Micro témoignage perso d'espérance
« La donnée fondamentale est la suivante : l’option d’un individu contre Dieu, non d’un individu quelconque mais de celui qui a fondé la famille humaine, a précipité cette faille tout entière non pas, précisons le bien, dans un péché personnel, mais dans une privation de grâce, avec tout ce qui en résulte pour la constitution de la nature. Ce manque n’est pas seulement la source des innombrables péchés personnels des individus ; il est en plus la cause de cette incapacité qui affecte tous les hommes de tendre efficacement, avec les forces qui leur restent, à leur fin dernière en Dieu. » - Hans Urs von Balthasar, La Dramatique divine, t.3 : L’Action, Ed. Culture et vérité 1990, p.162
Un point sur la Genèse : monogénisme, polygénisme, ce qui s’est passé « exactement » (ce n'est pas le sujet).
« Par la désobéissance d’un seul homme, la multitude (c’est-à-dire tous les hommes) a été constituée pécheresse » (Rm 5, 19) ; « De même que par un seul homme le péché est entré dans le monde et par le péché la mort, et qu’ainsi la mort est passée en tous les hommes, du fait que tous ont péché... » (Rm 5, 12)
« Transmission » mystérieuse, mais par « unité du genre humain ».
« Non seulement nous sommes tous embarqués sur le même bateau mais nous avons tous le mal de mer. » - G. K. Chesterton, Ce qui cloche dans le monde
St Maxime le Confesseur nous dit que dans le péché, l’homme a voulu être « comme Dieu » mais « sans Dieu et avant Dieu et non pas selon Dieu » - D’après Saint Maxime le Confesseur, Ambiguorum liber, PG 91, 1156C. Cf. CEC n° 398
Positionnement de la liberté face à Dieu, liberté reçue de Dieu : « La possibilité, de la part de la créature, d’un refus de se reconnaître dépendante se fonde précisément sur cela qu’elle est liberté comme autoposition d’elle-même, et qu’elle ne reçoit de détermination que d’elle-même. Mais, dans le refus, elle omet délibérément de considérer le fait qu’elle ne s’est pas donnée à elle-même sa propre autodétermination. Elle veut pour ainsi dire – et c’est précisément cela qui est absurde – être nature divine, mais sans participer aucunement à la vie trinitaire où, dans la distinction des Personnes, cette nature est donnée et reçue, reconnue comme don et diffusée, présente comme donnée dans ses manifestations. Par son refus, la créature se montre en contradiction flagrante avec son caractère d’analogie et d’image, qui lui vient nécessairement de sa dépendance par rapport aux relations trinitaires. Ainsi la création rend possible le fait que, de l’a-théisme au bon sens du terme, c’est-à-dire de la dépossession de soi par Dieu dans la génération du Fils, puisse surgir l’athéisme négatif le plus réel, celui qui rejette intérieurement Dieu. » - Hans Urs von Balthasar, La Dramatique divine, t.3 : L’Action, Ed. Culture et vérité 1990, p.304
La racine de tout péché par la suite : « Tout péché, par la suite, sera une désobéissance à Dieu et un manque de confiance en sa bonté. » (CEC397)
Cf. définition de Balthasar.
Fondamentalement, la racine de tout ce qui débloque dans le monde.
Un mal hors de proportions.
Il est à la fois d’abord intérieur à l’homme : « La ligne de partage entre le bien et le mal ne sépare ni les États ni les classes ni les partis, mais qu'elle traverse le cœur de chaque homme et de toute l'humanité. » - Alexandre Soljenitsyne, L’Archipel du Goulag
Et en même temps mystérieusement, le mal que nous avons laissé entrer se déchaîne maintenant comme extérieurement à nous… Sans que nous y soyons tout à fait étrangers. « Par-delà [la tension dramatique qui entoure la mort] s’étend le domaine de toutes les atrocités et de tous les gestes démoniaques qui submergent la scène du monde avec l’invasion quasi souveraine du mal. C’est un domaine dont les puissances et les possibilités se multiplient comme les têtes de l’hydre, à mesure qu’on les combat, et qui infligent aux hommes des misères bien autrement cruelles que les menaces de la mort. Chacun sait que les forces du mal ne sont pas étrangères à sa propre existence, ni purement extérieures ; en chacun règne un abîme qui descend jusqu’aux profondeurs ; et dès lors chacun partage une solidarité incompréhensible avec les puissances et les superpuissances du néant, qui ravagent le monde et contre lesquelles on se défend tant bien que mal. Ce sont effectivement des puissances, car le mal a toujours quelque rapport avec la puissance, c’est-à-dire avec la mainmise sur les forces naturelles animant les choses et l’esprit de l’homme, dans l’intention d’établir sa domination. Aussi sera-t-il souvent malaisé de savoir dans quelle mesure la menace vient de puissances neutres, et dans quelle mesure s’y cache une liberté qui les manipule. Existe-t-il réellement, derrière les puissances de destruction, une liberté inclinée au mal, c’est là une question que l’homme se pose, mais qui reste sans puissance définitive [ici il faut préciser que Balthasar parle de la connaissance "naturelle" de l’homme, en tout cas avant le Nouveau Testament]. » - Hans Urs von Balthasar, La Dramatique divine, t.3 : L’Action, Ed. Culture et vérité 1990, p.120
Finalement c’est un joug, un esclavage. Bien comprendre que Satan est à l’oeuvre dans le monde, et ne cherche qu’à nous persécuter. Son but n’est pas juste de nous faire tomber, c’est de nous faire souffrir.
« Il produit aussi par contrecoup un dérèglement inattendu dans la nature, et une manière de mourir qui n’était pas primitivement prévue. Désormais la mort, pour autant qu’elle n’est pas reprise sous la grâce de la mort du Christ, est une mort qui écarte loin de Dieu. » - Hans Urs von Balthasar, La Dramatique divine, t.3 : L’Action, Ed. Culture et vérité 1990, p.167
Rapide point : était-on mortel avant le péché ?
1. LE BESOIN DE SALUT !
En fait on ne s’en sort pas tous seuls, à cause du premier point.
Et Jésus nous sauve nous pas en évitant cela, mais précisément en s’y plongeant et en renversant tout (voir citation de Balthasar à suivre)
Sur le renversement : « Quelle est la différence entre le Christ et Satan ? Elle est tout à fait simple. Le Christ est descendu aux enfers, Satan y est tombé. L’un d’eux a voulu descendre et est monté. Un Dieu peut être humble, un démon ne peut être qu’humilié. » - G. K. Chesterton, La sphère et la croix, Ed. Rivages 2015, p.216
2. La lutte
« Déjà de par sa constitution naturelle, l’homme est obligé de soutenir un combat, d’abord parce que le "vieil Adam" garde constamment une tendance à s’enfermer dans sa finitude et sa mortalité pour se contenter de ses fins naturelles ; mais encore et surtout parce que la grâce du second Adam qui le sollicite a revêtu elle aussi, à cause du péché, la figure d’une lutte. Ainsi aucune voie désormais n’est ouverte pour l’achèvement du soi, qui ne passe à travers la mort à soi-même avec le Christ. » - Hans Urs von Balthasar, La Dramatique divine, t.3 : L’Action, Ed. Culture et vérité 1990, p.168
On en fait tous l’expérience chaque jour (gloser)
« Être bon représente une aventure autrement violente et osée que de faire le tour du monde à la voile. » - G. K. Chesterton, L’effondrement d’une grande réputation
Mini intro sur le thème des « principes premiers à retenir »
Cf. citation de Balthasar ci-dessus.
Dans tous les sens : avant le péché, mais aussi après le péché.
Souvent dans les systèmes « idéaux », dans nos discussions sur le monde, la politique, l’éthique, etc. on l’oublie.
Une force agissante, celle du Diable qui persécute et fait souffrir. Il se déchaine d’autant plus maintenant que nous sommes sauvés en Christ :
« Depuis la venue du Christ, [le Diable] fait peser l’esclavage où il tient l’homme encore plus qu’il ne l’a fait jusque là (Jn8,44 ; 13,2.18) » - Hans Urs von Balthasar, La Dramatique divine, t.3 : L’Action, Ed. Culture et vérité 1990, p.348
Le Diable comme une bête à l’agonie – Sainte Thérèse de Lisieux
Toujours, toujours, toujours, toujours, toujours.
« Là où le péché a abondé, la grâce à surabondé » (Rm 5, 20)
Exemples : la Création, puis au moment du péché, puis toute l’oeuvre du Salut, à votre naissance, à votre baptême, etc.
La victoire est absolument certaine.
L’espérance chrétienne n’a rien à voir avec l’espoir. C’est une certitude, et une JOIE !
Gloser
La grâce du Baptême : « Par le Baptême, tous les péchés sont remis, le péché originel et tous les péchés personnels ainsi que toutes les peines du péché (cf. DS 1316). En effet, en ceux qui ont été régénérés il ne demeure rien qui les empêcherait d’entrer dans le Royaume de Dieu, ni le péché d’Adam, ni le péché personnel, ni les suites du péché, dont la plus grave est la séparation de Dieu. » (CEC1263) Même si « certaines conséquences temporelles du péché demeurent » (CEC1264).
Cette grâce n’efface pas le péché, elle surabonde : c’est l’entrée dans la vie divine, pas un retour à l’état originel.