La Trinité est un mystère sur lequel on est facilement pris en défaut (surtout par les musulmans) !
C'est pourtant le mystère central de la foi chrétienne. Il éclaire tous les autres mystères. Donc il n'est pas facultatif de savoir en parler. On valorise à juste titre la foi chrétienne comme la foi en Jésus-Christ comme sauveur du monde et Fils de Dieu (nous tirons de là notre nom de « chrétiens »). Mais on ne peut pour autant faire l’impasse sur la Trinité.
Ce mystère est inaccessible à la seule raison humaine, il nécessite une révélation. Le mystère de la Trinité est éclairé par la manière dont Dieu-Trinité se révèle. Réciproquement, la manière dont Dieu-Trinité se révèle est éclairé par le mystère de la Trinité. La plénitude de la révélation (et la révélation de la plénitude) se réalise dans le Christ.
Une remarque avant de continuer : le mot Trinité ne figure même pas dans l’Écriture Sainte… Il n’apparaît qu’au 2e siècle sous la plume de Théophile d’Antioche.
On est face au mystère de la « personnalité » de Dieu : qu’il y ait un être tout puissant créateur de tout, cause 1ère sans cause, premier moteur immobile, tout le monde peut le dire. Mais croire que cet être tout-puissant est une personne, qui vit des relations, qui veut entrer en relation avec moi, c’est autre chose. Dieu Trinité, cela veut dire Dieu est 1 seul Dieu en 3 personnes.
La Trinité c'est le mystère de la communion d’amour au cœur de Dieu : Dieu est unique mais pas solitaire. En Dieu il y a un amour qui se donne et se reçoit. De toute éternité, il y a en Dieu des relations : celui qui engendre (le Père), celui qui est engendré (le Fils), celui qui unit les deux en procédant du premier par le second (l'Esprit Saint).
Cet amour est jaillissant, communicatif, débordant, il est au départ et au terme de tout : au tout premier chapitre de la Genèse, on lit "Faisons l'homme à notre image". En Dieu, il y a donc déjà un "nous", un mystère de communion. Et mystérieusement, chacun d'entre nous porte en lui cette image d'un Dieu qui est relation, amour donné et reçu.
À l'autre bout de la Bible, dans la lettre aux Éphésiens, on lit que le projet de Dieu pour nous, c'est justement de nous faire entrer dans cet amour. "Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus Christ ! Il nous a bénis et comblés des bénédictions de l’Esprit, au ciel, dans le Christ. Il nous a choisis, dans le Christ, avant la fondation du monde, pour que nous soyons saints, immaculés devant lui, dans l’amour." Père, Fils, et Esprit sont bien présents, et nous avons été appelés dès avant la fondation du monde pour nous tenir en leur présence.
Uniquement parce que Dieu se révèle ainsi !
Il se révèle ainsi dans l'Ancien Testament : « Le Seigneur est Un » (Dt 4,35.39 ; 6,4 ; Is 43,10 ; 44,6…). « Un » exclusif (pas d’autre Dieu).
Et dans le Nouveau Testament : « Le Père et moi nous sommes Un » (Jn 10,30). Ce « Un » est inclusif (unité).
Ce Dieu est :
personnel : il parle (Gn 1,3), entend (Ex 16,12), voit (Gn 6,12) agit (Is 7,18).
transcendant au monde (Nuée, Gloire, Is 41, Ps 102, interdiction de le représenter, sainteté cf. Os 11,9)
tout puissant (histoire d’Israël, délivrance d’Egypte…)
sage et juste (Jb 42,1-6)
a. Dieu Trinité
Dans l'Ancien Testament : la Trinité est un mystère non révélé comme tel, mais prêt à l’être et déjà esquissé grâce aux « médiations de Dieu », lesquelles permettent aux hommes d’atteindre cette transcendance : l’Ange du Seigneur, la Parole de Dieu, la Sagesse de Dieu, l’Esprit de Dieu…
En Sg 7,27, nous atteignons le sommet de la Sagesse présentée comme une personne, et cela en usant des termes de la philosophie grecque (note BJ). Ainsi : « Étant une, elle [la Sagesse] peut tout, et demeurant en elle-même, elle renouvelle l’univers et, au long des âges, elle passe dans les âmes saintes pour former des amis de Dieu et des prophètes. »
À partir de Justin (2e s.), la tradition chrétienne a donc identifié la Sagesse au Verbe de Dieu dans cet éloge.
Dans le Nouveau Testament : Révélation, non du fait que Dieu est personnel — cela, nous le savons déjà — mais de la manière dont Dieu est personnel. En effet, c’est par l’incarnation du Fils que nous avons accès à cette connaissance. Ainsi, le Fils révèle le Père, et le Père et le Fils envoient l’Esprit.
b. Le Père
L’Ancien Testament montre la paternité de Dieu. Mais Dieu comme Père est révélé en un sens inouï par Jésus Christ : pas seulement le caractère paternel de Dieu en général, mais le Père de toute éternité en référence à un Fils non moins éternel. D’où Jn 1,1 ; He 1,3 etc.
c. Le Fils (révèle le Père)
Jésus a conscience d’être le Fils du Père éternel :
Mt 26,63-66 : réponse au grand-prêtre : « Es-tu le Christ, le Fils du Béni ? »
Surtout : Mt 11,27 : « tout m’a été remis par mon Père… ».
Jésus déclare son unité avec le Père :
Jn 14,9 : Visage du Père (« qui me voit, voit le Père »).
Jn 14,10 : inhabitation réciproque (« Je suis dans le Père, et le Père est en moi »).
La préexistence de Jésus est affirmée par lui-même (Jn 8,56-58) et par Paul (Ph 2,6-11 ; Col 1,15-20) et Jean (Jn 1, Prologue).
Les titres divins sont attribués à Jésus. Titre déterminant = kurios (Seigneur) : Ph 2,11 ; Rm 10,9 ; 1 Co 12,3.
Le Christ carrément désigné comme Dieu : Jn 1,1 et 20,28 ; Ac 8,36-38 (contexte de la liturgie baptismale primitive) ; Tt 2,13 (passage le plus explicite) ; 2 P 1,1.
d. L’Esprit Saint (envoyé par le Fils)
Moins clair. Surtout décrit par ses effets :
Esprit de vérité (Jn 16,3),
Défenseur (Jn 14,26),
Qui fait se souvenir (Jn 14,26),
Qui permet de parler (Jn 14,26) etc.
Surtout des attestions indirectes de la divinité de l’ES. Mais quelques lieux où cette attestation semble plus directe :
Baptême de Jésus (Mt 3) : théophanie, où apparaît l’ES, nommé « E de D ».
Jésus et Béelzéboul (Mt 12,22-32) : Jésus œuvre par « l’E de D ». Puis péché contre « l’ES », jamais remis => dignité de l’ES.
Mt 28,19 : formule baptismale, où l’ES semble être lié au P et au F et sur un pied d’égalité avec eux.
Jn 14,26 (le paraclet, l’ES que le P enverra en mon nom) et Jn 15,26 (le Paraclet, que je vous enverrai d’auprès du P, l’E de vérité, qui procède du P).
e. Conclusion
C’est par la révélation que nous sommes conduits jusqu’au cœur de Dieu. Le Verbe fait chair nous révèle les liens qui unissent les personnes divines et leurs missions. Jn est vraiment, dès le départ, l’évangile de la manifestation du Verbe divin, qui nous révèle le cœur de Dieu. Cf. en particulier Jn 5 et Jn 14-15.
Non ! Plusieurs siècles d’élaboration théologique (et de grosses disputes !) pour arriver à dire quelque chose avec le langage de la raison. Processus : de ce qu’on prie à ce qu’on croit, et pas l’inverse (Lex orandi, lex credendi) !
Les formules trinitaires qui accompagnent l’envoi en mission en conclusion des évangiles, ainsi que certaines formules pauliennes (2 Co 13,13) manifestent que très tôt l’usage liturgique (surtout le baptême) a intégré l’idée de la Trinité.
Surtout, c’est l’expérience du baptême et de sa célébration dans la communauté chrétienne qui a conduit à la formulation de la foi et à l’élaboration des symboles. Cette expérience est comme un refuge en cas de déformation de la foi. La Trinité confessée au baptême donnera aux symboles de foi leur structure ternaire.
a. Au 3e siècle
La tentation du trithéisme ou, à l’opposé, du modalisme (monarchianisme) de Sabellius. Réfuté par Saint Denis de Rome (vers 260, Lettre à Denis, évêque d’Alexandrie, DS 112)
b. Au 4e siècle
i. Remise en cause de la divinité du Christ
La crise arienne et le concile de Nicée I (325). Le subordinatianisme un peu latent dans les 1ers siècles est systématisé par Arius qui ne peut concilier les souffrances et la mort du Christ avec l’immuabilité de Dieu. Réponse d’Athanase d’Alexandrie (Contre les Ariens) et du concile de Nicée : affirmation de la divinité du Fils, qui est homoousios (consubstantiel) au P. Au fond, sabellianisme et arianisme = refus d’une vie intra-divine. Pas de place en Dieu pour une fécondité interne.
ii.Remise en cause de la divinité de l'Esprit Saint
Eunome : la substance divine s’identifie à l’inengendré ; donc le F et l’ES ne sont pas Dieu, car le F est « engendré » et l’ES procède du P (et du F). Basile (4e s.) : « La divinité est commune, mais la paternité et la filiation sont des propriétés ». Grégoire de Nysse précise le vocabulaire : une ousia en trois hypostases. Constantinople I (381) reprend Nicée I (325) pour la divinité du F, et complète la simple affirmation « et en l’ES » pour en affirmer la divinité : « qui avec le P et le F est co-adoré et co-glorifié » (« qui cum patre et filio simul adoratur et conglorificatur »). Le vocabulaire utilisé pour l’ES est différent de celui utilisé pour le F : l’ES n’est pas homoousios.
Le Filioque (cf. Jn 16,15) est ajouté, sans doute après ce concile, par les latins, et son usage dans la liturgie s’est répandu. Léon III au concile d’Aix-la-Chapelle (809), refuse de l’étendre à la profession de foi de l’ensemble de l’Eglise. Mais il est reconnu au concile de Lyon II (1274) et Florence (1439).
c. Au 6e siècle
Constantinople II (553) : précision du vocabulaire et apparition du terme Trinité dans un concile œcuménique :
Une seule nature (phusis) ou substance (ousia).
Triada homoousion, où homoousios est appliqué non plus seulement au F mais aussi à l’ES.
Une seule divinité adorée en trois hypostases (hupostaeos) ou personnes (prosopois).
La révélation nous apprend qu’il y a trois en Dieu, et les désigne par les noms de P, F et ES. Mais que sont ces trois ? « On a dit trois personnes, mais c’est moins pour dire cela que pour ne pas rester sans rien dire » (Augustin, De Trinitate, V, 9, 10).
Les grecs ont parlé d’une ousia et de trois hypostaseis, les latins d’une essence (ou substance) et de trois personnes, pour éviter hypostase qui est étymologiquement équivalent à substance (hypo-stasis = sub-stantia = ce qui se tient sous). Au départ, le mot personne, traduction de prosopon, masque de théâtre implique un risque de modalisme. Mais aujourd’hui c’est le contraire : la conception de la personne comme centre de conscience autonome, fait verser les chrétiens dans le trithéisme. Donc la question est : personne = ce qui est relatif (<=> qui implique des relations, une dépendance) ou ce qui est absolu ? Dit-elle quelque chose de la personne en elle-même ou de sa relation à d’autres ? Personne = l’individu en tant qu’il est unique et distinct de tous, ou en tant qu’il est lié à tous ? Est-ce parce que nous sommes des personnes que nous sommes en relation, ou est-ce parce que nous sommes en relation que nous sommes des personnes ?
[Aporie d’Augustin (surmontée par Thomas) : le mot personne n’est pas relatif mais absolu, tandis que le pluriel en Dieu vient des relations ; comment donc peut-il y avoir trois personnes en Dieu ? La voie psychologique pour essayer de comprendre de l’intérieur le mystère de la Trinité va être le point de départ de résolution de cette difficulté : c’est d’une conscience commune que les personnes divines connaissent leur distinction, et leur distinction est cette connaissance même. Le terme de personne est conservé pour dire la distinction.]
Les affirmations successives des conciles et des Pères ont cherché principalement à défendre la pureté de la foi, en interprétant adéquatement les données des Ecritures et en les traduisant dans des concepts les plus précis et les plus appropriés possibles. Mais à cette défense de la foi s’ajoute le désir de comprendre « de l’intérieur » la Trinité, sa « logique interne ».
a. Analogies cosmiques
Premiers pères : comparaisons prises de la nature infra-humaine (source et rivière, soleil et rayon, tronc et fruit…). Pères apologistes (Tertullien, Origène…) : analogie de la parole prononcée par l’homme.
b. Analogies psychologiques
De « l’extérieur » à « l’intérieur » : emploi d’analogies psychologiques qui s’appuient sur le dépôt de l’image de Dieu dans son « image inadéquate, image néanmoins : l’homme ».
Après avoir donné une « idée quelconque de la Trinité : celui qui aime, celui qui est aimé et l'amour qui les unit » (De Trin. XV, III, 5), Augustin montre qu’il y a dans l’homme des « trinités » (disons des triades) qui ne divisent pas sa substance et peuvent être image de Dieu :
Dans « l’homme en tant qu’intelligence », qui est image de Dieu, il y a « une certaine trinité : l’âme, la connaissance que l’âme a d’elle-même, l’amour qu’elle a pour elle-même et pour sa propre connaissance : trois choses qui sont démontrées égales et d’une seule essence » (De Trin., XV, III, 5).
Mémoire, intelligence et volonté, qui sont « une seule vie (…), une seule âme (…), une seule substance » (De Trin. X, XI, 18). Quand elles s’appliquent aux choses immuables, elles sont image de Dieu.
Repris par Thomas d’Aquin : deux processions internes de l’intelligence et de la volonté, pour le F et l’ES.
c. Analogies anthropologiques
Notamment Richard de Saint Victor et son analogie de l’amour interpersonnel, à bien comprendre : explique davantage le pourquoi des processions que le comment : en Dieu, tout est un et simple. Dieu est toutes ses perfections. La plus grande perfection est la charité, dont le propre est de tendre à l’autre et donc d’impliquer pluralité. Pour que cet amour soit réel, il faut que l’aimé soit de la même dignité, donc soit Dieu lui-même. Troisième personne : la charité parfaite implique de vouloir que l’aimé soit aimé par un autre comme on l’aime soi-même. Pourquoi trois et non quatre ou davantage : le P donne l’être et l’amour sans les recevoir ; le F les reçoit et les donnent ; l’ES les reçoit mais ne les donne pas ; 4e personne => chaque personne n’aurait pas ces caractéristiques propres et exclusives => confusion.
[Ne rien dire de cette partie : trop compliqué ! Uniquement pour répondre aux questions]
Le traité de la Trinité de Thomas d’Aquin dans la Somme Théologique (Ia-IIae) est décisif dans le développement de la théologie trinitaire. Il fait suite à celui du Dieu Un, suivant ainsi l’ordre scripturaire (AT : Dieu Un ; NT : Dieu Trine). Il montre qu’il est possible d’approcher ce mystère par la raison humaine. Mais, contrairement à un reproche de rationalisme qu’on a pu lui faire, il se garde bien de déduire la Trinité de sa spéculation, comme il en fera le reproche voilé à Richard de Saint Victor (ST, Ia-IIae, q.32, a.1, obj. 2, resp., sol. 2).
« Puisque les Personnes divines se distinguent par leurs relations d’origine », Thomas considère d’abord les processions (donc l’origine) (q.27), puis les relations (q.28), et enfin, assez longuement, les Personnes (q.29-43).
a. Les processions (q.27)
Les processions sont des actes immanents à Dieu. Il y a 2 actes immanents dans une nature intellectuelle :
L’acte de l’intelligence, l’intellection (en moi, le semblable à moi) : il pose dans l’intellect le concept de la chose connue, un verbe. Dans une connaissance parfaite, le connaissant fait un avec ce qu’il connaît. Puisque Dieu est une nature intellectuelle parfaite, le Verbe qu’il « produit » en se connaissant lui-même est parfaitement un avec lui. C’est donc un acte de génération, car ce qui procède est similaire au principe. Cette première procession en Dieu est donc celle du Fils, deuxième personne de la Trinité.
L’acte de la volonté, le vouloir (en moi, quelque chose de distinct de moi) : donne lieu à la procession de l’amour. Par cette procession, l’aimé est dans l’aimant : celui que j’aime est vraiment présent à moi, non pas similaire à moi comme le verbe dans le cas de l’intellection, mais en restant vraiment lui-même, c'est-à-dire autre que moi, (tension difficile à tenir). De ce fait il ne peut s’agir d’une génération mais d’un « souffle », d’une « impulsion vitale » (a.4). Et c’est pourquoi cette procession est celle de l’ES, troisième personne de la Trinité.
b. Les relations
Reprend Augustin pour qui le singulier en Dieu se réfère à son essence et le pluriel ne se réfère qu’aux relations, qui n’affectent pas l’unité de l’essence. Les processions établissent des relations entre des principes et des termes. Thomas pense ces relations à partir des catégories d’Aristote. Ces relations sont réelles, et non de raison : elles sont fondées sur l’action/passion, et elles concernent des relatifs du même ordre (de nature divine). Toute relation réelle comporte un double aspect : l’être qu’elle tire du sujet dans lequel elle existe, l’esse in ; l’être auquel elle se rapporte en tant que relation, l’esse ad. Mais contrairement à tous les autres accidents, qui inhèrent nécessairement dans une substance (in alio), ce qui exprime son essence est son ad, et non son in, qui assure « seulement » son existence réelle. Autrement dit, la particularité de la relation est d’être « extatique », i.e. de pouvoir subsister même en supprimant le in : la relation peut être subsistante, référée à elle-même. La relation subsistante est ainsi un relatif-absolu : un relatif doté d’une existence (in) absolue, un absolu dont l’essence (ad) est la relativité. Ce concept de relations subsistantes est appliqué à Dieu par Thomas : en Dieu, les relations s’identifient à la substance divine selon le in, mais demeurent distinctes selon le ad.
Unité de nature et diversité de relations => périchorèse : cf. Jn 14,10 : « Je suis dans le Père et le Père est en moi » et cf. Cc de Florence (1442). Pour que cela reste vrai, il est nécessaire que l’ES procède du P et du F comme d’un unique principe, selon le schéma latin : [[P => F] => ES]. Car selon le schéma grec [F <= P => ES] le F et l’ES n’ont pas de relation entre eux.
c. Les personnes
Quatre relations réelles en D :
Du P au F : paternité
Du F au P : filiation
De l’ES au P et au F : spiration passive
Du P et du F à l’ES : spiration active
La spiration active ne constitue pas le P et le F, qui sont déjà constitués par leur relation de paternité et de filiation. Donc seule la spiration passive constitue la Personne de l’ES et est donc une propriété personnelle. Si on ajoute l’innascibilité, on a donc 5 notions en Dieu : innascibilité, paternité, filiation, spiration active, spiration passive.
Les noms divins se déduisent des processions : de manière évidente pour le P et le F, de manière dérivée pour l’ES, qui n’est pas un nom à strictement parler, puisque le P et le F aussi sont esprits et ils sont saints… Selon Augustin, le nom de l’ES = don.
Nous fait entrer en relation avec Dieu. Nous avons un Dieu capable et désireux d’une relation personnelle avec sa créature. De plus, les relations en Dieu font, en lui, comme un « espace », dans lequel sa créature peut être accueillie : l’un de la Trinité peut assumer une chair humaine sans rien faire à la divinité, mais en faisant entrer l’humanité en son sein.
Détermine notre vocation. Nous sommes appelés à devenir par adoption ce que Jésus est par nature : des fils de Dieu. Nous le sommes vraiment par le baptême, mais ça ne se voit pas immédiatement. C’est pourquoi l’ES lui-même vient l’attester en nous : arrhes de l’héritage promis (Ep 1,13). Donc le baptême et la confirmation nous font déjà participer à la vie trinitaire. Bref, le fait que Dieu soit Trinité me permet de déjà participer à sa vie.
Structure notre prière et notre vie spirituelle. Vers le P, par le F, dans l’E :
Tout revient au Père et est tourné vers Lui
Le Fils nous y conduit
Dans l’Esprit Saint, qui unit les deux