CEC 1302 : l’effet du sacrement de confirmation est l’effusion plénière de l’Esprit Saint, comme elle fut accordée aux apôtres au jour de la Pentecôte.
Faire l’expérience que Dieu est présent, vivant, agissant dans notre vie (Il est vivant)
Double démarche, personnelle et communautaire en vue d’une libération de la vie de l’esprit en nous, d’un renouvellement, d’un approfondissement, d’une réactualisation de la grâce du baptême et de la confirmation (Charles-Eric Hauguel)
Baptême de feu de la communauté, sorte de nouvelle création. L’Eglise est constituée non par une volonté humaine mais par la force de l’Esprit de Dieu. (Benoit XVI)
Expérience vivante de transformation intérieure dans laquelle nous prenons conscience de la présence de Dieu (Patti Mansfield) Cette prise de conscience transforme nos cœurs.
Expérience tangible d’un renouveau d’amour, de paix et de joie, d’une force venue d’en-haut, d’une transformation de nos vies chrétiennes. (Patti Mansfield)
L’entrée de la personne dans l’expérience vivante de la présence et de l’amour de Dieu dans sa vie (site Emmanuel)
« L’effusion de l’Esprit Saint est une démarche personnelle de remise de sa vie à Jésus Christ, faite en communauté. Elle renouvelle les grâces du baptême et de la confirmation.
Les fruits de cette effusion, qui s’inscrivent avant tout dans la durée, sont : une plus grande intimité avec le Christ, une libération de la vie de l’Esprit en nous, des changements dans sa vie, à travers le déploiement des fruits de l’Esprit Saint. »
Saint Paul sur le chemin de Damas, qui reçoit une grâce sensible qui mettra du temps à se déployer ;
Les apôtres le jour de la Pentecôte, qui reçoivent une grâce sensible immédiatement déployée dans les charismes et le feu missionnaire ;
Saint Philippe Néri dans les catacombes, qui reçoit une grâce sensible immédiatement déployée ;
Pierre Goursat et Martine Catta, qui ont reçu une effusion de l’Esprit Saint non sensible (ils n’ont pas eu chaud, froid ou vu des langues de feu) mais qui s’est révélée immédiatement (reconnaissance comme frère et sœur) et s’est déployée dans la durée.
X qui décide de remettre sa vie entre les mains de Dieu, sans que rien ne se passe sur le moment, et qui se retourne trois mois, un an, cinq ans plus tard pour se rendre compte que depuis ce jour tout a changé, et qui reçoit donc une grâce non sensible déployée médiatement ou immédiatement.
Il faut rappeler que c’est avant tout Dieu qui agit, comme il veut et quand il veut. On ne peut pas mettre la main dessus, on ne peut pas le forcer. De notre côté, l’Effusion de l’Esprit commence par l’engagement plein de notre volonté pour marcher à la suite du Christ. Cette démarche d’engagement est majeure. En effet, comme pour les sacrements, l’efficacité de l’effusion de l’Esprit Saint réside de la synergie entre l’action de l’Esprit Saint et la liberté humaine. Comme le disait Saint Augustin, « celui qui t’a créé sans ta coopération ne te sauvera pas sans ta coopération ». Troisième temps, notre Père aimant s’engage dans cette brèche que nous lui ouvrons pour nous donner son Esprit. Nous pouvons être sûrs qu’il répondra à notre demande.
Tout vient donc de Dieu (l’initiation de la démarche, la capacité à la faire, le fruit de celle-ci), mais le point central de l’effusion de l’Esprit est l’engagement plein et entier de la personne dans le choix de suivre Dieu et de le laisser entrer dans sa vie.
On retrouve ces mêmes étapes dans l’évangile à de nombreuses reprises, comme dans cet exemple en Mt 8,1-4). Le lépreux vient à Jésus « s’approche, se prosterne devant lui en disant : « Seigneur, si tu le veux, tu peux me guérir » ». Cette prière simple et pleine de foi attire la compassion de Jésus qui « étendit la main et le toucha en disant : Je le veux, sois purifié ». (1) Jésus passe, est disponible, (2) le cri du lépreux, (3) la réponse de Dieu.
Dans Saint Luc, Jésus nous invite avec force à demander, parce que nous pouvons avoir confiance dans la réponse d’amour de Dieu : « Et moi, je vous dis : demandez et l’on vous donnera ; cherchez et vous trouverez ; frappez et l’on vous ouvrira. Car quiconque demande reçoit ; qui cherche trouve ; et à qui frappe on ouvrira. Quel est d’entre vous le père auquel son fils demandera un poisson, et qui, à la place du poisson, lui remettra un serpent ? Ou encore, s’il demande un œuf, lui remettra-t-il un scorpion? Si donc vous, qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus le Père du ciel donnera-t-il l’Esprit Saint à ceux qui l’en prient » (Lc 11,9-13).
En bref : Dans l’effusion de l’Esprit, j’engage ma liberté d’une façon forte et particulière pour choisir de laisser Dieu entrer dans ma vie et me rendre disponible à Lui. Dieu répond à cette demande par le don de l’Esprit. On peut dire que notre démarche, notre ouverture de cœur, est déjà une grâce.
Non, ce n’est pas une grâce sensible. C’est avant tout et d’abord la consécration d’un engagement libre à la suite du Christ. Les grâces en elles-mêmes sont celles d’un changement de vie qui se déploie nécessairement dans le temps (toute grâce n’est pas sensible). Donc si rien ne se passe d’extraordinaire, pas de panique ! En revanche l’expérience sensible de la présence de Dieu peut être une des grâces de la démarche de l’Effusion, donnée par Dieu en surcroit. L’Effusion même un lieu privilégié de grâces sensibles.
Pour cette raison il est important de prendre le temps de relire sa vie régulièrement après cette effusion, tout particulièrement dans la prière. C’est ainsi que nous découvrirons les grâces plus discrètes mais plus profondes que Dieu nous a données lorsque nous avons fait cette démarche vers Lui : conscience de l’Amour de Dieu, ouverture à la charité, plus grande foi et confiance, apprentissage des vertus, vie de prière renouvelée, découverte de la Parole de Dieu, disponibilité du cœur à l’écoute de Dieu et de l’Esprit…Sur le long terme, on peut voir un changement dans nos vies à travers le développement des fruits de l’Esprit, cités par Saint Paul dans la lettre aux Galates : « Mais le fruit de l’Esprit est charité, joie, paix, longanimité, serviabilité, bonté, confiance dans les autres, douceur, maîtrise de soi » (Ga5, 22-23) Cette transformation de mon âme est durable. Dans cette perspective, la grâce sensible est une éventuelle « cerise sur le gâteau » !
Cette grâce qui débloque la source, qui délivre l’Esprit Saint, nous atteint chacun au niveau où nous sommes. Dieu s’adresse à chacun de nous de la façon la plus ajustée et adéquate avec notre personnalité, caractères et sensibilités.
Chez les uns, elle provoque une véritable conversion qui marque fortement : on est totalement renouvelé, de manière instantanée, on découvre Jésus Christ vivant. Le Christ a ainsi fait irruption dans la vie de Saint Paul de manière fracassante : « Donc, comme j’étais en route et que j’approchais de Damas, soudain vers midi, une grande lumière venant du ciel m’enveloppa de sa clarté. Je tombai sur le sol, et j’entendis une voix me dire : “Saul, Saul, pourquoi me persécuter ?” Et moi je répondis : “Qui es-tu, Seigneur ? – Je suis Jésus le Nazaréen, celui que tu persécutes.” » (Ac, 22, 6-8) Ses yeux de chair se sont fermés pour qu’il puisse voir la vraie lumière. Cette effusion est fondatrice pour Saint Paul, qui y fait mention plusieurs fois dans ses lettres : « Dieu a jugé bon de révéler en moi son fils » (Galates 1,15) « J'ai été saisi moi-même par le Christ Jésus » (Philippiens 3,12)
Chez d’autres, elle fait sortir de la torpeur, de la tiédeur ou de la peur. L’effusion de l’Esprit est une grâce qui vient réveiller une force divine qui est plus ou moins endormie en nous . C’est dans le Cénacle où s’étaient craintivement réfugiés les apôtres qu’est venu l’Esprit : « Soudain un bruit survint du ciel comme un violent coup de vent : la maison où ils étaient assis en fut remplie tout entière. Alors leur apparurent des langues qu’on aurait dites de feu, qui se partageaient, et il s’en posa une sur chacun d’eux. Tous furent remplis d’Esprit Saint : ils se mirent à parler en d’autres langues, et chacun s’exprimait selon le don de l’Esprit. » (Ac, 2, 2-4) Ainsi se réalisait la promesse faite par le Christ aux apôtres au moment de son Ascension, une dizaine de jours plus tôt : « vous allez recevoir une force, celle du Saint-Esprit qui viendra sur vous. Alors vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre. » (Ac, 1, 8-9) Le don de l’Esprit permet aux apôtres de répondre à l’appel du Christ et d’annoncer la Bonne Nouvelle à toutes les nations.
Chez d’autres enfin, elle introduit dans la plénitude de l’Esprit. Ceux qui l’ont déjà demandée peuvent témoigner que l’Esprit les rend capables d’aimer de plus en plus comme Jésus aime, de pardonner plus facilement. Il vient transformer notre vie et nous apporter la joie. C’est ce qu’a vécu Pierre Goursat en février 1972, à l’âge de 58 ans. Après son effusion de l’Esprit, attirés par sa joie rayonnante, des jeunes se sont rassemblés autour de lui et plusieurs groupes de prière sont nés à Paris, à l’origine de la Communauté de l’Emmanuel.
Rappelons encore une fois que cette grâce quelle qu’elle soit se déploie avant tout dans le temps, sur la durée.
L’effusion permet l’entrée dans une intimité plus grande avec le Christ, quelle que soit notre relation avec Lui auparavant. C’est là le cœur de l’effusion. Une grâce sensible donnée au moment de la démarche peut être aussi donnée par Dieu de surcroît.
On a vu que l’Esprit Saint vient se déployer plus pleinement en nous parce que notre cœur est disposé à le recevoir, prêt à s’engager réellement et plus totalement à la suite de Jésus. La personne qui demande l’Effusion de l’Esprit prend la décision radicale de changer de vie en laissant Dieu y rentrer.
La profondeur de cette démarche d’engagement la distingue des invocations à l’Esprit Saint que l’on peut faire au quotidien (par exemple dans le cadre d’une louange). La préparation, qui s’étale dans le temps, a pour but de nous aider à poser cet engagement le plus pleinement possible. D’abord en nous donnant une formation intellectuelle et théologique qui nous aide à mieux comprendre qui est l’Esprit Saint, ce qu’est la vie en Dieu, etc… Plus important, elle nous met dans une démarche de conversion spirituelle et morale. Prendre le temps permet de méditer les enseignements dans son cœur, de prier, de se confesser, ce qui ouvre peu à peu notre cœur à l’action de l’Esprit Saint. Mieux nous nous préparons, plus le désir de conversion et notre liberté grandissent.
La préparation permet de comprendre : (cf. livre du Père Philippe sur la préparation à l’effusion de l’esprit)
Que l’Esprit Saint est une réalité qui déjà habite en nous par le baptême et la confirmation. Cette prise de conscience est elle-même une grâce de Dieu que l’on peut demander dans la foi. « Combien plus votre Père céleste donnera-t-il l’Esprit à ceux qui le lui demandent » (Lc 11 13)
Que l’Esprit Saint nous révèle Jésus, vivant aujourd‘hui et sauveur du monde « Lorsque viendra le Paraclet, je vous l’enverrai d’auprès du Père, l’Esprit de Vérité qui procède du Père, il rendra lui-même témoignage de moi » (Jn 15,26). L’Esprit Saint éveille notre foi en Jésus et la nourrit.
Que l’Esprit Saint nous conduit à la conversion. La foi ne suffit pas. Elle provoque une conversion, un changement qui suppose la guérison intérieure, le pardon des péchés. « Convertissez-vous, que chacun reçoive le baptême au nom de Jésus-Christ pour le pardon des péchés et vous recevrez le don de l’Esprit ». L’Esprit saint est déjà à l’origine de cette première conversion et celle-ci nous pousse à demander le don de l’Esprit Saint lors de l’effusion.
La pauvreté spirituelle : j’ai pris conscience que je ne peux rien par moi-même, que je suis faible, fragile et que j’ai soif du Dieu vivant. « Si tu savais le don de Dieu, et qui est celui qui te dit : donne-moi à boire, c’est toi qui l’aurais prié et il t’aurait donné de l’eau vive » (Jn 4,10).
Je suis comme un enfant et j’ai une foi absolue au Père qui a promis l’Esprit, en Jésus qui l’envoie. « Et moi, je vous dis : demandez et l’on vous donnera ; cherchez et vous trouverez ; frappez et l’on vous ouvrira. Car quiconque demande reçoit ; qui cherche trouve ; et à qui frappe on ouvrira. Quel est d’entre vous le père auquel son fils demandera un poisson, et qui, à la place du poisson, lui remettra un serpent ? Ou encore, s’il demande un œuf, lui remettra-t-il un scorpion? Si donc vous, qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus le Père du ciel donnera-t-il l’Esprit Saint à ceux qui l’en prient » (Lc 11,9-13).
Je désire d’un grand désir cet envahissement de l’esprit, cette plénitude de l’esprit. Pas seulement parce que les autres du groupe le font. Comme Marie, sachons creuser ce désir de vivre de l’Esprit et s’abandonner à lui. L’ange Gabriel dit à Marie : « L’Esprit Saint viendra sur toi et la puissance du très haut te prendra sous son ombre » Marie dit alors « Je suis la servante du Seigneur, qu’il m’advienne selon ta parole ! » (Luc1, 35-38)
Le but de la préparation est de nous permettre de vivre pleinement l’effusion de l’Esprit en nous préparant intellectuellement et spirituellement par les enseignements et les partages et en faisant déjà grandir notre relation au Christ par la prière et les sacrements.
En se préparant à l’effusion, il est important de se demander ce que nous en attendons, ce que signifie notre démarche et pourquoi nous la faisons.
Nous l’avons vu dans une question précédente, le but de l’effusion, c’est-à-dire à la fois ce que nous demandons dans notre engagement et la grâce première que Dieu nous donne, c’est une intimité et une disponibilité plus grande à Dieu.
Pour comprendre ce que cela signifie, on peut se référer à la première grande effusion de l’Esprit, celle des Apôtres lors de la Pentecôte. « Le livre des Actes des apôtres décrit les signes et les fruits de cette extraordinaire effusion: le violent coup de vent et les langues de feu ; la peur disparaît et laisse place au courage ; les langues se délient et tous comprennent l’annonce. Là où arrive l’Esprit de Dieu, tout renaît et se transfigure. L’événement de la Pentecôte marque la naissance de l’Église et sa manifestation publique » (Pape François) Avant toute chose, l’Esprit Saint nous libère de nos peurs et nous fait grandir dans la foi, l’espérance et la charité. Bref, il vient nous donner la vie, et la vie en abondance (Jn 10,10).
L’Esprit Saint revivifie aussi en nous les 7 dons reçus lors de la confirmation. Pour rappel :
La sagesse : pour discerner ce que Dieu attend de nous et avoir le désir de la sagesse de Dieu qui est amour infini.
La force : pour rester fidèles à l’Évangile et pour oser témoigner du Christ aux autres.
Le conseil : c'est se mettre à l'écoute de Dieu pour se laisser guider par lui. Il faut accepter dans la prière les "conseils" de Dieu, afin de discerner ce qui est bien et ce qui est mal.
La connaissance ou science : pour nous aider à mieux saisir le vrai sens de la vie, pour nous-mêmes et pour les autres.
L'intelligence : pour nous aider à approfondir et à comprendre la Parole de Dieu, bien sûr par notre intelligence, mais davantage par le cœur.
La piété ou affection filiale : c'est aimer Dieu comme un enfant et être prêt à faire sa volonté, en renonçant à la sienne. Cette disposition du cœur nous ouvre à un amour fraternel envers les autres, à la bienveillance et la compassion.
La Crainte de Dieu : il ne s'agit pas d'une quelconque terreur. Il s'agit d'une juste distance à vivre pour s'ajuster à Dieu. Abandonner toute idée de "toute puissance" personnelle pour entrer dans l'humilité libératrice de l’Évangile.
De plus, l’effusion de l’Esprit Saint est un moment privilégié pour comprendre sa vocation, son lieu de mission, son appel particulier. Après être tombé sur le chemin de Damas, Saint Paul, par l’intermédiaire d’Ananie, a découvert sa vocation de missionnaire : « Ananie partit donc et entra dans la maison. Il imposa les mains à Saul, en disant : « Saul, mon frère, celui qui m’a envoyé, c’est le Seigneur, c’est Jésus qui t’est apparu sur le chemin par lequel tu venais. Ainsi, tu vas retrouver la vue, et tu seras rempli d’Esprit Saint. » Aussitôt tombèrent de ses yeux comme des écailles, et il retrouva la vue. Il se leva, puis il fut baptisé. Alors il prit de la nourriture et les forces lui revinrent. Il passa quelques jours à Damas avec les disciples et, sans plus attendre, il proclamait Jésus dans les synagogues, affirmant que celui-ci est le Fils de Dieu. » (Ac, 9, 17-20)
Nous Lui ouvrons notre cœur, l’Esprit Saint s’en empare ; soit il parle très clairement, soit oriente notre vie à partir de ce moment, et c’est a posteriori que l’on découvre cette orientation.
Enfin, nous pouvons demander en plus de cette intimité renouvelée certaines grâces particulières et personnelles : l’ouverture aux charismes, la découverte de la Parole de Dieu, le soutien dans tel combat, la guérison de telle blessure, etc…
Nous nous préparons avant tout à grandir dans l’intimité avec Dieu. Cela se déploie dans les vertus et les dons de l’Esprit. C’est un moment privilégié pour mieux comprendre notre vocation, ce à quoi Dieu nous appelle. Nous pouvons également demander au Seigneur certaines grâces particulières.
L’effusion de l’Esprit Saint (sans être nécessairement vécue dans le cadre d’un parcours) constitue un développement nécessaire de la vie de tout baptisé. On peut dire aussi que cette étape correspond, dans la croissance chrétienne, au passage d’une foi essentiellement appuyée sur ce que l’on a reçu à une foi pleinement vécue, une foi d’adulte (Jean Paul II y faisait souvent référence face aux jeunes). Or la foi ne peut être véritablement vécue que si l’Esprit Saint prend possession de notre vie, s’il nous ouvre à une vie nouvelle.
Et pourtant, l’effusion de l’Esprit n’est pas un nouveau sacrement mais simplement une réactualisation, une revitalisation de nos sacrements de baptême et de la confirmation, demandé par la prière de l’Église et accueilli avec une grande disponibilité au Seigneur. L’Esprit Saint et ses dons que nous avons reçu au baptême et à la Confirmation est bien présent en nous, mais simplement nous les avons peut-être enfouis et il ne peut pas agir pleinement en nous. L’effusion de l’Esprit n’a pas forcément eu lors de ces sacrements.
Au baptême, on reçoit l’Esprit Saint. Des adultes qui reçoivent le baptême, s’ils désirent ardemment suivre le Christ et s’abandonner à son Esprit, peuvent recevoir en même temps une effusion de l’Esprit, qui peut être accompagnée de grâces très fortes dispensées par le Seigneur. Mais si l’on est baptisé tout petit, comme dans la plupart des cas, on ne peut pas vivre ce sacrement comme un engagement de notre volonté à suivre Jésus et il ne peut donc y avoir une effusion de l’Esprit à ce moment-là.
La Confirmation développe, confirme et accomplit le travail du Baptême. Comme pour le baptême, il est possible que soit vécu une effusion de l’Esprit au moment où l’on reçoit ce sacrement : né alors le désir d’une vie apostolique et missionnaire dans l’Église, comme les apôtres lors de la Pentecôte. Mais, si nous recevons bien sûr effectivement les dons de l’Esprit Saint, il arrive que nous ne nous préparions pas assez à ce sacrement. Prenons l’image du chocolat chaud : lorsque l’on met la poudre, celle-ci tombe au fond de la tasse et il faut la remuer pour qu’elle imprègne le lait. De la même manière, nous recevons bien les dons de l’Esprit lors de la Confirmation mais si nous ne disposons pas bien notre cœur à les recevoir, ils peuvent tomber au fond, dans les oubliettes, et ils ont besoin d’être un peu « remués » pour que l’on en soit imprégné et que l’on puisse en vivre !
Ainsi, nous avons reçus les sacrements du baptême et de la confirmation mais alors que nous voulons partir en eaux profondes, nous sommes bloqués : nous avons oublié d’enlever les amarres ! En faisant la démarche de demander une effusion de l’Esprit, nous lui donnons notre accord pour qu’il vienne nous sanctifier et nous rende capable de marcher à la suite du Christ.
Ce n’est pas un sacrement. S’il est possible de vivre une effusion au moment de la confirmation, elle ne la remplace pas. L’effusion est cependant une étape importante dans le déploiement en acte des grâces reçues au baptême et à la confirmation.
Ce ressourcement est nécessaire. A notre confirmation, la source jaillit dans notre vie, mais au fil des années, la source a pu s’ensabler pour ne plus laisser passer qu’un simple filet d’eau. Désensabler la source, c’est l’effusion de l’Esprit. Le faire et le refaire peut donc s’avérer nécessaire quand que nous sentons que nous avons besoin d’une nouvelle force dans ce que nous vivons à ce moment-là.
« Les grâces de Dieu ne sont pas finies, ni ses compassions épuisées. Elles se renouvellent chaque matin, grande est sa fidélité» Lamentations 22-23;
L’Esprit Saint est ce qui constitue et guide l’Eglise depuis les premiers siècles. Il renouvelle et anime la communauté toute entière à travers chacun de ses membres. C’est par les grâces et les dons de chacun, par l’action de l’Esprit dans nos vies que Dieu fait vivre son Eglise.
Le besoin du renouvellement de la Pentecôte concerne l’Eglise dans son intégralité, comme corps du Christ et été exprimé clairement par Jean XXIII en 1961 lorsqu’il a convoqué le concile Vatican II : « O Esprit Saint envoyé par le Père au nom de Jésus, qui assiste l’Eglise de ta présence et la dirige infailliblement, daigne, nous t’en prions, répandre la plénitude de tes dons sur le Concile œcuménique, Renouvelle tes merveilles en notre époque comme une nouvelle Pentecôte. »
Peu après le concile, en février 1967, une trentaine d'étudiants de l'université catholique de Duquesne, en Pennsylvanie, durant un weekend d'étude biblique, en étudiant les Actes des Apôtres, décident de demander une nouvelle Pentecôte à leur tour. Au cours de cette retraite la plupart d’entre eux affirment à avoir vécu une effusion de l’Esprit Saint. À la suite de cette expérience, des groupes de prière et des communautés commencèrent à essaimer dans l'Église catholique, aux États-Unis puis dans le reste du monde.
En 1975, Paul VI accueille les pèlerins du renouveau :« Il faut reconnaître une intuition prophétique chez notre prédécesseur Jean XXIII envisageant comme le fruit du Concile une sorte de nouvelle Pentecôte. (…) Non que la Pentecôte ait jamais cessé d’être actuelle tout au long de l’histoire de l’Eglise, mais si grands sont les besoins et les périls de ce siècle, si vastes les horions d’une humanité portée à la coexistence mondiale et impuissante à la réaliser, qu’il n’y de salut qu’en une nouvelle effusion du don du Dieu. Que vienne donc l’Esprit créateur pour renouveler la face de la Terre ».
L’effusion de l’Esprit relève ainsi d’une double démarche : à la fois personnelle (préparation et disposition à recevoir l’effusion) et communautaire (prière en communauté, pour que chaque membre reçoive et accueille l’Esprit Saint). C’est la communauté des frères qui prie pour elle et pour chacun de ses membres, afin que tous reçoivent l’Esprit et s’ouvrent à la puissance de son souffle au cœur de sa vie. : « C’est pourquoi, je t’invite à raviver le don spirituel que Dieu a déposé en toi par l’imposition de mes mains » (Deuxième Lettre à Timothée 1, 1-6).
Si, comme pour la prière des frères, la forme de la prière d’effusion de l’ES est celle d’une intercession fraternelle pour préserver l’élément communautaire, elle ne se fait pas nécessairement dans des groupes très importants. On peut être très créatifs dans la forme de cette prière, le but étant que l’ES ait la première place. Il est important que soit mise en valeur la démarche de remise de soi de la personne, et que l’exercice des charismes ne soit pas « l’objet » de cette prière qui pourrait tout à fait être quasi intégralement silencieuse.
Il s’agit simplement de montrer comment nous en avons fait la synthèse et de justifier l’élimination de certaines.
CEC 1302 : l’effet du sacrement de confirmation est l’effusion plénière de l’Esprit Saint, comme elle fut accordée aux apôtres au jour de la Pentecôte.
Nous avons développé cet aspect dans les fruits et la comparaison avec la Pentecôte.
Faire l’expérience que Dieu est présent, vivant, agissant dans notre vie (Il est vivant)
L’effusion de l’Esprit en elle-même (la démarche d’engagement vers Dieu) n’est pas nécessairement une expérience de la présence de Dieu. Cette grâce sensible n’est donnée qu’éventuellement, en surplus. En revanche, on retrouve là les fruits de l’effusion. Il faut donc bien séparer les deux temps.
Double démarche, personnelle et communautaire en vue d’une libération de la vie de l’esprit en nous, d’un renouvellement, d’un approfondissement, d’une réactualisation de la grâce du baptême et de la confirmation (Charles-Eric Hauguel)
Nous avons presque intégralement repris cette définition, en insistant sur l’importance de la démarche d’engagement.
Baptême de feu de la communauté, sorte de nouvelle création. L’Eglise est constituée non par une volonté humaine mais par la force de l’Esprit de Dieu. (opus, homélie BXVI)
Nous avons développé cette idée dans la question sur le rôle de la volonté humaine et de la volonté divine. L’aspect « création nouvelle » est lui aussi évident.
Expérience vivante de transformation intérieure dans laquelle nous prenons conscience de la présence de Dieu (Patti Mansfield) Cette prise de conscience transforme nos cœurs.
Ici aussi, il faut rappeler que l’effusion n’est pas nécessairement une expérience sensible en elle-même. Les fruits sont eux l’expérience de la présence vivante de Dieu. Le déploiement est dans le temps et non momentané, même s’il peut l’être.
Expérience tangible d’un renouveau d’amour, de paix et de joie, d’une force venue d’en-haut, d’une transformation de nos vies chrétiennes. (Patti Mansfield)
Idem
L’entrée de la personne dans l’expérience vivante de la présence et de l’amour de Dieu dans sa vie (site Emmanuel)
On comprend que l’effusion permet mieux comprendre et expérimenter que Dieu nous aime, est présent et agit dans notre vie et que cela se fait dans le temps. Mais la formulation « entrée dans l’expérience vivante » n’est pas très claire, et il s’agit plutôt d’un fruit de l’effusion. Nous avons décidé d’axer la définition sur la démarche d’engagement personnel, de remise de sa personne dans le Christ.
Si Paul se trompait de chemin en persécutant les chrétiens, il souhaitait vigoureusement servir Dieu : Paul était dévoré de « zèle » ou d’ « ardeur jalouse » (Ph3, 6). Dieu a répondu à ce désir en se révélant à lui sur le chemin de Damas. De plus, Dieu lui demande immédiatement après de poser un acte de foi fort par l’épreuve de la cécité. Il y a donc bien implication de la volonté pour répondre à Dieu, ayant pour résultat un changement de vie radical et une intimité avec le Christ grandissante (il suffit de relire les lettres de Saint Paul pour le voir). On retrouve chez Paul un exemple flagrant du déploiement des vertus cardinales, des dons de l’Esprit et du feu missionnaire. Dans son cas, il y a grâce sensible.
Les Apôtres sont rassemblés pour prier car, malgré leur peur, ils ont foi en la promesse de Jésus. Dieu leur répond par l’effusion de la Pentecôte. Il y a très certainement une expérience sensible, mais surtout un déploiement éclatant des grâces de l’Esprit, des charismes et du feu missionnaire en particulier. On retrouve le rôle de la communauté et de la prière, ainsi que de l’engagement de foi.
Idem
La démarche de l’effusion est clairement un engagement libre de Pierre et Martine à suivre le Christ. S’ils ne reçoivent pas de grâces sensibles, les fruits de l’effusion se déploient dans le temps, sur plusieurs mois et années, pour aboutir à la création de la communauté de l’Emmanuel.