Proclamé tous les dimanches à la messe (+ solennités), après l'homélie. Pourquoi ? Parce qu'on a écouté la Parole de Dieu, et cette parole appelle notre réponse de foi, notre "oui".
2 réponses : 1) la prière universelle - j'ai écouté la Parole et cela fait jaillir une prière pour tous les hommes.
2) Le Credo, qui est la réponse de la foi. "Seigneur, tu te fais connaître à moi, tu t'approches de moi : moi, j'ai foi en toi."
Credo : mot latin qui signifie Je crois. Il porte aussi le nom de "symbole", mot qui vient de l'Antiquité qui signifiait qu'on avait conclu une alliance, signé un contrat. On brisait un morceau de céramique en 2, et chacun gardait son morceau. Il était ainsi possible de se reconnaître en assemblant les 2 symboles. Le symbole c'est ce qui permet de se reconnaître. Un symbole de la foi : ce qui permet de reconnaître mes frères et soeurs qui proclament la même foi, en Dieu, Père, Fils et Saint Esprit.
2 symboles de la foi : celui des apôtres et celui de Nicée-Constantinople. Il y en a eu d'autres mais on a gardé ces deux-là. Le symbole des apôtres est plus court, le symbole de Nicée-Constantinople développe et déploie. Le contenu est fondamentalement le même, c'est pour cela que l'on peut dire les deux. Nicée-Constantinople : concile en 325 où on a ressenti le besoin de mettre par écrit une formule sur laquelle tout le monde serait d'accord.
Si besoin : expliquer ce qu'est un concile. Instance convoquée par l'Église lorsqu'il faut se mettre d'accord sur tel ou tel élément de la foi. Nicée-Constantinople : interrogations dans l'Église sur qui est le Fils, est-ce qu'il est vraiment Dieu, autant Dieu que le Père ? Oui. Mais à cette époque, des hérésies prétendaient que non.
Credo = essentiel de la foi, comme un succédané de la foi chrétienne, et ensuite d'ajouter l'eau de l'Esprit Saint pour donner vie à cette foi. But du catéchuménat et de l'ensemble de la vie chrétienne : approfondir le Credo.
2 formules possibles : je crois en Dieu ou je crois en un seul Dieu.
Dans les 2 cas, on commence par "je crois". Dans le texte initial, c'était nous croyons, au pluriel. Car ce n'est pas une foi personnelle mais bien communautaire. Je n'ai pas inventé que Dieu s'était incarné en Jésus-Christ, qu'il était venu me sauver, qu'il s'était révélé Père-Fils et Saint-Esprit pour que je vive dans la communion avec lui.
Je n'ai rien inventé. J'ai tout reçu - mes parents ont témoigné, l'Église a témoigné, elle m'a donné d'entendre la parole de Dieu, de vivre des sacrements. J'ai reçu petit à petit cette foi, Dieu a fait grandir cette foi par l'Église. Je peux renouveler chaque jour mon acte de confiance en lui parce que j'ai des frères, et que nous sommes dans l'Église qui porte ses enfants à vivre et proclamer leur foi.
Je proclame ma foi avec mes frères. C'est pareil qu'avec le Notre Père, on ne dit pas mon Père.
Alors, pourquoi on dit Je crois ? Parce que lorsqu'on proclame le Credo, on est tous ensemble à la messe. Le nous est factuel : on est ensemble à ce moment-là. Parfois plus difficile à accepter dans notre époque marquée par un certain individualisme. Mais je ne vis pas ma foi seul, je la vis parce que l'Église me transmet la vie de Dieu. Je ne peux pas vivre ma foi tout seul dans mon coin.
Dire "Je crois en Dieu" signifie que moi, être humain, je suis capable de Dieu. Dieu m'a créé capable de lui parler, de dire quelque chose sur lui. Dieu m'a fait capable de le connaître. Dieu m'a fait capable de comprendre quelque chose de qui il est.
Sa grandeur, ma petitesse : Pourtant je suis un homme, fini, je ne représente pas grand chose à l'échelle de l'univers, à l'échelle de l'histoire du monde, ma vie va durer quelques années, quelques dizaines d'années, l'univers en a 14 milliards ! Dieu est éternel, moi en comparaison je ne suis pas grand chose. Dieu a créé tout cela, il est encore infiniment plus grand que tout cela. Et pourtant il m'aime, moi, qui suis si petit. Il m'aime, et je peux le rencontrer. Il se fait proche de moi. Dieu vient nous montrer cela par Jésus.
La connaissance de Dieu : Je peux connaître Dieu par ma raison, par ma propre recherche. Des hommes ont cherché Dieu : Aristote est arrivé à l'existence d'un Dieu unique, créateur du monde. Pourtant Aristote ne prie pas, il ne parle pas à Dieu, mais il commence déjà à le découvrir. Dieu n'est pas encore venu pour que l'homme puisse lui répondre en retour.
L'idée de Dieu : Parfois quand on évangélise ou en discutant, on nous dit "Moi, je suis scientifique, je ne crois pas en Dieu." Et puis en fait, quand on discute, la plupart arrivent à dire que tout cela ne peut pas être là par hasard. On tombe presque tous d'accord là-dessus. On reste très loin de l'incarnation, de Jésus, de Dieu qui m'aime et qui est proche, mais déjà, dans le coeur de l'homme, il y a l'idée de Dieu. Pour qu'on puisse connaître ce Dieu, il faut qu'il vienne à notre rencontre.
La Révélation : cf He 1, 1-2 "À bien des reprises et de bien des manières, Dieu, dans le passé, a parlé à nos pères par les prophètes ; mais à la fin, en ces jours où nous sommes, il nous a parlé par son Fils." Dieu a envoyé des prophètes, des hommes pour nous parler. D'ailleurs quand Jésus vient, certains pensent qu'il est un des prophètes. Dans l'Ancien Testament, Dieu envoie des hommes pour parler aux hommes. Dans le Nouveau Testament, Dieu envoie Dieu pour parler aux hommes. Le Père envoie le Fils pour parler aux hommes. Donc Dieu se fait connaître directement à nous. Si je peux croire en Dieu et le proclamer, dire que "j'ai rencontré Dieu", c'est grâce à Jésus qui est venu lui-même sur Terre. C'est pour cela qu'on n'attend plus personne d'autre après lui.
Pourquoi ça me concerne aujourd'hui alors que ça a eu lieu il y a 2000 ans ? Grâce à l'Église et aux sacrements. Toutes les semaines, on assiste à la messe. On reçoit la Parole de Dieu et on communie. La messe, le prêtre dit au nom de Jésus, ceci est mon corps, ceci est mon sang. Et Jésus se rend présent, réellement présent à la messe. Même si on ne communie pas, Dieu se rend présent, vous êtes en présence de Dieu.
Dieu fait confiance à l'homme : Dieu est présent pour tout homme, à chaque instant de sa vie, qu'il soit croyant ou non. En tant que chrétiens, on apprend à lui donner plus de place, à ouvrir la porte, à déployer sa vie en nous. Dieu nous fait confiance. Il confie l'Église à des hommes faibles, à commencer par saint Pierre qui était un simple pêcheur, au départ. Il attend de nous notre acte de foi, libre, comme une réponse à son amour et à sa présence auprès de nous.
Que signifie Je crois ? Je peux dire : je crois que Djokovic va gagner son match, ma parole n'a alors pas de grande valeur. Ici le sens est différent :
je crois veut dire j'ai confiance. Je mets ma confiance dans celui-ci. Je crois en Dieu. Foi signifie confiance. Ce credo, ce n'est donc pas simplement une formule de foi ou une liste de principes.
C'est plus fort que ça : si dire je crois signifie faire confiance, c'est aussi accepter de se laisser conduire par Dieu. Quand je dis je crois en Dieu, je lui demande de conduire ma vie, je souhaite lui obéir parce que je sais qu'il m'aime, et que quand il me proposera quelque chose, c'est pour mon bien, par amour.
Dire je crois en Dieu, c'est dire à Dieu que je l'aime. C'est dire j'ai confiance en ton amour pour moi et je veux y répondre par mon propre amour.
Enfin dire je crois, avoir la foi, c'est avoir reçu un don de Dieu. Dieu me donne la grâce d'avoir foi en lui. Dieu me donne la grâce d'avoir confiance en lui.
Un des fruits du baptême, c'est de faire grandir en nous la foi, parce que la foi n'est pas simplement un acte personnel, c'est au contraire une entrée dans la relation avec Dieu, et Dieu qui me donne d'entrer en relation ainsi avec lui. C'est pour ça que je peux demander à Dieu de faire grandir ma foi (et d'ailleurs il y a des disciples dans l'évangile qui parfois prient en disant « Seigneur, augmente en nous la foi ! »). Parce que la foi est un don que Dieu me fait pour avoir confiance en lui. Avoir foi, c'est avoir confiance. Avoir foi, c'est obéir, se laisser conduire. Avoir foi, c'est aimer. Avoir foi, c'est recevoir un don de Dieu. Voilà, maintenant on comprend un peu mieux ce que veut dire ces premiers mots.
Je crois en Dieu le Père Tout-Puissant
Cela répond à la question : qui est Dieu pour nous ? On ne croit pas en n’importe quel Dieu, on ne croit pas en une vague force cosmique, on ne croit pas en une énergie impersonnelle, on ne croit pas en une idée abstraite. On croit en un Dieu qui est Père. Et ça change tout.
Dire que Dieu est Père veut dire que Dieu est relation. Ça veut dire qu’il n’est pas tout seul. Ça veut dire qu’en lui-même, il y a de l’amour, il y a de la relation, il y a de la vie.
Dire que Dieu est Père veut dire qu’il engendre, qu’il donne la vie, qu’il se donne. Et aussi que moi, si Dieu est Père, je suis son enfant. C’est une révolution. Parce que je ne suis pas simplement une créature perdue dans l’univers. Je suis un enfant attendu, voulu, aimé.
On dit qu’il est Tout-Puissant. Parfois quand on entend tout-puissant, on imagine quelqu’un qui peut faire n’importe quoi, comme un tyran cosmique. Mais au contraire, la toute-puissance de Dieu, ce n’est pas la puissance de la domination. C’est la puissance de l’amour. Dieu est tout-puissant parce que rien ne peut empêcher son amour d’agir. Rien ne peut empêcher Dieu d’aimer. Même pas le mal. Même pas le péché. Même pas la mort. La preuve, c’est la résurrection. La toute-puissance de Dieu, c’est la puissance qui relève, qui pardonne, qui recrée, qui sauve.
Créateur du ciel et de la terre
Cela veut dire que tout ce qui existe vient de lui. Rien n’existe sans lui. Tout est voulu. Tout est aimé. Le monde n’est pas un accident. Ta vie n’est pas un accident. Tu n’es pas là par hasard. Si Dieu est créateur, alors ton existence a un sens. Tu es voulu. Tu es désiré. Cela veut dire que tu es aimé avant même d’exister.
De l’univers visible et invisible.
Cela veut dire que tout ne se réduit pas à ce que l'on voit. Il y a une réalité invisible. Il y a le monde spirituel. Il y a les anges, l’âme, la grâce. Il y a Dieu. Et ça, c’est important, parce que ça veut dire que la réalité ne se limite pas à ce que la science peut mesurer. La science dit des choses vraies, mais elle ne dit pas tout. Elle dit comment fonctionne le monde. Elle ne dit pas pourquoi il existe. Elle explique les mécanismes. Elle ne donne pas le sens. La foi ne remplace pas la science. Elle répond à une autre question.
Je crois en un seul Seigneur, Jésus-Christ.
Là, on entre dans le cœur du cœur, le centre du centre, le sommet : Jésus. Le nom même de Jésus veut dire “Dieu sauve”. Et Christ veut dire “oint”, c’est-à-dire le Messie, celui qui est consacré par Dieu pour accomplir sa mission. Dire “Seigneur”, c’est reconnaître qu’il a autorité sur ma vie. C’est reconnaître que ce n’est plus moi le centre. C’est lui.
Fils unique de Dieu.
Il n’est pas simplement un prophète, un sage, un homme inspiré. Il est le Fils. De même nature que le Père. Engendré, non pas créé. C’est-à-dire qu’il n’est pas une créature. Il est Dieu. Vrai Dieu né du vrai Dieu. Et ça, c’est essentiel dans la foi chrétienne. Si Jésus n’est pas Dieu, alors il ne peut pas nous sauver. Parce qu’aucune créature ne peut sauver l’humanité entière. Seul Dieu peut sauver. Donc si Jésus sauve, c’est qu’il est Dieu.
Engendré, non pas créé, consubstantiel au Père.
Ça, c’est un grand mot compliqué pour dire : de même nature. Même être. Même réalité divine. Ce n’est pas un dieu inférieur. Ce n’est pas une copie. Ce n’est pas une créature supérieure. Il est pleinement Dieu.
Par lui tout a été fait.
Ça veut dire que Jésus n’arrive pas seulement à Noël. Il est là depuis toujours. Il est présent à la création. L’Évangile de Jean dit : “Au commencement était le Verbe”, et le Verbe, c'est Jésus. Jésus est donc éternel. Il n’a pas commencé d’exister à Bethléem.
Pour nous les hommes et pour notre salut, il descendit du ciel.
Ça veut dire que l’Incarnation, ce n’est pas un accident. Ce n’est pas un plan B. Ce n’est pas une improvisation. C’est un projet d’amour. Dieu vient parce qu’il veut sauver.
Par l’Esprit Saint, il a pris chair de la Vierge Marie et s’est fait homme.
Ça veut dire que Dieu n’a pas fait semblant d’être humain. Il l’est devenu vraiment. Il a eu un corps. Il a eu une histoire. Il a eu une fatigue. Il a eu des émotions. Il a connu la joie, la tristesse, l’amitié, la souffrance. Rien de ce qui est humain ne lui est étranger.
Crucifié pour nous sous Ponce Pilate, il souffrit sa passion et fut mis au tombeau.
Là, on entre dans le scandale. Dieu qui meurt. Dieu qui souffre. Dieu qui accepte la violence humaine. Pourquoi ? Pas parce qu’il aime la souffrance, mais parce qu’il nous aime nous. Il prend sur lui le mal pour nous en libérer.
Il ressuscita le troisième jour conformément aux Écritures.
Voilà le centre absolu de la foi chrétienne. Si le Christ n’est pas ressuscité, dit saint Paul, notre foi est vaine. La résurrection, ce n’est pas un symbole. Ce n’est pas une image. C’est un événement. Quelque chose s’est passé. La mort a été vaincue.
Il monta au ciel.
Ça ne veut pas dire qu’il est parti dans les nuages comme une fusée mais qu’il est entré pleinement dans la gloire de Dieu. Qu’il est désormais dans la dimension divine.
Il est assis à la droite du Père.
Cela signifie qu’il partage l’autorité, la gloire, la royauté du Père. Ce n’est pas une position géographique. C’est une image pour dire la dignité divine.
Il reviendra dans la gloire pour juger les vivants et les morts.
L’histoire a un but. Elle va quelque part. Elle n’est pas un cercle absurde. Il y aura une justice. Il y aura une vérité finale. Le mal n’aura pas le dernier mot.
Et son règne n’aura pas de fin.
Cela signifie que ce que Dieu commence, il l’achève. Son amour est éternel. Son royaume ne passera pas.
Je crois en l’Esprit Saint, qui est Seigneur et qui donne la vie.
Là, on parle de la troisième personne de la Trinité. L’Esprit, ce n’est pas une force vague. C’est quelqu’un. C’est Dieu. Celui qui agit aujourd’hui. Celui qui transforme les cœurs. Celui qui fait vivre l’Église. Celui qui fait prier. Celui qui éclaire. Celui qui console. Celui qui sanctifie.
Qui procède du Père et du Fils.
Cela veut dire qu’il vient de la communion d’amour entre le Père et le Fils. Qu’il est l’amour même qui les unit.
Avec le Père et le Fils, il reçoit même adoration et même gloire.
Donc il est pleinement Dieu, lui aussi. Pas inférieur. Pas secondaire. Dieu.
Il a parlé par les prophètes.
Donc Dieu n’est pas silencieux. Depuis toujours, il parle. Il guide. Il éclaire. Il appelle.
Une : parce qu’elle a une seule foi, un seul Seigneur, un seul baptême.
Sainte : pas parce que ses membres sont parfaits, mais parce que Dieu agit en elle.
Catholique : ça veut dire universelle, pour tous, pour tous les peuples.
Apostolique : fondée sur les apôtres, enracinée dans leur témoignage.
Ça veut dire que le baptême n’est pas un symbole social. C’est un acte réel. Quelque chose se passe vraiment. Une vie nouvelle commence.
Voilà l’espérance chrétienne. La mort n’est pas la fin. La vie a le dernier mot. Dieu a le dernier mot.
Ce petit mot qu’on dit à la fin, il est très fort. Amen veut dire : c’est solide, ça tient. C’est vrai. J’y crois. Je m’appuie dessus. Je m’y engage.
On voit bien que le credo, ce n’est pas juste un texte. C’est un résumé de toute la foi. C’est une carte, une colonne vertébrale, une boussole. Toute la vie chrétienne est contenue là, en germe.
Si vous voulez, on peut maintenant faire une version beaucoup plus simple et claire du credo phrase par phrase pour bien le comprendre en langage d’aujourd’hui.