Un temps pour se convertir, d’abord pensé pour les catéchumènes, et rapidement étendu à toute l’Eglise. C’est votre temps. Nécessaire (pour tous) car il y a une vraie conversion à accomplir.
Il y a un combat en nous entre l’esprit et la chair, entre le Christ et le monde (expliquer le sens de « chair » et « monde »).
On sait bien à quelles actions mène la chair : inconduite, impureté, débauche, idolâtrie, sorcellerie, haines, rivalité, jalousie, emportements, intrigues, divisions, sectarisme, envie, beuveries, orgies et autres choses du même genre. Je vous préviens, comme je l’ai déjà fait : ceux qui commettent de telles actions ne recevront pas en héritage le royaume de Dieu. Mais voici le fruit de l’Esprit : amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, fidélité, douceur et maîtrise de soi. Ga 5,19-23
Nous avons commencé à suivre le Christ, mais nous n’avons pas fini. Le Carême est un temps spécial pour se rendre compte de toutes nos compromissions, et en revenir. D’où les 40 jours (Moïse, Elie, Jésus). C’est un temps pour choisir d’être entier et non plus divisé.
« Il veut que nous soyons saints et il n’attend pas de nous que nous nous contentions d’une existence médiocre, édulcorée, sans consistance. En réalité, dès les premières pages de la Bible, il y a, sous diverses formes, l’appel à la sainteté. Voici comment le Seigneur le proposait à Abraham : "Marche en ma présence et soit parfait." (Gn 17,1) » - François, Exhortation apostolique Gaudate et exsultate, n°1
Renoncer au mal. Cela commence par comprendre que le mal est un mal, que la compromission fait du mal. « Tant que tu n’as pas compris que le monde veut ta peau, et que le Christ veut ta vie, tu n’as rien compris. » Le mal, c’est tout ce qui est contraire à l’amour, tout ce qui produit le repli sur moi, l’égoïsme.
Choisir de faire ce qui plait à Dieu. C’est-à-dire : aimer Dieu et son prochain. Choisir de me mettre vraiment à la suite de Jésus, de mettre sous son regard d’amour des zones de ma vie que je lui retire aujourd’hui. Souvent on est très fort pour suivre en paroles, mais pas en actes ! Mais les seuls éléments de la foi auxquels nous croyons, ce sont ceux que nous mettons en pratique. Si je ne mets pas en pratique, c’est que je n’y crois pas vraiment – je ne crois pas vraiment que Jésus me dit cela par amour pour moi. Le Carême, c’est le moment de la mise en pratique.
L’aumône : donner de son argent, de son temps – pour ouvrir notre cœur à nos frères. Tant qu’on n’a pas ouvert son portefeuille, on n’a pas vraiment ouvert son cœur.
La prière : passer du temps auprès de Dieu.
Le jeûne : s’appauvrir pour se remettre sous le regard de Dieu et sortir de l’illusion de l’autosuffisance.
Demander à Jésus : comment voudrais-tu que je te suive davantage ? Où m’attends-tu ? Que voudrais-tu que je fasse par amour pour toi, pour me laisser aimer par toi ? D’où deux points très importants :
Ce n’est pas un stage de développement personnel. Le but ce n’est pas de faire un régime pour maigrir, de se remettre au sport parce que c’est sympa, ou d’arrêter le téléphone pour gagner du temps ! Si ça ne nous fait pas grandir dans l’amour de Dieu et de nos frères, ça ne sert à rien.
Le but, c’est l’amour. Le Carême n’est pas une accumulation « d’efforts » ! Ce que je fais, je le fais parce que je crois que Dieu m’aime et veut me faire du bien, et parce que je veux moi aussi aimer davantage en retour.
Regarder ma vie. Qu’est-ce qui est désordonné, pas sous le regard de Jésus, où sont les parts d’ombres, les endroits où je ne vis pas encore l’amour ?
Passe souvent par « remettre de l’ordre ». Où est-ce que je disperse mon temps, mon argent, mon énergie… Et à l’inverse où manque mon temps, mon argent, mon énergie ?
Revenir aux fondamentaux. Dans la foi comme au rugby. Dans la relation avec Dieu : la messe tous les dimanches, la prière chaque jour, la confession régulière. Avec mon prochain le plus proche ma femme, mon mari, mes enfants, mes collègues. Quel temps, attention je leur donne ? Avec les pauvres.
Faire moins, pas plus. Souvent, il ne s’agit pas tant de « rajouter des choses » que de faire de la place pour ce qui compte vraiment, me décharger de tout ce dont je m’encombre (attachements).
Prendre quelques petites décisions extrêmement concrètes. Une ou deux, trois MAX.
PPPP (Plus Petit Pas Possible) Que ce soit accessible, faisable.
Concret sinon on ne le fera jamais
Prendre les trois piliers : quels moyens concrets je vais prendre pour m’aider ? Au moins un point pour la relation avec Dieu et un point pour la relation avec le prochain.
Ne pas céder à la tentation de l’empilement (sinon échec et découragement) ou de la paresse
Toujours orienter vers l’amour (ex : si perso portable, pourquoi est-ce que je le fais ? Pas un stage de développement personnel)
Perso : partager avec quelqu’un
Venir au Mercredi des Cendres. Quand on rate le premier jour…
Je suis heureux de commencer le Carême avec ces décisions
Elles me coûtent
Je les garderai après ;)
Le Carême nous prépare aussi au combat spirituel. Combat parce qu’il y a un adversaire. Et ce n’est pas une image !
« On peut faire de Jésus un super socialiste : il n’empêche que l’Évangile est une longue lutte contre les démons, et que Jésus y va à la bataille. » – Gilbert K. Chesterton, La nouvelle Jérusalem, Ed. Perrin et Cie
La mauvaise nouvelle c’est qu’il y a un adversaire, mais la bonne c’est que Jésus est vainqueur. Quelques « tactiques du Diable », ou comment on se fait avoir.
Le diable n’arrive pas avec ses gros sabots. Il nous aborde « l’air de rien » (Gn 3 : petit serpent). Il ne commence pas par nous proposer quelque chose de mauvais, mais de mou. Le compromis. La tactique de la grenouille. Cf. Gn 3, étape par étape. Deux choses qui marchent très bien pour ça :
L’exception. « Juste cette fois. » (Histoire perso sur la prière. Vrai sur toutes « addictions » aussi)
La procrastination. J’irai demain. « Aujourd’hui c’est christique, demain c’est diabolique. »
Surtout sur les fondamentaux. La messe, la prière, cette occasion de parler avec un pauvre… Deux réponses :
Refuser de marchander, refuser d’écouter (Adam et Eve)
Avoir pris une ferme décision avant
Ensuite, le Diable est le grand manipulateur en chef. D'où ses autres armes.
« Satan connait ton nom mais il t’appelle par ton péché. Dieu connait ton péché mais il t’appelle par ton nom. » - Carlos Payen
Me faire croire que Dieu est contre moi. Gn 3. Renverser le don. Introduire la confusion.