Deux réserves sur cet enseignement, pour une reprise future : (1) n'insiste pas sur le fait que Dieu a choisi librement la Croix pour nous sauver et nous montrer son amour (a. Révélation d'amour, b. Choix libre, on devrait notamment présenter autrement, dans cette perspective, la deuxième partie, notamment scripturaire), (2) pas de mention de la théologie de la substitution.
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Avant tout : très misérable pour parler d’un tel sujet.
Fatigué, peur d’être pas clair, dites-le.
Beaucoup de citations, pas redondant : montrer que tout se cristallise là-dessus.
Trois objectifs : (1) comprendre le caractère central, (2) voir tout ce qu’il y a à tenir, (3) essayer de comprendre comment tout ça s’agence.
Normalement vous allez finir avec plus de questions que nous n’en avez maintenant. => CEC
On commence par deux éléments évidents. Pas satisfaisant intellectuellement, mais tout est là. C’est pour ça qu’on repasse par là, même si c’est des choses qu’on sait tous.
(1) Ca veut dire qu’il s’est trouvé des gens pour poser cet acte à un certain moment.
Historicité, réalité de l’évènement qui est concrètement advenu. Jésus est bel et bien mort.
(2) Voir plus loin que cette seule cause directe. Ce qui cause la Passion et la Mort du Christ c’est notre péché, donc nous.
« Tenant compte du fait que nos péchés atteignent le Christ Lui-même (cf. Mt 25, 45 ; Ac 9, 4-5), l’Église n’hésite pas à imputer aux chrétiens la responsabilité la plus grave dans le supplice de Jésus. » (CEC598)
« Et les démons, ce ne sont pas eux qui L’ont crucifié ; c’est toi qui avec eux L’as crucifié et Le crucifies encore, en te délectant dans les vices et les péchés » (S. François d’Assise)
Deux choses : un évènement historique, quelque chose que j’ai causé. Donc je participe à cet évènement.
En quoi est-ce que mon péché cause la mort de Jésus ? Parce que Jésus est mort pour nous sauver du péché. Tout est là.
Point évident, qu’on a profondément ancré en nous à force de l’entendre mais qui dit tout.
On s’en fiche de pas comprendre.
En même temps pas très satisfaisant. Comment on sait ça ? Qu’est-ce qui nous fait dire ça ?
C’est simple : toute l’Ecriture le proclame.
(1 P 1, 18) " Ce n'est pas avec de l'or ou de l'argent corruptible que vous avez été rachetés des vaines pratiques que vous teniez de vos pères, mais par le sang précieux du Christ, comme d'un agneau sans tache et sans souillure."
Ap1, 5 : "Il nous a aimés et il nous a lavés de nos péchés dans son sang."
(He10, 14) : "Par une seule oblation il a rendu parfaits pour toujours ceux qui ont été sanctifiés."
« Le Christ Jésus, lui qui est devenu pour nous sagesse venant de Dieu, justice, sanctification, rédemption. » (1Co1,30)
« En nul autre que lui, il n’y a de salut, car, sous le ciel, aucun autre nom n’est donné aux hommes, qui puisse nous sauver. » (Ac4,12)
« Voyant Jésus venir vers lui, Jean déclara : « Voici l’Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde » » (Jn1,29)
« Le Christ nous a aimés et s’est livré lui-même pour nous, s’offrant en sacrifice à Dieu, comme un parfum d’agréable odeur. » (Eph5,2)
« La justification nous a été méritée par la Passion du Christ. » (CEC 1992)
Est-ce que Dieu aurait pu faire autrement ?
Réponse : « Non, la main de l’Éternel n’est pas trop courte pour sauver, ni son oreille trop dure pour entendre. » (Isaïe59,1). En gros : « A Dieu rien n’est impossible » (Luc1,37)
Donc : « A parler simplement et absolument, il était possible que Dieu délivre l'homme par un autre moyen que la passion du Christ. » (STA) Donc pas une question.
Très important pour préserver liberté de Jésus, élément crucial comme on va le voir.
« Penses-tu que je ne puisse pas invoquer mon Père, qui me donnerait à l’instant plus de douze légions d’anges ? » (Mt26,53)
Mais suite du verset :
« Mais ce sont vos crimes qui mettent une séparation entre vous et votre Dieu; ce sont vos péchés qui vous cachent Sa Face et l’empêchent de vous écouter. » (Isaïe 59,2)
Donc question aussi : comment nous aider à nous tourner.
En fait deux questions dans le Salut. Un, est-ce que la porte du Salut nous est ouverte, deux, est-ce que nous nous engouffrons dans l’ouverture.
D’où rédemption objective (Dieu) et rédemption subjective (moi).
Dieu, moi, relation… Finalement, question n’est pas « est-ce qu’il pouvait faire autrement ? » mais plutôt : « quel était le meilleur moyen qui prenne compte de tout ça ? ».
On va voir qu’en fait dans ce sens, c’était le meilleur moyen. Donc « il fallait » (sens théologique) que ça se passe comme ça.
En tout cas, projet de Dieu.
« La mort violent de Jésus n’a pas été les fruits du hasard dans un concours de circonstances malheureux. Elle appartient au mystère du dessein de Dieu. » (CEC599)
Du coup d’une certaine façon, on se met à parler d’une nécessité :
"Si le calice ne peut pas passer loin de lui sans qu'il le boive, c'est parce que nous ne pouvons être rachetés que par sa passion." (Saint Hilaire)
Au-delà de Dieu est Dieu, respect de ce qu’il est, de l’homme (liberté, dignité…) où on cherche le meilleur, deux autres éléments.
Charité/miséricorde (ça pas trop de problème)
Justice, qui doit être respectée, parce que c’est l’ordre du monde institué par Dieu. La justice, c’est l’ordre de Dieu. Charité dépasse justice mais remplace pas (la miséricorde ne remplace pas la justice, elle la suppose et la perfectionne).
A garder en tête pour la suite.
En même temps Dieu n’est pas soumis à la justice puisqu’il en est la norme (STA)
Donc on se demande non si Dieu pouvait faire autrement, mais si c’était le meilleur moyen.
Premier argument, c’est le meilleur moyen parce que Dieu l’a décidé. Dit d’une autre façon : il fallait que ça se passe comme ça parce que c’est ce qu’annonce l’Ecriture. Il fallait que cela se passe comme ça pour que l’Ecriture s’accomplisse, pour que le dessin annoncé de Dieu s’accomplisse.
Pas compliqué : toute l’Ecriture et l’Ancien Testament n’annonce que ça. Avec une précision surprenante parfois.
Chant du Serviteur souffrant
Isaïe (53, 12) : "Il a été compté parmi les criminels."
Isaïe (52, 13) "Voici que mon serviteur prospérera et grandira, il sera exalté et souverainement élevé. De même, beaucoup ont été dans la stupeur en le voyant, car son apparence était sans gloire parmi les hommes, et son aspect parmi les fils des hommes."
Isaïe 53,1 : « Il s’est élevé comme un faible arbrisseau ; il n’avait ni forme ni beauté pour attirer nos regards, ni apparence pour exciter notre amour. Il était méprisé et abandonné des hommes, homme de douleur et familier de la souffrance. »
Idem : « Nous le regardions comme un puni, frappé par Dieu et humilié. Lais lui, il a été transpercé à cause de nos péchés. »
Idem : « On la maltraite, il se soumet et n’ouvre pas la bouche, semblable à l’agneau qu’on mène à l’abattoir, il n’ouvre point la bouche. »
Idem « On lui a donné son sépulcre avec les méchants [crucifixion avec les bandits] et dans sa mort il est avec le riche [tombeau]
Psaumes
Ps68,22 « quand j’avais soif ils m’ont donné du vinaigre. »
Ps21 : « Et moi je suis un ver, pas un homme, raillé par les gens, rejeté par le peuple. Tous ceux qui me voient me bafouent, ils ricanent et hochent la tête : « ils comptaient sur le Seigneur : qu’il le délivre ! Qu’il le sauve, puisqu’il est son ami ! »
Idem « Ils me percent les mains et les pieds, je peux compter tous mes os [on ne lui a pas brisé les jambes] ils partagent entre eux mon habit et tirent au sort mon vêtement
Les préfigurations
Pâque juive
Isaac sur la Morria
Jésus l'annonce
« Il faut que le Fils de l’Homme souffre beaucoup » etc…
(Jn 12, 24) " Si le grain de froment tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s'il meurt il porte beaucoup de fruit."
(Jn 12, 32) : "Moi, lorsque j'aurai été élevé de terre, j'attirerai tout à moi."
Aspect très important : accomplissement du plan de Salut arrêté par Dieu depuis l’éternité. Voilà pourquoi si important que « l’Ecriture s’accomplisse ». Matthieu le répète tout le temps. Jésus meurt en disant « tout est accompli » ou « Lama sabactani » (expliquer).
Du coup meilleur moyen parce que Dieu en avait décidé ainsi. On est un peu sur notre faim. Alors pourquoi « pour guérir notre misère, il n'y avait pas de moyen plus adapté que la passion du Christ » (Saint Augustin) ?
Quelques éléments clés donnés par Saint Thomas qui dit que « Il y a beaucoup d’avantages à ce moyen. »
1) Aide à la rédemption subjective en fait. Preuve de l’amour.
« L'homme connaît combien Dieu l'aime et par là il est provoqué à l'aimer, et c'est en cet amour que consiste la perfection du salut de l'homme. Aussi S. Paul dit-il (Rm 5, 8) : "La preuve que Dieu nous aime, c'est que le Christ, alors que nous étions encore pécheurs, est mort pour nous." ».
2) Idem. Exemple sur « comment avoir la rédemption »
« Par la passion, le Christ nous a donné l'exemple de l'obéissance, de l'humilité, de la constance, de la justice et des autres vertus nécessaires au salut de l'homme. Comme dit S. Pierre (1 P 2, 21) : "Le Christ a souffert pour nous, nous laissant un modèle afin que nous suivions ses traces." »
3) Incomparable dignité de l’homme qui est rendu acteur du Salut
« La Passion a conféré à l'homme une plus haute dignité : vaincu et trompé par le diable, l'homme devait le vaincre à son tour, ayant mérité la mort, il devait aussi, en mourant, la dominer elle-même, et S. Paul nous dit (1 Co 15, 57) : "Rendons grâce à Dieu qui nous a donné la victoire par Jésus Christ." »
4) Manifestation de la puissance de l’amour, donc de la Nature Divine. Pas un bras de fer, un no match
« Il convenait aussi, pour vaincre l'orgueil du diable " qui fuit la justice et recherche la puissance", que le Christ " vainque le démon et libère l'homme, non par la seule puissance de la divinité, mais aussi par la justice et l'humilité de sa passion", remarque S. Augustin. »
Donc moyen de salut qui a pleinement déployé la puissance et la grandeur de l’Amour de Dieu, de la dignité humaine, un secours et un exemple pour notre salut et notre propre sainteté… Justice et Charité aussi dans la boucle, on en reparlera.
Pères parlent même de pourquoi la Croix plutôt qu’autre chose. Trouvent plein de raison, de symboles, de références par exemple (STA)
« Ce genre de mort répond à de très nombreuses préfigurations. Comme dit S. Augustin : "Une arche de bois a sauvé le genre humain du déluge. Lorsque le peuple de Dieu quittait l'Égypte, Moïse a divisé la mer à l'aide d'un bâton et, terrassant ainsi le pharaon, il a racheté le peuple de Dieu. Ce même bâton, Moïse l'a plongé dans une eau amère qu'il a rendue douce. Et c'est encore avec un bâton que Moïse a fait jaillir du rocher préfiguratif une eau salutaire. Pour vaincre Amalec, Moïse tenait les mains étendues sur son bâton. La loi de Dieu était confiée à l'arche d'Alliance, qui était en bois. Par là tous étaient, comme par degrés, amenés au bois de la croix." »
Pourtant parfois on dit que c’est en s’incarnant que Dieu nous a sauvés. Alors opposition ? Incarnation ou Passion ?
Evidemment les deux ensembles. La Passion est la fin de l’Incarnation et la Passion ne prend son sens que dans l’Incarnation.
« La mort violent de Jésus n’a pas été les fruits du hasard dans un concours de circonstances malheureux. Elle appartient au mystère du dessein de Dieu. » (CEC599)
Evidemment sommes aussi sauvés par la vie sainte de Jésus, sa vertu, son amour…
La clé de voute de la Passion, c’est l’union profonde des deux natures humaine et divine dans la personne de Jésus.
Pourquoi ? « Admirable échange »
Version courte :
"La divinité du Christ a permis à sa chair de faire et de souffrir ce qui lui était propre." (S. Jean Damascène)
« Au même titre, la jouissance qui était propre à l'âme du Christ en tant que bienheureuse n'a pas été empêchée par sa passion. » (STA)
Version longue
« Les propriétés de l’une et l’autre nature étant sauvegardées et se rencontrant en une seule personne, la majesté a pris l’humilité, la force a pris la faiblesse, l’éternité la condition mortelle. Pour payer la dette de notre condition, la nature invulnérable s’est unie à la nature capable de souffrir. Ainsi comme il le fallait pour nous guérir, « un seul et même médiateur entre Dieu et les hommes, l’homme Jésus Christ » (1Tm2,5) put, d’une part, mourir, et, de l’autre, ne pas mourir. C’est donc avec la nature totale et parfaite d’un homme véritable que Dieu est né, totalement dans sa nature, totalement dans la nôtre. » (Saint Léon le Grand, 441)
C’est en tant qu’homme et parce qu’il est Dieu que Jésus nous sauve.
On voit qu’il y a une espèce de synthèse de tout. En fait moment décisif, crucial de l’Histoire de l’Humanité dans lequel on retrouve tout. (Vie père Emmanuel Roberge) On en parle très rapidement.
"Deux bandits furent crucifiés, l'un à sa droite, l'autre à sa gauche, pour que même le spectacle du gibet montre la séparation qui sera opérée entre tous les hommes au jour du jugement par le Christ". Saint Léon
Evidemment synthèse puisque salut de tous
Moment clé de la Nouvelle Alliance.
« Il institue la Pâques Nouvelle où l’Eglise l’immole lui-même par les prêtres sous des signes visibles. » (Concile de Trente, 1551)
Annonce déjà la Création Nouvelle (6ème jour)
Et encore : « Il est à la fois l’autel, le prêtre et la victime » (prière eucharistique)
Manifestation pleine de la gloire de Dieu, du Salut de l’homme… D’ailleurs silence de Jésus. Espèce de retrait respectueux, respect infini de la liberté de l’homme… Surtout ne rien altérer. Pleine liberté se déploie… Mais aussi celle des homes.
Une seule chose à retenir : Jésus a vraiment souffert et il est vraiment mort. Il a souffert comme tous nous souffrons.
Souffrance physique mais pas seulement. Morale aussi (abandon, insultes, conscience de porter le péché du monde entier, d’être le Fils de Dieu…) STA parle de la plus grande souffrance possible et détaille.
On voit l’importance de l’incarnation.
"La divinité du Christ a permis à sa chair de faire et de souffrir ce qui lui était propre." (Saint Jean Damascène)
Pourquoi important ? Parce qu’ainsi me rejoint vraiment et triomphe directement du mal.
« Le bienfait que me procure la Passion du Seigneur eût été moindre s’il n’avait pris mes sentiments. » (Saint Ambroise)
« Il devait donc aussi prendre la douleur, afin de triompher de la tristesse et non de l’écarter. » (Saint Ambroise)
Point extrêmement important. D’abord tout le monde est sauvé par ça. S’applique à tous, tout le temps, « suffisant » pour sauver tout le monde.
(He10, 14) : "Par une seule oblation il a rendu parfaits pour toujours ceux qui ont été sanctifiés."
« Et c’est grâce à cette volonté que nous sommes sanctifiés, par l’offrande que Jésus Christ a faite de son corps, une fois pour toutes. » He10,10
« En effet, il n’y a qu’un seul Dieu ; il n’y a aussi qu’un seul médiateur entre Dieu et les hommes : un homme, le Christ Jésus, qui s’est donné lui-même en rançon pour tous. » (1Tm2,5-6)
« Mais Dieu vous a donné la vie avec le Christ : il nous a surabondamment fait remise de toutes nos fautes. » (Col2,13)
« Sa mort fut un mort au péché, une fois pour toutes. » (Ro8,10)
Plus fort encore : pas juste que tous peuvent être sauvés par ça, c’est que c’est le seul moyen.
« Ce Jésus est la pierre méprisée de vous, les bâtisseurs, mais devenue la pierre d’angle. En nul autre que lui, il n’y a de salut, car, sous le ciel, aucun autre nom n’est donné aux hommes, qui puisse nous sauver. » (Ac4,12)
« Toujours il nous faudra souvenir que toute la vertu de l’expiation découle uniquement du sacrifice sanglant du Christ. » (Miserentissimus Redemptor, Pie XI, 1928)
« En dehors de la Croix, il n’y a pas d’autre échelle pour monter au Ciel. » (Sainte Rose)
« La justification nous a été méritée par la Passion du Christ. » (CEC 1992)
On va comprendre pourquoi dans un instant.
On voit tout ce qui a été manifesté. On voit tout ce qu’il faut tenir ensemble.
On va essayer de comprendre pourquoi le fait que Jésus meurt sur la Croix nous a sauvés.
Situation : nous nous sommes tous coupés de Dieu par le péché.
Quel impact du péché ? Sur moi bien sûr, mais plus largement ? (1) Fais échec au plan de Dieu, (2) brisé harmonie de sa Création.
« La gloire de Dieu c’est l’homme vivant, et la vie de l’homme c’est la vision de Dieu. » (adage patristique)
Dieu dans sa miséricorde continue à nous aimer et à vouloir nous sauver. Mais il y a un ordre de justice à respecter. Parce que Dieu nous prend au sérieux.
La justice : cohérence entre ce que quelqu’un a fait et ce qu’il reçoit.
Dans la théologie du Salut on appelle ça mérite. Du coup on parle de mériter le Salut.
« Le mérite est l’acte qui appelle sa juste rétribution. » (Saint Thomas d’Aquin)
Prière Eucharistique n°1 : « Accorde nous, par leurs prières et leurs mérites d’être toujours et partout fort de ton secours et de ta protection. »
Attention : évidemment ne veut pas dire que c’est à la force du poignet, même pour Jésus
« La bonté du Seigneur envers les hommes est si grande qu’il veut que Ses propres dons soient leurs mérites. » (Concile de Trente)
Donc adéquation nécessaire. Problème : on peut faire tout ce qu’on veut, on ne pourra jamais réparer (1- échec à la volonté divine, 2-destruction de la création). Même pas un problème de proportionnalité, problème qualitatif.
Blocage du Salut.
Et là Jésus et Passion qui mérite le Salut pour nous.
« La justification nous a été méritée par la Passion du Christ. » (CEC 1992)
Qu’est-ce que ça veut dire ? Veut dire que la valeur de l’acte posé librement par Jésus nous a fait rentrer dans cet ordre de justice qui permet à la miséricorde divine de se déployer.
« La Passion en tant qu'on la supporte volontairement, a son principe à l'intérieur, et sous ce rapport elle est méritoire. » (STA)
Importance de la liberté
Importance de l’humanité (pour qu’on soit concernés)
On va vite comprendre l’importance de la divinité
Qu’est-ce que Jésus a fait ? Il a préféré l’amour de Dieu, faire la volonté de Dieu, l’aimer et le suivre jusqu’au bout à sa propre vie. Moi si j’offre ma vie à Dieu, c’est bien peu de choses comparé à ma faute et à ce qu’a brisé ma faute (« Dieu sait bien ce qu’est le péché, il l’a reçu en pleine face »). Mais la vie de Jésus est divine. Valeur infinie.
« Le Christ, en souffrant par charité et par obéissance, a offert à Dieu quelque chose de plus grand que ne l'exigeait la compensation de toutes les offenses du genre humain : 1° à cause de la grandeur de la charité en vertu de laquelle il souffrait ; 2° à cause de la dignité de la vie qu'il donnait comme satisfaction, parce que c'était la vie de celui qui était Dieu et homme ; 3° à cause de l'universalité de ses souffrances et de l'acuité de sa douleur, nous l'avons dit plus haut. Et c'est pourquoi la passion du Christ a été une satisfaction non seulement suffisante, mais surabondante pour les péchés du genre humain, selon S. Jean (1 Jn 2, 2) : "Il est lui-même propitiation pour nos péchés, non seulement pour les nôtres, mais pour ceux du monde entier". » (STA)
Importance de la divinité
Autrement dit un homme a offert à Dieu une offrande parfaite d’une valeur infinie.
C’est en tant qu’homme et parce qu’il est Dieu que Jésus nous sauve.
Saint Anselme : importance du fait que Jésus ait donné à Dieu quelque chose qu’il ne lui devait pas en toute justice.
Jésus fait rentrer dans l’ordre de la justice. Rétablis le lien, l’unité.
"Il y a quatre choses à considérer en tout sacrifice : celui à qui on l'offre, celui qui l'offre, ce qu'on offre, ceux pour qui on l'offre. Or le seul, unique et véritable médiateur, qui nous réconcilie avec Dieu par le sacrifice de paix devait demeurer un avec celui à qui il offrait ce sacrifice, faire un en lui ceux pour qui il l'offrait, être le seul et le même qui offrait, et ce qu'il offrait." (Saint Augustin)
C’est ensuite en nous associant à Jésus que nous recevons la valeur infinie de ses mérites. On a alors « seulement » un problème de proportionnalité et plus de qualité et heureusement la miséricorde divine est là.
« De cette justification, voici les causes : cause finale, la gloire de Dieu et du Christ, et la vie éternelle ; cause efficiente, Dieu, qui dans sa miséricorde sanctifie et purifie gratuitement par le sceau et l’onction de l’Esprit Saint promis, qui est le gage de notre héritage ; cause méritoire, le Fils unique bien-aimé de Dieu, notre Seigneur Jésus-Christ, qui, « alors que nous étions ennemis » (Ro5,10), à cause de l’extrême amour dont il nous a aimés, a mérité notre justification par sa très sainte Passion sur le bois de la Croix et a satisfait pour nous à Dieu son Père. Enfin, l’unique cause formelle est la justice de Dieu, non celle par laquelle il est juste lui-même, mais celle par laquelle il nous fait justes » (Concile de Trente)
L’autre aspect majeur de tout ça, qui est profondément lié, c’est la victoire sur la mort et le péché. En Jésus, un homme a triomphé du péché et de la mort. Pas par puissance mais par amour. La mort / le péché / le Diable est tombé sur quelque chose d’indestructible et s’y est brisé.
« Ainsi comme il le fallait pour nous guérir, « un seul et même médiateur entre Dieu et les hommes, l’homme Jésus Christ » (1Tm2,5) put, d’une part, mourir, et, de l’autre, ne pas mourir. » (Saint Léon le Grand, 441)
La clé de tout derrière c’est notre association à Jésus. Puiser dans ce réservoir infini d’amour, cet amour donné.
« Combien veux-tu ». La question qui m'est posée à chaque fois que je pêche. Ma responsabilité dans la Croix.
C’est pour moi que Jésus est mort (et ressuscité).
Volonté de suivre Jésus, jusqu’au bout.
N’y arrive pas, mais va quand même aussi loin qu’il le peut.
Fait l’expérience de sa propre faiblesse… Mais aussi (Jn24) de la pleine miséricorde et du Salut.
En fait il a pris sa croix
« Mon Seigneur et mon Dieu »
Ne sait pas quoi dire. Contemple, adore, rends grâce.
"En ceci consiste l’amour : ce n’est pas nous qui avons aimé Dieu, mais c’est lui qui nous a aimés et qui a envoyé son Fils en victime de propitiation pour nos péchés " (1 Jn 4, 10)
" La preuve que Dieu nous aime, c’est que le Christ, alors que nous étions encore pécheurs, est mort pour nous " (Rm 5, 8).
M’associe avec celui sur lequel le péché et la mort ont glissé. Rentrer dans ce noyau indestructible.