Le contexte est celui de la pax romana et de la prospérité de l’empire, pendant laquelle se développent de très nombreux cultes venu d’Orient, notamment les cultes à mystère.
La gnose nous est principalement connu grâce aux écrits des pères de l’église des premiers siècles. Nous possédons peu d’écrits gnostiques, mais un vaste répertoire d’écrits néotestamentaires apocryphes.
On peut définir la gnose comme « une conception de la connaissance, indépendamment des époques, décrite comme “une connaissance des mystères divin réservé à une élite”. » (Citation prise ailleurs. P.30)
« Les principaux cadres de la pensée gnostique : multiplicité des mondes supérieurs et intermédiaires, syzygie, création par les anges, déchéance de ce monde-ci, salut par l’initiation, transgression de la loi. » P. 36
Irénée attribue les débuts de la gnose à Simon. Mentionnons aussi Valentin et Nicolas.
Mais aussi Ménandre : « Personne ne pouvait, selon Ménandre, arriver à être supérieur aux anges s’il n’acquérait la science de la magie que lui-même possédait et se chargeait d’enseigner à ceux qui étaient baptisés par lui. » Eusèbe de Césarée, Histoire ecclésiastique, livre III, 26,1
L’idée de l’étincelle divine présente en l’homme : « L’homme est une création des anges qui, après avoir vu paraître image brillante qui était descendu de la suprême puissance, ne purent la retenir parce qu’elle remonte aussitôt vers celui qu’il avait envoyé. Alors il se dire on s’exhortant les uns les autres : faisons l’homme à notre image et selon notre ressemblance. Cet homme fut créé mais il n’a pu se tenir droit à cause de la faiblesse des anges : il ramper à terre comme un verre. La puissance dans vos ennuis pitié parce qu’il avait été créé à son image : elle envoya une étincelle de vie qui est relevé à l’homme et lui donna la vie. Après la mort, cette étincelle retourne vers ce qui est de la même espèce, et le reste se dissout, chaque parent d’après la nature des éléments dont elle est formé. » SaL’homme est une création des anges qui, après avoir vu paraître l’image brillante qui était descendu de la suprême puissance, ne purent la retenir parce qu’elle remonte à aussitôt vers celui qu’il avait envoyé. Alors il se dire on s’exhortant les uns les autres : faisons l’homme à notre image et selon notre ressemblance. Cet homme fut créé mais il n’a pu se tenir droit à cause de la faiblesse des anges : il ramper à terre comme un verre. La puissance dans au ennui pitié parce qu’il avait été créé à son image : elle envoya une étincelle de vie qui relevait à l’homme et lui donna la vie. Après la mort, cette étincelle retourne vers ce qui est de la même espèce, et le reste se dissout, chaque part d’après la nature des éléments dont elle est formé. » Hippolyte (parlant de la doctrine de Saturnin), Philo., Livre VI, 28.
Au même endroit : « Saturnin dit qu’il y a deux genres d’hommes formés par les anges : l’un bon, l’autre mauvais. »
et encore Livré VII, 27 : « quand tout cela sera définitivement accompli, quand tous les êtres confondus auront été dégagé est rendu à leur place primitive, Dieu répondra une ignorance absolue sur le monde entier afin que tous les êtres qui le composent ne désire rien d’étrangers ou de meilleur, car dans les mondes inférieurs, il n’y aura ni mention ni connaissance de ce qui se trouve dans les mondes supérieurs, à fin que les âmes ne puisse désirer ce qu’elle ne peuvent posséder et que ce désir ne devienne pas Pourelles une source de tourments, car il serait la cause de leur perte. »
Le chapitre se termine en notant l’invitation globale des gnostiques à violer toutes les lois (notamment dans le domaine sexuel) pour être libéré.
« Valentin divise l’humanité en trois catégories : l’homme hylique, l’homme psychique et l’homme pneumatique. L’hylique est matériel et héberge le diable, ses appétits sont grossiers, il est voué à la destruction, corps et âme. Le psychique, bien que possédant une âme supérieure est ignorent, comme le démiurge dont il émane. [...] Son salut est en jeu. [...] Le pneumatique est l’homme parfait par excellence ; il possède la gnose ; il est élu par le Principe et assuré de son salut (du moins celui de son esprit. » p.49
« Les Valentiniens croyaient au fatalisme astrologique et, à bien des égards, à la théorie de la prédestination. » p.50
« Comme les autres gnostique, Valentin est docète. » p.50
Pistis Sophia : récit de douze années passées par Jésus avec ses disciples après sa résurrection où il leur communique un enseignement qui a été caché aux autres.
« Les sept voix et les cinq arbres, et les trois amen, et les sauveurs jumeaux, et les neuf gardiens, et les douze sauveurs, etc. » cité p.53
« ce que devait être le système de Marcion : antagonisme radical de la chair et de l’esprit, caractère nettement docete de l’incarnation et de la redemption. » p.54
Dualisme de Marcion : p.55. Voir AH III, 12, 12
« Puisque la création est mauvaise, la chair est mauvaise. Le mariage est retrouvé puisqu’il sert à perpétuer une chair mauvaise. Marcion dénonce « le commerce de l’impulsivité conjugale ». Il ne baptisait que des célibataires ou des eunuques. » p.55-56
Contre la consommation de viande : AH I, 28, 1
« Ce qu’on appelle le commerce de l’homme et de la femme est une abomination et une souillure. » Philo.
Incroyable complexité des écrits gnostiques, avec multiplication à l’infini des entités : p.63.
Création de l’homme à partir de sperme. P.63
Malice de la matière : p.64
Mépris terrible des femmes p.65
Le salut par la connaissance : p.65
Caractérisation : un métaphysique ou theogonie foisonnante voire délirante, un univers peuplé d’entités abstraites et anhistoriques, un univers hiérarchique (ce qui va avec la prédestination), docétisme, dédoublement des figures, mépris du sexe et de la femme, salut par la connaissance.
« Le catholicisme, religion de la matière. » p.98
Incarnation, résurrection de la chair, eucharistie, mariage.
Lc10.21 ; Mt10,26-27
Roland Hureaux récuse l'idée d'une gnose pré-chrétienne. Il montre que le "vieux fond dualiste iranien" a en pratique été au second plan jusque très tardivement (après le christianisme), et qu'on retrouve en réalité dans la plupart des mouvances "gnostiques" orientales des influences chrétiennes prononcées.
Il avance l'hypothèse que les esséniens soient un mouvement postérieur au christianisme. Cela expliquerait que les esséniens ne soient pas mentionnés dans les évangiles.
"Il est incontestable que des thèmes gnostiques trouvent leur origine chez certains philosophes grecs et non des moindres. Pythagore d'abord où l'on trouve non seulement l'idée déjà très moderne que les lois de la nature ont un caractère mathématique et que pour cela "les nombres régissent le monde", mais aussi l'amorce de spéculations numérologiques de caractère beaucoup moins scientifique et que la plupart des gnostiques (comme plus tard la kabbale juive) ont repris. Platon ensuite est à l'origine de l'idée principale de la gnose : le primat des réalités spirituelles sur le monde sensible." (p.133)
"Le moyen d'être le plus près possible de la connaissance, c'est d'avoir le moins possible de commerce avec le corps et de nous en purifier." (Platon, Phèdre, 67, a)
Caractérisation de la gnose : "primat du monde immatériel et donc de l'âme, indépendance de l'âme et du corps (et donc possibilité d'une transmigration des âmes), supériorité d'une caste d'initiés." (p.135)
La gnose va tout de même plus loin que Platon, pour qui le monde est plus illusoire que mauvais, n'est pas l'oeuvre d'un dieu mauvais, Les néoplatoniciens combattront la gnose (Plotin, II Ennéade, section 9) La plupart des philosophes grecs considèrent que le monde est bon ou neutre. Par ailleurs, tous considèrent que l'homme fait partie du cosmos (ce qui n'est pas le cas des hommes pneumatiques gnostiques)
Hureaux avance la thèse selon laquelle la gnose a été développée par le monde grec comme une façon de recevoir le christianisme tout en se défaisant de ses origines juives (peu convaincant à mon avis).
La gnose a surtout touché la classe moyenne-supérieure urbaine.
"Plus que d'une critique ou d'une contestation, il s'agit là d'une révolte obstinée, violente, de vaste portée et de grave conséquence : contre la condition humaine, l'existence, le monde, Dieu lui-même. Elle peut aussi bien conduire à l'imagination d'un événement final qui sera eversio, revolutio, retournement et renversement de la situation actuelle, [...] usant et abusant de leur corps et du monde pour les profaner, les épuiser, les nier et les anéantir, qu'au nihilisme, nihilisme des gnostiques libertins." - Henri-Charles Puech, En quête de la gnose, vol. I, page XXII.
"l'attitude générale du gnostique, étincelle divine déchue et promise à un destin céleste, étranger à une société et un monde profondément corrompus." (p.159)
Subit de plein fouet le déclin impériale entre 235 (Maximin se proclame empereur) et 323 (victoire de Constantin).
Se développe vers la fin du troisième siècle. Promeut un dualisme radical.
« La morale qui en découlent est très strictes : aux interdits habituelle du meurtre, du vol, du mensonge, ça ajoute l’interdiction de manger de la viande, de tuer les animaux et parfois même les végétaux (que reste-t-il à manger ?), de déranger l’ordre de la nature, de bouger une pierre, etc. Et à ses interdissent ajoute, encore plus important, celui de l’acte sexuel, et plus grave encore que l’acte sexuel, celui de la génération. » P. 180
On retrouve les idées classiques de hiérarchisation des personnes, de rituels initiatiques.
« Le manichéisme est sans doute la version la plus accomplie du mouvement gnostique. » P. 183
« À tout le moins trouve-t-on, chez certains groupes se réclamant de l’islam, des éléments gnostiques, originel ou acquis, rappelant la gnose gréco-romaine ou manichéenne : caractère initiatique conduisant à distinguer une doctrine exothermique, généralement du système ordinaire, et une doctrine ésotérique réservé aux initiés, préexistence des âmes, leur survie par fusion dans le grand to, métempsycose, indifférence ou relativité de la morale (y compris des prescriptions coranique les plus strictes, comme les interdits alimentaires), recherche de la contemplation directe de Dieu, Notamment par la technique de la danse des derviche tourneur de Conniat (Turquie) ou par l’usage de stupéfiants par les haschichins. » p. 189 ainsi alaouites, druses, alévis, ismaéliens, soufisme.
Enfin l’ouvrage avance la thèse selon laquelle ce serait le bouddhisme qui dépendrait du manichéisme et non l’inverse.
Bogomiles : mouvement gnostique se développant en Hongrie puis dans les Balkans à partir du Xe siècle. Influencé par le manichéisme mais sans en avoir une connaissance explicite et détaillée. Opposition entre un dieu du bien et un dieu du mal. Refus de toute hiérarchie.
« C’est à juste titre que l’on considère la doctrine cathare [...] comme le dernier avatar historique de la gnose telle qu’elle est apparu au 1er siècle. » p.198
« Opposition du bien et du mal depuis le commencement du monde et pour toujours ; caractère radicalement mauvais du monde présent ; création de l’âme et de l’homme (au moins pour sa partie spirituelle) par le dieu bon et de la matière et de la femme parle du mauvais. Discrédit de l’agriculture et de la génération, bref de tout ce qui peut avoir un aspect fécondant, apologie de la stérilité, réincarnation. Le corps est tenu par les Cathares pour une prison de l’âme non seulement en raison de sa nature matérielle mais aussi de sa sexuation ! [...] Comme le manichéisme, le catharisme promeut l’esthétisme le plus radical : refus de la viande, condamnation des plaisirs de la chair. Ces interdits sont si rigoureux que les parfaits ont en toute circonstance leur propre écuelle pour ne pas se souiller ou refusent de s’asseoir à côté d’une femme. » p.199
« Les plus simples n’étaient instruit que de la première dimension, sociale et évangélique ; on ne leur reparlait que de purifier le christianisme et les mains tandis qu'aux initiés, étaient révélés les mystères du dualisme. » P. 202
"Il se peut même que l’attitude face a la sexualité soit le critère le plus décisif pour distinguer l’orthodoxie catholique de la gnose. Fondamentalement bonne mais assujettie à des règles, ainsi apparaît-t-elle à l’orthodoxie. La gnose la tient au contraire pour fondamentalement mauvais en théorie, oscillant entre l'ascèse la plus rigoureuse et le libertinage le plus débridé en pratique. » P. 209
Vaste mouvement spirituel et intellectuel interne au judaïsme dans les projets se situe dans les derniers siècles du Moyen Âge : XIIe XIVe siècle.
Littérature symbolique touffue. Large recours à la numérologie. Aspect élitiste.
Le livre de la clarté, premier grand texte de la cabale classique est rédigé en Provence entre 1150 et 1200.
Zohar ou livre de la splendeur, œuvre majeure de la kabbale médiévale date de 1275.
Toutefois, la cabale ne remettons pas réellement en cause l’unicité de Dieu et ne profite sont pas un monde font tellement tellement mauvais, l’auteur conclut techno et cabale sont distinctes.
De façon assez ténue : le protestantisme, la scientologie, les mouvement Gaia, les Enfants du Verseau.