Avant l'enseignement, distribuer les références qui serviront dans le topo. Chaque personne qui en reçoit une la cherche dans sa Bible et la garde ouverte devant lui. Au fil du topo, demander de lire chaque référence ("Qui a Jr 31,31 ? Vas-y lis-le").
Faire un rappel historique d’Abraham à Jésus pour montrer l’ampleur et la richesse de l’histoire d’Israël. Montrer ainsi comment l’Ecriture nait au sein d’une méditation et d’une Tradition pluriséculaire. Montrer la profondeur.
On va voir aujourd'hui comment toute cette histoire sainte, et tout le texte de l'Ancien Testament, est une gigantesque prophétie.
« Resurexit, sicut dixit » : la Résurrection, et donc le Nouveau Testament dans son ensemble, ne prend son sens que parce qu’il accomplit de l’Ancien.
« Dieu les a en effet sagement disposés de telle sorte que le Nouveau soit caché dans l’Ancien et que, dans le Nouveau, l’Ancien soit dévoilé. » - Dei Verbum 16
Le Nouveau Testament, c’est « le même que l’Ancien Testament, mais tout autrement ».
Image du dernier accord de la symphonie qui n’a pas de sens seul.
Au-delà de la « compréhension » : fait partie de la révélation en elle-même. Pour que Jésus soit le véritable Roi, il faut qu’il y ait eu une préparation sur « ce qu’est le roi ».
Pour comprendre ce qu’on va dire (et pour comprendre la Bible de façon générale) on va avoir besoin de devenirs juifs !
On a l’image toute faite d’un « portrait-robot » du Messie qui serait décrit précisément dans l’Ancien Testament (raison pour laquelle on ne comprend pas que les Juifs ne comprennent pas).
Lire l’oracle de l’Emmanuel (Is7,14-17) et se demander : de qui cet oracle parle-t-il ?
Reprendre la superposition Ezéchias-Jésus.
La prophétie biblique s’accommode volontiers de « contradictions ». Un seul et même thème, une seule et même image peut concerner plusieurs personnes à la fois, plusieurs époques à la fois, passé, présent et avenir, justement parce que la révélation se fait dans l’Histoire.
Donc : arrêter de vouloir être grec (sinon on ne comprend rien), devenir juif. Rentrer dans cette richesse qui elle-même fait partie de la Révélation.
On dit que Jésus « accomplit l’Ecriture » (16 fois chez Saint Matthieu, 28 fois chez Saint Jean, « tout est accompli » - Jn19,30). Il le fait de trois façons.
Il accomplit la Loi. Pour la première fois, quelqu’un est fidèle à l’Alliance jusqu’au bout. Pour la première fois, Dieu peut vraiment faire Alliance avec un homme. Dieu avait fait une Alliance avec les hommes, mais ceux-ci y étaient infidèle : il est donc « passé de l’autre côté » pour garantir lui-même les deux termes de son Alliance. C’est ce que réalise (accomplit) l’incarnation.
Jésus accomplit les prophéties qui le concernent. Les évangélistes et les Pères de l’Eglise s’en donneront à cœur joie pour trouver comment le moindre acte de Jésus, la moindre parole de sa part est un accomplissement d’un parole de l’Ancien Testament. Et à l’inverse, pour montrer comment le moindre verset de l’Ancien Testament est accompli par le Nouveau… Quitte à « tricher ». Mais est-ce vraiment tricher ? Non, c’est simplement une façon d’exprimer la troisième forme d’accomplissement.
Jésus accomplit enfin l’Ancien Testament comme prophétie dans son ensemble. Au-delà de chaque prophétie prise individuellement, ou même de chaque ensemble de prophétie, l’Ancien Testament comme tout est dans son ensemble dans l’attente de « quelque chose ». Il est achevé comme prophétie, mais inachevé comme itinéraire. Il est profondément dans l’expectative. A chaque page se dessine un « autre chose » que l’on attend, qui se devine, sans se dire complètement (cf. on est juifs et pas grecs)
Inévitablement, selon ce que l’on a dit de la prophétie biblique précédemment, on ne peut pas rigoureusement « segmenter » rigoureusement les prophéties par thème. On va voir que c’est poreux, les figures se rejoignent, se recoupent… L’enjeu est de gouter à cette richesse, à cette profondeur qui nous dépasse, de découvrir ce réseau prodigieux qui se tisse dans toute l’Ecriture.
a) L’envoyé de Dieu
Lire : Isaïe 7, 14-17 (déjà vu) ; Isaïe 40, 3-5 ; Isaïe 52, 7-9 ; Isaïe 9, 5-6 ; Isaïe 9, 1-3.
Faire relever les reprises de ces différentes paroles dans le Nouveau Testament.
Lire : Isaïe 42, 1-4.6-7
Premier chant du serviteur. Rappel : il y en a quatre. La figure évolue et s’approfondit, et connecte la figure de « l’envoyé » que l’on a ici avec celle du « serviteur souffrant » que l’on verra tout à l’heure.
Lire : Psaume 2, 6-8
Faire relever la reprise de cette parole dans le Nouveau Testament.
Ici on nous parle aussi du fils, d’un roi.
Ici attention. Avec nos schémas post-christiques, on a tout de suite tendance à identifier Jésus à tous ces textes, en disant : c’est évident, ça parle de Jésus. Rappel sur l’oracle de l’Emmanuel lu au début : ce n’est pas si évident.
Isaïe 43, 10
La figure du serviteur n’est pas univoque non plus.
Autres textes qu’on ne lit pas :
Isaïe 49, 5-6 : deuxième chant du serviteur, dans la suite du premier.
b) Le Roi
Faire trouver aux gens : quelle est la grande figure à laquelle Jésus est identifié dans les Évangiles ? (fils de David)
Lire : 2 Samuel 7, 11b-16
La promesse première, originelle, faite à David. En cette promesse (qui n’est pas forcément avec le texte lui-même, retravaillé plus tardivement) s’enracine tout un déploiement théologique sur la figure du roi.
Lire : Psaumes 132, 11 ; Psaumes 45, 2-5.7 ; Isaïe 11,1-5 ; Isaïe 16,5.
Autres textes qu’on ne lit pas :
Psaumes 110,1-4 ; Psaumes 72,1-6.9 ; Michée 2,12-13 ; Isaïe 32,1-4
Faire trouver les deux autres munera. (prophète, prêtre)
c) Le Prophète
Lire : Isaïe 49, 5-6
Deuxième chant du serviteur souffrant. On voit que la figure a évolué depuis le premier chant. On a une dimension d’annonce forte.
Faire relever le « lumière des nations ».
Question : le messager est-il envoyé à Israël ? Ou au monde entier ? Evidemment on ne sait pas.
Lire : Isaïe 32, 1-4
Lien avec la figure du Roi.
A partir de cette figure prophétique générale, mais très floue comme on le voit, Israël va peu à peu relire toutes les figures prophétiques historiques comme des préparations de la figure prophétique. Ce qui est dit d’eux peut-être dit de lui.
Lire : Jérémie 1, 4-10
Faire le lien avec Isaïe 49, 1
d) Le Prêtre
Lire : Psaumes 110, 1-4
De nouveau mélange des figures.
Qui est Melkisédek ?
Lire : Genèse 14, 18-19
Remarque sur l’offrande faite par Melkisédek.
De nouveau on a la question complexe du rapport païens-juifs. C’est poreux, c’est compliqué.
e) Le Pasteur
Complémentaire de la figure du prêtre, celle du Pasteur. Celui qui guide.
Lire : Ezéchiel 34, 11.15-16.23-25
Ce pasteur final, est-ce Dieu ? Ou est-ce un homme ?
La perspective d’accomplissement est-elle historique ? Ou eschatologique ?
f) Le serviteur souffrant
Lire : Isaïe 50, 4-6 ; Isaïe 52,13-14 ; Isaïe 53, 4.7
Troisième et quatrième chants du serviteur souffrant. Très évocateur pour nous qui avons la Passion en tête.
Ce qui est important : on voit émerger la figure d’un serviteur qui souffre. Qui est offert en sacrifice.
Lire : Sagesse 2, 12-20
Se mêle à d’innombrables autres éléments : la figure du juste, celle du fils, du prophète…
Rappel Isaïe 43, 10 sur la complexité de la figure du serviteur. Garde la figure (et l’ensemble de ce que l’on voit) très ouvert.
Transition vers la figure de la victime :
Tout à l’heure on parlait du prêtre. Que fait le prêtre ?
Il offre le sacrifice.
Mais ici, c’est le serviteur qui est sacrifié. Comment est-ce possible de faire les deux en même temps ?
g) La victime offerte
Depuis cette figure du serviteur souffrant, liée à celle du juste (on y viendra), on arrive donc aussi à celle de la victime offerte.
Lire : Lévitique 16,5.15.20-22
Faire le lien avec les expressions d’Isaïe.
Plus largement dans l’Ecriture, c’est la figure du juste offert en sacrifice.
Faire trouver Isaac (Genèse 22-23). Qui est un fils unique annoncé par une promesse, offert en sacrifice sur une montagne après avoir porté lui-même le bois du supplice, et qui revient vivant.
On a donc plusieurs figures « contradictoires ».
h) Le juste, le juge
On a vu se dessiner la figure du juste.
Redonner Sagesse 2, 12-20
D’autres figures de justes souffrant injustement ? Abel, Job. Ce n’est pas du tout une « annonce directe » pour une figure messianique, mais on voit que l’on dessine quelque chose.
Avec la figure du juste vient la question générale de la justice et donc du juge.
Lire : Psaumes 72, 1-6.9
Lire : Daniel 7, 13-14
Une des figures les plus fortes de l’Ancien Testament, fortement reprise dans le Nouveau. La question est bien celle de la justice. Qui la rétablira ?
De nouveau : homme ou Dieu ? Temps ou eschatologie ?
i) La Sagesse
Dans l’Ecriture, on a une autre figure de quelqu’un qui juge toutes choses de par sa proximité avec Dieu : la Sagesse.
Lire : Proverbes 8, 24-27 ; Sagesse 7, 21-23.25-26 ; Sagesse 9, 10
De nouveau c’est flou, mais de nouveau on dessine quelque chose.
Comme chrétiens aujourd’hui, on voit bien comment tout cela sera réutilisé (théologie trinitaire, le Verbe)
j) Le Goël
On avait le paradoxe prêtre-qui-offre vs. victime-offerte.
Maintenant on a celui-qui-juge qui va se télescoper avec une autre figure, celle de l’avocat, de celui qui défend, rachète, sauve. C’est la figure du Goël, qui traverse elle aussi l’Ecriture
i. Les bases de la figure du goël.
Lire : Lévitique 25, 47-29. Le goël est donc celui qui libère de l’esclavage
Lire : Nombres 5, 8. Le goël renvoie aussi au prêtre
Lire : Deutéronome 5, 5-6. Le goël rachète sa femme (prépare une autre figure que nous verrons par la suite)
Autre texte qu’on ne lit pas : Job 19, 25-27, le goël qui sauve dans la souffrance.
ii. Mais alors qui est le goël ?
Homme ou Dieu ?
Clairement humain ci-dessus.
Lire : Isaïe 41, 14
Juifs ou païens ? Expliquer Ruth
k) L’Epoux
En lien avec cette figure du goël, une autre figure traverse toute l’Ecriture, celle de l’Epoux. Plus précisément, c’est surtout la figure de l’Epouse qui est déployée pour Israël (tu t’es prostituée…). Mais l’Epouse attend donc son Epoux.
Lire : Osée 2, 16.18.21-22
Ou d’autre trouve-t-on clairement cette figure ? Le Cantique des Cantiques.
l) Synthèse
Dans notre « portrait-robot », on attend donc quelqu’un qui sera : envoyé de Dieu, Roi, Prophète, Prêtre, mais aussi victime sacrificielle, serviteur souffrant (mais glorieux), Juste, Juge, Fils de l’Homme, (F)fils de Dieu, Sagesse de Dieu, homme, Dieu, Pasteur, Epoux, Goël… De surcroit, il doit être dans et hors de l’Histoire, s’adresser aux Juifs mais à tout le monde.
On ne voit vraiment pas comment on peut s’en sortir avec tout ça, comment on pourrait concilier autant d’éléments aussi variés et aussi contradictoires.
En conséquence : on sait qu’on attend, on ne fait qu’attendre, mais on ne sait finalement pas très bien ce qu’on attend, bien qu’on en ait une idée très précise. (gloups) L’Ancien Testament est vraiment en attente d’un accomplissement qui le dépasse et qu’il ne peut donc pas complètement se représenter… bien qu’en figure il lui soit déjà donné.
D’ailleurs on n’est même pas sûr que l’on attende formellement quelqu’un qui corresponde à tout cela, puisque rien ne dit que toutes ces figures doivent accomplir en une seule personne, ni qu’il s’agisse d’une personne (cf. évocation du peuple).
On trouve également dans l’Ecriture des oracles décrivant des « détails » qui seront abondamment repris par les évangélistes et les Pères pour éclairer la vie de Jésus et montrer comment elle accomplit bien toute l’Ecriture.
Lire : Zacharie 12, 10 ; Zacharie 13, 6 ; Zacharie 13, 7-9 ; Zacharie 9,9 ; Isaïe 69, 22 ; Psaumes 22, 7-9.17-19 ; Michée 5, 1
A chaque fois, faire retrouver le lien avec le Nouveau Testament
La théologie biblique fonctionne donc beaucoup par figures. Ces figures peuvent être anonymes ou anonymisées, mais aussi personnelles. On a déjà parlé de David : la figure de David est clairement méditée comme préparant celle du véritable Roi. Donc on attend le Nouveau David, celui qui réalisera ce qu’annonce en figure la personne même (reconstruire) de David.
Dans ce jeu d’annonce, beaucoup de figures sont déjà perçues ainsi par Israël. Comme précédemment pour les textes, les Pères vont ensuite pousser la logique à fond, parfois en tirant un peu, pour montrer comment toute l’Ecriture préfigure le Christ. Ici nous allons mélanger les deux.
On reprend dans l’ordre. On attend :
Le Nouvel Adam : Un seul a péché, tous sont touchés. On attend l’un qui rachètera cette faute et nous touchera tous par ce salut. (Remarque des Pères sur la bouche). D’ailleurs Genèse 3, 15 : depuis l’origine, on attend quelqu’un qui…
Le Nouvel Abel : le Juste
Le Nouveau Noé : qui sauve des eaux de la mort par le bois
Le Nouvel Abraham : avec qui Dieu peut conclure une Alliance (cf. Jésus accomplit la Loi)
Le Nouvel Isaac : qui monte sur la montagne en portant lui-même le bois du sacrifice pour s’offrir en victime innocente (et ressemble à un homme portant sa croix)
Le Nouveau Joseph : qui fait la vérité et permet la réconciliation-réunification de sa famille pour que tous deviennent frères, et qui d’ailleurs est prophète
Le Nouveau Moïse : qui fait quitter la terre d’esclavage en passant à travers la mort, donne la Loi et voit Dieu face à face. Lire : Deutéronome 18, 17-18
Le Nouveau Josué : qui fait entrer le peuple en Terre Promise (porte le même nom que Jésus)
Le Nouveau David : le Roi
Le Nouveau Salomon : le Sage
Le Nouvel Elie : lire Malachie 3, 22-24. Le prophète
Le Nouveau Josias : encore le même nom que Jésus, expliquer l’histoire du roi juste et transpercé.
On retiendra en particulier Moïse, David et Elie.
L’Ancien Testament n’est pas seulement en attente d’une figure personnelle de Sauveur (dont encore une fois il est très difficile de définir les contours vu ce qui nous est donné, avec encore une fois la double question de l’humanité et de la divinité, et de l’histoire et de l’eschatologie). Il est en attente de la réalisation d’un certain nombre de promesses de choses que Dieu va réaliser, sans que l’on sache quand ni comment.
a) La restauration et le renouvellement, l’envoi de l’Esprit
C’est le grand thème prophétique joint à tous les oracles de jugement et de colère divine. Les références sont innombrables.
Lire : Ezéchiel 36, 25-27.29 ; Jérémie 31, 31.33 ; Joël 2, 1-2 ; Isaïe 61, 1-2 ; Isaïe 43, 16-19.
Autres références qu’on ne lit pas : Isaïe 30,18-19 ; Isaïe 35,4-6 ; Isaïe 52, 1-3.6 ; Jérémie 4,4 ; Joël 3,1-2 ; Isaïe 61,1-2 ; Malachie 3,22-24 ; Michée 2,12-13 ; Isaïe 32,15-18 ; Nombres 11, 29
b) Le rassemblement des païens, conversion des nations
L’Ancienne Alliance est celle d’Israël. C’est lui qui est dépositaire des promesses, de toutes les promesses. Et en même temps, on devine que le rapport aux nations est appelé à évoluer. Rien de bien claire pourtant : on dit successivement que les nations seront soumises à Israël, qu’elles adoreront Dieu mais de plus loin, ou que tous se tourneront vers Dieu.
Lire : Isaïe 11, 10-12 ; Jérémie 16, 19-21 ; Michée 4, 1-3 ; Sophonie 3, 9
Le livre de Jonas dans son ensemble (reprendre l’histoire pour bien comprendre)
Autres références : Isaïe 19, 19-21 ; Isaïe 45, 14
c) La résurrection des corps
Lire : Ezéchiel 37, 5.12b-13 que l’on lit à la vigile pascale.
Comme pour les personnes, les promesses se font à la fois sur un plan « général » et par des événements particuliers qui annoncent en figure « l’événement véritable ».
Ainsi on attend (plus ou moins clairement) :
La Nouvelle Pâques : celle qui délivre de l’esclavage, et dont on a compris en Exil qu’elle devait finalement même nous libérer de la mort
La Nouvelle entrée en Terre Promise : Celle qui sera définitive
Le Nouveau sacrifice : celui qui lui aussi sera définitif, après celui d’Isaac, de Melkisédek, ceux du Temple…
La Nouvelle mâne : celle qui nourrira véritablement.
Il ressort de tout ceci que l’Ancien Testament annonce de multiples façons, en figures, l’arrivée d’événement(s) et d’un personnage (?) ultime qui accomplira, réalisera toutes les promesses. Il se vit comme une gigantesque annonce, une gigantesque annonce.
Le but de cet enseignement était de parler de l’annonce et de la préparation, on passera donc rapidement sur l’accomplissement.
D’abord il faut noter qu’un accomplissement comporte toujours (1) une part de « comme prévu », (2) une part d’inattendu.
Deux aspects à l’inattendu dans l’accomplissement de l’Ancien Testament par Jésus.
D’abord un certain décalage par rapport aux prophéties
Lire : Michée 5, 1
Or Jésus vient de Nazareth… Forcément ses contemporains sont surpris.
Il ne correspond pas non plus à ce que l’on attendait de certaines figures (le Roi) dont on s’était fait une construction.
Pour beaucoup : dû au « mélange » entre temps et eschatologie.
Ensuite Jésus dépasse toutes ces prophéties
D’abord en les accomplissant toutes à la fois dans une synthèse unique.
Ce n’était pas forcément attendu d’un coup (cf. tout ce qui précède, plusieurs figures, parfois équivoques, renvoi à l’eschatologie…)
Jésus dépasse toutes ces figures, individuellement et dans leur ensemble. Rien ne permettait d’attendre l’Incarnation, même si elle est esquissée (mais c’est largement une relecture après coup). C’est une surprise, la surprise.
Globalement : Jésus est plus que le Roi, ou le Prêtre, ou le Prophète, et plus que le Roi et le Prêtre et le Prophète.
En accomplissant toutes ces figures, il les dépasse complètement et d’une certaine façon pulvérise complètement le cadre de l’Ancien Testament, qu’il fait comme « exploser de l’intérieur » en quelque chose qui tout en venant de lui le dépasse complètement.
En fait à partir de Jésus, de sa mort et de sa résurrection, c’est même le cadre « normal » du monde et de l’histoire qui vole en éclat. C’est ce que signifie l’approche du Royaume et l’avènement des derniers temps.