(Cet enseignement s’inscrit dans un diptyque : il trouve son prolongement dans un second enseignement intitulé L’Église : l’amour comme vocation)
Petit exercice : pour moi, quand est née l’Église ?
Nous avons pu méditer ensemble [ndlr : lors d'un temps d'adoration] devant l’icône de la Trinité de Roublev, qui était la meilleure des introductions possibles pour entrer dans notre parcours sur l’Église. On a pu comprendre, lors de cette contemplation, que la Sainte Trinité, c’est un acte : aimer (tout donner). La Sainte Trinité, c’est aussi un lieu : celui qui nous appelle.
Or la réalité que la Trinité a suscité dans le créé pour que nous vivions par elle et en elle, c’est l’Église. L’Église est le projet de Dieu pour le monde, elle le révèle « en lui-même » ainsi que « le mystère de sa volonté ».
Dei Verbum (DV) 2 : « Il a plu à Dieu dans sa bonté et sa sagesse de se révéler en personne et de faire connaître le mystère de sa volonté (cf. Ep 1, 9) grâce auquel les hommes, par le Christ, le Verbe fait chair, accèdent dans l’Esprit Saint, auprès du Père et sont rendus participants de la nature divine (cf. Ep 2, 18 ; 2 P 1, 4). »
Dieu Trinité se révèle donc à nous, aux hommes, il entre dans l’histoire des hommes, de façon très claire et concrète, pour que nous vivions de sa vie, de sa joie et de son amour. Le moyen que dans sa sagesse et son amour il a préparé pour cela s’appelle l’Église. Tout comme sa révélation, l’Église est complètement historique, elle fait partie de notre histoire, elle a bien un point d’insertion dans l’histoire : on peut parler de naissance de l’Église. Et en même temps, elle est la révélation de quelque chose de supra-historique – d’ailleurs elle n’a pas de fin historique, on le verra. En fait, elle est l’actualisation historique, dans l’histoire, d’un fait suprahistorique : l’amour infini de Dieu. C’est pour ça qu’on a tjs tant de mal à situer précisément une « date de naissance » de l’Église, comme on a du mal à situer « le moment » de l’envoi de l’Esprit aux hommes.
Néanmoins, s’il y a un moment-clé où l’amour de Dieu est tout donné, entièrement révélé aux hommes, c’est bien sur la croix.
Jn 19; 30 : Quand il eut pris le vinaigre, Jésus dit : « Tout est accompli. » Puis, inclinant la tête, il remit l’esprit.
Jn 19, 33-34 : Quand ils arrivèrent à Jésus, voyant qu’il était déjà mort, ils ne lui brisèrent pas les jambes, mais un des soldats avec sa lance lui perça le côté ; et aussitôt, il en sortit du sang et de l’eau.
L'ouverture du Cœur de Jésus est concomittante au rideau du temple déchiré immédiatement, au moment de la mort du Christ (Mc 15,38).
Le sommet de la révélation se fait lors de l’ouverture du Cœur du Christ sur la croix (Jn 19, 34-35). C’est pour cela que l’Église jaillit à ce moment-là. Désormais, plus rien n’est caché, Dieu s’est entièrement donné, révélé, livré. L’Amour est remis aux hommes. c’est de cela que l’ouverture du rideau du temple est l’image.
« La parole intensifiée au maximum dans le cri, et devenue inarticulée, déchire en s’éteignant la cloison suprême, son propre cœur et – comme un symbole – le rideau entre Dieu et l’homme […] en cette mort s’ouvrent [pour les hommes…] les suprêmes réalités de Dieu »
En cette mort s’ouvrent les suprêmes réalités de Dieu, c’est cela l’Église : l’ouverture des suprêmes réalités de Dieu aux hommes.
C’est pour ça que le concile Vatican II dit que « c’est du côté du Christ endormi sur la croix qu’est né "l’admirable sacrement de l’Église tout entière" » (Sacrosanctum Concilium, n°5).
Reprenons le texte de Jn 19 pour bien le comprendre :
30 Quand il eut pris le vinaigre, Jésus dit : « Tout est accompli. » Puis, inclinant la tête, il remit l’esprit.
31 Comme c’était le jour de la Préparation (c’est-à-dire le vendredi), il ne fallait pas laisser les corps en croix durant le sabbat, d’autant plus que ce sabbat était le grand jour de la Pâque. Aussi les Juifs demandèrent à Pilate qu’on enlève les corps après leur avoir brisé les jambes.
32 Les soldats allèrent donc briser les jambes du premier, puis de l’autre homme crucifié avec Jésus.
33 Quand ils arrivèrent à Jésus, voyant qu’il était déjà mort, ils ne lui brisèrent pas les jambes,
34 mais un des soldats avec sa lance lui perça le côté ; et aussitôt, il en sortit du sang et de l’eau.
35 Celui qui a vu rend témoignage, et son témoignage est véridique ; et celui-là sait qu’il dit vrai afin que vous aussi, vous croyiez.
36 Cela, en effet, arriva pour que s’accomplisse l’Écriture : Aucun de ses os ne sera brisé.
37 Un autre passage de l’Écriture dit encore : Ils lèveront les yeux vers celui qu’ils ont transpercé.
Dans cet épisode de la transfixion, trois éléments nous permettent de lire la naissance de l’Église.
On veut bien comprendre que toute la révélation trinitaire et toute l’invitation à vivre en elle et par elle passe par le Christ, Dieu fait homme ! Il reste néanmoins assez étonnant que l’acte qui donne naissance à l’Église soit un acte du Christ mort.
Est-ce que quelqu’un qui est tiré du côté d’un homme entièrement passif, ça vous dit quelque chose ?
Gn 2, 21 : Alors le Seigneur Dieu fit tomber sur lui un sommeil mystérieux, et l’homme s’endormit. Le Seigneur Dieu prit une de ses côtes, puis il referma la chair à sa place.
22 Avec la côte qu’il avait prise à l’homme, il façonna une femme et il l’amena vers l’homme.
23 L’homme dit alors : « Cette fois-ci, voilà l’os de mes os et la chair de ma chair ! »
On peut comprendre un peu la naissance de l’Église du côté du Christ endormi sur la croix en contemplant la naissance d’Ève, tirée du côté d’Adam qui sommeille mystérieusement. Mystère = μυστήριον / mysterion = sacrement. Le texte annonce par ce simple mot qu’un signe efficace exprimant une réalité invisible est donné ici pour que le monde vive en Dieu. Dès l’Ancien Testament donc.
Or, que se passe-t-il ?
Adam est dépris de sa substance même (de sa propre chair) pour donner naissance à une "autre", qui à la fois est véritablement "autre", mais est aussi véritablement "comme lui", "l'aide qui lui est assortie", "la chair de sa chair". De même, l’Église tirée du côté du Christ endormi sur la croix lui est à la fois tout autre et véritablement « comme lui », « chair de sa chair ».
En entendant le cri d’émerveillement d’Adam devant Ève, entendons le cri d’amour du Christ pour l’Église – c’est-à-dire pour vous et moi, ensemble tournés vers lui, investis de la responsabilité d’être sa continuité dans le monde. « Voici la chair de ma chair, l’os de mes os ! »
Cette comparaison dit autre chose de l’Église : l’engendrement de celui qui est de la même substance et en même temps tout autre, c’est une image trinitaire. Une image de l’engendrement divin du Fils par le Père, où le Père remet toute sa divinité. L’Église qui naît du côté du Christ, c’est vraiment une livraison trinitaire. Nous comprenons aussi que l’unité de l’Église au Christ et à la Trinité sainte n’est pas seulement quelque chose vers lequel il faut tendre, mais c’est ce qui constitue l’Église, qui la définit, qui fonde son être. C’est ce qu’elle est.
Et de cette unité de l’Église au Christ dont elle est tirée comme l’épouse de l’époux, jaillit la fécondité.
Paul, en Ep 5, revient sur cette considération de l’Église-épouse. Comprenons qu’il ne se l’est pas seulement unie comme a posteriori, mais qu’elle est par nature même une seule chair avec lui. Ste Jeanne d’Arc disait : « M’est avis que du Christ et de l’Église, c’est tout un ». Est-ce que nous regardons, pensons et parlons de l’Église comme nous contemplons, pensons et parlons du Cœur de Jésus ?
Ambroise de Milan, Traité sur l’Évangile de Luc, livre I,85-89
L'Apôtre vient en aide à mon embarras, et ce dont je ne comprenais pas, moi, le sens « c'est l'os de mes os et la chair de ma chair, et celle-ci sera appelée femme parce qu'elle a été prise de son homme » (Gn 2,23), il me l'a révélé dans l'Esprit Saint en disant : « C'est là un grand mystère. » Quel mystère ? « C'est qu'à deux ils ne seront qu'une chair, et que l'homme quittera son père et sa mère pour s'attacher à sa femme », et « parce que nous sommes membres de son corps, faits de sa chair et de ses os » (Ép 5,30-32). Qui est cet homme pour qui la femme doit quitter ses parents ? L'Église a quitté ses parents, elle a rassemblé des peuples […], à qui il est dit prophétiquement : « Oublie ton peuple et la demeure de ton père » (Ps. 44,11). Pour quel homme ? Ne serait-ce pas pour Celui dont Jean a dit : « Après moi vient un homme qui a passé devant moi » (Jn 1,30) ?
De son côté, comme II dormait, Dieu a pris une côte ; car c'est lui « qui a dormi, qui s'est reposé et qui s'est relevé parce que le Seigneur l'a recueilli » (Ps. 3, 6). Quelle est sa côte sinon sa puissance ? Car c'est au moment même où le soldat ouvrit son côté que soudain sortit l'eau et le sang qui fut répandu pour la vie du monde ( Jn 19,34). Cette vie du monde est la côte du Christ, c'est la côte du second Adam ; […] le dernier Adam, c'est le Christ, la côte du Christ, c'est la vie de l'Église. Nous sommes donc « membres de son corps, faits de sa chair et de ses os » (Ép 5,30). […] La mère des vivants, c'est donc l'Église que Dieu a construite ayant pour pierre d'angle le Christ Jésus lui-même, en qui tout l'édifice est appareillé et s'élève pour former un temple (Ep2,20).
Que Dieu vienne donc ; qu'il construise la femme : l'autre comme aide d'Adam, celle-ci pour le Christ : non pas que le Christ réclame un auxiliaire, mais parce que nous désirons, nous, et cherchons à parvenir à la grâce du Christ par l'Église. Maintenant encore elle se construit, maintenant encore elle se forme, maintenant encore la femme est façonnée, maintenant encore elle est créée. […] Maintenant encore la maison spirituelle s'élève pour un sacerdoce saint (I Pierre, II, 5). Venez, Seigneur Dieu, construisez cette femme, construisez la cité. […] Voici la femme, mère de tous, voici la demeure spirituelle, voici la cité qui vit à jamais, car elle ne saurait mourir : c'est bien elle la cité de Jérusalem.
Lumen Gentium 3 : "Le commencement et la croissance de l’Église sont signifiés par le sang et l’eau sortant du côté ouvert de Jésus crucifié "
Le concile nous laisse avec ça, ce qui est bien gentil mais ne nous explique pas forcément pourquoi le sang et l’eau signifient l’Église. Le don de la vie : l’eau comme le sang sont tous deux avant tout signes du don de la vie. Sans eau, pas de vie ; sans sang, pas de vie. La vie, la vraie vie – donc la vie divine, source de toute vie – est donnée lors de l’ouverture du Cœur de Jésus. Il l’avait annoncé en Jn 7,37.
Jésus, debout, s’écria : « Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi, et qu’il boive, celui qui croit en moi ! Comme dit l’Écriture : De son cœur couleront des fleuves d’eau vive. »
Situer la naissance de l’Église lors de cet événement-là, c’est donc bien reconnaître que l’Église est le moyen par lequel Dieu Trinité donne sa vie au monde, nous donne de vivre en lui. En outre, le Cœur de Jésus est notre lieu, notre finalité, notre demeure, notre écosystème. C’est encore Jean qui nous le dit, de façon voilée dans ces 2-3 versets.
Jn 1,37 : Les deux disciples entendirent ce qu’il disait, et ils suivirent Jésus.
38 Se retournant, Jésus vit qu’ils le suivaient, et leur dit : « Que cherchez-vous ? » Ils lui répondirent : « Rabbi – ce qui veut dire : Maître –, où demeures-tu ? »
39 Il leur dit : « Venez, et vous verrez. » Ils allèrent donc, ils virent où il demeurait, et ils restèrent auprès de lui ce jour-là. C’était vers la dixième heure (environ quatre heures de l’après-midi).
« Que cherchez-vous ? » La question universelle, celle de toute l’humanité. Qu’est-ce que je cherche ? Pourquoi je suis là ? Les deux hommes ont ici pressenti que Jésus apporte une réponse. Mais Jésus les amène encore plus loin – ils ne le comprendront que plus tard. En effet, ce n’est pas un hasard si l’évangéliste conclut le passage en précisant que c’était la dixième heure, juste après avoir évoqué le fait que les disciples demeurent avec Jésus. Vous savez que les Évangiles précisent que Jésus est mort à la neuvième heure. Le Cœur de Jésus a donc été ouvert à la dixième heure, ou on peut le supposer. C’est dans le Cœur de Jésus qui est la demeure des hommes, le lieu qu’ils cherchent.
L’Église née de ce cœur est la concrétisation dans le créé de ce lieu qui est notre lieu de vie. D’ailleurs, c’est très concret. Les gens qui entrent dans les églises.
Par ailleurs, on le sait, le sang et l’eau symbolisent les deux sacrements principaux par lesquels Dieu fonde et fait croître son Église : le baptême – signifié par l’eau ; et l’Eucharistie – signifiée par le sang. Voilà pourquoi le Catéchisme enseigne que l’Église « est née principalement du don total du Christ pour notre salut, anticipé dans l’institution de l’Eucharistie et réalisé sur la Croix » (CEC §766).
On sait que l’Église est, selon Lumen Gentium 1 « en quelque sorte le sacrement, c’est-à-dire le signe et l’instrument de l’union intime avec Dieu ».
Elle est sacrement parce qu’elle est à la fois le signe et le moyen de l’amour de Dieu donné aux hommes et de son projet pour eux, tout au long de leur vie, de leur histoire, de leur cheminement. L’Église née du Cœur de Jésus, ce n’est pas un cadre rigide, une institution fixe c’est un écoulement, une foison de vie, qui abreuve et vivifie au long cours, de façon dynamique.
Ce projet est l’unité des hommes avec Dieu trinité et entre eux. Lumen Gentium 1 dit aussi que l’Église est le sacrement « de l’unité de tout le genre humain ». On en reparlera demain, mais ici comprenons ceci : cet aspect de l’Église comme rassemblement des peuples est aussi annoncé et accompli lors de la transfixion.
En effet, Jésus l’a annoncé : la croix est le lieu du rassemblement de l’humanité « et moi, quand j’aurai été élevé de terre, j’attirerai à moi tous les hommes » (Jn 12,32). Ce « rassemblement » est déjà préfiguré par ceux qui sont au pied de la croix : Marie, la Mère – dont le consentement participe aussi de l’enfantement de l’Église ; Jean, archétype du disciple, et les autres femmes. Mais au pied de la croix, il y a aussi toutes les nations païennes, représentés par les romains. On a même un païen en particulier qui se convertit directement et en cela atteste de la naissance de l’Église dans son universalité : il est adjoint à la communauté qui confesse que Jésus est le Fils de Dieu. « Le centurion qui était là en face de Jésus, voyant comment il avait expiré, déclara : "Vraiment, cet homme était Fils de Dieu !" » (Mc 15,38) – conversion fulgurante de celui qui, selon la Tradition, a ouvert le Cœur avec sa lance, qui a peut-être pris directement l’eau du baptême sur la tête . Immédiatement « happé » par le Cœur et tout de suite uni aux disciples.
Or, quand Jn 19,37 conclut le récit de la transfixion, il cite « Un autre passage de l’Écriture[…] : Ils lèveront les yeux vers celui qu’ils ont transpercé ». Ce verset est tiré de Za 12,10 :
Je répandrai sur la maison de David et sur les habitants de Jérusalem un esprit de grâce et de supplication. Ils regarderont vers moi. Celui qu’ils ont transpercé, ils feront une lamentation sur lui, comme on se lamente sur un fils unique ; ils pleureront sur lui amèrement, comme on pleure sur un premier-né.
Il est important de noter le pluriel, la communauté qui est indiquée dans ce verset « maison de David ». Ce regard commun, levé et contrit, qui permet le rachat de nos péchés et la réconciliation avec Dieu, qui fait de nous un peuple est en fait dirigé vers le Cœur de Jésus. Plus exactement, il n’est pas dirigé vers lui, c’est ce que Jn 12 nous dit : il est attiré vers lui. Par la convergence de nos regards, nous sommes unis, réunis par le Cœur de Jésus qui est l’unique principe de notre communion.
Et précisément, nous sommes ici en WE de la communauté de l’Emmanuel. Permettez-moi de conclure ici dans une transition opportune avec la suite. Si la communauté de l’Emmanuel a une vocation en particulier, c’est celle de l’adoration eucharistique, qui consiste tout simplement à lever les yeux vers le Cœur transpercé de Jésus. Quand nous vivons cette grâce à laquelle nous sommes particulièrement appelés en tant que communauté de l’Emmanuel, nous renouvelons l’Église, nous la revivifions, nous la reformons. Par notre contrition/conversion, comme dans Za, et par la puissance même de ce Cœur.
Par ailleurs, c’est de ce Cœur que jaillit l’Esprit (eau) qui vivifie l’Église. Le père H. nous rappelait en paroisse les lieux pour recevoir l’Esprit – il disait l’Église – je me permets d’approfondir : et en particulier dans la proximité avec l’Eucharistie, qui fait l’Église. Le théologien Henri de Lubac le formulait efficacement : « c’est l’Église qui fait l’Eucharistie, mais c’est aussi l’Eucharistie qui fait l’Église ». Tout simplement parce que l’Eucharistie, c’est l’actualisation de l’ouverture du Cœur de Jésus. Autrement dit l’Eucharistie est l’ouverture, ici et maintenant, du Cœur de Jésus pour que toute l’humanité puisse pénétrer et demeurer dans le mystère divin. Par la messe ou par l’adoration eucharistique, nous contribuons donc à la construction et à la sanctification de l’Église. C’est une immense grâce, et une immense responsabilité à laquelle nous ne pouvons pas déroger. C’est une question de vie ou de mort.
En fait, et je le dis d’abord pour moi, nous négligeons cet appel du Seigneur à lever les yeux vers son Cœur ouvert. C’est vraiment un point de conversion urgent : renouveler notre grâce d’adoration. C’est notre place dans l’Église et c’est ainsi que nous pourrons la sanctifier. On en reparlera demain, mais je laisse à votre méditation ce texte de Marguerite-Marie Alacoque :
Lettre LXXXIX à la mère de Saumaise, juillet 1688
Il faut pour cela que ce Cœur sacré soit la vie qui nous anime, son amour notre exercice continuel, qui seul nous peut unir à Dieu, pour aider par prières et bons exemples la sainte Église et le salut du prochain. Et pour cela, nous prierons dans le Cœur et par le Cœur de Jésus, qui se veut rendre derechef médiateur entre Dieu et les hommes. Nos bons exemples seront de vivre conformément aux saintes maximes et vertus de ce divin Cœur et nous aiderons au salut du prochain, en leur distribuant cette sainte dévotion. Nous tâcherons de répandre la bonne odeur du sacré Cœur de Jésus-Christ dans celui des fidèles, afin que nous soyons la joie et la couronne de cet aimable Cœur.
Dans le topo de demain, nous verrons comment « son amour » peut être « notre exercice continuel ».