Ou :la question de la chasteté
St Augustin donne cette phrase très belle qui montre le chemin d’unification corps, cœur et âme qu’opère la chasteté : « la chasteté nous recompose ; elle nous ramène à cette unité que nous avions perdue en nous éparpillant » (Confessions,10,29) La véritable chasteté est là pour orienter notre inclination au bien véritable. La chasteté est un instrument de béatitude pour l’homme parce que c’est une école de don de la personne.
Elle ne concerne bien sûr pas seulement les relations amoureuses : je dois avoir une relation chaste avec ma mère, avec ma meilleure amie, avec mon frère de com’.
La chasteté est une vertu morale, c'est-à-dire une ferme disposition à faire le bien ou à éviter ce qui est mal. Il est important d’identifier les moyens nous aidant à grandir en chasteté.
Les vertus cardinales. Prudence, Force, Justice et Tempérance sont des alliées pour vivre chastement. Pour le détail aller voir le CEC.
Les autres vertus : ce sur quoi je préfère insister ici c’est sur
L’humilité qui est la clef de la chasteté. Elle me permet de rester à ma juste place dans la relation et donc à l’autre de prendre la sienne.
L’amitié essentielle surtout chez les jeunes et que le CEC 2347 donne comme un instrument privilégié pour grandir en chasteté.
Sans oublier la foi, l’espérance et la charité : les trois vertus théologales.
Tout cela nous montre que la chasteté n’est jamais gagnée, elle se demande dans la prière et s’acquiert par une volonté active de chaque instant.
C’est positif de parler des vertus à pratiquer, c’est parfois plus clair de parler des péchés à éviter…
A. Gare à mon regard
Le regard orienté par le seul désir sexuel : quel est le regard que je porte sur les pubs et autres, sur mon propre corps.
Au regard que je porte sur autrui tout simplement, ma façon de le considérer – suis-je dans l’appropriation ?
La curiosité qui instrumentalise l’autre. J’aide une copine à me déballer sa vie. Qu’est-ce que je cherche ? A l’aider ? A en savoir plus ? A lui être indispensable ?
Une tentation très puissante est celle de la domination, du désir de puissance même larvé. Est-ce que j’essaye d’avoir un rôle essentiel dans cette relation ? est-ce que j’essaye d’imposer mon autorité à cette personne?
Le regard peut être porteur d’une certaine violence. La violence ce n’est pas seulement physique: pensons au jugement, à la critique qui enferme … ils peuvent être mortels. Comment est-ce que je considère autrui ? avec bienveillance a priori ?
B. Proximité ambiguë
Envers une personne: ami(e), prof, parents et même frère de com. On peut se demander si cette relation est constructive pour moi ? pour l’autre? Sommes-nous libres dans cette relation ? Dieu est-il toujours le premier ?
C. Attention aux excès
Qui nous détournent du don et constituent des idoles :
Les activités vécues dans l’excès (sport, films, activités intellectuelles) qui peuvent nous enfermer et nous détourner d’autrui.
Les addictions : cigarette, alcool, drogue, téléphone, certaines lectures. Elles nous enferment, nous aliènent…
Les réactions passionnées (colère, impatience…). Pourquoi suis-je en colère ? à cause d’une injustice ou parce que ma volonté ou mon confort sont bafoués ?
Attention à l’imagination qui nous déconnecte de la réalité :
Les gars ont leur propre façon d’être tentés dans l’imagination, souvent sexuellement, largement stimulée par notre société. A ce titre, demandons au Seigneur dans sa miséricorde de purifier notre imaginaire et notre mémoire.
Les demoiselles ont d’autres tentations imaginatives : attention au romantisme qui déracine du réel, aux vies schizophrènes : la vraie, et la rêvée.
On est appelés à se donner ici et maintenant, et à faire que la vie réelle soit transcendante !
La chasteté consiste à « discipliner l’imagination » dit le CEC2518. Un allié : notre ange gardien. Un autre allié : notre frère qui peut prier pour nous !
Pour clore cette liste longue et non exhaustive des risques, en fait, il s’agit de sortir de toute logique utilitariste dans nos relations. Le combat de la chasteté c'est prendre vs recevoir, convoiter vs désirer... c'est déjà la question du péché originel.
Dieu merci nous ne sommes pas seuls dans ce combat…
La vie sacramentelle
La vie dans l’Esprit Saint
La liberté humaine est en mesure de décider de ne pas céder aux sollicitations désordonnées de l’imagination et/ou de la sensualité. Mais « ‘ne pas vouloir’ est différent de ‘ne pas sentir’, ‘ne pas éprouver’ » comme dit JPII. Cette abnégation peut générer une certaine frustration à laquelle la volonté doit consentir. Elle a besoin des dons de l’ES. Ga 5,15-18 : « Laissez-vous mener par l’Esprit et vous ne risquerez pas de satisfaire la convoitise charnelle.»
Regardons Jésus, parfaitement chaste.
L’enjeu de la chasteté : l’unité de la personne.
Tentation permanente : l’implosion du moi. Avec la modernité : le dualisme cartésien qui dissocie l’âme et le corps. L’étape d’après, c’est la dissociation des différentes facettes du moi => un MOI explosé qui a besoin d’une unité => La chasteté.
Pour développer le 1er point : chasteté dans l’unité corps/esprit : que l’extérieur (le corps) dise ce qui est vrai à l’intérieur ie que mes actes correspondent à mon niveau d’engagement intérieur.
Sourire à une fille, l’embrasser ou la présenter à ses parents correspond à des niveaux intérieurs différents : si je présente à mes parents une fille rencontrée en boîte la veille au soir, je sens qu’il y a quelque chose d’erroné, voire de mensonger. Il faut que les actes du corps correspondent à ceux du cœur.
C’est pour cela par exemple que toute relation sexuelle hors mariage a quelque chose de mensonger car le corps dit « je me donne à toi tout entier », mais la volonté dit « cette relation peut s’arrêter car nous ne sommes pas mariés et nous ne sommes pas mariés car nous ne sommes pas prêts à cela ». Si tu penses le contraire, épouse-là maintenant !
Remarque sur le vocabulaire employé : j’ai parlé ici non de « péché » ni de « fornication » qui sont des catégories morales, j’ai parlé de « mensonge » de la dissociation du corps et de l’âme car, au niveau anthropologique, je voulais que nous prenions le temps de voir que le corps parle. C’est une terminologie mise en valeur par JP II (qui est un herméneute). Aujourd’hui combien d’études sur le body language ???
Pour conclure, l’homme est corps et âme, esprit et matière. Sa tentation est triple : ne vivre que dans la matière ou le corps (tentation bestialisante de l’homme) ou bien ne vivre que spirituellement (c’est la Gnose). Dans les deux cas, il s’agit de nier une partie de ce que nous sommes pour que l’autre partie fasse l’unité. Troisième tentation : vivre avec un corps et une âme désunis. La chasteté à laquelle nous sommes appelés est de loin la voie la plus exigeante !
Pour Emmanuel Levinas, la responsabilité d’autrui est ce qui fait émerger le ‘je’ de la personne. Autant dire que la question de la responsabilité est cruciale pour agir humainement, justement.
On va reprendre quelques principes explicatifs un peu plus abstraits et après entrer dans une réflexion concrète qui devrait devenir systématique pour vous, j’espère.
On a pu voir en gros que :
Nous aspirons tous au bien, à la plénitude qui peut nous combler.
Par des actes libres nous pouvons participer à cette béatitude qui nous attire, ou nous en éloigner. Donc la liberté est au cœur de nos considérations.
Mais il faut distinguer dans tout acte libre sa moralité et son imputabilité ou responsabilité.
La moralité est du domaine objectif : quel est l’acte voulu, posé objectivement (le meurtre délibéré d’un innocent est tjrs mauvais)
Malgré cela on peut avoir le sentiment d’avoir fait le bien et s’être en fait trompé de bien : là, on parle de responsabilité, l’imputabilité de l’acte peut être diminuée.
Exemple : l’avortement, c’est tuer un innocent. C’est toujours mauvais. Mais on peut comprendre le type de bien qu’une maman a visé en posant cet acte, prise sous une pression des conditions etc: sa responsabilité peut être très diminuée.
Donc, si on peut être très fermes sur les actes objectifs qui sont mauvais et bon, on doit être très délicats sur l’évaluation de la responsabilité. En dernier recours Dieu seul connaît notre responsabilité. Nous sommes la deuxième personne à pouvoir le mieux l’évaluer. Autrui, dans sa bienveillance, peut m’aider, mais le lieu d’évaluation de ma responsabilité, c’est la prière et la confession où Dieu libère et éclaire ma conscience.
Dans nos jugements moraux il faut donc tjs distinguer moralité de l’acte et imputabilité de la personne. On dit qu’il ne faut pas juger. Certes, mais dans le sens de ne pas condamner la personne, ne pas l’enfermer dans son péché. Néanmoins le jugement des actes est source de vie : le non jugement des actes est source de confusion et de mort. Dans l’Ecriture, la création est une distinction, une séparation, que nous devons faire aussi : distinguer le bien du mal. On voit bien dans nos vies combien des jugements justes ont été sources de vie. Le pote qui nous dit « là, tu déconnes » au bon moment, avec bienveillance ; la confession qui libère...
Donc ne renonçons pas au jugement des actes ; la non-critique communautaire consiste à ne pas enfermer les personnes dans leur péché et de regarder d’abord ce qui est juste et bien. En pastorale, on doit connaître nos brebis, donc aussi leurs faiblesses pour les aider à progresser dans le bien.
CEC 1731-1738 Sans liberté, pas de responsabilité :
1835 « La liberté rend l’homme responsable de ses actes ». une personne aliénée est moins libre, mais surtout cela veut dire que l’homme libre agit de façon responsable.
Le CEC 1735 donne une liste des éléments qui peuvent diminuer la responsabilité humaine, vous pourrez aller voir. Mais il faut retenir que la responsabilité de mes actes fait ma dignité et mon humanité. Dieu renvoie chacun à sa responsabilité : Après le péché, Il dit à Adam : « qu’as-tu fait là ? » (Gn 3, 18). Il nous éduque à notre responsabilité (idem pour Caïn, Gn 4, 9) non pour nous accuser, le culpabiliser mais pour nous aider à sortir de cette logique de péché, nous faire réaliser que nous sommes capables d’agir bien. C’est le même mouvement, à travers le prophète Nathan, pour le péché du roi David (2 Sm 12): Dieu l’aide à prendre conscience de sa grave responsabilité, ce qui permet à David de se repentir (magnifique Ps 51) et de rentrer dans une logique de vie.
Si on a le temps on en fait un car il y aura les cas concrets ensuite.
1. Les 10 enfants
Pendant la 2° GM, 10 enfants sont alignés dans une rue, entourés de soldats. Face à ces enfants se trouvent un officier de la Wehrmacht et un haut gradé SS. Le SS donne son revolver à l’officier de la Wehrmacht. Il lui donne son pistolet et lui dit :
« Les 10 enfants sont condamnés à mort. Mais tu peux en sauver 9.
- Comment ?
- En tuant celui qui tu as en face de toi, les 9 autres seront libérés ».
Que doit faire l’officier de la Wehrmacht ? Prendre le temps de réfléchir. Que feriez-vous ? Comment exercer votre responsabilité ?
Nous ne voyons pas toujours clair mais ce qui nous permet de sortir de l’impasse c’est de nous poser la question suivante : de qui l’officier de la Wehrmacht est-il responsable ? Quel est son plus proche prochain ? Les 10 enfants ? Non, c’est l’officier SS qui en est responsable. A l’heure cruciale, l’officier de la Wehrmacht est responsable non des 10 enfants mais de celui qui est en face de lui ; il est en tout cas responsable de ne pas lui faire du mal. Tu ne tueras pas.
La torture morale qu’il subit est celle-ci : il subit une inversion perverse des responsabilités. L’officier SS met sa propre responsabilité sur les épaules de l’officier de la Wehrmacht.
(De plus dans une telle logique perverse il n’y avait aucune assurance de la parole du SS…).
2. Le prêtre et sa paroissienne
Arrêté dans un pays communiste, forcé à signer un acte de dénonciation de son évêque. Refus du prêtre : si tu ne signes pas, on torture ta paroissienne. Le prêtre n’a pas signé et la femme est morte mais le prêtre a posé en conscience un acte droit : il n’était pas responsable de ce qu’on faisait à cette femme. Sa responsabilité était de ne pas calomnier son évêque.
Là aussi, transfert de responsabilité. On charge arbitrairement quelqu'un d’une responsabilité qui n’est pas la sienne.
1. La grande question est donc de savoir de qui je suis responsable.
2 type de transfert de responsabilité que l’on croise tout le temps :
Hypertrophie de la responsabilité. On se sent responsable (sauveur) de tout et de tous. Typique des jeunes.
Atrophie de la responsabilité. Je ne suis vraiment responsable de rien, c’est pas mon pb. Caïn « suis-je le gardien de mon frère ? ».
Attention ces deux tendances ne s’opposent pas forcément, au contraire ! Ex du communisme qui s’est bâti sur ce double mouvement pervers: je suis responsable de l’Humanité avec un grand H mais pour cela je suis prêt à sacrifier son prochain ; je ne suis plus responsable du visage que j’ai en face de moi. Le communisme est un athéisme qui prend sur ses épaules ce qui revient à Dieu. (C’est intéressant de lier l’irresponsabilité par rapport au prochain et la sur-responsabilité par rapport au monde entier).
A l’aune de mon expérience personnelle et de suivi des jeunes en particulier, je peux vous dire que cette question du transfert de responsabilité est la question cruciale. La plupart du temps, un acte mauvais, mal ajusté, est dû à un transfert de responsabilité : je me décharge de ma responsabilité sur quelqu’un, ou je me charge de sa responsabilité.
C’est toujours très délicat, car on veut agir par amour, par esprit de service, par don de soi etc, mais il est essentiel d’aiguiser notre jugement et de nous poser la question : est-ce ma responsabilité ?
Exemples plus actuels :
Mes parents ne s’entendent pas, je passe mon temps à jongler pour apaiser leurs relations, jusqu’à ce que ça impacte mes décisions de vie (études, logement etc) et m’empêche d’avancer.
Telle amie est en détresse, je me saisis de ça et l’accompagne jusqu’à me rendre indispensable, sauveur, jusqu’à contraindre sa liberté (et la mienne) par notre relation qui devient une nécessité (et donc non chaste). Ce faisant je me détourne de mes véritables responsabilités (en ce qui me concerne : mon mari, mes enfants, ma mission, mon travail), je prive aussi ceux qui sont véritablement responsables d’elle d’en prendre la mesure et de se saisir de leur responsabilité.
Ma mission est source de combat intérieur, je m’en dessaisis imperceptiblement en me cachant derrière mon travail qui prend une place inconsidérée, ou ma fatigue. J’entre dans un système de fuite au lieu d’exercer mon discernement librement pas après pas (est-il juste, vrai, ou pas, cette semaine, que je ne peux pas, en conscience, faire ce que je devrais faire pour ma mission ?). Ce faisant, non seulement je me déresponsabilise ce qui n’est pas source de vie pour moi, mais également je fais peser sur mes frères une responsabilité qui n’est pas la leur, puisque la mission doit continuer à rouler et que c’est eux qui assumeront ma défection. Par ailleurs, et c’est le corollaire du transfert de responsabilité, je risque d’entrer dans une logique de manipulation (voire de culpabilisation) : « Juliette est fatiguée, il faut la décharger dans sa mission, etc etc » ó plus personne n’est à sa place, les relations et les rôles sont biaisés, la charité et la vérité sont en danger grave. Et chacune des personnes en jeu.
Le grand principe du juste discernement de la responsabilité c’est de voir de qui, de quoi je suis responsable, dans la prière, en acceptant de se laisser déranger :
Déranger par l’acte qu’on doit poser,
ou déranger dans l’idée qu’on a de soi, en ne posant pas un acte justement, parce qu’il n’est pas de notre responsabilité, même si c’est un bien à faire et que cela nous démange de le faire (et que nous en serions gratifié).
Une sur responsabilité nous empêche de voir notre responsabilité bcp plus immédiate par rapport à la personne qui est en face de nous.
Le Christ nous a donné un principe de discernement simple : « aime ton prochain comme toi-même ». Le mot de prochain est crucial : je ne suis pas responsable de tous les malheurs du monde (écologie, copine déprimée etc).
On a suffisamment de finesse, de force et d’ES pour discerner de notre vraie responsabilité. Cela demande du temps de discernement et de la lucidité. Les frères sont là aussi pour nous éclairer dans le dialogue même si ultimement, c’est moi qui décide. Avec Rourou, nous échangeons beaucoup à ce sujet et la vérité fait en général jour dans la conversation.
La bonne façon d’agir pour le bien à faire qui n’est pas de notre responsabilité est de nous en décharger sur les épaules du Christ. Je ne suis pas responsable de mes parents, de leurs choix de vie, de leur foi, etc. J’en souffre, je suis impacté, mais cela n’appartient pas à ma responsabilité : Seigneur, je te le redonne.
Notre responsabilité est une réalité qui a été sauvée : elle a été restaurée par le Christ qui porte tout sur ses propres épaules. Comment Jésus, pleinement homme, a-t-il pu assumer une telle responsabilité ? « Voici l’agneau de Dieu » : Il a pu parce qu’Il a été obéissant au Père à qui Il redonne toutes ces responsabilités : c’est une continuelle circulation de responsabilités entre Jésus et son Père, mais sans qu’il ne se désengagent, inutile de le rappeler (Jn16 : « ceux que tu m’as donnés(…) Je te les donne (…) »). Or envers nous, c’est le même mouvement : Jésus a porté notre responsabilité non pour nous en décharger mais pour nous permettre, en Lui, de l’assumer et de la porter aussi. Loué soit-Il.
Ce dernier point pourrait sembler secondaire. Il n’en est rien. Il consiste simplement à prendre conscience que l’homme est un être dans l’histoire et que le but est la sainteté, ce n’est donc pas le point de départ ! Dit autrement, quand on s’approche du Christ, on prend conscience au fur et à mesure de ce que cela implique. Jésus ne commence pas par annoncer que pour le suivre il faut aller sur la Croix.
De même pour nous, la Loi morale doit être une aide pour nous rapprocher du Christ, il ne faut donc pas qu’elle nous décourage. Donc, il est normal que nous l’intégrions petit à petit dans notre vie. Il en va de même pour ceux que nous rencontrons et qui se convertissent au Christ. Il ne faut pas commencer par leur mettre la pression mais par accueillir le chemin qu’ils font.
Ex : une jeune se confesse d’avoir été infidèle à son petit copain, sans mesurer qu’elle n’avait probablement pas l’âge d’avoir un petit copain… Un jeune qui, juste convertit, se confesse de trop regarder de vidéos sur un site de streaming illégal…
Autre Ex : une femme qui se convertit et qui pour l’instant couche avec 3 ou 4 gars régulièrement, on ne commence pas par lui parler de « continence périodique ».
C’est exclusivement dans cette perspective que l’on peut être amené à tolérer un moindre mal. On ne doit jamais faire le mal, mais parfois il faut accepter de tolérer un mal. Quelqu’un qui boit 3 bouteilles de Whisky par jour (et qui n’a pas la volonté suffisante pour tout arrêter), on va l’aider à n’en boire qu’une.
De même, pour un couple qui vit avec de nombreuses infidélités, utiliser « pour un temps » un préservatif pour réapprendre à s’aimer, peut être un moindre mal consenti en attendant une stabilisation du couple. Attention à bien noter que c’est provisoire !
On peut dire la même chose pour un couple qui se convertit subitement : apprendre à aller à la messe le dimanche primera sans doute sur la mise en place de la « continence périodique ».
Le texte de JP II « Familiaris Consortio »
Gradualité et conversion
9. A l'injustice qui vient du péché - celui-ci ayant pénétré profondément les structures du monde d'aujourd'hui - et qui empêche souvent la famille de se réaliser vraiment elle-même et d'exercer ses droits fondamentaux, nous devons tous nous opposer par une conversion de l'esprit et du cœur qui implique de suivre le Christ crucifié en renonçant à son propre égoisme: une telle conversion ne peut pas ne pas avoir une influence bénéfique et rénovatrice même sur les structures de la société.
Il faut une conversion continuelle, permanente, qui, tout en exigeant de se détacher intérieurement de tout mal et d'adhérer au bien dans sa plénitude, se traduit concrètement en une démarche conduisant toujours plus loin. Ainsi se développe un processus dynamique qui va peu à peu de l'avant grâce à l'intégration progressive des dons de Dieu et des exigences de son amour définitif et absolu dans toute la vie personnelle et sociale de l'homme. C'est pourquoi un cheminement pédagogique de croissance est nécessaire pour que les fidèles, les familles et les peuples, et même la civilisation, à partir de ce qu'ils ont déjà reçu du mystère du Christ, soient patiemment conduits plus loin, jusqu'à une conscience plus riche et à une intégration plus pleine de ce mystère dans leur vie.