Commencer par faire saisir ce que ça veut dire que « le mal est présent dans notre vie ».
Pour ça citation d’un théologien (Urs von Balthasar). Il montre combien tout ce qui est « positif » dans notre vie se trouve inversé.
« Le temps, même dans son déroulement continu, est de soi un don toujours entier et toujours nouveau ; et voilà que, d’une manière incompréhensible (l’épître aux Romains dit "contre sa volonté"), il est soumis à une caducité et à une vanité dont nous ne pouvons le défaire, même conceptuellement. Corrélativement prenons la mort en tant qu’elle est aboutissement à un terme. En soi, c’est quelque chose de tout à fait positif pour un être d’atteindre son telos ; mais combien cela devient négatif si la fin est constamment suspendue au-dessus de sa tête comme l’épée de Damoclès ! De même tout ce qui touche à la liberté. La liberté est l’ouverture de l’homme sur le bien en général, elle est le pouvoir d’autodétermination et donc la forme la plus élevée et la plus noble de la puissance en général. Mais combien ne voit-on pas cette liberté envahie par l’ivraie de ce que l’on appelle la "puissance". De là vient le risque de s’égarer, de manquer au bien, c’est-à-dire le danger du mal sous ses multiples formes. » - Hans Urs von Balthasar, La Dramatique divine, t.3 : L’Action, Ed. Culture et vérité 1990, p.66
Reprendre pour que tout le monde comprenne bien, et se sente rejoint dans son expérience personnelle. Le bien, la vérité sont atteints en nous.
Reprendre sur la liberté : on sent qu’il y a un truc qui déconne.
Autre citation :
« Par-delà [la tension qui entoure la mort] s’étend le domaine de toutes les atrocités et de tous les gestes démoniaques qui submergent la scène du monde avec l’invasion quasi souveraine du mal. C’est un domaine dont les puissances et les possibilités se multiplient comme les têtes de l’hydre, à mesure qu’on les combat, et qui infligent aux hommes des misères bien autrement cruelles que les menaces de la mort. Chacun sait que les forces du mal ne sont pas étrangères à sa propre existence, ni purement extérieures ; en chacun règne un abîme qui descend jusqu’aux profondeurs ; et dès lors chacun partage une solidarité incompréhensible avec les puissances et les superpuissances du néant, qui ravagent le monde et contre lesquelles on se défend tant bien que mal. » - Hans Urs von Balthasar, La Dramatique divine, t.3 : L’Action, Ed. Culture et vérité 1990, p.120
Idem reprendre
Si on est normalement constitué, on est révolté par la puissance parfois écrasante du mal dans le monde. La misère de l’homme, sa souffrance. C’est un cri qui monte du monde. Et en même temps, on sent tous que ce mal ne nous est pas complètement étranger.
Ce qui se cache derrière tout cela, c’est-à-dire à la fois la présence mystérieuse d’un mal qui semble nous dépasser dans le monde, notre propre misère et notre propre responsabilité dans la propagation du mal, c’est le péché originel.
Qu’est-ce que vous connaissez comme récit de la Genèse, à part la Création ? (Faire citer le péché originel, Caïn et Abel, Babel et Noé)
Fondamentalement, qu’est-ce que ces récits nous disent ? Ils nous parlent de la présence du mal dans le monde, un mal terrible (Caïn et Abel). Ce mal vient du rejet très profond de Dieu par le premier homme. Par ce péché, la nature même de l’homme a été atteinte. Le mal est entré dans le monde et il y prospère. Tous les hommes sont atteints par le mal, et tous collaborent avec lui (histoire de la descendance d’Adam).
Le mystère, c’est que le mal qui prospère dans le monde est à la fois intérieur à l’homme, qui commet le mal, le laisse grandir… Et extérieur à l’homme : les épidémies, les maladies terribles, les famines… toutes les souffrances du monde pour lesquelles on ne peut pas toujours trouver de responsable. Il y a comme un dérèglement de la création elle-même, et une disproportion dans tout cela.
On le sent tous dans nos vies. (gloser)
Description rapide :
« La donnée fondamentale est la suivante : l’option d’un individu contre Dieu, non d’un individu quelconque mais de celui qui a fondé la famille humaine, a précipité cette faille tout entière non pas, précisons le bien, dans un péché personnel, mais dans une privation de grâce, avec tout ce qui en résulte pour la constitution de la nature. Ce manque n’est pas seulement la source des innombrables péchés personnels des individus ; il est en plus la cause de cette incapacité qui affecte tous les hommes de tendre efficacement, avec les forces qui leur restent, à leur fin dernière en Dieu. » - Hans Urs von Balthasar, La Dramatique divine, t.3 : L’Action, Ed. Culture et vérité 1990, p.162
Prendre le temps de répéter, redonner telle phrase clé, etc. Ça a l'air très dur mais ça l'est pas tant que ça.
Il y a une faute première dont nous sommes tous solidaires, et qui entache notre nature même, nous empêche d’aller vers Dieu.
« Non seulement nous sommes tous dans le même bateau, mais nous avons tous le mal de mer » - Chesterton
Avant même de passer au texte de Marc : LA GRÂCE EST PREMIÈRE (Création, don prodigieux fait à Adam et Eve).
Une phrase à retenir (en particulier quand on est écrasés par la masse du mal : « Là où le péché a abondé, la grâce a surabondé » (Rm5,20)
Dès le début ! Adam et Eve quittant le jardin, Noé, Abraham, etc.
Évidemment la grâce surabondante, c’est Jésus
Le schéma est semblable à celui de l’appel de Simon, André, Jacques et Jean. Dans son appel, il ne fait pas de différence entre ces pécheurs et ce collecteur d’impôts. Son appel est le même : « venez à ma suite », « suis-moi ». Il est peut-être simplement plus direct, plus simple, plus essentiel.
Comment cela se fait-il ? Parce que Jésus voit l’homme. Il voit André, Simon, Lévi. D’ailleurs, on ne nous dit même pas que Lévi est un publicain. Il est Lévi, et il est assis à la table. De même que les premiers disciples sont André et Simon, et ils sont en train de pêcher. Jésus voit ces personnes, qu’il connait. Quelque part, il les appelle par leur nom. « Satan connait ton nom mais il t’appelle par ton péché. Dieu connait ton péché mais il t’appelle par ton nom. »
D’ailleurs, à aucun moment Jésus ne lui parle de son péché.
On voit aussi que Jésus est toujours en mouvement. « en passant ». Lévi était assis, il se met à marcher, à avancer. Ce n’est pas « rejoins-moi », c’est « suis-moi ».
Ça c’est du grand Jésus. Il dit « suis-moi », et en fin de compte c’est lui qui se retrouve chez Lévi ! Qu’est-ce que ça veut dire ? Quand on se met à suivre Jésus, en fait la première chose qui se passe c’est qu’il agit en nous. On a souvent peur que Dieu nous transforme en autre chose. Quand on est assis à la table de douane comme Lévi, que Jésus passe et nous appelle, nous on se dit « oulala mais où on va aller » et on a peur que Jésus nous emmène là où on ne veut pas aller. Ça c’est la marque du péché originel d’ailleurs. En fait, l’œuvre de Jésus et la suite commence très simplement là où on est déjà. Je vais suivre Jésus chez moi. Quelque part, Jésus a ramené Lévi chez lui.
Frappant aussi que le terme de « suivre » revienne autant. Ceux qui sont avec Jésus sont des gens qui le suivent. On a l’impression de tout un peuple en marche. Ce sont des gens qui avancent, et qui avancent vers Dieu, avec Dieu, guidés par Dieu. On ne nous parle pas d’où ils partent, ni du temps qu’ils mettent à avancer ou je ne sais pas quoi. C’est juste pas la question. La seule question, c’est : « suivre Jésus ».
Du coup pour nous : pas nous préoccuper d’où on part, du fait qu’on est digne ou pas, qu’on se sent pas à la hauteur… Jésus ne vous demande rien de tout ça. Il vous dit juste : « suis moi ».
C’est là qu’on devient le « peuple de Dieu ». Non seulement parce qu’on est le peuple de ceux qui sont guidés par Dieu, et vers Dieu, mais surtout parce qu’on est le peuple de ceux qui sont avec Dieu. Ils « prennent place avec Jésus et ses disciples », pour manger tous ensemble. Imaginez vous la scène, Jésus qui s’assied à table, et toute la bande de ceux qui le suivent qui entrent avec lui, s’asseyent, et ils commencent à parler, Jésus finit ce qu’il était en train d’expliquer en chemin, on se raconte des choses… C’est le cercle des simples amis de Jésus. Suivre Jésus, c’est vivre ça, parce que c’est comme ça qu’il va guérir notre cœur.
On parlait tout à l’heure de notre cœur blessé, où le mal est présent… Jésus le guérit, mais il le guérit en s’en approchant comme ça, comme un ami, tout simplement. C’est comme ça qu’il agit sur le cœur des pécheurs qui sont avec lui : en prenant un repas avec eux, en rentrant dans leur intimité et en les laissant entrer dans la sienne. Jésus guérit de ce mal, mais si simplement.
Les pharisiens sont à distance. Ils voient de loin, ils ne sont pas « avec Jésus et ses disciples ». Ils le sont peut-être physiquement, mais pas intérieurement. Eux estiment ne pas avoir besoin de tout cela. La suite va nous faire comprendre qu’eux pensent être « des purs ».
C’est prise de distance, c’est la pire chose du monde. Quand on agit ainsi, c’est parfois parce qu’on pense qu’on n’a pas besoin de Jésus, et qu’on est très bien comme ça. On ne voit plus qu’on est tous marqués par le péché, qu’on a tous besoin de Jésus pour nous sauver et nous guérir. C'est terrible. Derrière, ça engendre le jugement, terrible, l’aigreur… Vous voulez voir une grande différence entre les pharisiens d’une part et Jésus et ses disciples d’autre part ? Eh bien je pense que les deuxièmes ont passé une super bonne journée ! Ils sont là ensemble à partager un bon repas, avec un nouveau membre du peuple, c’est chouette =) Les pharisiens sont à l’opposé. Ceux qui se réjouissent et passent une bonne journée, c’est ceux qui sont du côté de Jésus ! Et c’est là que commence la guérison. Le mal (le jugement par exemple) accable nos cœurs, notre misère nous écrase… Jésus en venant tout simplement commence par lever ce fardeau.
Parfois, on pense aussi qu’on va y arriver tout seul, ou qu’on a besoin d’être à la hauteur, qu’on va se convertir mais à la force de nos petits bras. C’est aussi la pensée des pharisiens. En fait arrêtez avec ça. « Satan connait ton nom mais il t’appelle par ton péché. Dieu connait ton péché mais il t’appelle par ton nom. » Dieu ne vous demande pas d’y arriver. Dieu ne regarde pas votre péché, il vous regarde vous. Et votre péché il vient l’enlever. Il n’y a pas besoin d’être dignes. Personne ne l’est, comme ça ça règle le problème. Il n’y a pas besoin d’y arriver : pour les hommes c’est impossible. Il faut le suivre. Et tout lui remettre. Celui qui guérit, qui sauve, c’est lui, et personne d’autre. C’est là toute la place de la confession ! Si je savais que Dieu regarde mon péché, jamais je n’irais ! Mais quand je vais me confesser, je regarde toute ma misère autour de moi, je lève les yeux de la crasse vers Dieu… Et je découvre que son regard brulant d’amour est dardé sur moi, et moi seul. Et il vient écarter tout le reste. Allez vous confesser, et allez-y souvent. Demandez lui de vous délivrer de tout cela, en le regardant lui. (là on peut se lâcher et gloser, exhorter, témoigner).
Les pharisiens, eux, regardent le péché. Là où Jésus voit Lévi et des disciples qui le suivent, eux voient des publicains et des pécheurs. Là où Jésus voit des hommes, ils voient des fautes. Ils sont comme Satan. Ca c’est un poids du péché dont on a besoin d’être délivrés par Jésus. Jésus lui ne regarde pas le péché et c’est précisément parce qu’on ne regarde pas le péché qu’on peut « s’en occuper », demander la miséricorde de Dieu, le pardon, etc. Si on le regardait, on ne verrait plus que cela. Mais au centre se trouve la grâce, et nous c’est là que l’on vit. En confession un prêtre m’avait dit « confessez vous souvent, pas parce que votre péché vous pèse, mais parce que vous voulez vous plonger dans la miséricorde de Dieu ».
Jésus prend le parallèle du médecin… Mais il ne parle pas de guérir. Il appelle.
Là c’est central. Jésus n’est pas venu pour nous guérir, et qu’une fois guéris on puisse l’aimer et le suivre. Jésus nous appelle à le suivre. En chemin, il va nous guérir. Mais pas tout de suite. Il nous appelle comme ça. Il n’aime pas notre péché, mais il nous aime même avec notre péché. Et pas moins. Je t’aime tel que tu es. C’est ça la miséricorde et la puissance de l’amour de Dieu pour vous. Je t’aime tel que tu es. Et je ne vais pas attendre que tu changes, ou te changer, pour vivre avec toi et t’aimer. Bien sûr je vais te débarrasser peu à peu de ce mal qui te gangrène, te détruit, t’empêche de recevoir mon amour, de vivre. Mais je t’aime déjà infiniment, et veux déjà vivre avec toi.
Au début on croit qu’il faut être digne. Et puis on comprend qu’on y arrive pas et qu’il faut juste s’abandonner à l’amour de Dieu. Mais là souvent on se met à croire que c’est Dieu qui va nous rendre digne. Et en fait non ! Il ne nous rend pas digne. Il nous aime comme ça, et c’est tout.
Ayez confiance dans la miséricorde de Dieu. Plongez vous dedans, encore et encore et encore et encore. (idem on peut gloser, exhorter etc.)