I/Théisme
Preuve philosophique de la non éternité du temps : impossibilité de la régression à l’infini des instants du temps (si on part de nulle part, on ne peut arriver nulle part).
Preuve de l’existence de Dieu :
a. Tout ce qui commence d’exister a une cause
b. Or l’espace-temps a commencé d’exister
c. Donc l’espace-temps a une cause
d. Si l’espace-temps a une cause, elle est nécessairement atemporelle et non spatiale.
e. Donc l’espace-temps a une cause atemporelle et non spatiale
Caractéristiques nécessaires de l’entité créatrice :
a. Toute puissante : (1) a créé sans aucune contrainte de nécessité, elle peut créer indifféremment ceci ou cela, (2) a parcouru l’infinie distance entre le néant et la matière.
b. Non méchante : (1) existe antérieurement a tout (non contingent), n’a donc besoin de rien et a créé gratuitement, (2) serait égoïste ou orgueilleux s’il était méchant, ce qui est la marque de la révolte contre la finitude : impossible.
c. Intelligente : réglage fin de l’Univers qui ne peut être du ni au hasard ni à la nécessité : comme l’œuvre est porteuse de sens, on pense légitimement que son auteur est intelligent.
II/Christianisme
1. Existence de Jésus
a. Les traces historiques : Chez Flavius Josèphe, Tacite, Suétone, Pline le Jeune, Lucien de Samosate, Celse, le Talmud de Babylone… et bien sûr les 27 textes du Nouveau Testament.
b. Contre les mythistes :
1. Pendant 18 siècles, personne n’a contesté l’existence de Jésus
2. Si les textes avaient été falsifiés, il y en aurait beaucoup plus, et de grandes personnalités.
3. Les copistes n’avaient aucune raison de trafiquer les textes puisque personne ne remettait Jésus en cause.
4. Aucune autre hypothèse ne permet de rendre correctement compte de : l’essor du christianisme, l’existence des évangiles de type biographique, l’évocation de Jésus par des païens et des juifs, l’absence de contestation pendant 1700 ans, la mort des martyrs censés avoir connu Jésus, la présence de textes falsifiés, leur mauvaise facture
2. Historicité des Evangiles
Les évangiles sont l’œuvre de témoins oculaires ayant vécu dans la Palestine de la première moitié du Ier siècle, délivrés sérieusement et donc a priori fiables :
a. Les rédacteurs des évangiles prétendent faire un récit de chroniqueur sérieux, étant eux-mêmes témoins oculaires ou rapportant le témoignage de témoins oculaires.
b. Les récits émanent de contemporains de Jésus (preuve par les statistiques des prénoms).
c. Les affirmations historiques des évangiles n’ont jamais été mises en défaut.
d. Les rédacteurs sont certainement de langue hébraïque, travaillant à partir de traditions orales et écrites hébraïques.
e. Les noms des auteurs sont crédibles.
f. Les évangiles ont probablement été rédigés avant -70
3. Jésus a bien prétendu être Dieu lui-même
a. Si l’on nie cela, il faut expliquer : la condamnation de Jésus, la foi des Apôtres. On doit admettre : que les Romains ont condamné un pauvre gars sans la moindre prétention politique, ou que des juifs ont arbitrairement décidé de diviniser l’un des leurs en violation de tout cadre intellectuel ou religieux
b. Jésus pardonne les péchés, ce que seul Dieu peut faire.
c. Il interprète la Loi avec autorité, ce que seul Dieu peut faire.
d. Il s’appelle lui-même Fils d’Homme (Dn 7;13-14), parle de lui comme de Dieu, comme du maître du sabbat (Mt 12;6), de l’Eternel (Jn 8;58 – Jn 8;24).
4. Jésus est nécessairement le Fils de Dieu
1. Jésus a affirmé qu’il était Dieu
2. Soit il dit vrai, soit il dit faux
3. S’il dit faux, il est soit menteur, soit fou
4. Il n’est pas menteur
5. Il n’est pas fou
6. Il ne dit pas faux
7. Il dit vrai
8. Donc Jésus était Dieu
Jésus n’était pas un menteur : ce cynisme contredirait tout ce que l’on sait par ailleurs de son attitude, simple humble, miséricordieux alors que les cyniques sont cupides, libidineux, vaniteux, assoiffés de pouvoir.
Jésus n’était pas fou : En dehors de son affirmation, rien ne traduit chez lui un God complex pourtant très criant chez tous les autres cas : maniaque, narcissique, égocentrique, impatient, tyrannique, sans empathie…
5. La Résurrection événement historique
Les faits qu’il faut tenir :
1. Jésus est mort sur la Croix et a été placé dans le tombeau de Joseph d’Arimathie.
2. Trois jours plus tard, les femmes ont trouvé le tombeau vide.
3. De nombreuses personnes, amies, ennemies ou sceptiques ont eu la forte impression de voir Jésus vivant après sa mort.
4. Les Apôtres sont subitement passé d’un état d’abattement profond à un enthousiasme plein de zèle missionnaire.
Les réponses impossibles à tenir :
1. Le cadavre a été retiré du tombeau par les Apôtres : les Apôtres n’auraient pas bravé la mort pour quelque chose qu’ils savaient être faux. En plus il aurait fallu que la résurrection du Messie soit attendue ou envisageable, ce qui n’était absolument pas le cas (contraire aux idées juives).
2. Le cadavre a été retiré du tombeau par les autorités politiques : Dans ce cas elles auraient immédiatement pu contrer les affirmations des chrétiens missionnaires en exhibant la dépouille, ce qu’elles n’ont pas fait. De plus il faudrait expliquer les récits d’apparitions.
3. Les apparitions sont des hallucinations : il faut expliquer le tombeau vide, justifier le fait que le même phénomène se soit produit chez des proches et des amis, chez des ennemis, chez des sceptiques qui entretenaient tous des rapports très différents avec Jésus. De plus les Apôtres ne pouvaient s’attendre à une telle chose : dans la conception juive, si Jésus s’est fait tuer c’est forcément qu’il n’est pas le Messie.
Ce qu’on peut en tirer comme conclusion :
1. Jésus a affirmé être le Messie, Dieu incarné.
2. Si une personne affiche de grandes prétentions dans un domaine donné et reçoit la plus haute gratification de la plus haute autorité de ce domaine, alors ses propos sont confirmés et approuvés par l’autorité en question.
3. La résurrection d’un mort ne peut être l’œuvre que de Dieu.
4. La résurrection pour la vie éternelle est la plus haute gratification possible qu’un être puisse recevoir de Dieu.
5. Dieu est la plus haute autorité possible en matière théologique.
6. Si Jésus est ressuscité, alors Dieu lui a offert la plus haute gratification possible et a donc confirmé et approuvé ses prétentions et gratifications.
7. Or Jésus est ressuscité d’entre les morts.
8. Donc Jésus est le Messie, Dieu lui-même incarné.