« Le Saint-Esprit, on l’a théoriquement. Mais pratiquement, on ne s’en sert pas. C’est un beau cadeau qu’on range avec la vaisselle des grandes occasions en se disant : « on s’en servira les grands jours. On pense que si on s’en sert, on va le casser comme la vaisselle. Le Saint Esprit, il faut s’en servir tout le temps, tout le temps, tout le temps ! et après vous ne pouvez plus vous en passer. » Pierre Goursat (1976). Voyons comment plus vivre de l’ES. En fait, il y a 2 choses que le S nous demande – vous les connaissez ? 1° Se laisser aimer par Dieu et 2° agir par l’Esprit Saint, voilà tout ce qui nous est demandé. La sainteté ne consiste pas avant tout à faire des choses extraordinaires, mais à se laisser aimer par Dieu et à le laisser agir à travers nous.
Sainte Faustine dit la voie la plus courte vers la sainteté est la fidélité aux inspirations de l’ES. La vie dans l’ES, de quoi s’agit-il?
De faire de notre vie un chèque en blanc au Seigneur, sûr qu’il s’occupe de nous, qu’il a un plan d’Amour pour nous, lui remettre notre vie ainsi que et toute notre personne, D’être à Son écoute chaque jour le + souvent possible et l’invoquant au cours de nos journées. Invoquer l’Esprit-Saint nous tourne vers le Père comme fils bien aimé et nous rend + fils : Rm8, 14-16: « En effet, tous ceux qu'anime l'Esprit de Dieu sont fils de Dieu. Aussi bien n'avez-vous pas reçu un esprit d'esclaves pour retomber dans la crainte; vous avez reçu un esprit de fils adoptifs qui nous fait nous écrier: Abba! Père! L'Esprit en personne se joint à notre esprit pour attester que nous sommes enfants de Dieu. ».
Si nous Le laissons faire, nous apprendrons à prier comme le Christ, à aimer mieux, à être en vérité y compris dans les choses les + petites les + cachées, à combattre le mal, à être plus ami du bien, à faire la volonté de Dieu et non la nôtre, à témoigner du Seigneur, à servir nos frères, à offrir nos vies jusqu’au bout, bref à faire tout ce qu’a fait Jésus. L’Esprit-Saint peut accomplir en nous ce que nous ne pouvons pas faire seuls. Si nous avons parfois l’impression de ne pas porter de fruit, nous pouvons nous poser la question de savoir si nous vivons assez sous la conduite de l’Esprit-Saint ?
« L'Esprit-Saint vient au secours de notre faiblesse, car nous ne savons pas prier comme il faut. L'Esprit lui-même intervient pour nous par des cris inexprimables. » dit St Paul (Rom8, 26).
Souvent, quand nous nous mettons en prière, il y a une infinité de choses qui nous viennent à l’esprit... Souvent les choses que nous demandons concernent notre bien-être matériel, ce sont des choses de ce monde. Demandons un cœur brûlant d’Amour, demandons l’Esprit-Saint dans notre prière car il intercède pour nous et nous inspire afin de faire la volonté du Père. L’Esprit-Saint nous fait dire « que Ta volonté soit faite Abba Père». Disons-le sans peur : n’oublions pas que le Père veut notre bonheur !
L’Esprit-Saint vient transformer notre cœur et vient nous apprendre à prier non comme des esclaves mais comme des fils.
Quelle est la prière de l’homme hypocrite, la prière de l’esclave ? Il est « près de moi en paroles, il me glorifie des lèvres, mais son cœur est loin de moi » dit le Seigneur. Il ne s’agit pas de distractions, mais d’une prière double : on accepte bien les choses que Dieu veut nous donner, mais on n’accepte pas Dieu lui-même. Nous ne tendons plus vers Dieu mais vers nous-mêmes. Dieu n’est plus à la première place dans nos vies, il est instrumentalisé dans notre intérêt.
A l’inverse, la Bible est truffée d’exemples d’hommes priant sous l’action de l’Esprit-Saint ; on peut remarquer que cette prière n’a rien d’une négation de notre intelligence ou d’une ‘carpette attitude’ : un excellent exemple est celui de Joseph: la crainte qu’il ressent devant la grossesse de Marie est la crainte de Dieu, ie le désir de faire la volonté de Dieu : St Joseph a toujours cherché à faire la volonté de Dieu. Avec autant de surprise que de confiance Il reconnaît que Dieu a choisi sa merveilleuse épouse pour son plan. Quelle grâce! Sa question est donc ‘comment vais-je me positionner % à ce plan ?’ Si je l’épouse, ça voudra dire que pour les hommes, je suis le père du fils de Dieu et ils vont me considérer comme tel. Il se dit ‘ma femme ne m’appartient pas et si Dieu veut que je la lui offre, je ne m’y opposerai pas’. Vous voyez cette attitude de l’âme ? Quelle belle âme !!! Et il s’endort. Voilà que l’ange lui apparaît: Il avait renoncé à Marie et voilà qu’elle lui est redonnée. Dieu lui donne d’être père et de donner son nom au fils de Dieu. Il s’engage avec générosité dans cette grande aventure. Bien sûr il y a aussi l’exemple de Marie qu’il me soit fait selon ta parole. Þ La prière ss la motion de l’ES naît de l’acceptation joyeuse de Dieu en tant que Dieu et de soi-même en tant que créature de Dieu. (Ce sont les dons de crainte et de piété)
Il est aussi important de reconnaître comment l’ES prie en Jésus. C’est en Jésus qu’est portée à la perfection cette adhésion de tout l’être à Dieu. Or, la prière que Jésus a mise sur nous lèvres est celle du NP. ‘Que ta volonté soit faite sur la terre comme elle est faite au ciel’. C’est l’Esprit-Saint qui nous permet de prendre le chemin du renoncement à vouloir tout maîtriser (ma vie et celle des autres), afin que ma vie toute entière soit un “Me voici pour faire ta volonté” (He 10, 9). Etc… Nous vous proposons de continuer de méditer le NP dans votre temps de prière spécialement pendant ce cycle effusion.
L’Esprit-Saint fait de nous des fils de Dieu, d’abord dans le baptême qui se déploie dans notre quotidien. C’est pourquoi il est indispensable pour vivre de l’Esprit d’être fidèle :
A la vie sacramentelle notamment au sacrement du Pardon et à l’Eucharistie, des lieux privilégiés où l’Esprit-Saint nous parle.
A un temps de prière gratuit (ie un temps délimité tout offert au S où nous sommes là pour être à Son écoute).
Nous pouvons faillir et devrons reprogrammer ce temps, nous relever sans cesse par grâce de Dieu. L’un des derniers mots qu’a eu Pierre Goursat, le fondateur de la Communauté de l’Emmanuel, c’est « J’ai essayé d’être fidèle » : la fidélité, le désir de fidélité c’est la première chose que le Seigneur nous demande.
« Au soir de notre vie, nous serons jugés sur l’Amour » nous dit St Jean de la Croix. Comme ici on a tous la ferme intention d’être saints, on a une pression pour aimer beaucoup et bien…Bonne nouvelle : L’ES vient à notre secours aussi pour aimer : «Les œuvres d'amour envers le prochain sont la manifestation extérieure la plus parfaite de la grâce intérieure de l'Esprit" (Evangelii Gaudium, §37).
Jésus est allé jusqu’au bout de l’amour : Il est mort pour nous, et de Son cœur a jailli pour nous l’Esprit afin que nous puissions vivre le nouveau commandement d’Amour. Car il n’y a pas de charité sans vie dans l’Esprit (même pour ceux qui ne savent qui est l’Esprit-Saint : « l’Esprit Saint souffle où Il veut»). C’est pour nous une grande espérance car il n’y a donc pas de situation d’amour impossible.
Prions l’Esprit-Saint de nous montrer comment nous pouvons aimer nos frères. Nous allons vous donner 4 axes pour faire grandir en nous la charité intérieure ; car avant d’être des actes extérieurs, la mesure de l'Amour est d'abord intérieure :
La bienveillance qui a à voir avec le regard - la bienveillance passe avant la bienfaisance. Demandons au Seigneur un regard renouvelé. « Seigneur, convertis mes 3 regards : sur Dieu, sur les autres, et sur moi ». Demandons au S son regard bienveillant.
Choisissons de vivre la joie qui est un don de Dieu (« …Je vous dis cela pour que ma joie soit en vous et que votre joie soit complète ») mais aussi un commandement, une décision. Choisir la joie, c’est renoncer à murmurer intérieurement : le murmure nous empêche de vivre pleinement l’instant présent. Quand je râle, je me projette, j’anticipe, je m’inquiète. Je me coupe donc de l’action de l’ES qui agit dans l’instant présent. En fait, râler c’est un péché.
La patience est aussi un pré-requis à cette charité : Au tout début de l'hymne à l'Amour, Paul commence par: « l'Amour est patient... » Tout un programme pour notre vie quotidienne... Demandons cette patience à l’Esprit-Saint. Par la patience, nous apprenons à marcher au pas de Dieu, dans les petites choses comme dans les grandes
La non-critique / le non-jugement des personnes qui est forcément injuste car nous ne connaissons pas le secret des cœurs
Alors pour vivre ces dispositions, un des moyens est de bénir (intérieurement) ceux que nous côtoyons (certains ne sont jamais bénis !)… 1 Pierre 3 « Invoquez sur les autres la bénédiction, car c’est à cela que vous avez été appelés, afin de recevoir en héritage cette bénédiction ». C’est un cercle vertueux : la bénédiction des personnes ou de Dieu dans des situations difficile (ie dire du bien) appelle la grâce. Le Seigneur nous dit « Je mets devant toi la vie ou la mort, choisis la vie »– Deut 30, 19 La vie est permise par la bénédiction ; tu veux avoir la vie, eh bien bénis ! Tu veux entrer dans la louange, alors bénis ! Tu veux vivre sous la bénédiction du Père, alors bénis ! Tu veux lâcher prise, alors bénis !...
Un des dons de l’ES est le don de crainte, mais il n’équivaut pas au don de peur ! Au contraire, la vie dans l’ES doit nous faire dépasser toute peur.
Vivre sous l’action de l’ES, c’est faire à chaque instant des actes de foi qui nous permettent de nous extraire de la peur pour aimer avec audace. Regardez St Paul ! Il s’est laissé complètement saisir, il a tout remis au Seigneur : son passé sulfureux, sa mauvaise éloquence, etc, et il a été un instrument magnifique pour l’ES. A noter que le fait qu’il se soit totalement laissé conduire par l’ES ne l’a pas empêché d’être lui-même, mais qu’au contraire il s’est accompli parfaitement par la vie dans l’Esprit. Pour que cet abandon soit total, StPaul a lâché un certain nombre de choses_ un nombre impressionnant même. Par exemple, il a lâché sa confortable condition pharisienne et sa position mondaine, etc. On pourrait aussi regarder tout ce que Marie a lâché.
A nous aussi, l’Esprit Saint nous demande de lâcher des choses pour mieux aimer le Seigneur et notre prochain. Pas nécessairement de tout donner aux pauvres et de rentrer à la grande chartreuse (mais peut-être). Il me semble que l’Esprit Saint nous demande de lâcher deux types de choses dont la possession est due à notre peur:
D’abord, de lâcher notre péché dans l’océan de la Miséricorde divine. Souvent, nous voyons bien notre péché, mais nous ne croyons pas vraiment à la miséricorde du Père. Nous nous désespérons d’être pécheurs, et en même temps nous refusons que Le Seul qui peut nous en sauver agisse, car nous voulons être nous-mêmes plus fort que notre péché. Un grand pas pour vivre sous l’action de l’ES, c’est de accepter de remettre à Dieu cette chose qui ne vient pas de Lui : notre faiblesse, notre péché, pour qu’Il nous purifie ! Vous avez compris, le grand allié pour ça est le sacrement du pardon, à consommer sans modération. On en reparlera la semaine prochaine. Mais c’est aussi un état d’esprit : « Seigneur, j’ai encore failli…je Te le remets. Fais de ce mal un bien ». et non pas « j’y arriverai jamais ! Je suis nul ! ». Par ex j’ai une amie qui dit que quand elle fait une gaffe, au lieu de se morfondre pendant des heures, elle remet les personnes concernées au Seigneur, prie pour elles. Quand elle repense à la gaffe, elle dit un ‘je vous salue Marie’…elle lâche son péché au Seigneur !
Ensuite, le Seigneur nous demande de Lui abandonner nos richesses. Pas nécessairement nos richesses sonnantes et trébuchantes ! Penchons-nous sur le cas du j ho riche Lc18, 18ss. Le jeune homme qui interroge Jésus a un très grand désir de vie éternelle ; il a une vie morale très droite, il cherche la volonté de Dieu…il est déjà drôlement avancé sur le chemin de la sainteté, et d’ailleurs cela édifie Jésus. Jésus pose son regard sur lui et l’aime : Il lui propose de choisir la vie dans l’Esprit d’amour. Pour cela, il faut abandonner ses biens. Le jeune homme n’y arrive pas au moins tout de suite, et il repart tout tristeà il a, au moins dans un premier temps, refusé la vie dans l’Esprit.
Comment concrétiser cela dans nos vies ? Parfois, on est riche des systèmes qu’on a mis en place pour se rassurer, de nos plans/nos idéaux sans être prêt à les lâcher. Mais le dessein de Dieu n’est pas un système, l’Esprit Saint n’est pas systématique ! … l’ES souffle où Il veut, mais pas là où on lui ferme la porte. Lâcher prise, cela veut dire en l’occurrence m’en remettre au Seigneur sur chaque aspect de ma vie dans la confiance et l’abandon, ne pas penser que tout dépend de moi, ne pas absolutiser mes systèmes.
Ça peut aussi vouloir dire lâcher notre programme, être capable de se laisser déranger. Aimer c’est se laisser déranger par l’autre ; se laisser contrarier c’est admettre que notre vie, notre temps ne nous appartient pas. Etape importante pour qu’elle appartienne à l’ES !
Bref : On peut être «riche », c'est-à-dire verrouillés, à propos de de nos talents, de nos amis, de notre famille, de nos ambitions affectives ou professionnelles… on peut même être « riche » de nos projets et grands désirs. Quelles sont les « richesses » / les filets de ma vie que je ne suis pas prêt à lâcher ? Prions l’ES de nous montrer ces idoles (‘l’idole commence là où Dieu ne suffit plus’).
En gros on voit là aussi que l’ES nous aide aussi à nous libérer de l’esclavage de notre volonté propre pour entre dans l’obéissance à la volonté de Dieu, la seule qui nous libère. L’obéissance à laquelle nous sommes appelés en tant que fils de Dieu n’est pas une servitude, c’est une obéissance d’amour. C’est l’obéissance qui sauve le monde : Jésus est totalement obéissant au Père car rempli d’amour et de confiance pour Lui. C’est ce que nous sommes appelés petit à petit : OK, Seigneur, je lâche ceci ou cela, sûre que tu vas déployer ton fruit en moi à travers cela.
L’Esprit-Saint permet les épousailles entre notre volonté et celle de Dieu. Il fait que nos ‘oui’ soient des ‘oui’ sans aucun ‘mais’ qui les conditionnent. Il prépare donc nos cœurs à l’ultime ‘oui’ qui nous fera entrer dans le Royaume.
« Amour et vérité se rencontrent » dit le Ps85 (84). Pour vivre pleinement dans l’ES, nous devons faire radicalement le choix de la vérité. Alors nous connaîtrons « la liberté des enfants de Dieu » comme le dit St Paul en Rm8, où il parle de la vie dans l’Esprit (nous vous recommandons la lecture de cet épître sur ce sujet).
i. L’ES nous libères de nos images de nous-mêmes
Car bien souvent, nous avons deux vies :
l’une c’est la vraie vie
l’autre c’est la vie imaginaire qui vit de l’opinion (la nôtre ou celle des autres)
Et nous travaillons sans arrêt à embellir et à conserver notre être imaginaire et nous négligeons le vrai. Mais le Seigneur nous appelle à être ce que nous sommes et non ce que nous croyons être, à découvrir de manière authentique notre identité profonde et absolument unique. « Dieu n’a pas d’amour pour des personnes « idéales », pour des êtres « virtuels ». Il n’a d’amour que pour des êtres réels, concrets. Nous perdons parfois un temps fou dans notre vie spirituelle à nous plaindre de ne pas être comme ceci ou comme cela, à nous lamenter d’avoir tel ou tel défaut ou telle limite, à imaginer tout le bien que nous pourrions faire si, au lieu d’être ce que nous sommes, nous étions quelqu’un de moins blessé, de plus doué de telle ou telle qualité ou vertu et ainsi de suite. Tout cela est du temps et de l’énergie perdus, et ne fait que retarder le travail du Saint-Esprit dans nos cœurs. » (Jacques Philippe, La liberté intérieure)
ii. La vérité sur notre péché
La vie dans l’Esprit se déploie dans le combat spirituel. Même pour Jésus Christ ! Regardez : en Mt 3, il reçoit une effusion complète de l’ES ; directement en Mt 4 ó désert, jeûne, tentations…
Alors tellement plus pour nous ! Car nous sommes à la fois naturellement portés vers Dieu, comme nous venons de le dire, mais cette nature a aussi été blessée par le PO. La concupiscence, qui est une trace du péché en nous (que Jésus ne porte pas), est une inclination de notre nature vers le mal. Cette inclination existe, mais elle n’est pas toute-puissante ! « Ne nous habituons pas au mal – nous sommes faits pour Dieu ». En fait, j’ai toujours tout pour ne pas pécher. « Si je tombe c’est que je le veux bien ». En confession un prêtre a prononcé cette parole qui me porte: « Tu sais il est toujours possible de ne pas pécher». Les saints sont ceux qui ont pensé que c’était possible. JP II le dit aussi : « Le Bien est toujours possible." Il y a tjs moyen de ne pas pécher ! L’Esprit-Saint nous aide à lutter contre le mal, contre les mauvaises habitudes, à repérer nos fragilités, à ne pas tomber de nouveau. C’est un grand soutien dans le combat spirituel, qui est le lot quotidien du chrétien…
A noter, et c’est essentiel, que la vie dans l’Esprit se déploie au sein de l’Eglise. On dit parfois que l’Eglise a été fondée par Jésus au moment où Il a remis l’Esprit, sur la Croix (Jn19). L’Esprit saint nous donne l’Eglise, nous donne nos frères. Notamment dans le combat spirituel, la puissance de l’aide fraternelle, de la prière fraternelle, est un immense cadeau de Dieu. Nous qui vivons dans l’Emmanuel des maisonnées hebdomadaires, nous pouvons en témoigner. C’est vrai qu’un chrétien seul est un chrétien en danger ! La vie fraternelle nous consolide dans l’ES. Pendant ce cycle effusion appuyons-nous bien sur notre prière de frat !
iii. La vérité dans nos actes et nos paroles
Le choix de la vérité s’incarne très concrètement dans nos vies. A l’origine de nos mensonges, il y a souvent la peur, la lâcheté, le désir de gloire. L’Esprit-Saint, si on lui demande, nous aide à agir dans la vérité. Cela peut porter sur différents aspects de notre vie. Parfois cela concerne des grandes choses, bien souvent c’est dans les choses petites, simples et cachées que le Seigneur nous appelle à la Vérité. Est-ce que je paye mes tickets de métro? Est-ce que je respecte les limites de vitesse ? (arghh). Par exemple souvent, quand on refuse un plan, on se réfugie dans le mensonge_ ma grand-mère est morte (au bout de 10 grands-mères il y a un pb…). Il y a moyen de refuser, sans mentir : « je ne peux pas venir ». Nous avons une astreinte de vigilance à tous ces mensonges passe-partout qui pourraient sortir tout seul, en veillant à les éviter, et souvent on se rend compte que c’est l’occasion d’une belle discussion, et en tout cas d’une liberté intérieure.
Dieu déteste le vol et le mensonge. C’est Satan le père du mensonge. Le chagrin de Dieu devrait suffire pour ne pas pécher. Pour moi, cette vérité dans les petites choses est un chemin de sainteté que le Seigneur me montre. l’Esprit-Saint veut nous faire aimer la vérité, non comme concept ou théorie mais comme une personne à aimer.
Enfin cette vérité peut devoir se déployer vis-à-vis des autres. Cela exige beaucoup de discernement. Il nous faut prier beaucoup avant. Ce sont des intentions à confier à nos frères, d’ailleurs. La plupart du temps, ces occasions de vérité font grandir la charité. Dernièrement, nous avons tous les deux eu l’occasion de parler en vérité à quelqu’un qui avait été injuste, parce que nous avions discerné que nous ne devions pas garder le silence. Nous avons prié pour cela, confié l’intention aux frères, laissé du temps, demandé à l’ES de susciter une occasion_ et parfois le hasard est vraiment trop énorme ! J’avais prié pour cette personne à la Messe, et j’ai eu la certitude que je la rencontrerai dans le train et que là il faudrait parler_ il n’y avait aucune chance pour ça. Bing, je l’ai rencontrée l’après-midi même dans le train…je n’avais pas du tout envie de lui parler mais Rourou m’y a poussée et lui il priait : c’était vraiment donné de l’ES! J’ai prié d’être charitable et juste, je lui ai parlé dans la paix, et cette personne a conclu : « c’est de l’ES que tu sois venue m’en parler ! ». Gloire à Dieu !
"L'Esprit-Saint achève en nous toute sanctification" comme le dit la prière Eucharistique. La vie dans l’Esprit-Saint, c’est l’habitude de la docilité à Sa voix. L’Esprit-Saint, c’est une Personne que l’on fréquente, à qui l’on parle. Sa spécialité, c’est d’être là. Invoquons-Le le + souvent possible dans nos journées ; posons-nous la question «Que dit l’Esprit-Saint ?» Cette question nous permettra de porter notre regard vers le Père et répondre toujours plus souvent « Me voici Seigneur».
‘Esprit-Saint, Toi qui nous rends ami du bien, nous te donnons notre être, notre cœur et notre esprit, notre intelligence et notre volonté, toute notre liberté. Amen.’