduisant le péché originel dans votre œuvre qui pourtant était « très bonne » d’après vos propres mots. Heureusement, vous avez un plan incroyable, c’est de sauver le monde entier. Et pourtant vous laissez à chacun le pouvoir de faire échec à ce plan. Chacun d’entre nous, nous avons la possibilité incroyable de faire échouer le plan de Dieu en allant en enfer.
L’Enfer, c’est le sérieux de la liberté humaine. S’il n’y a pas d’enfer, notre liberté s’effondre. Vous vous souvenez peut-être de cette parole de Jésus qui parle du crime contre l’Esprit Saint en disant qu’il est impardonnable. Ça peut paraître choquant. Figurez-vous que l’Eglise a réfléchi à ce que ça pouvait vouloir dire. Je vous reprend une parole de l’absolution dans la confession : « il a envoyé l'Esprit Saint pour la rémission des péchés ». En fait refuser l’Esprit Saint, c’est refuser le pardon ! Voilà pourquoi c’est impardonnable. C’est exactement ce que nous dit Saint Jean-Paul II : « Le blasphème contre l’Esprit Saint consiste précisément dans le refus radical de se tourner vers les sources de la rédemption dont l’Esprit Saint est le dispensateur intime. »
L’Enfer, c’est aussi l’absence totale d’amour. Voilà pourquoi c’est si douloureux, si terrible. Nous sommes faits pour l’amour ! Rien de plus terrible, rien qui fasse plus souffrir que d’en être privés par notre propre choix ! En fait, on peut se dire que notre éternité sera à l’image de ce que nous avons voulu mettre en premier dans notre vie. Est-ce l’amour absolu, Dieu ? Dans Sa miséricorde, il nous aidera à dépasser tout ce qui encombre cette priorité, tout notre péché pour nous mener vers le Royaume des Cieux. Je me souviens d’une image frappante qu’on m’avait donnée pour parler du péché de paresse. Ne rien faire de sa vie, rester à allongé à glandouiller au bord d’une piscine ça peut paraître attirant… Maintenant imaginez faire ça pour l’éternité. L’éternité au bord d’une piscine à se regarder le nombril. Je trouve que c’est une très bonne image de l’enfer, qui fait comprendre pourquoi c’est si difficile d’être en enfer !
Dernière précision, il faut faire une distinction entre l’enfer et les enfers. Vous savez dans le Credo on dit que Jésus est descendu aux enfers. L’Eglise a choisi de réutiliser un vieux terme païen (les enfers) pour parler de l’endroit où attendaient tous ceux qui seraient sauvé, mais qui ne pouvaient pas encore l’être parce qu’ils ne peuvent accéder seuls au Paradis et que le Fils de Dieu n’était pas encore ressuscité. C’est le lieu où devaient être Elie ou Moïse par exemple ! Jésus est venu les tirer des enfers pour les mener vers le Royaume. Très différent de l’Enfer au singulier donc, puisque l’Enfer comme le Paradis est définitif. Là encore c’est le sérieux de notre liberté, de notre vie. On peut retenir cette phrase : nul n’ira en enfer sans l’avoir voulu, c’est-à-dire sans avoir voulu privilégier dans sa vie sa petite personne et l’orgueil, ou la paresse, ou le pouvoir, ou l’argent, ou le sexe etc… Qu’est-ce que je fais passer en priorité dans ma vie, sous quel idéal est-ce que je choisis de placer ma vie ?
Premier élément de réponse : pas tout le monde. L’Eglise ne se prononce pas avec certitude sur ce point, mais nous rappelle ce que Jésus laisse à penser. On peut penser à l’évangile des boucs et des brebis, à toutes les paroles comme : « luttez pour rentrer par la porte car beaucoup je vous le dit chercherons à rentrer et n’y parviendront pas » (Lc 13;23) ou « étroite est la porte, et resserrée la voie qui conduit à la vie, et il en est peu qui la trouvent ! » (Mt 7;13-14), à l’image de la porte étroite, du chemin escarpé, etc. Bref, a priori il y aura du monde en enfer. Mais ce qui est formidable c’est que nous n’avons aucune certitude là-dessus, et nous avons le droit (et le devoir !) d’espérer retrouver tout le monde au paradis, d’espérer que tout le monde aura fait le choix de l’Amour.
Je voudrais souligner deux choses sur ce thème d’espérance. D’abord dire que même pour Judas, l’Eglise a toujours refusé de se prononcer. Si elle se prononce fermement sur le Salut de certains (les Saints), elle ne se prononce jamais sur la damnation ! Par ailleurs, est-ce que vous savez quelle est la seule personne dont on est sûrs qu’elle soit au Paradis (hors Jésus et Marie) ? Le bon larron, qui était quand même un criminel majeur !
On va terminer en réfléchissant sur une phrase que vous connaissez tous : « hors de l’Eglise, point de Salut ». Qu’est-ce que ça veut dire ? Que tout ceux qui sont pas cathos sont condamnés ? Certainement pas ! Pour répondre vraiment complètement, il faudrait faire tout un historique de la formule, mais je vais juste vous donner quelques clés.
D’abord, cette formule s’adresse initialement aux chrétiens, et aux chrétiens exclusivement. Elle date de l’époque ou les hérésies se multipliaient sous l’Empire Romain, et cherche à rappeler que l’on ne peut pas faire le choix dans ce que l’on prend ou pas dans la foi (hérétique veut dire celui qui choisit). Faire le tri dans la foi, compromettre c’est faire passer autre chose avant Dieu. Or être sauvé c’est choisir de s’associer à Dieu plutôt qu’à son orgueil, l’argent, etc. D’où hors de l’Eglise point de Salut !
L’Eglise a ensuite développé sa compréhension de ce qu’est l’Eglise elle-même. L’Eglise est le corps des croyants, c’est-à-dire tous ceux qui marchent à la suite du Christ, en leur âme et conscience. Sont donc associés à l’Eglise (et au Salut) tous ceux qui vivent dans cette démarche mais sont non croyants en raison d’une ignorance invincible (ils n’ont pas eu l’opportunité de croire). Ainsi tout homme qui ne connaît pas Dieu mais cherche de tout cœur le Bien, la Vérité et écoute sa conscience peut être sauvé. Ce qui est plutôt rassurant ! Notons que c’est une situation différente de celle d’un homme qui refuse Dieu.
Alors que croyons-nous ? Que Jésus nous a sauvés, c’est-à-dire délivré de la mort, du péché, de nos blessures et que la seule question qu’il nous pose c’est : veux-tu t’associer à ce grand projet ? Dieu nous donne l’opportunité de nous allier avec Lui pour pouvoir devenir nous-mêmes (Saint Thomas d’Aquin : « quand une créature atteint ce pour quoi elle est faite, on dit qu’elle est sauvée »), pour pouvoir enfin aimer pleinement.
Voilà ce que nous croyons, voilà l’incroyable place de l’homme dans le monde, voilà toute la grandeur de l’homme, de sa liberté ! La seule question que Dieu nous pose : est-ce que tu veux t’associer à moi, t’associer à moi en acte ? La seule question que je vous pose : qu’est-ce que vous voulez pour votre vie ?