Note : Ce topo est beaucoup trop long. Il ne faut pas se tenir au texte et laisser parler son cœur.
On a parlé de l’Esprit Saint qui transforme nos vies (CEE1), de la confiance et de l’abandon pour vivre avec lui (CEE2)…
On a posé des actes pour avancer aussi.
Maintenant comment on fait pour recevoir et vivre tout ça ? Pour s’enraciner et l’enraciner ?
Pour poser l’idée : « rien n’a changé, mais ça a changé ma vie ». Ok cette phrase est vraie au début. Mais après c’est pas possible. Si on veut que notre vie change… Faut que notre vie change. Faut que ça change dans notre vie « rien n’a changé », c’est pas possible en fait.
Souvent on se moque des Apôtres : ils sont vraiment bêtes, ils ne comprennent rien, ils ne sont pas à la hauteur… Et pourtant :
Evangile de Luc : pêche miraculeuse, Pierre est le premier à reconnaître la vraie identité de Jésus, il se prosterne immédiatement à ses pieds. Qui parmi nous peut en dire autant ?
Evangile de Matthieu : on les appelle ils suivent tout de suite. Qui parmi nous peut en dire autant ?
Evangile de Jean (6,68) : Jésus annonce sa Passion, tout le monde se barre. C’est trop fort c’est flippant. Pierre : « Seigneur à qui irions-nous ». Qui parmi nous peut en dire autant ?
Jean encore : Jean entre dans le tombeau, et voit qu’il n’y a rien. Et il croit. Qui parmi nous peut en dire autant ?
Pierre est prêt à donner sa vie pour Jésus au jardin des Oliviers…
En fait, Jésus ne choisit pas n’importe qui. Il choisit même des hommes assez exceptionnels. Donc il ne s’agit pas de dire « oui, je vis plus ou moins avec Jésus, je le suis plus ou moins. » En fait on trouve beaucoup de gens différents dans la Bible, y a vraiment de tout, mais vous savez ce qu’il n’y a pas ? Des tièdes.
Première chose pour enraciner notre vie dans l’Esprit, pour vivre avec le Christ, c’est notre vie de prière.
Je vais pas vous faire le topo classique du « ce qui est important c’est de prier tous les jours » et « faut prendre sa montre ».
En fait prier, c’est une question de vie ou de mort.
« Si vous priez pas une demi-heure tous les jours vous êtes foutus » - Pierre Goursat
Il faut mettre en place ce temps de prière. C’est normal de galérer, de dire « j’ai du mal », mais en fait on ne peut pas passer toute sa vie à cette étape-là.
Quand il est en place, ce temps faut que ce soit un vrai temps. Moins d’un quart d’heure, c’est quand même vraiment dur de prier. Une demi-heure c’est un bon objectif.
Depuis combien de temps je n’ai pas dit « je t’aime » à Jésus ?
Messe en semaine, adoration régulière.
Ce qui nous bloque souvent c’est l’impression de « ne pas être à la hauteur ». On a aussi l’impression que si on règle certaines choses d’abord, alors on pourra prier. « En ce moment je suis fatigué, faut que je me repose pour pouvoir prier », « ça fait trop longtemps que je me suis pas confessé faut d’abord que j’y aille », « je pense pas assez au Seigneur dans ma journée faut d’abord que je fasse ça pour pouvoir vraiment prier.
On va le dire une fois pour toute. Vous n’êtes pas à la hauteur. Je ne suis pas à la hauteur. Personne n’est à la hauteur. C’est juste pas le problème.
Donc on s’en remet à Dieu. Pour tout, et surtout pour notre vie spirituelle, et surtout si on se sent trop nul et trop pêcheur !
Sortir de l’illusion de « régler des trucs dans ma vie pour ensuite pouvoir / être capable de prier ». C’est quoi la priorité dans ta vie ? En fait c’est la prière qui règle tout.
Même principe sur la confiance, sur aller se confesser, sur le don du cœur à Dieu… Arrêter de vouloir être à la hauteur. Et y aller.
9 fois sur 10 quand on se sent nul : (1) notre vie de prière est pas régulière, (2) on s’est pas confessé depuis longtemps (= plus d’un mois). Et le vrai problème c’est ça.
C’est le point clé. Faire ressortir « la vie avec Jésus », pas juste des actes que je pose (comme on peut avoir l’impression après les deux premières parties)
Pour vivre avec Dieu, mettre toute notre vie sous le regard de Dieu.
Pour ça, faut prendre le réflexe de lui demander son avis et de décider avec lui.
C’est quand la dernière fois que j’ai demandé au Seigneur ce qu’il voulait que je fasse pour un choix que j’avais à faire ?
Nous parce qu’on essaye d’être à la hauteur quand on prie on raconte « les trucs qu’on a l’impression de devoir raconter » au lieu de dire au Seigneur ce qu’on a vraiment dans notre cœur.
Ça va aussi nous obliger à écouter. Y a un moment dans sa prière (et dans sa vie) faut arrêter de parler de soi. Donc on se tait, ou alors on parle à Jésus de Lui. On lui offre quelque chose, ou soi-même. On se décentre un peu de soi bordel.
Dieu va nous demander de lâcher des choses, c’est-à-dire d’arrêter d’avoir confiance en d’autres choses que Lui. En nous. Nos talents. Nos amis. Tel ou tel point, tel ou tel refuge. Et peu à peu on lâche et on ne tient plus que par Lui.
Accepter que ça passe par des petites choses, pas forcément (et même pas tout court) en partant au bout du monde faire des trucs incroyables. Mais par ce modelage du cœur vécu dans la prière et dans la vie quotidienne. Cf. Naaman en 2R5.
Laisser sa vie être prise par Jésus. Dans la prière, dans sa vie, dans les décisions… Laisser mon cœur être consumé par Jésus et transformé (là se lâcher). Vraiment il mène à la vraie vie. Et vraiment il nous transforme et nous sauve. Parler de soi, témoigner.
Bien dire que tout vient du modelage du cœur par Jésus qui vient vivre en moi.
Souvent ce qui nous bloque, c’est la peur d’avoir mal. Ca va être difficile, ça va être désagréable… En fait vous savez la vie c’est la guerre. La vie c’est un accouchement. Donc ça arrache. De ouf.
Super important : Jésus n’a pas promis que ça ferait pas mal. Même le contraire.
Super important : Jésus a pas promis qu’on serait heureux ici. (Au sens de vie cool, agréable, facile). Jésus n’a pas promis que ça serait cool, au contraire. Faut accepter ça.
Par contre il a promis deux choses. La paix et la joie d’une part, d’autre part qu’il serait avec nous. Là témoigner. La paix et la vraie joie, indestructibles, de sa présence et de sa vie même dans l’épreuve. Jésus qui prend sur lui nos souffrances.
Tout vient, tout surgit de ce cœur à cœur avec Lui, de ces quelques minutes de prière offertes chaque jour et partagées, où il nous modèle. La joie vient de là : être irréductiblement aimé par Lui et l’aimer. Partager cela avec Lui.
En fait tout vient de la vie de Jésus en nous. Lui il n’a pas de problème pour vivre la joie. Alors laissons-le être la joie en nous. Idem la confiance. Idem la prière. Et ainsi de suite. Ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi => tout vient du modelage par le Cœur de Jésus dans la prière.
Vivre tout ça c’est chaud patate. C’est prodigieusement beau (là insister sur le positif si l’ambiance est trop pesante, c’est quand même ça qui est premier), mais c’est chaud.
Pour ça : se trouver un lieu de vie chrétien qui nous soutien. « Un chrétien seul est un chrétien en danger » => « un chrétien seul est un chrétien mort »
Pas seulement une histoire de « pas être tout seul ». Aussi une question de « de quoi est-ce que j’ai besoin dans ma vie avec le Christ » ? Est-ce que Jésus m'appelle à le suivre tout seul dans mon coin ?
Et aussi : s’enraciner dans un endroit où je trouve des gens qui m’édifient et qui me portent à être saints. Pas parce qu’ils sont mieux ou je sais pas quoi ! Là c’est encore le piège du « à la hauteur / pas à la hauteur ». Mais parce qu’ils m’aident à voir Dieu à l’œuvre.
Là-dessus confiance justement : demander à Dieu de nous guider, de nous montrer.
Reparler encore de l’amour de Jésus, du fait que tout vient de la prière, du Cœur de Jésus.
En fait l’enjeu derrière tout ça : vraie disponibilité et vraie vie avec le Seigneur. Découvrir que « vivre avec Jésus » c’est pas juste une formule. Que le Christ vit en moi ce n’est pas juste une formule. Devenir vraiment vivant. Tout ça ça veut dire : être disponible au Christ.
Disponibilité aussi vécue dans la mission. La mission c’est d’abord l’annonce du Christ. Mais ce n’est pas une action supplémentaire. C’est ce qui surgit tout seul de tout ce qui précède.
Evangélisation au quotidien. Là-dessus, accepter d’être en décalage par rapport au monde
Mission « structurelles » (GP, aumôneries, Alpha…)