Remarques préliminaires: Dans cette prise de note, on abrégera Salvici Doloris en SD. En l’absence de précision, toute citation est extraite du numéro de la lettre indiqué en début de paragraphe. De plus, en raison de l’abondance des citations, on a souvent omis les [...] en cas d’ellipses.De plus par convention, les citations sont repérées par des guillemets et des italiques. L’absence de ces dernières indique que les guillemets sont simplement utilisés comme moyen de modulation.
1.Saint Paul (SD1) : Quelques éléments chez Saint Paul : « Je complètement en ma chair ce qui manque aux épreuves du Christ pour son corps qui est l’Eglise. » (Col 1,24) « Je trouve ma joie dans les souffrances que j’endure pour vous. » (Col 1,24). Saint Paul a en fait découvert le sens de la souffrance, c’est de la que lui vient cette joie. Or ce sens se trouve dans la valeur salvifique de la souffrance.
2.Place de l’homme (SD2) : Même si nous ne pouvons ignorer la souffrance animale, même si « toute la création gémit dans les douleurs de l’enfantement » (Rom 8,22), il semble que « ce que nous exprimons par le mot ‘souffrance’ [soit] particulièrement essentiel à la nature de l’homme ». Il exprime la profondeur et quelque part la grandeur propre de l’homme, appelé à se dépasser. Elle en est si constitutive « [qu’]elle est quasi inséparable de l’existence terrestre de l’homme » (SD3). Il est donc du devoir de l’Eglise d’aller à la rencontre de l’homme sur ce chemin si particulier.
3.Impact de la souffrance (SD4) : Chez l’autre elle suscite plusieurs réactions. Elle inspire la compassion bien sûr, mais aussi le respect. Elle peut aussi intimider par son caractère mystérieux. Ainsi d’une part notre cœur nous ordonne-t-il de vaincre cette timidité, et d’autre part l’impératif de la foi nous indique « les motivations au nom et en vertu desquelles nous osons toucher ce qui semble si inaccessible en chaque homme ; car l’homme, dans sa souffrance, reste un mystère inaccessible ».
4.Comprendre la réalité de la souffrance (SD5) : En premier abord, la souffrance touche tant à l’intime de chacun qu’elle semble inexprimable, incommunicable. Pourtant, elle demande en particulier d’être méditée, explicitée. Il s’agit de lui poser de véritables questions de fond pour en trouver les réponses. La médecine découvre l’aspect le plus connu de la souffrance, celui qu’on peut assez bien identifier et combattre. Cependant la souffrance reste infiniment plus complexe, multiple et ample que ce que la médecine décrit. On peut déjà distinguer la souffrance morale et la souffrance physique. Dans les deux cas il s’agit d’une douleur, physique ou psychique mais aussi spirituelle.
5.La souffrance dans l’Ecriture Sainte (SD6) : « L’Ecriture Sainte est un grand livre sur la souffrance » : sur le danger de la mort (Is38,1-3) ; la mort des enfants (Gn15,16 ; Gn37,33-35 ; 2S19,1) ; en particulier celle du fils unique ou premier né (Tb10,1-7 ; Jr6,26 ; Am8,10 ; Za12,10) ; la privation de descendance (Gn15,2 ; Gn30,1 ; 1S1,6-10) ; la nostalgie de la patrie (Ps137(136)) ; la persécution et l’hostilité (Ps22(21),7-21 ; Jr 18,18) ; la raillerie et la dérision à l’égard de celui qui souffre (Jb 19,18-30,1-9 ; Ps22(21),7-9 ; Ps42(41)11 ; Ps44(43),16-17 ; Jr20,7 ; Is53,3) ; la solitude et l’abandon (Ps22(21),2-3 ; Ps31(30),13 ; Ps38(37),12 ; Ps88(87),9-19 ; Jr 15,17 ; Is53,3) ; les remords de la conscience (Ps51(50),5 ; Is53,3-6 ; Za12,10) ; la difficulté à comprendre la prospérité des méchants et la souffrance des justes (Ps73(72)3-14 ; Qo4,1-3) ; l’infidélité des voisins et des amis (Jb19,19 ; Ps41(40),10 ; Ps55(54),13-15 ; Jr20,10 ; Si37,1-6) ; les malheurs de sa propre patrie (Ps44(43),10-17 ; Ps77(76),3-11 ; Ps79(78),11 ; Ps89(88),51 ; Is22,4 ; Jr4,8;13,17;14,17-18 ; Ez9,8;21,11-12 ; Dn3,31-40 ; Dn9,16-19) ; mais aussi la souffrance physique, que ce soit dans les os (Is38,13 ; Jr23,9 ; Ps31(30),10-11) ; les reins (Ps42(41),10-11 ; Ps73(72),21 ; Jb16,13 ; Lam3,13) ; le foie (Lam2,11) ; les entrailles (Is16,11 ; Jr4,19 ; Jb30,27 ; Lam1,20) ; ou encore le cœur (1S1,8 ; Jr4,19;8,18 ; Lam1,20-22 ; Ps38(37),9.11).
6.La souffrance et le mal (SD7) : On peut dire que l’on souffre à chaque fois que l’on éprouve un mal. Cette souffrance est essentiellement subie passivement. Elle n’est cependant pas dépourvue de tout caractère actif. On notera cependant avant tout que la question de la souffrance est essentiellement liée à celle du mal : qu’est-ce que le mal ? Le christianisme a toujours proclamé que l’existence est un bien. L’homme souffre du mal « qui est un certain manque, une limitation ou une altération du bien ». En fait l’homme souffre quand il est dépossédé, privé d’un bien. La souffrance s’exprime donc par le mal, qui se réfère au bien.
7.Le monde de la souffrance (SD8) : La souffrance crée comme un monde propre. Les hommes partageant la même souffrance vivent une solidarité qui leur est propre. La souffrance est donc « un singulier appel à la communion et à la solidarité ». Dans cette dimension collective, le monde de la souffrance peut prendre une densité particulière dans les temps de catastrophe, d’épidémie, de famine, de guerre…
8.Pourquoi ? (SD9) : C’est la question qui surgit avec le plus de force. Pourquoi ? Elle interroge et la cause et le but (pour quoi). Le propre de l’homme est sa conscientisation de la souffrance qui le mène à ces deux questions très difficiles. Or ces questions il ne les pose pas au monde, mais il les pose à Dieu comme Créateur et Seigneur du monde. C’est pourquoi elle peut amener à le rejeter. Cela doit nous faire comprendre toute la gravité de ces questions…
9.La juste rétribution (SD10) : Job, homme juste, est très durement éprouvé. Ses amis tentent de le convaincre qu’il doit avoir commis quelque faute grave, puisque le mal est vu comme une sorte de « rétribution par Dieu » contre les fautes. « Dieu récompense le bien par le bien et punit le mal par le mal ». C’est ce qui fait de lui le juge du monde le « Législateur ». Cette logique de rétribution est censée garantir le bon ordre du monde. Bref, « Dieu est un juge juste qui récompense le bien et punit le mal » (Dn3,27 ; Ps17(18),10 ; Ps36(35),7 ; Ps48(47,12 ; Ps51(50),6 ; Ps99(98),4 ; Ps119(118),75 ; Mal3,16-21 ; Mt20,16 ; Mc10,31 ; Lc17,34 ; Jn5,30 ; Rm2,2). C’est une pensée très développée dans l’Ancien Testament.
10.La réponse de Job (SD11) : Job conteste cette logique et se défend de toute faute commise contre Dieu. Dieu reconnaîtra d’ailleurs que Dieu n’est pas coupable. Ce que montre ce Livre, c’est que « s’il est vrai que la souffrance a un sens comme punition lorsqu’elle est liée à une faute, il n’est pas vrai au contraire que toute souffrance soit une conséquence de la faute et ait un caractère de punition ». L’exemple de Job montre que la souffrance peut avoir un caractère d’épreuve. Elle est permise par Dieu à l’instigation de Satan. C’est un premier élément.
11.La valeur éducative de la souffrance (SD12) : L’Ancien Testament montre déjà que la souffrance a une certaine valeur éducative, au sens où elle est occasion pour le peuple de découvrir la miséricorde de Dieu. Certes elle es développée dans sa dimension punitrice ou rétributive, mais le peuple hébreux découvre surtout qu’elle « crée la possibilité de reconstruire le bien dans le sujet même qui souffre ». Elle nous aide donc à la conversion, à la reconstruction du bien par l’appel à la pénitence. « La pénitence a pour but de triompher du mal qui existe à l’état latent chez l’homme sous diverses formes, et à consolider le bien tant chez le sujet lui-même que dans ses rapports avec les autres et surtout avec Dieu. » Cependant, tout cela reste insuffisant pour comprendre le sens de la souffrance. Il ne peut être compris qu’avec la richesse de l’amour, et « cette réponse a été donnée à l’homme par Dieu dans la Croix de Jésus-Christ. » (SD13)
12.L’amour qui sauve (SD14) : C’est la clé de voute du message du Christ et une dimension tout à fait nouvelle de notre réflexion. L’amour sauveur de Dieu qui se donne pour l’homme. C’est la dimension de la Rédemption, qui dépasse la dimension du sens. Comme l’indique Jn3,16, Jésus nous sauve avant tout pour la vie éternelle, c’est-à-dire pour nous épargner la souffrance définitive ! Il lui faut pour cela triompher des racines du mal : le péché et la mort, qui se tiennent ensemble. Or « il triomphe du péché par son obéissance jusqu’à la mort, et il triomphe de la mort par sa résurrection ».
13.Impact sur le monde et place du péché originel (SD15) : Par extension, cette œuvre de salut s’étend aussi au mal et à la souffrance terrestres. En effet, si on ne peut tenir comme les amis de Job une conséquence directe entre notre péché et notre souffrance, on ne peut en revanche rejeter le lien entre le péché en général, le mal présent dan le monde et cette souffrance. C’est là toute la gravité du péché originel qui empreint la nature humaine. Or Jésus vient nous délivrer de cela, nous rendre par la Grâce la pureté et l’indépendance (au mal) originelles. Il nous délivre aussi de la mort en ouvrant la porte à la résurrection des corps. Même si la souffrance n’est pas supprimée, la perspective du Salut y jette « une lumière nouvelle ». Malgré le mal, Dieu aime l’homme et le rejoint dans sa souffrance.
14.Proximité du Christ d’avec la souffrance de l’homme (SD16) : Cette grande proximité se partage selon deux dimensions. D’abord, Jésus a parcouru la Galilée en « faisant le bien » (Ac10,38), en guérissant les malades, qu’ils souffrent physiquement ou psychologiquement, ressuscitant par trois fois des morts. Mais plus encore, Jésus s’est fait proche de cette souffrance en partageant de lui-même notre souffrance. Il l’a vécu de la façon la plus éminente qui soit sur la Croix qui est de ce fait son œuvre de Rédemption. Il s’avance librement, consciemment vers cette Passion, en la choisissant et en l’acceptant. C’est ce qui change tout. « Le Christ s’achemine vers sa propre souffrance, conscient de sa force salvifique. »
15.Le serviteur souffrant (SD17) : Cette dimension mystérieuse du Messie Sauveur est déjà préparée dans l’Ancien Testament, en particulier dans le chant du serviteur souffrant d’Isaïe, « qu’on appelle à juste titre le cinquième évangéliste ». Dans Isaïe 53,26 on retrouve ainsi tous détails de la Passion. La grandeur de ce texte est de nous faire prendre « la mesure du mal ». Il nous montre aussi déjà que ce qui compte, c’est que le Christ souffrant a dépassé toute cette souffrance et ce mal par la fidélité maintenue de son amour pour le Père.
16.L’obéissance (SD18) : Puis dans Is53,7-9 on contemple la mise à mort du Christ… « [Il] souffre volontairement et c’est innocent qu’il souffre », et c’est de cette façon qu’il « apporte la plus complète des réponses à cette question [de la souffrance] ». Toutes les prières du Christ agonisant (Mt26) « prouvent la vérité de l’amour que le Fils unique donne à son Père par son obéissance ». En définitive, elles prouvent « la vérité de l’amour par la vérité de la souffrance ». Ces paroles « confirment en toutes simplicité cette vérité humaine de la souffrance, jusqu’au fond : la souffrance, c’est subir le mal devant lequel l’homme frémit. » On comprend également dans l’Agonie du jardin que la puissance et la violence du mal se sont révélées à un niveau inégalé à l’âme du Christ. Il a mesuré, éprouvé avec une violence inouïe tout le poids de la souffrance humaine, particulièrement celle due au péché : « la souffrance humaine a atteint son sommet dans la passion du Christ ». Et en même temps elle est entrée dans un « ordre nouveau » en étant intimement liée à l’amour et à la reconstruction du bien.
17.Avec le Christ : Comme le dit l’adage patristique : « Dieu nous a créés sans nous, il ne nous sauvera pas sans nous » (Saint Augustin). En effet, « tout homme participe d’une manière ou d’une autre à la Rédemption. Chacun est appelé, lui aussi, à participer à la souffrance par laquelle la rédemption s’est accomplie. En opérant la Rédemption par la souffrance, le Christ a élevé en même temps la souffrance humaine jusqu’à lui donner valeur de rédemption. Tout homme peut donc, dans sa souffrance, participer à la souffrance rédemptrice du Christ. » C’est ce que déploiera Saint Paul (2Co4,8-11.14 ; 2Thess3,5 ; Rm12,1 ; Ga2,19-20 ; Ga6,14) insistant sur le fait que l’union à la souffrance du Christ est également union à la Rédemption et au Royaume.
18.La gloire de la Croix (SD22) : « A la perspective du Royaume de Dieu est liée l’espérance de la gloire dont l’origine se trouve dans la Croix du Christ. La résurrection a révélé cette gloire. » C’est à nouveau ce qu’exprime l’Apôtre à plusieurs reprises (Rm8,17-18 ; 2Co4,17-18) La Résurrection est l’expression grandiose de cette gloire déjà exprimée dans la Croix. « En effet si la Croix a représenté aux yeux des hommes le dépouillement du Christ, elle a représenté en même temps aux yeux de Dieu son élévation ». Ainsi dans la faiblesse et l’humiliation se manifestent la puissance et la grandeur. Enfin « la souffrance est aussi un appel à manifester la grandeur morale de l’homme, sa maturité spirituelle ».
19.La faiblesse (SD23) : Le thème de la force et de la faiblesse évoqué ci-dessus est particulièrement présent dans la prédication de l’Apôtre (2Co12,9 ; 2Tim1,12 ; Phi4,13). Encore une fois on comprend le sens de l’élévation du Christ par sa Passion : Dieu peut pénétrer notre souffrance et notre faiblesse de la puissance de son amour. Dans cette conception, « souffrir signifie devenir particulièrement réceptif, particulièrement ouvert à l’action des forces salvifiques de Dieu offertes à l’humanité dans le Christ ». Elle devient « un appel particulier à la vertu » (cf. Rm5,3-5), portée par l’espérance que la souffrance ne l’emportera pas.
20.L’accomplissement et la complétude (SD24) : Saint Paul va encore plus loin : « Je trouve ma joie dans les souffrances que j’endure pour vous, et je complète en ma chair ce qui manque aux épreuves du Christ pour son corps, qui est l’Eglise » (Col1,24). L’Eglise ne cesse de se constituer comme Corps du Christ. Or dans ce corps, le Christ est uni de façon particulière à ceux qui souffrent ainsi que le montre la citation. Comprenons-la bien. « Le bien de la Rédemption en lui-même est inépuisable et infini. Aucun homme ne peut lui ajouter quoi que ce soit. » Ainsi, « cela signifie seulement que la Rédemption reste ouverte à tout amour qui s’exprime dans la souffrance humaine ». « Toute souffrance humaine, en vertu de l’union dans l’amour avec le Christ, complète la souffrance du Christ. Elle la complète comme l’Eglise complète l’œuvre rédemptrice du Christ. » (NdA : Faut-il penser à l’articulation rédemption objective – rédemption subjective ?)
21.Les exemples de l’évangile (SD25) : Les Apôtres nous ont transmis un véritable évangile de la souffrance. Celui-ci est écrit de façon éminente et suprême par le Christ, en particulier dans sa Passion. Mais on peut aussi relever la vie de Marie, du premier au dernier jour, qui traversa de nombreuses et difficiles épreuves jusqu’au sommet de la Croix. Elle est tout à la fois présence et compassion. On parle d’évangile de la souffrance non seulement à cause de sa présence continue dans la Bonne Nouvelle, mais encore et surtout à cause de « la révélation de la force salvifique et du sens salvifique de la souffrance », dont le Christ n’a d’ailleurs jamais caché « la nécessité » (Lc9,23 ; Mt7,13-14 ; Lc21,12-19). Ainsi « le Maître ne cache pas à ses disciples la perspective d’une telle souffrance. Au contraire, il la révèle très franchement tout en annonçant les forces surnaturelles qui les accompagneront au milieu des tribulations subies ». En même temps il annonce que ces persécutions seront « comme un test particulier de ressemblance au Christ et d’union avec lui ». Ce premier chapitre de l’Evangile de la souffrance est donc à la fois une claire annonce des épreuves et notamment des persécutions à venir (2Tim3,12) et « un appel particulier au courage et à la force » puis que le Christ « a vaincu ce monde par la souffrance ».
22.Dans la suite (SD26) : Cette expérience de la souffrance ne s’arrête pas seulement aux premiers disciples et aux premiers siècles. En effet, l’Eglise a expérimenté depuis que « dans la souffrance se cache une force particulière qui rapproche intérieurement l’homme du Christ ». On peut même dire qu’il même dire qu’il « y trouve comme une nouvelle dimension de toute sa vie et de sa vocation personnelle. Cette découverte confirme particulièrement la grandeur spirituelle qui dans l’homme dépasse le corps d’une manière absolument incomparable. » Encore une fois, on comprend que le Christ s’approche particulièrement de nous lorsque nous souffrons et réciproquement (« dans cet admirable échange… »). Ainsi dans les racines mêmes du mal se trouve le bien. Et c’est bien en cela que consiste le Salut. Cela est rendu possible par le fait que le Christ, Dieu lui-même est venu habiter la souffrance de l’intérieur. Ainsi en définitive la réponse totale à la question du sens de la souffrance ne s’énonce pas, elle s’éprouve.
23.La puissance de la souffrance (SD27) : En définitive, on y trouve même la joie et la paix spirituelles. La souffrance n’est plus un fardeau inutile, mais porte un fruit inégalé pour celui qui souffre et pour le monde. Elle en devient la source de la force et de la puissance surnaturelle de l’Eglise.
24.Le prochain (SD28) : La parabole du bon samaritain occupe une place toute particulière dans l’Evangile de la souffrance. Dans cette parabole, Jésus explique qui est le prochain. « Le Bon samaritain est toute personne sensible à la souffrance d’autrui, la personne qui s’émeut du malheur de son prochain ». L’émotion joue toute sa place, c’est pourquoi il faut soigner cette sensibilité du cœur. Mais le Samaritain ne s’arrête pas à ce sentiment, il le traduit en actes, ainsi que « tout homme qui porte secours à des souffrances ».
25.La compassion (SD29) : Dans la souffrance « se trouve également [le moyen] pour libérer dans l’homme ses capacités d’aimer, très précisément ce don désintéressé du propre « moi » au profit d’autrui. Le monde de la souffrance humaine ne cesse d’appeler le monde l’amour humain ». C’est la compassion, l’élan spontané qu’exprime avec force le cœur de l’homme devant la souffrance de l’autre qui permet cela, ainsi que montré dans la parabole. L’homme doit donc « se sentir comme appelé à titre vraiment personnel à être le témoin de l’amour dans la souffrance ».
26.Un rôle actif (SD30) : « L’évangile est la négation de la passivité en face de la souffrance ». Ainsi Jésus passe-t-il son temps à agir pour le bien de ceux qui souffrent. Ultimement, on pense au discours sur le jugement dernier de Mt25,34-36.
« Dans le programme messianique du Christ, qui est le programme du Royaume de Dieu, la souffrance est présente dans le monde pour libérer l’amour, pour faire naître des œuvre d’amour à l’égard du prochain, pour transformer toute la civilisation humaine en « civilisation de l’amour ». » (SD31)